Intégrisme islamique, voile intégral et laïcité : un vrai problème de société Les déboires de la crèche Baby Loup

, par  Pascal Brula , popularité : 3%

Il y a le problème de fond à régler, à savoir l’exploitation capitaliste ou dit autrement l’exploitation de l’homme par l’homme. Et puis il y a tout ce qui peut contribuer à masquer cette contradiction, à entraîner une certaine aliénation des travailleurs. La religion en fait partie, d’autant plus fortement lorsqu’elle se confine à ses aspects les plus rétrogrades, intégristes. Au point que Lénine, à l’occasion de la loi de 1905, s’était fendu d’un texte éclairant sur la question. Dans ce texte, il souhaitait ardemment, non pas la disparition de tous faits religieux, mais la séparation des Églises et de l’État (en enviant certainement la loi française), séparation qui, selon lui, devait permettre de mieux se consacrer à la lutte de classe, seule à même de nous débarrasser du capitalisme. Je ne peux m’empêcher de le citer : « La bourgeoisie réactionnaire a partout eu soin d’attiser les haines religieuses - et elle commence à le faire chez nous - pour attirer de ce côté l’attention des masses et les détourner des problèmes économiques et politiques réellement fondamentaux ». On ne peut mieux dire sur la situation actuelle avec les différents pouvoirs de droite comme de gauche qui ont laissé se développer depuis des années le communautarisme, l’intégrisme islamique, sa dictature morale (et parfois physique...) et le pourrissement économique dans nos quartiers populaires. Et Lénine de poursuivre : « Le prolétariat révolutionnaire finira par imposer que la religion devienne pour l’État une affaire vraiment privée. Et, dans ce régime politique débarrassé de la moisissure médiévale, le prolétariat engagera une lutte large et ouverte pour la suppression de l’esclavage économique, cause véritable de l’abêtissement religieux de l’humanité ». On ne peut que conclure que la laïcité est un vrai combat, en tous cas, c’est un de ceux fondamentaux des communistes. Et ce n’est pas une affaire de morale, ni de "liberté de s’habiller", encore moins d’antiracisme, mais de lutte des classes. N’y aurait-il qu’un seul voile intégral qu’il faudrait l’éradiquer ! A ce sujet, l’affaire de la crèche Baby Loup dans les Yvelines est exemplaire quant à la nocivité de cette "moisissure médiévale" et quand à l’espoir de voir les travailleurs s’unir pour défendre leur laïcité. Les articles qui suivent exposent la situation jusqu’au jugement qui a été rendu ce 12 septembre 2011.

Pascal Brula


La crèche qui relance l’affaire du voile

par Elisabeth Lévy

Le Point, le 15 juillet 2010

C’est l’un des multiples fronts où se joue l’avenir de la République. Une bataille à bas bruit dans laquelle quelques universalistes obstinés se battent, le dos au mur, pour reconquérir les territoires abandonnés à des groupes qui entendent exercer sur les individus le contrôle social auquel l’État a – et c’est heureux – renoncé depuis longtemps. Dans cette guerre sans violence, qui s’exerce par la séduction autant que par la coercition, les institutions, impuissantes, semblent être aux abonnés absents quand elles ne participent pas, comme le fait la Halde, à l’entreprise de détricotage du vivre-ensemble tel que la France l’a inventé. Surtout, ne pas faire de vagues : tel semble être le mot d’ordre silencieux qu’on applique de la base au sommet de l’édifice institutionnel et politique. Ne rien faire qui pourrait faire chuter un peu plus les prix de l’immobilier. Ne rien dire qui pourrait donner prise à l’accusation d’hostilité envers l’islam, brandie dès que quiconque invoque la laïcité.

