Une base commune pour un congrès historique !

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La base commune "Unir les communistes, le défi renouvelé du PCF" est donc déposée ce mercredi 6 avril avec 415 signatures validées administrativement sur les 613 signatures à cette date...

Regardons ce résultat de manière dialectique... notre appel à unir les communistes répondait à une vraie attente militante et le soutien obtenu marque un net progrès pour l’objectif de "Faire vivre et renforcer le PCF", mais la situation d’émiettement avec 5 textes différents soumis au vote des communistes conforte ce que nous ne voulons pas, un parti de tendances, de chapelles.

D’abord parce que pour la première fois, il y a deux textes émanant de la direction du parti, dont le texte porté par ceux qui voulait la "métamorphose" en 2007, rejetée par l’assemblée des secrétaires de section qui avaient bien compris qu’il s’agissait en fait de la dissolution du parti. Le mieux est de citer ce texte qui dit clairement qu’il faut aller plus loin dans la transformation du parti communiste :

Pour cela, nous devons poursuivre la transformation de notre vie interne. Héritiers de conceptions liées à l’histoire et au "rôle dirigeant" de la classe ouvrière, nous le sommes aussi de la culture et de la forme d’organisation d’un parti "d’avant-garde". Nous avons évidemment énormément changé, notamment en abandonnant la dictature du prolétariat en 1976 et le "centralisme démocratique" en 1994, puis en adoptant en 2001 le "pluralisme de droit". Mais il nous faut aller plus loin.

Au contraire, ce que des milliers de communistes mesurent douloureusement, c’est que ce sont bien ces transformations successives qui ont accompagné et permis cette insupportable dépendance au parti socialiste, de soumission parfois, jusqu’à cette idée politicienne et suicidaire de participation aux primaires de la gauche... Non seulement, il ne faut pas "aller plus loin", mais il faut enfin faire un vrai bilan des stratégies des derniers congrès et reconstruire, dans les conditions de notre époque, ce qui a fait la force, l’utilité, la grandeur de notre parti, sa capacité d’organisation de terrain, sa capacité à unir des courants politiques divers autour du combat de classe et du combat national...

Ceux qui ont fait la "mutation", les "collectifs anti-libéraux", le "Front de gauche Mélenchonien", la "métamorphose", nous mènent à ce que les communistes italiens avaient appelé la "cosa" qui a conduit à la dissolution du grand PCI. Ils se cachent derrière le refus des communistes d’une primaire qui ne peut être que soumise au parti socialiste, mais pour les entrainer dans cet idéalisme du grand mouvement populaire à la Podemos sans parti organisé, sans ancrage militant de terrain dans les quartiers et les entreprises, mouvement dont l’expérience grecque nous apprend ce qu’il devient confronté au pouvoir... un nouveau parti socialiste !

Ils disent d’ailleurs être d’accord avec la base commune votée au conseil national sauf sur la stratégie de 2017. Mais quand nous disons que l’enjeu premier des présidentielles est de faire reculer le "présidentialisme" et "l’électoralisme" dans le peuple en faisant d’une bataille communiste un immense effort de reconstruction des cellules et sections, ils veulent emmener les communistes dans la reconduction de la campagne de 2012 en pire, tous derrière Mélenchon [1] pour de grands meetings qui se termineront par la disparition de tout député PCF aux législatives suivantes !

C’est un texte de communicants, de cette mode de communication "moderne" qui détourne les mots les plus riches, pour en vider tout contenu et vendre bien autre chose, un texte qui réduit "l’ambition communiste" déclarée à une radicalité sociétale rompant avec l’histoire ouvrière de combat, d’effort d’organisation de cellules d’entreprises et de quartier... Avec eux, c’est la guerre des chefs et la course des places assurées !

Dans cette situation d’une direction divisée, et de cette nouvelle tentative de dissolution du PCF dans un "mouvement" électoraliste au service de Mélenchon, il devient plus urgent que jamais d’affirmer qu’il est possible d’unir les communistes pour faire vivre un parti communiste. Comme nous le disons dans le texte, les militants en 2007 ont refusé la métamorphose et décidé de continuer le PCF, mais la direction n’a pas donné un contenu franchement communiste à cette décision. Au contraire, elle a tenté de (faire) croire que le Front de Gauche pouvait être un Front Populaire, alors qu’il était d’abord, notamment au niveau national, une alliance électorale et conjoncturelle se disputant des places et les moyens du PCF. Elle n’a pas ouvert les débats sur nos repères marxistes, historiques, sur l’histoire du socialisme, elle a continué de miser sur un PGE soumis aux institutions européennes en continuant de rompre avec la plupart des partis communistes...

Les contradictions qui en résultent pour elle sont désormais ingérables, comme l’ont montré à la fois, l’impossibilité d’une orientation nationale aux élections municipales et régionales, les hésitations de Juillet 2015 sur le vote du plan imposé par l’UE à la Grèce, jusqu’à sa division entre deux textes pour ce 37ème congrès. Et Pierre Laurent continue avec son livre "99%" au moment même où des luttes de classes violentes en Amérique Latine, au Brésil notamment, nous montrent à quel point cette lecture d’une société des 99% est un leurre idéaliste [2] !

