38ème congrès PCF

Le "Manifeste", le bilan, le 22ème congrès

, par  Gilbert Remond , popularité : 2%

Un texte a été choisi par les communistes, c’est une base commune, pas un texte immuable dont il n’y aurait plus rien à dire. Au contraire, il doit maintenant être enrichi, complété, renforcé. Mais comme son nom l’indique, il s’agit d’ une base de discussion qui a sa structure et sa logique et il n’est pas question de la remplacer par une autre d’une autre nature, bref de faire rentrer par la fenêtre ce qui a été sorti par la porte suite à un vote majoritaire.

Le débat doit s’ouvrir sérieusement, fraternellement, égalitairement avec un seul objectif pour tous : l’existence d’un parti communiste engagé dans les luttes et le combat pour une autre société qui rompe radicalement avec le capitalisme. Ce débat doit être un débat au fond, celui des idées pas celui des règlement de comptes et des attaques personnelles.

Pierre Laurent dans son intervention au CN qui a suivi le vote des communistes, après en avoir analysé les résultats semblait en convenir, mais c’était pour tout de suite après oublier cette clause qui n’est pas que de style, pour imposer son heure aux pendules de l’évènement congrès en déclarant :

« Le débat sur le bilan de nos initiatives stratégiques ou unitaires est de ce point très utile si nous voulons avancer en tirant des leçons du passé.
Mais ce travail de bilan n’est utile que s’il ne se réduit pas à une caricature consistant à résumer les causes principales de nos difficultés par – je cite –, le "renoncement des dirigeants successifs du Parti" ».

D’aucun comme Dartigolles, ou certains dans ma section, se sont empressés d’en tirer des augures favorables à leurs thèses contestées et de les concrétiser par des demandes d’amendements qui ne sont ni plus ni moins que des demandes visant une réécriture du texte pour en réorienter son esprit et son contenu. Le vote des communistes doit être respecté !

Pour ces camarades, le parti aurait déjà tranché ce qui fait problème sur un certain nombre de points visés par le "Manifeste", en particulier en ce qui concerne les pays socialistes, la révolution d’Octobre et ses suites, le léninisme, ses principes et leurs applications. Il n’y aurait donc pas à y revenir ! Il n’est pas non plus tolérable pour eux de critiquer le bilan politique de la direction nationale, ni moins encore de lui imputer les conséquences des orientations qu’elle s’est donnée. Les communistes avaient voté ces décisions. Là encore, on ne peut ni les critiquer ni les remettre en question. Elles ne sont plus contestables et d’ailleurs selon les mêmes, nous ne sommes plus à l’heure de Moscou. Les temps ont changés. Le socialisme a failli. Suivant l’enseignement de Lucien Sève, il ne doit plus être invoqué comme moyen pour aller au communisme. Enfin argument suprême, on ne revient pas sur ce qui a été décidé dans les congrès précédents, même si les faits, parce qu’ils sont têtus, démontrent que ces décisions procédaient d’une mauvaise analyse et qu’ils ont démenti leur justesse.

C’est ainsi que Olivier Dartigolles, porte parole du PCF et donc de son secrétaire auquel il est tout dévoué en la circonstance, reprend les griefs de ce dernier contre la nouvelle base commune. Il le fait dans une contribution ou il déclare tout de go : « Pour construire ce texte majoritaire, Pierre Laurent, lors de la réunion du Conseil national des 13 et 14 octobre, a identifié cinq thèmes sur lesquels il convient de poursuivre la discussion et d’amender la base commune (voir "CommunisteS" du 17 octobre). Certains de ces thèmes nécessitent un travail d’amendements "classiques" pour le préciser et l’améliorer ».