Ça se passe à Chanteloup-les-Vignes (Yvelines), à la cité des Poètes, rendue célèbre par Mathieu Kassovitz, qui y avait tourné "La haine". En vérité, la seule présence de la poésie dans cette petite ville dépourvue de bibliothèque et de librairie – à l’exception d’un étal du marché où l’on peut s’approvisionner en littérature islamique – semble être le portrait géant de Rimbaud peint sur une façade lézardée. Pour le reste, rien de très spectaculaire dans cet ensemble d’immeubles à taille, sinon à visage, humaine. Un résumé de cette France d’après le périphérique qu’on aimerait bien oublier – parfois une flambée de violence dont on ne sait pas ce qui l’a déclenchée, le petit commerce de la drogue installé, ça ne s’invente pas, sur la passerelle des Services Publics, de sympathiques barbus qui tentent de ramener à l’islam des gamins privés d’avenir, le chômage qui touche au moins 20 % de la population et l’ennui qu’on trompe en s’inventant un glorieux passé qui éclaire l’avenir. Sur le marché, où l’on trouve des tenues islamiques à des prix imbattables, une majorité de femmes a au moins la tête couverte et bon nombre, surtout les jeunes, portent le jildeb, vêtement marronnasse ou gris qui évoque celui des bonnes sœurs et ne laisse paraître que l’ovale du visage, mais, par ce jour de canicule, quelques intrépides continuent à braver les regards réprobateurs et les réflexions en arborant des bras nus. Dans le train qui rallie la gare Saint-Lazare, elles choisissent les voitures équipées de toilettes, dont elles sortent pomponnées comme des Parisiennes.

Vagues d’immigration

Sur les 10 000 habitants, qui représentent 55 nationalités, 80 % vivent dans la cité et 20 % au "village", deux mondes séparés par une invisible barrière ethnique autant que sociale. A quelques kilomètres de Poissy, qui fut jusque dans les années 80 l’un des bastions de l’industrie automobile, Chanteloup a accueilli toutes les vagues d’immigration. Beaucoup ont vu s’échouer dans la cité leurs rêves d’un avenir meilleur.

C’est dans ce décor désolé que Natalia est arrivée à la fin des années 80. Sage-femme de formation, cette réfugiée politique qui a fui le Chili de Pinochet puis l’Argentine de Videla a été amenée à fréquenter les femmes du coin dans le cadre d’un travail universitaire sur la prévention du sida. Alors que leurs maris pointaient au chômage quand ils n’avaient pas disparu dans la nature, travailler était devenu pour les femmes une nécessité vitale : "Sans diplômes, à peine francophones, les seuls emplois qu’elles trouvaient comme femmes de ménage dans les entreprises exigeaient des horaires particuliers, souvent la nuit. Pour avoir une chance de s’en sortir, il fallait leur offrir une solution adaptée de garde d’enfants". C’est ainsi qu’est née Baby Loup, crèche associative qui a pour particularité, unique en France, d’être ouverte 24 heures sur 24 et sept jours sur sept.

Main de fer

Pour des centaines de femmes du quartier condamnées à une exclusion certaine, Baby Loup, qui a ouvert ses portes en 1991, est devenu un instrument d’émancipation et d’insertion. En effet, Natalia ne s’est pas arrêtée là : cette petite femme, qui semble structurée pour déplacer des montagnes, permet à des dizaines d’habitantes du coin de suivre des formations de puéricultrice et d’obtenir un diplôme d’État. Autant dire qu’on ne saurait imaginer initiative plus progressiste. Natalia organise des activités pour les familles, tout en tenant sa crèche d’une main de fer : "Il est vrai que je suis à la frontière de l’action sociale, explique-t-elle, mais, quand on travaille avec la petite enfance, on ne peut pas s’autoriser d’approximation". La crèche, qui emploie 18 personnes, accueille chaque année plusieurs centaines d’enfants, parfois en urgence dans les cas de violences conjugales ou d’hospitalisation des parents. Après Cathy Guetta, Elisabeth Badinter a accepté d’être la marraine de l’association.

Dès 1991, Fatima Afif est recrutée comme assistante maternelle. Arrivée du Maroc à l’âge de 3 ans, Fatima est une figure du quartier, le genre dont on dit qu’elle a "la tchatche" – en clair, une "grande gueule". Baby Loup finance sa formation, au terme de laquelle elle obtient, en 1997, un diplôme d’éducatrice jeune enfant. Elle est alors embauchée comme directrice adjointe. Entre-temps, elle a épousé un jeune homme du quartier "entré en religion".

