Pour la mise en lumière de la visée communiste article de Arnaud Spire

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Le texte de Arnaud Spire publié dans l’Humanité du 5 janvier est une contribution utile à la discussion nécessaire sur la place du point de vue communiste dans l es batailles politiques autour de 2012. Nous la reproduisons afin de contribuer à la faire connaitre et à prolonger la discussion.

Nous partageons bien évidemment sa conclusion !

Après avoir enseigné pendant des années des éléments de philosophie marxiste dans les écoles du PCF, et ce de la façon la plus critique possible, c’est-à-dire en signalant chaque fois ce qui faisait problème avec le mouvement réel du rapport de forces en France, j’estime m’être toujours prononcé pour l’introduction du point de vue de la pratique dans la réflexion théorique du PCF. J’ai combattu aussi bien l’empirisme que l’application d’un point de vue philosophique systématique dans la pratique militante du PCF.

Je ne me suis pas opposé à l’abandon d’un «  centralisme démocratique  » par trop dérivé du monolithisme stalinien. J’ai même applaudi à l’acte par lequel on rendait sa liberté de penser et de s’exprimer à l’individu membre du PCF. Pour autant, comment définir le «  sous-ensemble flou  » par lequel notre fonctionnement ancien a été remplacé ? On ne sait plus qui prend les décisions, où est la direction et quelles sont les responsabilités des militants qui ne peuvent, selon moi, en aucun cas être considérés comme individuellement souverains. La souveraineté est une potentialité qui dépasse l’individu. La souveraineté communiste est la résultante de ceux qui en ont pris le «  parti  ».

En tant que philosophe, je suis perturbé depuis plusieurs années par l’utilisation du concept de souveraineté individuelle dans l’activité du PCF. On est membre du Parti communiste ou on ne l’est pas. Personne n’oblige personne à y adhérer, je ne veux donc en aucun cas joindre ma voix à quelque tendance que ce soit dont l’existence organisée, loin de faciliter le débat démocratique à l’intérieur du «  Parti  », le freine au contraire.

Chaque communiste est en devenir, et, bien évidemment, le mouvement des consciences communistes participe d’un certain pluralisme originel que non seulement j’admets mais que je souhaite favoriser. La philosophie marxiste qui, plus de cent soixante ans après le Manifeste, a une postérité considérable, ne peut s’envisager que dans le cadre d’un pluralisme qui déborde le seul cadre national et tient compte de l’actuel processus de mondialisation.

Je crains la pratique du référendum interne où on ne peut que se rallier au moins pire et je ne m’associe pas fréquemment à des appels. Cependant, celui publié dans l’Humanité sous le titre «  2012 : pour un rassemblement sans effacement du PCF  » a provoqué mon assentiment immédiat. L’existence du communisme en France est à la fois une particularité historique de masse – le parti communiste pesait 28 % au sortir de la Résistance et une visée d’avenir. La constellation et le mot communisme doivent-ils s’effacer derrière le Front électoral auquel il participe ? À moins de laisser la France devenir, comme les États-Unis, un pays où on ne pense plus mais où on calcule, cela me paraît infondé. Si le Parti communiste ne profite pas de la médiatisation présidentielle, je ne vois pas par quel miracle ses candidats députés seraient en position d’être élus six semaines plus tard. Son poids social, marqué par tous les épisodes révolutionnaires précédents (1789, 1793, 1830, 1848, la Commune puis le Front populaire, la Résistance et la reconstruction de la France), a plus de portée en cette période de crise très grave du système capitaliste que l’unicité d’un candidat du Front de gauche. Le populisme communiste, s’il existait, est ce qui empêcherait le Parti de dialectiser pleinement la visée communiste.

L’historien Claude Mazauric lui-même dans ses écrits sur Babeuf n’a-t-il pas souligné la portée historique des idées de ce révolutionnaire et le caractère ineffaçable de leur apport ? Le communisme du XXIe siècle, dans un pays où le capitalisme est devenu, pour l’essentiel, créateur de marchés sans marchandises ou de «  bulles financières », continue d’induire un avenir humainement émancipateur, la gratuité du maximum de biens, le dépérissement de l’État, le développement des personnalités – hommes et femmes – et de leur épanouissement individuel et collectif.

Le non-effacement du PCF au premier tour des élections présidentielles, et a fortiori pour les législatives qui suivront, est capital pour la mise en lumière de la visée communiste en ce début de XXIe siècle.

Arnaud Spire

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