Comment réussir un congrès utile aux communistes ?

, par  pam , popularité : 7%

Ce 37ème congrès sera-t-il un congrès qui aide les communistes ? Les derniers congrès ont beaucoup écrit, pris de nombreuses décisions sur l’organisation du parti, différentes versions de son projet, la création du Front de Gauche, les alliances électorales, mais dans la pratique, les communistes semblent démunis face à des questions concrètes par exemple dans les luttes contre la loi travail, pour être utile à l’unité et au renforcement du mouvement, comme dans leur capacité de répondre à des situations politiques qui bousculent toutes les forces progressistes, depuis le diktat européen contre le choix des grecs refusant l’austérité, jusqu’à la brutalité réactionnaire du pouvoir socialiste. Ils ne savent comment renverser la tendance à l’affaiblissement de leurs organisations.

Pire, la direction du parti communiste est divisée et tâtonnante, incapable d’unir les communistes, de faire vivre une orientation lisible et utile aux militants. A l’été 2015, les hésitations des parlementaires et de la direction du parti soutenant le plan européen refusant le choix du peuple grec contre l’austérité a désarçonné de nombreux communistes. Le revirement sur Jean-Luc Mélenchon, devenu après 2012 candidat légitime de l’électorat communiste puis dénoncé en 2016, comme la recherche presque désespérée par Pierre Laurent d’une nouvelle alliance avec d’autres socialistes dissidents, laissent le parti communiste dans le flou à moins d’un an des échéances électorales de 2017. A la même époque pour 2012, les communistes menaient un débat approfondi sur leur stratégie et leur candidat. Comment le congrès pourrait apporter une réponse utile quand la direction continue à renvoyer toute décision des communistes à un processus citoyen idéalisé, loin de toute réalité de nos forces militantes ? Nous sommes dépendant des décisions des autres, la direction du PCF fonctionne désormais comme celle du parti radical de gauche.

Pourtant, après des décennies de reculs sociaux et d’échecs électoraux pour les communistes, le mouvement social contre la loi travail montre que rien n’est jamais définitif. Il y a 3 mois, tout semblait réglé avec Hollande surfant sur l’anti-terrorisme et Le Pen sur la vague bleue marine, et il a suffi d’une journée forte de manifestation en mars pour que le débat politique se transforme et que grandisse la question de la résistance, du refus de la dérive à droite de la France

Il est donc urgent de relever le défi d’un parti communiste tourné vers l’action, utile au concret pour surmonter les obstacles à l’unité et au renforcement, mais la direction nationale ne semble préoccupé, comme chez les verts, que des tactiques, des alliances et des places… Le parti devient une écurie électorale dont la direction doit monter des dossiers… comme chez les verts, dont un élu justifiait son soutien avec Collomb en disant, « j’ai 10 millions d’euros pour le mandat sur ma délégation ».

Le mouvement social a besoin d’un débat politique national sur des questions très concrètes. Comment surmonter le piège de la violence, son instrumentalisation par le pouvoir pour isoler le mouvement de sa base sociale ? Comment permettre aux plus déterminés de trouver les formes d’actions fortes dans la durée, sans se détourner de l’effort indispensable pour élargir le mouvement, faire progresser la mobilisation ? Ce devrait être au cœur du débat politique du congrès, quel rôle pour le PCF dans le mouvement social ? quelle stratégie de rassemblement populaire pour ouvrir une perspective progressiste ?

De même, chacun sait que l’existence de groupes parlementaires communistes est un défi difficile pour 2017. L’expérience de 2012 comme des élections locales qui ont suivies sont claires. La vague électorale d’un présidentiable ne fait pas nécessairement une force pour une circonscription. Les bilans et enracinements locaux ne résistent pas à un vote national fortement politique… Mais quelles leçons tirons-nous des stratégies électorales suivies depuis 15 ans ? des échecs du Front de Gauche, de la perte systématique d’élus communistes, de la montée apparemment irrésistible de la droite ? Comment sortir du piège que le pouvoir nous tend avec le FN, piège illustré clairement aux dernières régionales ?

Au-delà de 2017, le parti communiste conserve des forces significatives au plan local, malgré les pertes de nombreuses communes. Mais l’échéance de 2020 sera décisive. Quelle stratégie nouvelle pour nous fixer l’ambition au plan national de renverser la tendance ? Quelle conception d’un rassemblement qui nous sorte de l’impasse de l’union de la gauche, qui nous assure notre autonomie de décision locale sur une stratégie nationale ?