Malheureusement, notre appel à "unir les communistes" autour d’une base commune alternative la plus large possible n’a pas été entendu par le collectif "Vive le PCF" animé par les sections de Parix XV, Saint-Quentin et St-Martin d’Hères. Loin de chercher à unir des communistes dans la diversité de leurs situations concrètes et de leurs histoires, ils ne veulent organiser que des communistes "purs", d’accord sur tout, et surtout avec cette direction mystérieuse qui produit des textes qu’il faut signer sans les avoir lu [3]. Ce qui avait été possible en 2008 ne l’a pas été 2016. Leur décision conduit à renforcer ce recul théorique et pratique de l’organisation communiste dans cette pratique de tendances contraire à son histoire. Bien loin de le "remettre sur les rails de la lutte des classes", cette pratique stérilise une part des forces militantes à la recherche d’un parti communiste dans cette maladie infantile des grandes déclarations, dans un gauchisme qui n’est que le pendant du réformisme qu’elle déclare combattre. Brecht faisait dire à Lénine "idée, qui sers-tu ?". Pour Vivelepcf comme pour la Riposte [4], il ne faut pas longtemps pour comprendre qui sert qui dans ces textes de congrès. La division est l’atout de la direction pour avancer dans la métamorphose.

C’est dans cette situation de quasi-tendances que nous engageons le débat sur notre proposition de base commune. Et nous avons l’ambition de faire reculer cet émiettement en tendances et de faire grandir l’unité des communistes. Dans le maximum de sections, fédérations, nous devons saisir toute occasion pour que les communistes se retrouvent autour de contributions qui ouvrent le débat du congrès, comme nous avons proposé de le faire sur 6 questions décisives. Nous continuerons à publier des contributions de sections, qui, en général, posent des questions utiles, affirment des choix, des engagements d’actions pour faire vivre le parti communiste. Et nous ferons le lien avec notre base commune non pas comme un texte ficelé, mais comme un support, dont chaque chapitre peut être utilisé comme une contribution, pour une réappropriation par les communistes de leur parti, de sa stratégie, sortant progressivement d’un légitimisme historique qui a conduit à des congrès successifs de reculs, à l’affaiblissement que personne ne peut plus nier.

Le résultat du vote début Mai sur le choix de la base commune sera un moment important. La direction sortante refuse pour instant tout bilan critique, elle va chercher à atterrir devant l’impasse pourtant prévisible des primaires, mais son projet de base commune ne peut répondre aux questions qui montent dans le mouvement social :
- Que faire avec les "nuits debout" ? avec le mouvement des jeunes ?
- Quelles perspectives politiques qui ne piège pas le mouvement social dans l’électoralisme ?
- Comment aider à unir le monde du travail dans le refus de la loi El Khomri, alors que les 10 millions de chômeurs et précaires sont encore trop loin du mouvement, considérant qu’ils ne sont de toute façon déjà plus "protégé" par ce code du travail ?
- Comment affirmer que nous ne ferions pas comme Siryza face aux diktats de l’U.E. en continuant à vanter l’impossible "Europe sociale" ?
- Comment dire que nous sortirions de l’OTAN et de ces guerres sans critique de l’impérialisme ?
- Comment inventer les formes actuelles d’organisation démocratique et efficace, construisant une orientation partagée commune ?
- Comment nommer notre projet de société autrement que comme "socialisme" ?
- Comment reposer la question de la souveraineté nationale et populaire ?
- ...

Le débat et le vote pour notre texte est un vote pour "Unir les Communistes", pour engager un processus de congrès qui bouscule enfin ce que la mutation a introduit, la rupture avec notre histoire, avec le monde du travail, avec l’organisation de terrain, avec les autres partis communistes.

Tout ne sera pas résolu en un congrès, mais nous avons l’ambition de préparer le centième anniversaire de la révolution d’Octobre en donnant un signal fort à notre peuple. Le parti communiste n’est pas mort, il ne s’est pas non plus transformé en mouvement de gauche, il est en recherche pour tirer le bilan de l’impasse dans laquelle est la gauche, reconstruire une perspective politique pour le mouvement social, mais il est de retour !

[1notons d’ailleurs qu’ils agissent très concrètement pour Mélenchon dont la candidature est incertaine sans de nombreux soutiens d’élus communistes !

[2La puissance des manifestations réactionnaires comme progressistes nous montre plutôt un peuple divisé 50/50 !

[3avec une bien surprenante culture du secret... ce 6 avril à 18h, date de dépôt des textes au siège du PCF, le texte de Vivelepcf, supposé être signé par 300 adhérents au moins, n’est toujours pas publié !

[4Rappelons que ce texte est écrit par Greg Oxley, animateur d’un mouvement trotskyste anglais...

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  • (2002) Lenin (requiem), texte de B. Brecht, musique de H. Eisler

    Un film
    Sur une musique de Hans Eisler, le requiem Lenin, écrit sur commande du PCUS pour le 20ème anniversaire de la mort de Illytch, mais jamais joué en URSS... avec un texte de Bertold Brecht, et des images d’hier et aujourd’hui de ces luttes de classes qui font l’histoire encore et toujours...

  • (2009) Déclaration de Malakoff

    Le 21 mars 2009, 155 militants, de 29 départements réunis à Malakoff signataires du texte alternatif du 34ème congrès « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps ». lire la déclaration complète et les signataires

  • (2011) Communistes de cœur, de raison et de combat !

    La déclaration complète

    Les résultats de la consultation des 16, 17 et 18 juin sont maintenant connus. Les enjeux sont importants et il nous faut donc les examiner pour en tirer les enseignements qui nous seront utiles pour l’avenir.

    Un peu plus d’un tiers des adhérents a participé à cette consultation, soit une participation en hausse par rapport aux précédents votes, dans un contexte de baisse des cotisants.
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  • (2016) 37eme congrès du PCF

    Texte nr 3, Unir les communistes, le défi renouvelé du PCF et son résumé.

    Signé par 626 communistes de 66 départements, dont 15 départements avec plus de 10 signataires, présenté au 37eme congrès du PCF comme base de discussion. Il a obtenu 3.755 voix à la consultation interne pour le choix de la base commune (sur 24.376 exprimés).