Commentaires sur la conférence d’Alain Badiou "penser les meurtres de masse"

Organisation, Classes, Nations : pour reconstruire une subjectivité communiste !

, par  pam , popularité : 2%

Pour le monde du travail, les peuples en général, y compris pour les militants progressistes, ceux qui pensaient il y a peu qu’il était possible avec un gouvernement de gauche de faire autre chose qu’avec un gouvernement de droite, la réalité politique et sociale est devenue insupportable, et même le plus souvent incompréhensible. Et le piège politique organisé autour du FN se referme sur des citoyens incrédules : faut-il tout accepter, voter à droite, ou la fusion "droite-gauche" pour éviter le pire ?

En 2012, après 5 ans de Sarkosysme triomphant, l’envie de le "mettre dehors" avait donné tous les pouvoirs au parti socialiste, qui révélait encore plus vite qu’en 1981 son incapacité à "changer la vie". Les crimes de janvier et novembre à Paris permettent à Hollande de tomber tout ce qui restait de masque "de gauche", et d’accélérer au plan international comme national, une politique exclusivement au service des oligarchies économiques. Ce qui reste de république, de services publics, d’industrie nationale, d’indépendance de la France est mis en cause avec violence et arrogance. Les régionales conduisent le gouvernement à utiliser le patron du MEDEF comme étendard anti-FN, provocation qui bien entendu ne peut que profiter à une Marine Le Pen qui n’en demandait pas tant !

La direction du parti communiste est enfermée dans les impasses successives de ces stratégies électorales de sommet et l’éclatement du Front de Gauche. Dans l’incohérence d’alliances à géométrie variables, elle donne le sentiment de tout décider pour quelques élus, autrement dit, pour négocier avec le PS, encore et encore, jusqu’à la lie.

Pourtant, il y a partout des militants qui cherchent, qui ne supportent plus de répéter des phrases toutes faites, qui ne supportent plus de ne pas dire la vérité sur les rapports de forces, l’affaiblissement des organisations, les transformations sociales et politiques dans le monde du travail... des militants qui, dans le PCF comme ailleurs , cherchent des explications cohérentes, des points de repères visibles, qui expriment de fait une exigence de théorie pour dire ce monde devenu si violent, ce capitalisme mondialisé si arrogant, et ce peuple si peu combatif.

La terreur des crimes du 13 novembre à Paris a bien sûr un effet contraire de stupéfaction, de silence et de repli, et le pouvoir en profite avec l’état d’urgence pour remplacer tout débat politique et social par le seul appel à la guerre et l’unité nationale.

Mais cela ne durera pas. Nous avons de premiers repères, comme la déclaration d’organisations des assises du communisme ou la déclaration de la CGT contre l’état d’urgence et l’union nationale. Dans ce contexte, la conférence d’Alain Badiou le 23/11 a eu un certain écho, sur la nature fasciste des "djihadistes", sur la nature de ce capitalisme mondialisé qui propage la guerre comme la nuée l’orage, sur la crise idéologique qui semble désarmer les peuples.

Il propose dans cette conférence de nommer ces actes de terreur des "meurtres de masse", actes de nihilisme poussé au suicide. Il caractérise ses auteurs comme de jeunes "fascistes" nés dans la crise sociale qui produit en même temps des subjectivités de "désir d’occident" et leur négation.

Il analyse la structure objective du monde contemporain, comme un capitalisme redevenu primitif, incapable de prendre en compte la totalité de l’humanité et organisant un nouveau zonage du monde marqué par une forme capitaliste de dépérissement de l’état. Il critique les discours fondés sur l’état, et étudie les effets majeurs sur les populations et leur subjectivité, marquées par le modèle occidental et générant ce qu’il appelle des figures contemporaines du fascisme.

Il caractérise enfin la réaction de l’état et le façonnage de l’opinion autour de l’identité et de la guerre en abordant les conditions d’un retour d’une politique d’émancipation.

présentation et texte de la conférence

Plusieurs points de sa conférence méritent une discussion approfondie.

Un capitalisme primitif, ou une nouvelle forme de stade suprême ?

