84 détenus de Guantanamo sont en grève de la faim le vrai visage de la démocratie pour une bonne partie du monde

, par  Danielle Bleitrach , popularité : 2%

Tant qu’il existera Guantanamo sans parler des lieux où l’on délègue la torture et la relégation, l’opposition entre démocratie et barbarie perdra son sens.

Un total de 84 détenus sur les 166 qu’abrite le centre de détention de Guantánamo est en grève de la faim, a informé ce dimanche un haut fonctionnaire de la prison.

Dans ce groupe de personnes, 16 sont en train d’être alimentés par la force par une sonde dans l’œsophage. la grève a débuté le 6 février 2013 avec une vingtaine de désespérés. Voici ce que déclarait à ce propos le Monde… Aujourd’hui cette grève s’étend selon l’annonce faite hier… les conditions inhumaines perdurent.. ;

« Cela pourrait s’appeler une séance de « gavage » forcé. Elle est destinée à empêcher la mort d’un détenu en grève de la faim. Elle est infligée à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit – parce qu’elle a aussi pour objet de punir le prisonnier. Il est attaché à une chaise, bras, jambes, épaules sanglés. Un tube est inséré dans le nez, relié à l’estomac ; la tête est retenue en arrière. Une dose de liquide vital est administrée. Et le malheureux, un homme, souvent déjà très affaibli, est ensuite reconduit dans sa cellule.

Jusqu’au prochain « gavage » chimique. L’objectif est au moins aussi politique qu’humanitaire. Il ne faut pas qu’un détenu réussisse à se suicider en se laissant mourir de faim. Ce serait choquant, déshonorant pour le pays en charge d’une telle prison, n’est-ce pas… Car cela se passe dans un établissement américain, sur la base maritime dont disposent les Etats-Unis sur l’île de Cuba, là où, au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, ils ont installé la prison de Guantánamo.

Depuis douze ans perdure ce scandale que tolère Washington : l’existence d’un lieu de non- droit, un « trou noir » juridico-légal, où sont enfermés des hommes qui, pour la plupart, n’ont été ni jugés ni même inculpés de quoi que ce soit.

Supposés terroristes, proches de terroristes, parents de terroristes, familiers de terroristes, « vendus » par des terroristes, dénoncés comme terroristes pour de l’argent ou tout autre motif – bref, épinglés à tort ou à raison dans la gigantesque traque lancée par les Etats-Unis au lendemain des attentats du 11-Septembre. L’homme nourri de force depuis le 22 mars, et dont Le Monde rapporte aujourd’hui l’histoire, s’appelle Nabil Hadjarab. Il est à Guantánamo depuis 12 ans, ni jugé ni inculpé, déclaré « libérable » par les autorités américaines, mais toujours maintenu prisonnier. Il fait partie de ces malheureux pour lesquels le gouvernement de George W. Bush, alors au pouvoir, a inventé une catégorie « juridique » contraire à toutes les conventions : « combattant ennemi illégal ». Celui-ci peut être privé de liberté sans fin – sans jamais savoir de quoi demain sera fait. Ils sont encore 166 dans cette situation à Guantánamo.

Plusieurs d’entre eux ont entrepris une grève de la faim. Certains protestent contre le fait que leur Coran serait l’objet de « fouilles ». Mais, selon leurs avocats, la plupart sont à bout, épuisés de ne rien savoir de leur sort, ayant perdu tout espoir de sortir de « Gitmo ». Plusieurs dizaines d’entre eux ont été déclarés « libérables » donc « transférables » dans leur pays d’origine. »

Cette prison de Guantánamo, où des détenus sont torturés hors jugement, est une base militaire installée sur le territoire cubain. Elle est pour les Cubains le symbole historique de la manière dont les Etats-unis ont transformé la petite île en « notre colonie », alors même que sa population venait de mener une guerre terrible d’indépendance contre l’Espagne, Ce territoire est encore annexé en violation de la volonté du gouvernement cubain- qui refuse depuis 1959 toute somme des Etats-Unis correspondant à la location de cette base militaire désormais reconvertie en centre de torture. Guantánamo à lui seul sous le climat tropical est un lieu de torture, un rocher pelé sur lequel remonte le sel, sans la moindre ombre. On peut nous raconter ce qu’on veut sur le manque de liberté à Cuba, le fait est que comme l’ont prouvé la plupart des rapports des organisations internationales de droits de l’homme ; Guantanamo est le seul lieu où l’on torture à Cuba. Et cela dans un lieu qui symbolise la perpétuation de la violence infligée à cette petite île par le pays le plus puissant de la planète.

Nul ne peut approuver ni le 11 septembre, ni les récents événements à Boston, le terrorisme contre les populations civiles est à la fois criminel et imbécile parce qu’il sert de prétexte à la mise en œuvre de politiques comparable à celles de Bush et Dick Cheney qui ont officiellement justifié non seulement l’invasion de pays qui n’avaient rien à voir avec ces actes (tandis que l’allié saoudien qui lui était impliqué n’a jamais été inquiété au contraire), mais a justifié des lois répressives intérieures. Loin d’en finir avec « le terrorisme » cette politique n’a fait que l’amplifier. Ce qu’il était impossible d’ignorer en sachant bien qu’elle n’était qu’un prétexte au point que plus personne ne sait qui manipule qui. Pourtant quand on lit après les événements de Boston, l’annonce que 84 détenus sont en grève de la faim dans un centre de détention illégal ou se pratique la torture la tentation est de justifier ces pratiques par un danger qu’elles entretiennent. Quand on entend que sur les deux terroristes, l’un a été abattu et l’autre a reçu une blessure qui l’empêchera de parler (est-ce qu’un étudiant de seconde année ne peut plus écrire ?), le doute vous saisit… Finira-t-il à Gantanamo ? Ou exécuté comme le fut en son temps l’assassin présumé de Kennedy ?

Question que la France pourrait utilement se poser à elle-même après l’intervention libyenne dont nul ne sait très bien ce qui l’a justifiée et l’affaire Merah…

DB

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