"Quartiers populaires : les communistes à la reconquête"

Les prémices de notre volonté de communistes...

, par  Armand Lecoq , popularité : 4%

"Quartiers populaires : les communistes à la reconquête" : c’est le titre de l’article paru dans l’encart "Communistes" de l’Huma de ce mercredi, 18-12-13, qui m’a interpelé.

Je l’ai lu et relu... J’avoue qu’il m’a provoqué une grande satisfaction. La nécessité de rassembler, de mobiliser autour de nous, d’aller voir le voisin dans l’espoir d’une autre politique, d’un avenir prometteur, d’une autre qualité de vie... J’y ai retrouvé les prémices de notre volonté de communistes de construire avec TOUS, la société socialiste que nous voulons. Mais peut-être que je vais plus loin que l’auteur !!!

"Société socialiste" : le gros mot est lâché ! Je suis désolé mais aucun autre terme ne vient à l’esprit du communiste que je suis, resté fidèle aux engagements de ma jeunesse -j’ai 49 ans de parti et 6 de la JC auparavant.

La dégringolade de notre influence a des raisons objectives, comme on dit. Elle ne doit rien à l’usure du temps ou à une quelconque disparition d’un avenir qu’on voulait radieux. Le PCF de la Libération a pu, grâce à la puissance de son influence conquise dans la Résistance, imposer l’application des mesures éminemment modernes contenues dans le programme du CNR, telles la réalisation, effective à l’époque, de la gratuité des soins pour tous, ou l’accès à l’énergie au moindre coût, ou le droit aux vacances et à une retraite décente, ou encore un premier pas vers le contrôle des richesses produites et de leur répartition par le biais des comités d’entreprises... Toutes ces conquêtes inédites de progrès social sur la barbarie de l’exploitation capitaliste, ce parti-là a pu, jusqu’à son éviction du gouvernement en 48, garantir ces avantages acquis par la lutte de classe.

Ces conquêtes ont persisté longtemps dans notre pays et la dénomination des "trente glorieuses" qu’on donne aux années qui ont suivi la libération en est le témoignage.

A cette époque, et ne me dîtes pas que les conditions ont évolué, le PCF disposait d’un maillage plus ou moins serré dans la population, et surtout dans les usines, maillage entretenu par l’activité des militants communistes regroupés dans les cellules. Allez, encore un gros mot de lâché ! Cette organisation (léniniste) nous permettait le contact permanent auquel l’article fait allusion.

Nous disposions aussi d’une Humanité qui se faisait l’écho de la lutte de la classe ouvrière, entre autres, et dont la ligne éditoriale s’inspirait de l’actualité de la lutte des classes, dont les journalistes communistes écrivaient leurs articles en s’appuyant sur les analyses marxistes des faits sociaux et des événements, voire des aventures guerrières de notre pays. Je rappelle aussi la puissance de notre théorie révolutionnaire qu’alimentait toute une variété de revues, de publications diverses, de propagande (le mot est juste) du parti, que nous utilisions avec profit dans notre activité militante. Je n’oublie pas non plus l’apport décisif des écoles de formation du parti marxiste (encore un gros mot !), de la cellule (c’est là que j’ai compris ce qu’était la "plus-value") au national, en passant par les sections et les fédérations.

Je suis actuellement secrétaire (animateur, si vous voulez) d’une cellule de quartier, la cellule Henri Barbusse. Nous sommes 16 adhérents. Depuis deux ans, nous nous réunissons chaque mois. Nous avons imprimé deux journaux de cellule tirés à 1500 exemplaires... et nous tenons régulièrement un poste sur le "marché du vendredi", ce qui nous a permis de contracter des liens avec beaucoup d’habitants du quartier (et d’ailleurs...). De nombreuses discussions, des contacts au porte à porte, des pétitions, des distributions de tracts devant la poste du secteur... Nous entretenons par cette activité de bons rapports avec "les autres" (Je n’ose pas dire "les masses", ça fait trop "vieux coco"...).

