Lyon : coup de force du PCF contre le MJCF

, par  lepcf.fr , popularité : 2%

Pour tous ceux qui pensent que la reconstruction de l’unité des communistes est essentielle, ce qui s’est passé ce vendredi 24 Mai à Lyon est un message politique sans équivoque. La direction nationale du PCF comme la direction nationale du MJCF organisent quand elles en ont la possibilité l’exclusion de tous ceux qui veulent faire vivre un point de vue communiste différent de l’orientation nationale.

La direction fédérale du mouvement de la jeunesse communiste du Rhône et de l’Union des étudiants communistes a été entièrement éliminée au profit d’une nouvelle équipe dirigée par... le collaborateur de la secrétaire fédérale du parti. Un vote serré (46 contre 43 dans une assemblée de près de 100 personnes) conduit à cette élimination, loin de toute recherche de rassemblement. On ne voit pas tous les jours dans la vie d’une organisation de telles ruptures et il faut donc préciser les conditions de cet évènement.

On sait que la fédération du Rhône du MJCF comme d’autres fédérations, défendait un point de vue marxiste dans les débats internes du mouvement, et avait notamment joué un rôle actif dans la décision du congrès du MJCF de remettre la question du socialisme au coeur des batailles à conduire dans la jeunesse. Ils avaient aussi contribué à rejeter les tentatives de création/transformation/métamorphose du MJCF en mouvement de jeune du Front de Gauche.

Les relations avec la fédération du PCF s’étaient fortement dégradées, notamment depuis le départ d’un des membres du collectif départemental de la JC qui avait revendiqué la direction de la fédération sans obtenir la majorité de l’assemblée générale, et en ayant conclu qu’il allait militer au parti. A noter qu’il était immédiatement devenu collaborateur de la conseillère régionale par ailleurs secrétaire fédérale du PCF. C’est lui qui au final a "repris en main" ce vendredi la fédération de la JC.

Les mobilisations autour du Front de Gauche créées par la bataille des présidentielles ont sans doute ravivé ses ambitions, mais il est clair que ce sont bien les directions fédérale du parti et nationale de la JC qui ont décidé d’éliminer une équipe militante qui les dérangeait.

La fédération du PCF avait d’abord créé un "collectif jeune" qui devenait l’outil politique en direction de la jeunesse, et s’organisait délibérément en concurrence avec la JC qui était elle exclue de la fédération et ne pouvait utiliser ses moyens matériels.

Cette situation a été discutée en Janvier lors de la conférence fédérale du PCF avec la décision de réinviter le secrétaire fédéral du MJCF au comité départemental, pour "sortir par le haut" de ce conflit. Mais en conseil départemental, la secrétaire fédérale a refusé d’appliquer cette décision, et a organisé le 9 Avril une réunion de travail, entre la direction fédérale et nationale de la JC, la coordination PCF, le collectif jeunes du PCF et la section de Lyon. Le format de cette réunion comme le compte-rendu diffusé par la secrétaire fédérale confirme que la direction du PCF ne reconnait pas la légitimité de la direction de la JC, et demande de régler d’abord les problèmes "internes" au MJCF.

Des problèmes au sein de la JC existaient bien sûr. Les différences de points de vues dans les batailles et les priorités politiques, dans la stratégie propre du MJCF par rapport au parti, et notamment aux batailles électorales ont pesé sur la vie de la JC jusqu’à un conflit avec l’Union de Ville de Villeurbanne. On peut certes de l’extérieur donner des leçons et dire qui aurait du faire quoi. Mais dans ces situations de conflits, le plus important est de savoir si on trouve une issue "par le haut" c’est à dire qui permette de rassembler le plus de militants possibles sans nier les oppositions, mais en construisant des batailles communes.

Une "commission de conciliation" a été organisée par la direction nationale de la JC, commission paritaire, quatre du collectif jeune PCF et de l’Union de ville de Villeurbanne, quatre de la direction fédérale de la JC sous l’autorité du coordinateur national. Si la direction fédérale de la JC a joué le jeu de cette commission en la préparant sérieusement, en proposant d’intégrer au collectif fédéral Villeurbanne et les groupes de jeunes du collectif jeunes du PCF, celui qui voulait devenir secrétaire fédéral était pressé et se désintéressait de la réunion, sans propositions à faire.

On comprend donc que les "problèmes" dont parlaient la direction fédérale n’étaient pas les problèmes interne de la JC, mais le problème politique d’une JC autonome et qu’il fallait reprendre en main le plus directement possible, en utilisant ce "collectif jeune du PCF" dont presqu’aucun n’était adhérent de la JC.

C’est ce qui s’est passé dans l’assemblée générale de ce vendredi ou ceux qui font vivre la JC depuis plusieurs années ont vu arriver de nombreuses têtes inconnues, enfin, pas pour tous, puisque des dirigeants connus du PCF se sont présentés et ont participé au vote ! C’est le cas d’une élue municipale Lyonnaise, conseillère communautaire et cadre culturelle d’une ville communiste.

Quand on pense avec quelle violence la même direction fédérale exigeait de contrôler les cotisations des sections en opposition, l’acceptation de ses nombreuses adhésions d’opportunités autant par le collectif jeunes PCF que par la direction nationale de la JC est révélatrice. Les pratiques gauchistes et réformistes n’ont pas de secret pour ces dirigeants de nouvelle génération qui pourraient aussi bien diriger le PG ou le PS.

Mais ils n’ont pas bien mesuré les conséquences de leur victoire apparente. Car en agrégeant ainsi des opportunistes politiciens, d’anciennes générations de JC qui n’y militeront plus, des jeunes motivés par le Front de Gauche instrumentalisés sans connaitre le contexte de cette réunion, et les plus jeunes des cadres de la fédération et de la section de Lyon, ils ont surtout démontré leur détermination à exclure, à casser, à détruire. Ceux qui ne l’avaient pas compris vont en prendre conscience, et la capacité à faire vivre un mouvement de jeunes va en prendre un sacré coup. Certes, quelques uns pourront servir de faire valoir dans quelques initiatives médiatiques, mais l’engagement dans les actions, l’organisation, l’effort de formation, les batailles idéologiques est une autre histoire.

Nous faisons confiance aux jeunes communistes pour trouver malgré la violence de l’agression les voies pour retrouver leur unité et leur autonomie, surmonter les divisions créées et faire vivre le MJCF

Nous tirons les leçons du visage que la direction fédérale du Rhône a révélé dans cette affaire à tous les communistes. Non seulement elle ne veut pas de l’unité des communistes, mais elle est prête à tout pour éliminer ceux qui ne lui ressemble pas.

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