Consultant, Aziz Bentaj est souvent intervenu sur la commune à la demande de Pierre Cardo (maire UMP de la commune - La rédaction de lepcf.fr). Ce garçon bardé de diplômes a observé les mutations souterraines de nos banlieues. "Personne n’a rien vu venir parce que personne ne voulait voir, explique-t-il. A partir du moment où le mythe du retour a cessé de fonctionner, le rapport au pays d’accueil a changé, alors même que l’État lâchait prise. Et des groupes structurés, proches des salafistes ou des Frères musulmans, ont commencé à labourer le terrain pour prendre possession de l’espace public". En clair, la politique des grands frères, qui consistait à promouvoir les plus remuants animateurs ou médiateurs, a fait long feu, laissant place à une tolérance passive pour les Frères tout court. Catherine Arenou, qui a succédé à Pierre Cardo à la tête de la municipalité, s’insurge contre cette lecture : "Nous n’avons pas la moindre complaisance pour les mouvements islamistes, d’ailleurs, ils ne sont pas très présents à Chanteloup". Puisqu’on vous dit qu’il n’y a rien à voir.

Le foulard islamique que Fatima s’est mise à porter suscite quelques tensions avec Natalia : "On ne peut pas transiger sur la neutralité. Je n’ai rien contre aucune pratique ou croyance, mais les enfants doivent apprendre qu’ils peuvent choisir". Parmi les employées, plusieurs portent le hidjab, mais ne font aucune difficulté pour l’enlever pendant leur travail. "Lorsque je suis en sortie avec les enfants, on me reproche parfois de ne pas être une bonne musulmane parce que je l’enlève, mais ça m’est égal", confie Gul. Fatima prétend aujourd’hui que son voile n’a jamais posé de problème. "Elle jouait à cache-cache avec le foulard et le règlement intérieur de la crèche, explique Natalia, et je ne passais pas mon temps derrière elle, mais je lui demandais régulièrement de le retirer". "Mais pourquoi en fais-tu une telle affaire, ce n’est qu’un bout de tissu", répliquait Fatima, qui finit par récolter un avertissement. En 2001, elle part en congé maternité. Son absence, au cours de laquelle elle cumule deux grossesses et deux congés parentaux d’éducation, dure six ans durant lesquels elle passe du hidjab au jildeb. Quelque temps avant la date prévue pour son retour, Fatima interroge les unes et les autres, multiplie les critiques, s’étonne que l’on ait embauché tant de "Françaises" en son absence. "Elle essayait de semer l’embrouille", résume Elodie, directrice adjointe et déléguée du personnel. La version de Fatima, jointe par téléphone au Maroc, est toute différente : "Je sentais que je n’avais plus ma place à Baby Loup", dit-elle dans un flot de paroles dont il ressort que Baby Loup, c’est elle. "Demandez, dans le quartier, tout le monde me respecte, répète-t-elle. J’étais devenue dérangeante parce que j’avais pris trop d’importance". Elle remarque que les enfants accueillis à Baby Loup sont majoritairement musulmans. "Des femmes voilées, ils en voient toute la journée, alors où est le problème ?" Sympathique, volubile, contente d’elle, Fatima, c’est le genre "pétroleuse voilée".

A l’automne 2008, Fatima tente de négocier son départ et demande des indemnités, qui lui sont refusées. A partir de là, les récits divergent. Natalia affirme qu’elle a refusé d’enlever son voile, ce que Fatima nie. En tout cas, son retour, en décembre, se solde par une altercation violente avec Natalia et une partie de l’équipe, au point qu’elle récolte une mise à pied immédiate. Elle refuse de quitter les lieux. "Essaie d’appeler la police et je mobilise toutes les voilées du quartier", aurait menacé la récalcitrante. Dans les semaines qui suivent, elle organise des réunions, sollicite des attestations de ses anciennes collègues. "Elle m’a demandé d’écrire que toutes les salariées de Baby Loup travaillaient avec le voile, explique Maya, femme de ménage, dans un témoignage adressé au tribunal. Je lui ai dit que ce n’était pas vrai, mais elle m’a répondu que même si ce n’était pas vrai, je devais l’écrire car, entre musulmans, il ne faut pas se trahir".

