Le gouvernement déchaîne la propagande sur le fait que la #confiance serait liée à une question : pour ou contre résoudre le problème de la #dette, en sous entendant que lui il veut la régler.
Précisons d’abord : c’est eux qui ont massivement creusé la dette, et la droite a TOUJOURS plus creusé la dette que la gauche (quelle que soit la qualité des politiques menées par ailleurs).

Ensuite, la dette est elle un problème ? Non si deux conditions sont remplies :
1re condition : la dette permet de développer la richesse du pays.
Fin 2023 le patrimoine non financier de l’Etat français (infrastructures, terrains, constructions…) était de 2 790 Md€. Sur la même période le patrimoine financier (titre de propriété des entreprises publiques, participations dans d’autres entreprises, liquidité, etc) était lui de 1 703 Md€. L’état français a donc plus de patrimoine (4493 milliards) que de dette (3305,3 milliards d’euros en 2024). [1]
Comme pour un ménage, s’endetter n’a pas le même impact si c’est pour acheter une maison dont on est propriétaire à la fin de l’emprunt (donc notre richesse a progressé) ou si c’est pour consommer. Si l’endettement sert à construire, des voies ferrées, des centrales électriques, des écoles, des hôpitaux, des casernes de pompiers ou des centres de recherche, il est positif. S’il sert à financer des cadeaux fiscaux aux entreprises, c’est une catastrophe.
- 2e condition : il faut suffisamment de prêteurs.
Les libéraux focalisent sur les marchés financiers. Mais l’argent vient des banques centrales ou des banques commerciales via l’épargne. L’épargne française est très importante (6356,4 milliards d’euros en 2024) donc nous avons largement de quoi financer la dette publique. Reste la dette privée (des ménages et surtout des entreprises) qui est très importante en France (plus de 4000 milliards). Le total dépasse effectivement le niveau de l’épargne. Il faut trouver 1000 milliards. Mais pourquoi serait-ce spécifiquement à l’emprunt public d’être limité ?
Il faut préciser que la dette publique n’a pas augmentée plus vite que la dette privée. La France est à 113% du PIB de dette publique, la moyenne de l’UE est à 88%. Mais la dette privée (ménages + entreprises) en France est à 205% du PIB ! Les entreprises non financières sont endettées à hauteur de 136% du PIB, alors que la moyenne UE est à 108%. Les entreprises côtés en bourse utilisent une trop grande partie de leurs bénéfices à rémunérer les actionnaires (275 milliards d’euros en 2022) au détriment de l’autofinancement des investissements.
En ciblant la dette publique, #Bayrou sacrifie l’intérêt général pour préserver la dette privée et donc les dividendes aux actionnaires.
Un État de classe au service des capitalistes, c’est ça.
Pour orienter l’épargne sur les investissements publics, les ménages et les investissements productifs, il faut reprendre le contrôle du système bancaire.
Le Gouvernement #Macron a une politique de l’offre dont il ne veut pas déroger (on baisse les « charges » des entreprises et c’est sensé dynamiser l’économie). Ça ne marche pas mais Macron préfère sacrifier ses premiers ministres au moment de la discussion du #budget plutôt que d’accepter de remettre en cause cette politique de l’offre. C’est ce qu’il a fait avec Barnier, c’est ce qu’il fait avec Bayrou.
Or la politique de l’offre a quelle conséquence ? Les recettes publiques s’effondrent. Au fil du temps, l’Etat a abandonné la moitié de la TVA (plus de 100 milliards d’euros), la moitié de la TICPE (près de 15 milliards d’euros) et d’autres ressources aux collectivités locales et à la sécurité sociale pour compenser des cadeaux fiscaux (suppression CVAE et autres) ou des baisses de cotisations sociales.
Assez logiquement, le déficit de l’Etat est passé à 137 milliards d’euros.
Pour améliorer les comptes publics il faut donc :
– Que l’Etat reprenne ses recettes, ce qui lui permettra non seulement d’équilibrer son budget, mais aussi d’augmenter ses dépenses pour répondre aux besoins sociaux (Santé, éducation, infrastructures, justice, culture, etc).
– Que le système bancaire soit repris en main (nationalisé) pour l’utilisation optimale de l’épargne, pour contrôler le crédit aux grands groupes qui n’utilisent pas leur capacité d’autofinancement et préfèrent verser des dividendes, etc
– Que les entreprises payent ce qu’elles doivent, en particulier les cotisations sociales à la sécurité sociale, et que l’on remette à plat la fiscalité des entreprises pour que cela soit financé par le dégonflage des dividendes versés aux actionnaires et aussi le recul de la fraude fiscale des grands groupe via les paradis fiscaux
– Qu’on développe les richesses produites dans notre pays avec une véritable politique de développement industriel
– Qu’on développe la consommation, donc l’économie en générale, par un meilleur partage des richesses produites par le travail (salaires, pensions, prestations sociales)
Sur la politique scandaleuse de Bayrou, un dernier point : l’obsession de la baisse des dépenses de la Sécu.
Bayrou a beaucoup comparé la France et l’Allemagne en matière de poids des dépenses de santé dans le PIB.
C’est une manipulation grossière des chiffres. La France, qui a le plus gros pourcentage de socialisation grâce à la sécu (le reste à charge de l’usager est très faible), a des dépenses de santé de 325 milliards d’euros. L’Allemagne dépense 489 milliards. C’est moins en pourcentage de PIB, mais c’est beaucoup plus en montant par habitant (6630€/habitant en France, 8011€ en Allemagne. Source OCDE 2022). Donc déjà, l’Allemagne dépense 20% de plus que la France. Mais en plus il faut regarder le résultat : l’espérance de vie est de 85,7 ans pour les femmes et 80,1 ans pour les hommes en France contre 84.1 et 79,6 en Allemagne.
Pour la bonne bouche, l’un des pays qui socialise le moins - les États Unis - dépense 12555€/habitant !
Pratiquement 2 fois plus qu’en France ! Pour une espérance de vie de 81,8 ans pour les femmes et 76,9 ans pour les hommes.
Conclusion : vive la Sécurité Sociale !
Il y aura de plus en plus de dépenses de santé. Parce que la population vieillie mais surtout parce que les technologies de soins sont de plus en plus avancées et donc coûteuses. A l’époque de la saignée, la santé coûtait moins cher à pratiquer qu’avec des scanners aujourd’hui, mais on mourrait à 25 ans.
Dépenser plus pour la santé, c’est le sens de l’histoire. Il ne faut pas être obsédé par la réduction des dépenses mais plutôt trouver les recettes pour assumer cet enjeu.
Dernier point sur ce sujet : Bayrou pleure sur les dépenses de santé mais ne parle a aucun moment de prévention. Par exemple, 26% des jours d’arrêt maladie ont pour cause un accident de travail ou de trajet ! On fait quoi pour la prévention des risques en entreprise ? Quel pouvoir des salariés et de leur représentants, quels moyens de l’inspection du travail pour faire respecter les règles ?
Bilan : on fait grève parce qu’on a des propositions sur la dette qui sont bien meilleures que les leurs et qui règlent nos problèmes sociaux.
Gouvernement ou pas, on agit pour obtenir satisfaction sur nos revendications et en particulier pour imposer au patronat de payer ce qu’il doit !