38ème congrès PCF

Résultats définitifs et premières analyses

, par  pam , popularité : 40%

Les résultats définitifs de la consultation des communistes pour le choix de la base commune ont été publiés dans Communistes du 10 octobre. Ils sont légèrement différents des résultats publiés le 6 octobre [1] :

Consultation Résultat % Évolution 37ème
Inscrits 49467 -6,3%
Votants 30999 62,66% +0,6%
Blancs et nuls 661 2,13% (3,18%)
Exprimés 30338 97,87% +3,9%
Texte 1 : Conseil national 11472 37,81% -12,8 points
Texte 2 : Printemps 3610 11,90% -12 points
Texte 3 : Manifeste 12749 42,02% le texte "Unir" faisait 12,95%
Texte 4 : Classe 2507 8,26% +1,3 point

Nos premiers commentaires sont confirmés, la direction nationale n’a pu unir les communistes autour du texte voté par le conseil national. En 2016, le texte proposé par le conseil national était en tête dans 80 fédérations, majoritaire dans 59, en tête dans 8 des 10 plus grosses fédérations représentant plus du tiers du parti. Il ne l’est plus en 2018 que dans 50 fédérations et seulement 4 des 10 plus grandes. Il n’est majoritaire que dans 28 fédérations.

Le choix des communistes est clair, il faut un congrès extraordinaire pour une nouvelle orientation !

Résultats définitifs par fédération

Les premiers constats :

les communistes se mobilisent pour tirer les leçons de leur affaiblissement...

En mettant le "Manifeste" en tête, les communistes ont confirmés qu’ils veulent un vrai bilan stratégique des dernières années pour comprendre ce que tous constatent, un affaiblissement continu, une perte de lisibilité, y compris pour beaucoup de communistes. La baisse du nombre de cotisants (-6,3%) fait partie de ce bilan nécessaire, une baisse plus forte hors région parisienne (-7,1%) qu’en région parisienne (-2,8%), avec une grande diversité de situation, de -47% dans la Somme à +52% en Vendée, avec de grandes fédérations comme le Nord [2], Paris ou l’Hérault en nette baisse, et d’autres comme la Seine-Maritime ou l’Essonne en nette hausse. Il y a certainement des dimensions sociologiques et territoriales à cette évolution, mais aussi des dimensions politiques dans la mobilisation des communistes sur la bataille des cotisations.

Mais les communistes se sont mobilisés un peu plus fortement que pour le 37ème congrès, 1000 communistes votants de plus, +6%, marquant leur volonté de relever le défi de l’existence du PCF. Cette mobilisation est elle aussi assez hétérogène, de -43% dans la Somme à +51% dans le Loir-et-Cher, avec de nettes baisses dans de grands fédérations comme la Dordogne, Paris ou l’Hérault et de fortes hausses en Seine-Maritime, Essonne, Nord et Pas-de-calais.

La carte des cotisants et votants par fédération illustre cette hétérogénéité de la mobilisation des communistes. Le fonds de carte colore les départements selon le nombre de cotisants, plus le bleu est foncé, plus les militants sont nombreux. L’évolution du nombre de cotisants est illustrée par un triangle dont la taille est proportionnelle et dont la couleur indique s’il s’agit d’une baisse (en rouge) ou d’une hausse (en vert). Enfin, le nombre de votants est représenté par un cercle orange dont la taille est proportionnelle aux votants. Il n’apparait pas de lien entre évolution des cotisants et votants, une part importante de la mobilisation semble donc relever de l’organisation de la fédération et de sa mobilisation.

La direction du PCF ne rassemble plus les communistes.

Dans cette tendance générale, la direction rassemble de moins en moins les militants, et elle est désormais nettement minoritaire. C’est ce que montre l’évolution des votes depuis 15 ans, que ce soit pour les congrès ou pour le choix d’un candidat aux élections présidentielles (consultation qui mobilise nettement plus que celles des congrès). Si l’écart au profit de la direction entre région parisienne et les autres départements se maintient, la région parisienne ne compense plus le point de vue critique des communistes, alors même qu’elle perd proportionnellement moins de cotisants.