Les constats sur la violence de la mondialisation capitaliste, son arrogance concrète et subjective, après l’effondrement du bloc socialiste permet de nombreuses analogies avec la situation que Lénine décrivait dans l’impérialisme, stade suprême du capitalisme. Contrairement aux discours des promoteurs de la décroissance, on mesure bien que le capitalisme n’est pas un productivisme cherchant à produire toujours plus, mais est aussi un formidable destructeur,non seulement comme au 19eme siècle des formes sociales anciennes, mais aussi dans le repartage permanent du monde, des formes de capitalisme national qui ne se soumettent pas à l’impérialisme dominant. Et si la guerre froide avait permis la décolonisation et la multiplication des pays indépendants, la XXième siècle voit la destruction de nombreux états et, au Nord, la destruction des dimensions sociales de l’état, le démontage de la république en France, le mouvement de régionalisation anti-états de l’Union Européenne (Belgique, Angleterre, Italie, Espagne, Yougoslavie...), et plus profondément encore, le mouvement de prédation économique de la "révolution numérique" à travers "l’ubérisation", [1], le développement de formes économiques et de rapports sociaux déterritorialisés, où le travailleur est directement mobilisé comme producteur indépendant soumis à un immense système technologique mondial.

Il y a bien quelque chose dans les guerres du moyen-orient d’un capitalisme primitif centré sur la rente des ressources, mais cette image peut être porteuse d’une subjectivité nostalgique d’un capitalisme "développé", "sous contrôle", et ne permet sans doute pas de saisir en quoi cette mondialisation capitaliste est une phase nouvelle, qui ne se déroule plus dans un contexte de partage territorial du monde, même si le "repartage" est permanent, mais aussi dans un partage économique et technologique centré sur une domination sans développement des forces productives. En un sens, la proposition de Georges Gastaud d’identifier une nouvelle phase de l’impérialisme comme un stade "exterministe" est à prendre en compte. Quand Marx évoque un capitalisme qui révolutionne la société, il prend en compte à la fois sa férocité à détruire tout ce qui le freine, mais aussi sa voracité au développement... Comment caractériser notre période où semble dominer une concentration mondiale dont l’effet principal est la destruction ? La désertification de régions subalternes autour des grandes métropoles urbaines, est ainsi bien différente du développement capitaliste qui électrifiait et développait le train partout sur la planète pour chercher les ressources de son développement. Lénine étudiait avec précision le nombre de kilomètres de voie ferrée par pays, une analyse de la mondialisation actuelle étudierait d’abord le dépérissement de nombreuses infrastructures de réseau, y compris dans les pays développés.

Quelle place à la Chine, à Cuba, aux expériences socialistes d’Amérique Latine dans ce monde d’inégalités

Dans la description du monde marquée par les inégalités entre le 1% de très riches et les 50% de laissés pour compte, Badiou n’évoque pas la Chine, Cuba, les expériences socialistes d’Amérique Latine, qui ont pourtant profondément inversé cette logique ségrégationniste. La Chine notamment a fait sortir un milliard de personne des "laissés pour compte"... L’oublier conduit à une vision "occidentale" du monde qui rate sans doute quelque chose. Comment considérer que "cette classe moyenne est principalement concentrée dans les pays dits avancés", quand on pense aux énormes classes moyennes chinoises et indiennes ? Surtout quand cette analyse conduit à une équivalence bien incertaine entre pauvreté au Nord et immigration du Sud, rejoignant la lecture "ethnique" d’une fracture sociale qui ne serait qu’une forme de néocolonialisme interne, lecture proche de celle des "indigènes de la république".
La démonstration que le "crime de masse" serait traumatisant parce qu’il frappe "au coeur de la classe moyenne" est alors discutable, quand il fait suite à tant d’autres crimes de masse partout sur la planète.. De fait, c’est bien plus la construction médiatique d’un discours d’état sur ces crimes de masse qui les situent comme une crise de civilisation.

Quelles traces des subjectivités communistes dans le monde actuel, notamment dans l’ex URSS

Badiou identifie trois "subjectivités" création de l’état contemporain du monde, la subjectivité occidentale de ceux qui sont contents d’être du coté des gagneurs, la subjectivité du "désir d’occident", de ceux qui voudraient accéder au mode de vie des gagneurs, et enfin de sa négation marquant les bandes fascistes islamistes comme porteuses "du nihilisme de celui dont la vie est comptée pour rien". On peut se demander si les terroristes sont bien des "comptés pour rien", alors qu’ils ne semblent pas être toujours issus des quartiers les plus populaires.

