MJCF 69 : de nouveaux témoignages de ce qui s’apparente à un putsch !

, par  Marie-Christine Burricand , popularité : 1%

Nous avons informé il y a quelques jours de "l’opération nettoyage" qui s’est abattue sur la JC du Rhône.

Nous publions deux témoignages explicites de jeunes.

Le même type d’opération était initialement programmée dans l’Hérault. Espérons que la raison l’emporte !

Premier témoignage : Aurélien Scandolara

Avant toutes chose, je tiens à me présenter, j’ai adhéré à la JC du Rhône en 2001 et en 2003 au parti. A l’époque, nous n’étions que quelques uns à la JC. J’ai pu voir l’évolution du nombre d’adhérents, avec comme point culminant le conflit des retraites et comme musique de fond les tensions entre JC et PC plus ou moins grandes suivant la période.

Je n’ai pas toujours pu milité à cause de ma vie professionnelle, mais si je suis resté si longtemps à la JC, c’est que nous étions relativement protégés des histoires internes de la fédération du parti. L’ambiance militante et certains objectifs tels que créer une union de ville à Vénissieux, ont été pour moi une véritable motivation.

Avec la situation d’aujourd’hui, je ne peux m’empêcher de témoigner, même si je n’aime pas laver notre linge sale sur internet ce qui sera dommageable pour l’image de l’organisation.

Après avoir milité toutes ces années, je ne peux qu’être choqué de ce que j’ai vu le vendredi 24 mai. Ce jour là s’est déroulé une assemblée générale extraordinaire organisée par la direction nationale. Cette réunion faisait suite a plusieurs tentatives de conciliation dont la dernière eu lieu tout juste une semaine avant.

Durant cette réunion où se trouvaient une centaine de personne, j’ai eu la surprise de n’en reconnaître qu’une soixantaine, alors que j’ai des contacts aussi bien avec les jeunes du parti qu’avec ceux de la JC. Pire, un camarade d’EDF nous a informés avoir été contacté par la fédération du parti pour « faire le nombre » alors qu’il n’avait aucune carte.

L’ordre du jour a lui aussi été fait de façon à ce qu’aucun débat n’ait lieu. Il ne consacrait qu’une demi heure à l’élection du conseil départemental sans que l’on ne parle du bilan de la direction sortante qui n’a pas toujours été positif.

Une liste alternative a alors été proposée avec à sa tête, le secrétaire de la secrétaire fédérale du parti. Comment ne pas penser à une volonté de la fédération de prendre enfin la main sur la JC ?

Cette liste n’avait d’autre programme que de changer la direction sortante avec l’appui des responsables nationaux soit disant impartiaux. Du conseil départemental précédent, seul deux camarades ont été conservés dans cette liste. Le bureau fédéral sortant, la direction fédéral de l’UEC, les responsables élus des cercles UEC, le responsable jeune travailleur, le responsable lycéen et la responsable de l’union de ville de Lyon en sont absents. Ainsi cette liste proposait une rupture totale avec la direction précédente.

L’élection a quant à elle été une véritable mascarade avec 2 listes d’adhérents différentes, avec des noms plus que suspects, certain sur aucun listing mais votant quant même... L’urne a même été déplacée pendant l’élection et le dépouillement quant à lui ne s’est pas fait devant l’assemblée.

Je ne peux que regretter le manque de volonté de travailler ensemble et les actes qui ont suivis cette AG. Mais je crois qu’il résume la frustration de militants d’être privés de leur organisation, aussi bien avant, pour ceux de Villeurbanne, qu’après, pour les militants de la JC.

Avant cette AG, j’avais la conviction que les relations au sein du PCF s’amélioreraient, nombre d’entre nous s’étant côtoyés à la JC et retrouvés au parti plus tard. Or aujourd’hui pour cette nouvelle génération, cette situation ne permettra plus le travail ensemble et cristallisera même les conflits déjà existant pour les année à venir.

J’en ai parlé avec de nombreuses personne de chaque côté. Il en ressort d’une manière unanime que la méthode utilisée n’a été bonne pour personne et que l’organisation n’en sort pas grandie.


Deuxième témoignage extrait du Facebook de Julia Lia

Depuis le 24 mai au soir, nous avons un bureau neuf, dont nous, militants actifs de la JC du Rhône, ne connaissons même pas les visages. Nos structures – souveraines, d’après nos statuts – ne sont même pas représentées au CD. Que doit-on en déduire ? Que ces militants de la dernière heure, qui figurent désormais au Conseil Départemental, ne sont pas organisés ? Il semble évident qu’il n’y a eu aucun travail de structuration. S’il y en a eu un en effet, alors pourquoi ces structures ne figurent-elles pas à la suite de chacun des noms de la liste élue ?

S’ils sont effectivement issus des Unions de Ville nouvellement constituées de Vaulx, Lyon (structure pourtant déjà existante dans notre fédération), Givors, ils ne peuvent nier d’un geste de la main les structures de base qui existent, existaient avant eux et continueront d’exister : qu’adviendra-t-il des cellules et du secteur lycéen, non représenté ? des jeunes travailleurs qui s’étaient organisés ? de la souveraineté des cellules de l’UEC ?

Que penser, par ailleurs, de l’animosité et des idées que ces personnes (qui, je le répète, ne nous avaient jamais rencontrés) ont à l’égard de notre organisation légitime, et démocratique, et quant à sa direction ? Depuis deux ans, je n’ai jamais été victime d’un quelconque autoritarisme ; d’un quelconque sectarisme ; etc. Les accusations qui nous sont faites sont diffamatoires.

En revanche, nos camarades de Villeurbanne ont alimenté les tensions et la paranoïa, s’efforçant de montrer l’engagement personnel d’un nombre infime de camarades de la JC 69 au sein du PCF comme une menace pour l’autonomie de notre fédération. Cette situation s’est envenimée, et le sectarisme est venu premièrement de l’Union de Ville susnommée. L’affaire a été réglée de façon regrettable, mais elle est l’expression de l’AG souveraine, pas du bon vouloir de notre bureau fédéral. Qu’ont-ils fait après avoir accusé la fédération d’être gangrénée par les luttes internes du PCF ? Ils ont appelé le parti, et son collectif jeune, pour organiser un putsch – car on ne peut l’appeler autrement – et prendre la direction de notre fédération.

Le témoignage de Laurent Brun s’ajoute au fait que nous n’avions jamais vu les personnes présentes vendredi soir. Que penser d’un secrétaire fédéral qui a fait venir en nombre, de simples contacts pour gagner la tête du bureau fédéral ? N’aurait-il pas pu, lorsqu’il a essuyé l’échec de sa dernière tentative de putsch en 2011, rester à la JC – au lieu de rendre sa carte pour des questions d’ego – et militer dans nos structures, d’y montrer son efficacité militante et son intégrité politique, plutôt que de venir déstabiliser l’organisation, et du même coup ralentir son activité politique et son militantisme ?

Julia Lia

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