NOTRE CAMARADE, NOTRE AMI ZOHEIR BESSA S’EST ETEINT CE MATIN
Il est parti tranquillement ce matin 28 août, après des mois de maladie et de longues souffrances. C’est pour lui une délivrance, mais une terrible déchirure pour sa famille et ses proches. Comme à son habitude, Fouzia, que je viens de joindre, fait face malgré sa douleur.
L’Algérie, le mouvement ouvrier et universitaire, les Communistes algériens perdent un grand dirigeant. Il y a quelques jours, je l’avais eu au téléphone et son inquiétude était pour son journal, Alger républicain dont il était le directeur. Les difficultés financières en raison de l’absence de ressources publicitaires qui l’avaient contraint à abandonner la formule papier ; le vieillissement des collaborateurs se faisant de moins en moins nombreux…Mais il pensait malgré tout à l’avenir et il échafaudait des plans pour la survie du journal d’Henri Alleg. Ainsi était Zoheir. Un combattant qui, jeune adolescent, avait participé à la guerre de Libération pour l’Indépendance de l’Algérie. Pendant la Décennie noire, en 1995, Il avait été victime d’un attentat. Il s’en était miraculeusement sorti, mais l’une de ses filles présente avec lui dans la voiture avait été gravement atteinte. C’est à la suite de cet attentat que Fouzia et leurs filles vinrent s’installer à Montpellier, oû Fouzia, professeur de français, du se reconvertir, tandis que Zoheir partageait son temps entre Montpellier et Alger où il enseignait l’économie à l’Institut national de la planification et des statistiques (INPS) de Ben Aknoun.
Je l’avais connu grâce à Henri Alleg et j’ai beaucoup appris auprès de lui lors de nombreux entretiens téléphoniques et de nos rencontres, au cours desquels il me faisait part de son analyse de la situation politique en Algérie, à la lumière du marxisme-léninisme qui était sa boussole. Et quand nous nous retrouvions en famille, c’était pour déguster les plats délicieux préparés par Fouzia, arrosés des vins français que je lui faisais découvrir.
Il est souvent venu dans le Gard pour y donner, à l’initiative de notre association France-El Djazaïr, des conférences pour les 18-19 mars, le 17 octobre, le 5 juillet…Et il avait participé les 21 et 22 septembre 2019 aux journées pour l’Algérie organisées par les Ami.es du Prolé de Nîmes, aux côtés de Pierre Daum et de Hakim Addad le fondateur du Rassemblement Action Jeunesse, dont la mère, notre amie Annette Haas, habitait Nîmes.
Et nous nous retrouvions à Alger au cours de chacun de mes séjours. Les réunions qu’il organisait alors au siège du journal à la Maison de la presse, constituaient toujours des évènements, et les élus de Vénissieux parlent encore du recueillement sur les tombes des Martyrs en novembre 2022, en présence de Zoheir et de Mohamed Ghafir (Moh Clichy).
Enfin, il est un moment qui pour moi à une résonnance particulière, lorsque Zoheir salua au nom du PADS, le parti héritier du Parti communiste algérien, dans une allocution d’une grande sensibilité, la mémoire d’Annie mon épouse lors de ses obsèques le 6 décembre 2015 au cimetière de Soudorgues.
Zoheir était pour moi un camarade et un ami. Je suis ce soir très triste, mais je pense surtout à Fouzia et à ses filles Assia, Sabrina et Feriel. Je les embrasse très fort.
Bernard DESCHAMPS
28 août 2025