Mais une question importante est de savoir si ses trois subjectivités épuisent les consciences de ce monde contemporain, et plus précisément si le siècle du socialisme réel n’a pas laissé des traces subjectives malgré l’impressionnante criminalisation du communisme. Mon expérience personnelle me porte à penser que oui. Jusqu’en 2010, j’ai pu rencontrer des habitants qui évoquent les fêtes de l’humanité à Vénissieux, dans un grand terrain aujourd’hui construit, mais qui restait un repère majeur pour les ados de l’époque. Des habitants peuvent encore aujourd’hui évoquer la force médiatique de Georges Marchais ("lui, c’était autre chose").

Et surtout, le livre de Danielle Bleitrach et Mariane Dunlop, "URSS, vingt ans après" montre à quel point des formes de subjectivité communiste existent dans toute l’ex-URSS", non pas seulement sous une forme nostalgique, mais bien sous une forme active qui structurent des comportements et des luttes. Si bien sûr ce constat vaut pour cette région du monde, que dire de l’impact des révolutions latino-américaines ? Et que dire du rapport des Français avec ce qui reste de service public, des conquêtes de 45 ? L’attachement à l’école publique dans les quartiers populaires reste incroyablement fort, alors même que tant de forces essaient de développer l’enseignement communautariste.

Il y a bien quelque chose d’autre que le "désir de capitalisme".

Quelles réalités sociales au Nord et comment elles sont marquées sans pouvoir être réduites par les rapports colonialistes

Badiou intègre dans un même mouvement au niveau mondial et national, l’analyse à la "Occupy Wall Street" des 1% de super-riches et des 50% de laissés pour compte, avec une classe moyenne enjeu de la domination faisant face à la peur du déclassement, classe moyenne largement concentrée pour lui dans les pays occidentaux. Il rejoint ainsi les analyses qui considèrent que les contradictions de classe en France s’expriment à travers les oppositions d’origine entre un prolétariat qui serait de manière dominante issu des colonies, et une couche moyenne "européenne" marquée par le racisme et le sentiment de supériorité. Cela ouvre bien sûr le débat sur l’islamophobie qui serait le vecteur de la domination sur le prolétariat.

Mais cela laisse peu de places à une analyse précise des formations de classe réelles.Si chacun peut bien constater que des secteurs d’activité comme le nettoyage et la sécurité concentrent des prolétaires issus d’immigrations du Sud, on peut constater par exemple que dans le secteur du bâtiment, ce sont les immigrations de l’Est qui sont mobilisées. J’ai ainsi l’expérience d’un chantier de rénovation de bâtiment dans mon quartier des Minguettes à la population très majoritairement d’origine arabe africaine ou turque, et qui dénonçait des travailleurs détachés de l’Est... On mesure alors que toute analyse "ethnique", "religieuse" des rapports sociaux, qui peut être nécessaire pour construire l’action, peut être aussi le masque des rapports de classe eux-mêmes ! et se retourner ainsi contre l’analyse de classe.

Les événements de Janvier, puis de Novembre en France, montrent à quel point il est dangereux d’imaginer une subjectivité du prolétariat moderne dépendant de la religion ou de l’origine, et au contraire, l’urgence absolue de refonder un discours pour l’unité du peuple, en tant que rassemblement de classes sociales, définies par leur position dans le rapport social et l’extraction de la plus-value.

Habitant dans un grand quartier populaire, je peux témoigner de la complexité de la situation avec une petite bourgeoisie d’origine immigrée très active dans la vie politique et permettant à la droite de se reconstruire dans les quartiers, marquant un véritable pourrissement de la vie politique en lien avec les trafics et les mafias (A vrai dire, souvent, le PS n’est pas en reste). La "crispation identitaire" et "l’islamophobie",qui sont bien existantes dans la population, sont aussi des discours idéologiques qui participent de l’enfermement du peuple dans une histoire de division interne, laissant de coté la domination capitaliste. Dans une copropriété des Minguettes, les familles stables qui "tiennent" la copropiété sont de toutes origines, et exigent toutes toujours plus d’actions de polices contre les trafics, les squatts, le vandalisme. Certes, elles sont souvent dans ce qu’on pourrait appeler une classe moyenne dans ce quartier populaire, où une famille avec deux salaires à peine supérieur au SMIC est là du coté "des riches", alors qu’elle serait assimilées aux plus pauvres dans des quartiers urbains de centre ville...