Mais, rajoute-il aussitôt, « sur plusieurs questions, de véritables réécritures sont à mon avis nécessaires ». Voila qui est dit au plus haut niveau et qui ne tarde pas à être adopté un peu partout : la consigne est donnée, le texte doit être réécrit. « Je pense que, pour devenir le texte d’orientation qui les rassemble (les communistes), la base commune doit être débarrassée de toute formule régressive », le marxisme-léninisme fait partie de celle-ci. Cerise sur le gâteau, Olivier Dartigolles va jusqu’à contester le communisme de Marx, son engagement, ses préconisations pour créer des parti communistes aux fins d’organiser les combats de classe et donner à la classe ouvrière une autonomie politique, en utilisant cette remarque brillante « l’œuvre de Marx est évoquée de façon très discutable où il est indiqué "qu’il a montré la nécessité de l’existence de partis communistes" alors que ceux-ci n’existaient pas à son époque ».

Que demandait le "Manifeste" du parti communiste alors ? Pour quelles raisons la ligue des justes avait-elle été transformée en ligue des communistes ? Il est vrai qu’en le disant ainsi, se trouve disloquée la filiation d’un manifeste à l’autre et sans doute plus inconsciemment, autorisé le retour à la social-démocratie, cette forme initiale de l’organisation du mouvement ouvrier avant la création de la 3ème internationale et la décision prise à Tours par une majorité de la rejoindre. « Nous n’allons pas revenir a un dogme officiel » continue-t-il plus loin. Le marxisme à l’appui duquel notre manifeste propose de réfléchir les grandes questions du monde se retrouve donc ramené par ce responsable national au statut de dogme religieux. A part ça, nous n’étions pas engagé dans un processus d’effacement du parti communiste !

D’autres continuent dans cette veine et même en rajoutent avec un cynisme ridicule qui frise les discours des plus anti-communistes lus dans les médias bourgeois. Robert Ingey, secrétaire de la fédération des Alpes Maritime, par ailleurs signataire du "Printemps des communistes", déclare que le texte n’est pas amendable et doit être refondu dans sa totalité. Loin d’apporter du sens dans les luttes actuelles, il « pense profondément que ce "sens" est un profond recul et pose problème à une majorité de communistes. Non seulement aux plus de 57 % des votants qui n’ont pas fait ce choix, mais aussi à une majorité des plus de 18.000 communistes qui n’ont pas participé au vote ». Parce-que bien sûr pour lui, ceux qui n’ont pas voté pensent comme lui. Il participera à la discussion précise-t-il, apportera des amendements, mais de toute façon ne votera pas pour le texte malgré ces modifications apportées car selon lui, quoi qu’on dise quoiqu’on fasse, un autre texte devrait sortir du congrès. On ne peut être plus fractionnel et hors parti, mais c’est pas grave, à eux tout est permis puisqu’il sont les tenant d’un communisme évolué et moderne.

Comme le défend Pierre Alain Millet dans la réponse qu’il lui fait, les communistes ont, n’en déplaise à tous ces camarades, mais le sont-ils encore, le droit de réorienter la politique de leur parti. Ils en ont même l’impérieuse obligation surtout après avoir fait le douloureux constat des impasses dans lesquelles les directions successives ces dernières décennies les ont conduit. Ils ont le droit de revenir aux fondements de leur parti et de relever le défi du choix fait à Tours. Ils ont le droit de dire, fusse en désavouant les orientations de la direction, qu’ils ne veulent pas voir leur parti disparaitre. Ils ont le droit de vouloir se donner un collectif dirigeant qui ne soit pas le reflet concentré sur un homme de la politique spectacle. Ils ont le droit de dire avec Fabien Roussel : « Nous pouvons construire ce changement de direction ensemble , non pas en s’opposant, mais en s’additionnant. Chez nous, dans notre parti, il n’y a pas d’écurie, pas d’éléphant derrière qui on se range. Il faut sortir tous gagnant ». Ils ont le droit de vouloir que leur parti retrouve sa place dans la société pour conduire les luttes et permettre les changement qui aboliront le mode de production capitaliste et ses injustices, par un "Manifeste du communisme du XXIème siècle".

Vive le parti communiste
Vive le marxisme-léninisme
Vive le socialisme, et le communisme son but

Fraternellement

Gilbert

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