Ce qui est important, c’est la liaison avec tous les camarades concernés par cette cellule, et notre activité militante régulière et continue qui nous permet des contacts fréquents et fructueux avec ceux qui, comme le dit l’article, "sont dans une détresse sociale qui est telle qu’il y a un grand besoin de parler, de se sentir écouté". Oui l’isolement de chacun, sa désespérance à avoir, de son point de vue, tout essayé alors que rien ne change, son repli dans l’individualisme, sont des phénomènes sociaux lourds de menaces pour l’avenir de la démocratie et qui produisent des proies faciles pour le renoncement à l’action ou l’enrôlement dans n’importe quel populisme... Notre disparition des lieux de travail comme des quartiers ou des villages en tant que force communiste organisée, laisse la porte ouverte à n’importe quoi et c’est une des raisons qui m’ont fait apprécier cet article. Mais c’est loin d’être suffisant, en regard de ce qui est en jeu.

"Les rencontres et la convivialité qu’on est capable de mettre en place peuvent faire reculer dans le quartier le sentiment d’isolement et parfois l’abstention et le populisme". C’est ce que je lis. J’ajoute "dans le quartier et sur les lieux de travail". Le cadre dans lequel ces projets-là se développent, existait dans le parti avant le congrès de Martigues. C’était la cellule de quartier, c’était la cellule d’entreprise... cette cellule, organisation léniniste du développement de la lutte révolutionnaire, que le congrès que j’ai cité avait enterré, et que le dernier congrès a en quelque sorte "réhabilité", mais sans lui donner les moyens financiers de vivre.

La réunion de cellule, c’est la discussion avec tous ceux qu’on ne voit jamais en assemblée de section, pour un tas de raisons, parce que c’est trop loin, parce qu’il y a trop de monde pour pouvoir s’exprimer... C’est la saine confrontation et parfois des engueulades homériques, c’est l’endroit où on invite des amis, des "sympathisants" (ce n’est pas un gros mot) pour apprendre, pour expliquer, pour chercher ensemble... et à qui on peut aussi (ce n’est pas interdit) proposer l’adhésion... C’est le lieu où on peut prendre des initiatives au plus près des préoccupations du voisin, de l’ami, de celui dont on connaît la situation par rapport au travail, aux fins de mois difficiles ou aux difficultés scolaires... C’est l’endroit où on récolte l’"or de Moscou", c’est le lieu où VIT le Parti !

Dans cette période de campagne pour les municipales, quel meilleur endroit pour préparer efficacement des rencontres au porte à porte ou des réunions
publiques ? Que de temps perdu ! Que d’errements ! Que d’erreurs dans nos pratiques militantes ! Il est temps de se remettre au boulot et il n’est jamais trop tard !

Je suis profondément persuadé que le système capitaliste n’apporte rien de bon. C’est évident. Mais je sais aussi que l’avenir de tous, dans ce système, sera INFERNAL et que les évolutions de la société dans le développement de la crise de ce système ne le feront pas tomber tout seul comme une pomme pourrie. L’union du peuple de France (tiens, une réminiscence !) est la seule voie possible pour sortir de ce guêpier mortel, et nous devons réaffirmer notre volonté de nous battre pour convaincre, pour créer le rapport de forces indispensable et jeter les bases du Socialisme "à la française" (d’autres pays dans le monde le construisent à leur manière, et l’Huma s’honorerait d’y effectuer quelques enquêtes. D’ailleurs la chute du "socialisme réel" aurait nécessité une réflexion critique dans l’ensemble du Parti, tout n’était pas négatif, nous le savons bien, et l’absence du poids qu’il représentait dans le monde se fait sentir au détriment des peuples de cette planète)

Un PCF influent et qui sait où il va, sans renier son passé, est indispensable pour renforcer un Front de gauche le plus élargi possible et pour, enfin proposer les perspectives de rupture que tout le monde attend.

Armand Lecoq

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