Une candidature communiste, c’est choisir la difficulté. Mais c’est aussi préserver l’avenir ! Intervention à la Conférence Nationale du 5 novembre 2016

, par  Caroline Andréani , popularité : 8%

Quand on veut aborder la question du positionnement du PCF aux élections présidentielles, il faut se poser les bonnes questions.

Elles sont au nombre de trois :

1- Faut-il une expression communiste à l’élection présidentielle ?

2- Qu’avons-nous en tant que Parti communiste à apporter dans cette campagne en termes de programme, et quelles idées voulons-nous faire avancer ?

3- Avons-nous les capacités, dans tous les domaines – militant, financiers, humain – de porter une candidature ?

En 2012, lorsque les communistes ont décidé de choisir Jean-Luc Mélenchon comme candidat et le Front de gauche comme cadre politique pour l’élection présidentielle, nous étions un certain nombre à penser qu’il s’agissait d’une erreur politique majeure.

Dans la Vème République, l’élection présidentielle est – malheureusement – un moment fort de la vie politique. C’était désarmer notre parti que de ne pas présenter de candidat, et se priver ainsi d’une tribune nationale pour porter un message politique et un programme.

Nous n’avons pas voulu aller à la bataille des présidentielles. Nous avons préféré le moindre risque. Nous avons accepté de nous ranger derrière la bannière d’un candidat, en minimisant les difficultés que cela allait forcément engendrer, et nous en payons les conséquences alors qu’elles étaient prévisibles. Allons-nous recommencer ?

Aujourd’hui, il faut tirer les conséquences de la campagne de 2012. J’en retiens deux, parmi d’autres : notre parti a su mobiliser ses forces, organiser des réunions publiques et des manifestations d’ampleur, aller à la rencontre des gens et les convaincre. Sans les communistes, sans leur mobilisation, jamais Mélenchon n’aurait atteint les 11%. Mais Mélenchon était porteur d’un programme et d’idées qu’il a défendus envers et contre tout. Il n’a pas eu peur de choquer, de trancher, de prendre à rebours l’idéologie dominante. Je crois que c’est ce que les électeurs ont apprécié. Et malheureusement, c’est ce qui manque aujourd’hui au Parti communiste : la capacité à défendre des idées révolutionnaires, à donner des perspectives de changement de société, à porter un projet de rupture avec le modèle capitaliste.

La question que je me pose est de savoir pourquoi dans la configuration de 2017, nous n’osons pas aller à la présidentielle avec une candidature communiste. Qu’est-ce qui nous retient ? Nous avons peur de présenter une candidature communiste, avec un programme communiste. A quel niveau de déchéance nous en sommes arrivés à force de décisions politiques désastreuses successives !

Nous avons butiné avec les "lundis de la gauche", en espérant qu’une candidature qui ne soit ni communiste, ni Mélenchon s’impose à nous. Nous avons courtisé les frondeurs qui ne nous ont pas pris au sérieux. Aujourd’hui, nous sommes dans une impasse. Toute la question est de savoir si nous voulons oui ou non en sortir.

Il est temps que le PCF réagisse et se reconstruise. Il en va de notre survie. Ne plus porter de projet révolutionnaire, abandonner notre idéologie, c’est cela qui explique notre déclin, et qui va précipiter notre disparition. Nous ne pouvons pas nous permettre la énième erreur d’appréciation et de stratégie.

Certes, une candidature communiste, c’est choisir la difficulté. Mais c’est aussi préserver l’avenir. Ne croyez pas qu’en se rangeant derrière Mélenchon, nous sauverons des députés communistes. Au contraire, si nous disparaissons dans la présidentielle, nous serons invisibles durant les législatives. Je le dis solennellement, c’est la survie du Parti communiste qui se joue aujourd’hui. Se ranger derrière Mélenchon, c’est choisir la disparition du PCF.

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