Les raisons pour lesquelles je choisis de signer le texte alternatif : Unir les communistes

, par  Danielle Bleitrach , popularité : 1%

Le soleil, la foule des grands jours (69.000) et comme l’a dit Olivier Mathieu dans son discours pour la CGT : c’est une manifestation d’avertissement, la prochaine sera de sanction…

Maintenant il y faut une perspective politique… marcher sur ses deux pieds comme disait Henry Krasucki, le syndicat et le politique…

Comme un certain nombre d’entre vous, j’ai reçu le texte alternatif signé par la fédération du Pas de Calais et les camarades de Vénissieux, plus des représentants d’autres fédérations, et je crois à sa réussite, au vu des contacts pris lors de la magnifique manifestation marseillaise qui non seulement regroupait 60.000 participants, mais présentait la particularité de s’être déroulée sous un soleil radieux. Ce qui favorise les retrouvailles et les contacts multiples, y compris concernant les opinions sur le texte dit commun et sur la nécessité d’un texte alternatif qui soit à la hauteur de cette massive colère.

Voici donc le texte qui me paraît à la hauteur et je pense qu’il ne sera pas difficile de trouver les trente signataires dans les Bouches du Rhône (chiffre maximum derrière chaque texte par fédération). N’oubliez pas pour le signer il faut être à jour de ses cotisations sur les trois derniers mois.

Je viens de m’apercevoir que la dernière mouture intègre certaines de mes propositions et les améliore, je remercie les camarades…

Voici le texte que j’ai proposé aux signataires, il insiste sur deux points concernant ce texte que je trouve excellent : premièrement bien situer la nécessité du parti communiste par rapport à la classe ouvrière, à tous les exploités, employés, intellectuels, chômeurs, ceux qui subissent les plus terribles effets de cette crise, la jeunesse, montrer que toute perspective de changement passe par l’existence d’un fort parti communiste, c’est la condition indispensable à un vaste rassemblement orienté vers le progrès, la justice sociale et la paix. Ce que je souhaite pour ce congrès, c’est une réorientation en ce sens de notre stratégie et pour cela il faut l’union des communistes.

Voici donc ma proposition, qui ne change rien à l’économie générale du texte qui est inscrit ici en format PDF mais dont certaines remarques seront intégrées au texte final. Donc si vous souhaitez le signer comme moi, lisez-le et donnez votre nom celui de votre fédération et section avec les timbres à jour. Fraternellement. Vous pouvez comme je l’ai fait, faire part de vos remarques et expliquez ce qui vous motive à la signer.


Unir les communistes, tout à fait d’accord, mais pour être plus utile à notre pays, à la classe ouvrière et à tous ceux qui sont prêts à se rassembler pour un changement.

Lors de leur 37ème congrès, les communistes sont confrontés à un défi historique : alors que notre pays, sa classe ouvrière, ses travailleurs, ses intellectuels, la jeunesse, tous ceux qui souffrent de cette société capitaliste, inhumaine, n’ont jamais eu autant besoin d’un parti communiste, celui-ci est menacé de disparition, il paraît de moins en moins en état de démontrer son utilité et de favoriser l’intervention populaire vers le progrès, la justice et la paix.

Ce besoin d’un parti communiste est objectif, il est le besoin d’un parti révolutionnaire, capable d’être au plus près de ceux qui subissent l’exploitation, la solitude, la dureté de cette société, en développant les luttes au quotidien, la solidarité et en traçant la perspective d’un changement de société sans laquelle tous les acquis sont sans cesse remis en question.

Cette perspective, c’est celle du socialisme tel que nous le construirons à travers un rassemblement de Front populaire (articulant luttes et élection) orienté vers le progrès, la justice et la paix.

Faute d’un telle perspective, ce sont les forces de la réaction, la droite et l’extrême-droite, fascisante, xénophobe, à la recherche de l’ennemi dans plus pauvre que soi, qui mènent le bal de toutes les régressions, de la remise en cause d’acquis sociaux séculaires, droit à la santé, à l’éducation, à une vieillesse digne, tout est censé céder « à la réforme » au profit du capital ; comme l’est la laïcité, la conception républicaine et celle de la souveraineté des citoyens. Face à l’offensive de la réaction qu’est-ce que la gauche actuelle ? Cette gauche depuis Mitterrand est dominée par le PS. Non seulement elle s’avère incapable de résister aux exigences du capital, à la pression de la réaction, à la montée de l’extrême-droite, mais elle adopte la politique du capital, elle brade la souveraineté de notre peuple, se met à la remorque de l’Europe des profits et de l’austérité, se soumet au bellicisme des États-Unis, de l’OTAN. Ce qui se traduit au plan intérieur par une politique à la pointe de la remise en cause du droit du travail, du service public et qui ne craint pas d’installer durablement un état d’urgence et la répression syndicale. Cette politique accroît le désarroi de nos concitoyens, les plus frappés par la crise, ils se réfugient dans l’abstention ou se laissent tenter par l’extrême-droite de la haine.