Elle travaille les parents au corps, faisant courir sur la crèche et sa directrice des bruits de plus en plus déplaisants : non seulement elle n’aime pas l’islam, mais elle s’en met plein les poches. Au sein du personnel, elle parvient à créer une véritable scission. Les congés-maladie se succèdent, obligeant la crèche à refuser des enfants, à la grande colère des parents. Certains réclament que l’on serve de la viande halal, d’autres que l’on réveille les marmots pour la prière. Quelques-uns tentent de faire un putsch lors de l’assemblée générale de l’association, ouverte à tous. En vain, mais l’ambiance devient pesante.
Au conseil des prud’hommes de Poissy, que Fatima a contacté dès le début des hostilités, on lui a, dit-elle, suggéré de saisir la Halde. La dernière décision de Louis Schweitzer, en mars 2010, sera de lui donner raison au prétexte qu’on ne saurait, dans un espace privé, "prévoir une interdiction générale et absolue à la liberté religieuse". Pour la laïcité, vous repasserez. Pour les islamistes du quartier, c’est un triomphe. Les partenaires de Baby Loup, collectivités et organismes publics, semblent de plus en plus gênés aux entournures. "Ne parle pas de l’islam et de la laïcité", susurre-t-on à Natalia. "Natalia est formidable, mais elle est fatiguée", lâche Pierre Cardo, qui s’est cependant fendu d’un courrier de soutien adressé à la Halde. Plutôt que d’une affaire de voile, l’ancien maire préfère parler d’un conflit de personnes entre "une hyper-laïque et une femme qui instrumentalise la religion dans un conflit privé".

Le 27 mai 2010, la municipalité organise une réunion avec tous les acteurs concernés pour évoquer les problèmes de Baby Loup. A en croire Aziz Bentaj, qui accompagne Natalia, elle tourne au procès stalinien. "L’essentiel pour eux était de ne pas cristalliser l’affaire sur le fait religieux", précise Bentaj. On lui reproche d’avoir monté cette affaire en épingle. Catherine Arenou s’indigne : "Je me démène pour assurer la pérennité financière de Baby Loup". Curieusement, la thèse des institutionnels devient aussi celle de Fatima. "Si Baby Loup va mal, c’est à cause de Natalia et de ses méthodes", affirme-t-elle aujourd’hui. De l’islam et du voile, il n’est presque plus question. On se demande alors ce que la Halde est venue faire dans cette galère.

Baroud d’honneur

Jeannette Bougrab, qui entre-temps a succédé à Louis Schweitzer, critique vertement sa décision sur Baby Loup. "D’une façon générale, la Halde a fait prévaloir la liberté religieuse sur la laïcité, lâche-t-elle. Ce n’est pas ma conception". Alors que la perspective de voir la Halde perdre son autonomie au sein du "défenseur des droits" se précise, Bougrab, qui doit faire face à une contestation interne, n’exclut pas de faire un baroud d’honneur sur l’affaire. Mais si, en octobre, les prud’hommes donnent raison à Fatima Afif, l’avenir de Baby Loup, qui pourrait perdre son agrément, sera sérieusement compromis. Or, bien que dépourvues de valeur contraignante, les décisions de la Halde exercent sur les tribunaux un effet d’intimidation.

Peut-on encore sauver Baby Loup ? Natalia semble en douter. "Même si nous gagnons sur le plan judiciaire, la loi du quartier joue contre nous". La dynamique de la calomnie et de la suspicion est lancée. "C’est le problème de la société tout entière, s’enflamme-t-elle. Nous n’avons pas besoin d’argent, nous avons besoin de présence. Il faut que les Parisiens passent le périphérique. La République doit reconquérir le terrain abandonné aux islamistes". Elle, qui a consacré vingt ans de sa vie à ce quartier, est devenue gênante. Pas de vagues, vous dit-on. Tant pis pour les enfants de Baby Loup. Tant pis pour les femmes de Chanteloup. Ce qu’on ne veut pas voir, il faut le taire. Jusqu’au jour où le réel sautera à la figure de tous.