La consultation sur la base commune montre des communistes affaiblis, inquiets et divisés. Pour la première fois, la direction sortante est minoritaire, peinant à dépasser les 50% des exprimés, mais ne mobilisant qu’un communiste sur trois. Le risque, c’est bien sûr l’émiettement, voire l’explosion du parti. C’est pourquoi les communistes doivent se mobiliser comme en 2007 pour affirmer qu’ils veulent continuer le parti communiste français !

La première urgence, c’est que la direction sorte de son autisme, de son enfermement dans un discours répétitif et coupé du réel, un discours idéaliste qui fait croire que le peuple a besoin aujourd’hui d’un grand questionnaire pour établir un “socle commun”, nom qui rappelle douloureusement le programme commun qui nous a lié pour des décennies au parti socialiste, et nous a coupé du peuple ! Non, le peuple a besoin d’idées de rupture pour lui permettre de répondre aux questions concrètes qui lui sont posées. Le peuple a des questions qui lui viennent du réel, c’est lui l’acteur. Le rôle des communistes est de montrer leur capacité à porter des réponses et à les faire vivre !
- Comment sortir les manifestations du cycle infernal provocation/répression ?
- Comment faire grandir le mouvement de 1 à 3, voire 5 millions de manifestants ?
- Comment transformer un soutien de principe à une participation aux manifestations ?
- Comment transformer une participation à une manifestation, en participation aux actions dans l’entreprise et le quartier ?
- Comment tisser des liens entre entreprises, créer de la solidarité pour permettre aux plus avancés de tenir dans la durée ?
- Comment légitimer nos propositions pour une autre politique économique face au diktat européen. Si l’Europe n’est pas encore sociale, faut-il plier comme la Grèce ou affirmer qu’on refusera ses directives ?

Et les communistes ont des questions précises les concernant :
- Comment remonter la pente de l’organisation du parti ? consolider la vie des sections, retisser des liens politiques dans les entreprises ?
- Comment faciliter la vie concrète des cellules, de la remise des cartes et des cotisations, loin de la centralisation des moyens, en donnant à des responsables de cellules les moyens modernes de suivi de leurs adhérents… ?
- Comment affirmer au plan politique que nous avons besoin d’un grand parti communiste, que c’est le défi de l’heure. Comment poser cette question directement et franchement à tous ceux qui s’engagent dans la lutte ?

Si le congrès veut être utile aux communistes, qu’il ne perde pas de temps dans le travail sur un texte que tout le monde aura oublié dans quelques semaines, comme pour les précédents. Qu’il prenne quelques questions et qu’il les discute au fonds pour dégager des positions nouvelles et rassembleuses. Et la première des questions, c’est de savoir comment le parti communiste peut continuer à exister avec son organisation, sa capacité de pensée commune contre le système dominant, ses propres décisions dans la vie politique, et donc dans les échéances électorales de 2017.

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  • (2002) Lenin (requiem), texte de B. Brecht, musique de H. Eisler

    Un film
    Sur une musique de Hans Eisler, le requiem Lenin, écrit sur commande du PCUS pour le 20ème anniversaire de la mort de Illytch, mais jamais joué en URSS... avec un texte de Bertold Brecht, et des images d’hier et aujourd’hui de ces luttes de classes qui font l’histoire encore et toujours...

  • (2009) Déclaration de Malakoff

    Le 21 mars 2009, 155 militants, de 29 départements réunis à Malakoff signataires du texte alternatif du 34ème congrès « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps ». lire la déclaration complète et les signataires

  • (2011) Communistes de cœur, de raison et de combat !

    La déclaration complète

    Les résultats de la consultation des 16, 17 et 18 juin sont maintenant connus. Les enjeux sont importants et il nous faut donc les examiner pour en tirer les enseignements qui nous seront utiles pour l’avenir.

    Un peu plus d’un tiers des adhérents a participé à cette consultation, soit une participation en hausse par rapport aux précédents votes, dans un contexte de baisse des cotisants.
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  • (2016) 37eme congrès du PCF

    Texte nr 3, Unir les communistes, le défi renouvelé du PCF et son résumé.

    Signé par 626 communistes de 66 départements, dont 15 départements avec plus de 10 signataires, présenté au 37eme congrès du PCF comme base de discussion. Il a obtenu 3.755 voix à la consultation interne pour le choix de la base commune (sur 24.376 exprimés).