Cette lecture en tendance est nécessaire pour interpréter le résultat lui-même. Certains veulent montrer des communistes divisé, et le résultat est bien évidemment marqué par une hésitation. Comment exprimer ses inquiétudes, le besoin de décisions nouvelles, sans jeter le bébé avec l’eau du bain ? sans mettre en cause le parti lui-même ? Les communistes ont souvent pesé longuement leur vote, et beaucoup de votes pour le texte du conseil national contiennent aussi des critiques et une attente de changement. Peu de communistes disent qu’il faut continuer comme avant... Certains ont parfois joué de cette peur d’une crise ouverte pour justifier un vote "légitimiste". D’autres ont expliqué que les textes se valaient tous, qu’il y avait du bon à prendre partout et que donc, il ne fallait pas les opposer... et choisir celui du conseil national. Le texte proposé par le conseil national recule sur le précédent congrès dans 66 départements, et n’est souvent "sauvé" que par le soutien d’une partie importante des refondateurs, le total conseil national et printemps étant en recul dans 85 départements !

Au fonds, depuis Robert Hue, l’orientation dominante considérait le parti comme une forme dépassée, qu’il fallait métamorphoser, transformer, muter... et c’est cette orientation qui vient de reculer nettement et qui est mise en cause par des communistes qui ont clairement affirmé qu’ils voulaient un parti communiste organisé et visible !

Le résultat qui peut sembler partagé marque ainsi pourtant une vraie rupture, surmontant le blocage d’une succession de congrès dans lesquels le besoin critique de nouvelle orientation ne trouvait pas le chemin de l’unité des communistes.

Le résultat place le manifeste comme la base commune capable de rassembler très largement les communistes

Le "Manifeste", sans doute parce-qu’il était lui-même un premier rassemblement, est porteur d’une nouvelle unité des communistes, et son choix est réellement un évènement qui ouvre une nouvelle étape. Le "Manifeste" peut rassembler la très grande majorité des communistes en poursuivant l’effort pour un débat qui n’a plus aucune raison de se crisper sur des étiquettes ou des personnes, et permettre aux communiste de s’approprier collectivement une réorientation qui leur est vitale.

Certains pensaient que le rassemblement opéré par le manifeste pouvait laisser un espace aux plus critiques, notamment se référant aux marxisme-léninisme. Mais malgré le transfert visible, comme dans le nord, des voix de la riposte sur le 4eme texte "classe", celui-ci ne progresse que de 1,3% sur 2016 et perd même 4 points sur le total classe +riposte de 2016... Il est vrai qu’une partie des soutiens de la riposte ont choisi le manifeste comme une opportunité de défaire le courant le plus liquidateur du parti. Mais la conclusion est claire, les communistes critiques de la direction ont rejeté le sectarisme et l’isolement et choisit le rassemblement des communistes pour réouvrir la perspective de la reconstruction d’un grand parti communiste.

Il est clair aussi que le "Manifeste" a notamment porté le choix des communistes qui s’étaient exprimés pour une candidature communiste en 2016, ce que montre la carte suivante, comparant les deux consultations.

Mais elle montre aussi que des fédérations qui avaient choisi la candidature Mélenchon ont soutenu le "Manifeste" et que dans d’autres, tous ceux qui avaient choisi la candidature communiste ne se sont pas reportés sur le "Manifeste". Cela montre que le potentiel d’élargissement de la base commune du "Manifeste" est important.

L’enjeu du congrès lui-même sera de construire une orientation qui unira beaucoup plus les communistes que lors des derniers congrès. En ce sens, le choix du "Manifeste" ouvre la perspective d’un congrès réellement extraordinaire.

[1Ils prennent en compte les résultats de la Haute-Saône qui n’étaient pas encore comptabilisés le 6/10

[2Le Nord était encore en 2016 la première fédération avec 3500 cotisants. Sa perte de cotisants est illustrative du décrochage du parti avec les milieux populaires.

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    Sur une musique de Hans Eisler, le requiem Lenin, écrit sur commande du PCUS pour le 20ème anniversaire de la mort de Illytch, mais jamais joué en URSS... avec un texte de Bertold Brecht, et des images d’hier et aujourd’hui de ces luttes de classes qui font l’histoire encore et toujours...

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    Le 21 mars 2009, 155 militants, de 29 départements réunis à Malakoff signataires du texte alternatif du 34ème congrès « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps ». lire la déclaration complète et les signataires

  • (2011) Communistes de cœur, de raison et de combat !

    La déclaration complète

    Les résultats de la consultation des 16, 17 et 18 juin sont maintenant connus. Les enjeux sont importants et il nous faut donc les examiner pour en tirer les enseignements qui nous seront utiles pour l’avenir.

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  • (2016) 37eme congrès du PCF

    Texte nr 3, Unir les communistes, le défi renouvelé du PCF et son résumé.

    Signé par 626 communistes de 66 départements, dont 15 départements avec plus de 10 signataires, présenté au 37eme congrès du PCF comme base de discussion. Il a obtenu 3.755 voix à la consultation interne pour le choix de la base commune (sur 24.376 exprimés).