Elisabeth Lévy


Communiqué de presse association Baby-Loup

5 septembre 2011

Le débat sur la neutralité confessionnelle et le non port du voile qui avait opposé une ex-salariée à son employeur, une crèche associative (Baby Loup), s’ouvre à nouveau le 12 septembre prochain, suite à l’appel de la décision prud’homale du Tribunal de Mantes La Jolie, du 13 décembre dernier.

En ré ouvrant ce débat, c’est le sort de l’ensemble des associations parapubliques, œuvrant au cœur des quartiers sensibles et confrontées à l’entrisme religieux qui se joue. Ce sont également les contours de la laïcité, principe garantie par notre constitution, qui seront définis par la 11ème chambre sociale de la cour d’appel de Versailles.

Si raison est donnée à la crèche Babyloup, et par là même, à sa volonté de respecter les modes de vie de chacun, sans distinction confessionnelle, culturelle, sociale ou politique, alors une jurisprudence verra le jour permettant au principe de la laïcité, dans ce type d’espace, d’être un droit fondamental vécu par tous. C’est aussi un débat de Société sensible qui sera tranché et auquel sont confrontées de nombreuses entreprises privées.

Le 12 septembre à 14 h, auprès de la 11ème chambre sociale de la cour d’appel de Versailles, les femmes et enfants qui composent la crèche Baby Loup souhaitent que les principes justes qu’ils véhiculent et défendent soient tout simplement reconnus et qu’une jurisprudence essentielle soit établie.

Le conseil d’administration,

sa présidente, l’équipe opérationnelle,

la directrice et le comité des parents.

Baby-Loup – Association Loi 1901 – 12, place du Trident – 78570 Chanteloup-Les-Vignes - Tél : 01 39 75 01 83 – Fax 01 39 74 03 84


Crèche Baby Loup : le parquet général estime licite le licenciement d’une salariée voilée

Le Monde, avec AFP, le 13 septembre 2011

Le parquet général de la cour d’appel de Versailles estime que le licenciement par une crèche privée d’une salariée voilée était licite, réclamant la confirmation d’un jugement en première instance dans cette affaire datant de 2008.

Évoquant le "respect du principe de laïcité" mais aussi "la vulnérabilité des enfants", l’avocat général, Jacques Cholet, a demandé à la cour de confirmer le jugement du conseil des prud’hommes de Mantes-la-Jolie (Yvelines), qui avait débouté en décembre 2010 l’ancienne employée de toutes ses demandes. "Ce jugement est correctement motivé et est adapté à la situation qui est la nôtre", a dit M. Cholet.

Le magistrat a également déclaré qu’"il [n’y a] pas de doute sur la connaissance du règlement intérieur par Mme A." et que "l’employeur, personne privée, peut prendre un tel règlement", texte édictant un principe de neutralité et interdisant donc implicitement le port de signes religieux tels que le voile.

En décembre 2008, Mme A., de retour d’un congé parental, avait fait part à la directrice de la crèche associative Baby Loup à Chanteloup-les-Vignes, structure unique en France, ouverte 24h/24h et 7j/7j, de sa volonté de porter le voile. L’employée, qui avait le statut de directrice adjointe, avait alors été mise à pied après, selon les responsables de la crèche, une "altercation". Elle fut licenciée pour "faute grave" le 19 décembre 2008.

Dénonçant un licenciement abusif, elle avait saisi le conseil des prud’hommes et réclamé plus de 100 000 euros de dommages et intérêts. La salariée avait aussi saisi la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde). Celle-ci lui avait d’abord apporté son soutien avant que la présidente de l’époque, Jeanette Bougrab, annonce un nouvel examen du litige et prenne position en faveur de la crèche.

L’avocat de Mme A., Me Michel Henry a demandé à la cour de tenir compte du "contexte local" d’un quartier défavorisé où vit une population avec "une mosaïque d’origines". "Quand Mme A. porte un voile dans ce contexte, elle ne provoque aucune émotion particulière, elle se fond dans le paysage", a-t-il plaidé. Me Richard Malka, avocat de la crèche, a rétorqué : "La laïcité, ce serait dans les beaux quartiers et pas dans ces quartiers-là. C’est le communautarisme le plus extrême".

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