La question de la place des mafias comme outil capitaliste de division du peuple, de construction d’une subjectivité capitaliste dans la jeunesse, loin de conduire à identifier classes populaires et immigrations, conduit au contraire à toujours repartir d’une analyse de classe.

Enfin, si les représentations idéologiques au Nord des "barbares" sont issues de la coupure coloniale, quelle place pour les bourgeoisies du pétrole, ces "émirs" alliés des bourgeoisies du Nord (le cas Bush-Saoud est illustratif), et qui agissent tant dans le financement officiel de réseaux de mobilisation de la "diversité" dans les "quartiers". Peut-on ici calquer la représentation coloniale sur la représentation sociale ?

Quelle réponse à cette mondialisation capitaliste pour le mouvement populaire, quelle place pour la souveraineté populaire et donc pour la nation dans la reconstruction d’une politique d’émancipation ?

C’est sans doute un point critique essentiel de la conférence d’Alain Badiou. Il règle de manière définitive la question nationale en affirmant "C’est fini. La France n’est plus représentable aujourd’hui de façon décente comme le lieu privilégié d’une tradition révolutionnaire.",ce qui le conduit à proposer "Je pense d’abord qu’à l’espace qui est défini comme « La France » et les fantomatiques Français, il faut substituer, mentalement et pratiquement, un espace international. Une façon de penser internationale, je dirai même transnationale, qui soit à la hauteur de la mondialisation capitaliste"

Certes, les acteurs de la mondialisation capitaliste se sentent bien eux "du monde", partout chez eux, et aucune "subjectivité communiste" ne peut se construire sans s’inscrire à l’échelle du monde. Aucun marxiste n’imagine un seul instant d’ailleurs repenser Marx comme une pensée nationale ! Tout communiste est d’abord internationaliste...

Mais affirmer que la reconstruction d’une subjectivité communiste doit se faire dans une mondialisation contre les nations est un raccourci dangereux. D’abord cela pose l’ancienne question tranchée par l’histoire du XXième siècle. La révolution peut-elle se faire dans un seul pays ? Nous le savons désormais, ceux qui attendent la révolution mondiale peuvent attendre, ceux qui se retrouveront dans une révolution réelle seront contraints à faire grandir leur révolution dans un monde qui restera dominé "un certain temps" par le capitalisme mondialisé, un certain temps...historique.

Si donc l’impérialisme a son stade actuel peut effectivement engager une forme capitaliste de dépérissement de l’état, comment un point de vue communiste peut-il réouvrir une perspective de rupture sans poser la question de l’indépendance et de la souveraineté nationale, conquêtes justement élargies à la planète grâce à la victoire des socialismes du XXième siècle...dans quelques pays ?

Et du point de vue même des subjectivités, comment dire aux prolétaires bousculés par cette mondialisation, ceux qu’elle a brassés dans les migrations mondiales, comme ceux qu’elle vient concurrencer dans leur relations sociales établies et leurs traditions, qu’il leur faudrait "moins d’état", eux qui soit sont venus en chercher la stabilité et les services, soit se désespèrent de le voir dépérir ? Faut-il dire aux travailleurs des transports qui font face aux travailleurs détachés, aux travailleurs "ubérisés" qu’ils doivent penser leur refus en ayant " la force de se désintéresser partiellement de l’État lui-même" ?

C’est tout l’enjeu d’un point de vue communiste qui arracherait la nation des mains des fascistes pour la redonner à un prolétariat qui ne peut s’affirmer sans construire l’espace de sa souveraineté, l’espace national. Et on sait depuis la révolution Française qu’une construction nationale révolutionnaire est (peut-être, est toujours...?), ouverte à tous ceux qui y participent, quelque soit leur origine et même leur nationalité !