La gauche paraît elle-même à deux doigts de l’éclatement mais que peut-on attendre de frondes qui ne sont que la manifestation de l’inquiétude d’élus menacés de perdre leurs places, toujours prêts à s’accommoder de compromis.

Cette situation de la gauche dominée par un PS hégémonique prouve à quel point il ne peut y avoir une politique de gauche sans un parti communiste fort, elle nous invite à nous interroger également sur le Front de gauche. Est-ce qu’il peut constituer une alternative ? Les faits sont là, le Front de gauche n’a jamais été autre chose qu’une union de sommet entre dirigeants de groupuscules, un Front constitué sur des bases électoralistes, tirant à hue et à dia, dispersé, incompréhensible dans ses buts comme ses alliances. Alors que le PCF a fourni l’essentiel de ses forces, voire de ses moyens financiers, il conduit à l’effacement de notre parti dans des conglomérats le plus souvent coupés des réalités populaires. Il participe de ce que nous considérons comme la pire erreur d’analyse de nos directions successives, à savoir l’idée que le peuple Français ne veut plus des communistes, qu’il faudrait faire disparaître, notre histoire, nos fondamentaux et même nos mots derrière une réalité plus « présentable ».

Résultat, ce qu’on nous propose c’est de devenir des politiciens comme les autres alors même que jamais ce monde politique n’est aussi déconsidéré, alors même que monte l’exaspération face à l’incapacité d’écoute, quel spectacle donne le Front de gauche et la direction du PCF ? Nous avons dans le même temps la déclaration auto-proclamée de candidature de J.L. Mélenchon et celle tout aussi peu démocratique du ralliement à des primaires à gauche imaginée par le PS. Cette double déclaration illustre bien la coupure des directions par rapport aux militants et cette coupure traduit celle de notre parti par rapport à sa base naturelle, la classe ouvrière et ceux qui ont le plus intérêt au changement.

Il nous est donc apparu nécessaire que ce Congrès se donne les moyens d’un changement d’orientation pour que le PCF redevienne le parti dont les exploités, notre pays ont besoin. Nous voudrions à ce propos rappeler les mots par lesquels Maurice Thorez a recréé un parti devenu groupuscule entre opportunisme et sectarisme : « Que les bouches s’ouvrent ! Pas de mannequin dans le Parti ».

Nous avons un double atout : la montée du mécontentement populaire, l’unité qui se construit dans les luttes et ce que sont les communistes, leur volonté d’union. Parce que nous savons que, quels que soient les choix pour telle ou telle motion d’orientation, ce qui unit les communistes est plus fort que ce qui les divise. Tous les communistes ont conscience de la gravité du moment, tous veulent que leur parti soit à nouveau un grand parti des travailleurs, ce parti démocratique où l’opinion de chaque adhérent comptait pour un, ce parti de responsabilité et de dévouement en qui même ceux qui ne votaient pas pour lui avaient confiance. A cause de cette conviction, nous abordons ce congrès dans un esprit de fraternité, d’écoute mutuelle.

Enfin s’il est normal que dans le cadre du Congrès, seuls aient le droit de vote les adhérents du PCF, il est clair qu’aujourd’hui par de nombreuses vagues successives beaucoup de camarades ont quitté le parti et sont soit isolés, soit organisés dans d’autres collectifs qui se réclament tous du communisme et de l’histoire glorieuse de notre parti. On ne peut pas se résigner à une telle situation et, comme je l’ai fait dans ce blog, il faut que dans le cadre de la préparation du Congrès, nous sollicitions leur avis. Le renforcement de notre parti passe aussi par cette capacité de rassemblement et il a besoin de clarté politique dans les buts comme dans les moyens. Ce texte est le seul qui y contribue.

Il faut unir les communistes pour ouvrir la perspective d’un nouveau Front populaire vers le socialisme.

Danielle Bleitrach

Extrait du Blog Histoire et Société

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