Opposer enjeu de classe et enjeu national est une vieille question marxiste. Tous les courants trotskistes qui s’y entêtent sont orphelins d’une histoire tranchée par le siècle dernier. Et plus le capitalisme mondialisé détruit les états, plus les discours anti-états sont ressentis comme des discours procapitalistes, au moment même où le peuple réclame au contraire de se défendre, de se protéger contre la guerre de tous contre tous, d’imposer des règles, de défendre ses services publics, d’en reconstruire, bref, d’imposer un pouvoir politique qui pour une longue période est l’arme indispensable des peuples.

Comment faire grandir une politique d’émancipation, comment nommer une société non capitaliste ? quelle organisation politique pour porter les intérêts des prolétaires ?

Badiou évoque l’urgence de construire une pensée "disjointe" face au capitalisme mais semble se résigner devant le constat que « Cette idée, dont le nom générique, depuis le XIXe siècle, est « communisme », est aujourd’hui tellement malade qu’on a honte de seulement la nommer. Enfin, pas moi. ». Mais s’il la nomme encore communisme pour le passé, il semble ne pas vouloir nommer ainsi ce qui fait défaut aujourd’hui, considérant que "Cet échec a été scellé probablement dès le milieu des années 70 du dernier siècle".

Il évoque même comme force disponible ce qu’il nomme le "prolétariat nomade venu des zones les plus dévastées (...) très fortement internationalisé, déjà, et dans la terre entière", sans considérer les rapports sociaux de classe dans lesquelles ce prolétariat s’insère, sans dire s’il y associe l’ensemble des classes ouvrières, sans traiter la question des alliances... De ce point de vue, on pourrait faire une lecture de sa proposition à la Toni Negri identifiant les "multitudes". Dans tous les cas, cela le conduit à laisser sous silence une question pourtant centrale dans la pratique et qui est au cœur du célèbre "Que faire" de Lénine. Comment s’organiser ?

L’expérience des trente dernières années conduit au contraire à constater que tous les discours "spontanéistes", "citoyens", "alter-quelquechose", "mouvementistes"... épuisent des mobilisations pourtant parfois bien réelles en buttant sur une impasse... Le capitalisme mondialisé est très organisé, très centralisé. Il vide les états de tout contenu social et les détruit quand ils ne sont plus nécessaires, mais il conserve avec un état ou sans, la capacité de coercition absolue sur les prolétaires quels qu’ils soient... Dans cette guerre face à une armée étrangère mondialisée surpuissante, il est "désarmant" ne pas dire clairement qu’il est indispensable de construire patiemment une organisation, une vraie, capable de combattre, de résister, de protéger, de cacher, de défendre. Une organisation qui irrigue le champ social et culturel mais qui se définisse par l’ambition politique de vaincre la domination du capitalisme mondialisé, et qui porte donc un projet politique, un projet de prise du pouvoir pour détruire celui des oligarchies et et construire enfin un "pouvoir du peuple", une démocratie.

Oui, il manque à la conclusion de Badiou de nommer et caractériser cette urgence que nous partageons. Reconnaitre que ce qui nous manque est le communisme, ayant vaincu sa criminalisation, et donc assumé de manière critique son histoire réelle, sa théorie et ...son organisation.

Oui, il y a urgence, et la fuite en avant des forces dominantes dans le jeu sordide du deuxième tour face au FN, nous conduit vers le pire en 2017. Pour le centième anniversaire de la révolution d’Octobre, faisons le pari etprenonsle parti de la renaissance communiste face au fascisme.

Conclusion

Si l’écho de la conférence de Badiou montre le "besoin de théorie", d’une compréhension explicative de ce capitalisme mondialisé mortifère et de ce qu’il produit de violences, de nihilisme, de désocialisation, de déculturation, si ses analyses du capitalisme mondialisé désormais incapable d’assurer le développement pour tous, installant donc des "zones" sans état livrées au pillage de bandes fascistes, son analyse des subjectivités opposées construite par ce capitalisme, le débat doit se poursuivre sur les conditions de reconstruction d’une subjectivité "disjointe"...

- D’abord, il faut accepter de la nommer, et le nom de communisme est le seul possible. Car tant qu’on aura pas réglé la question de la criminalisation du communisme, toute analyse "disjointe" du capitalisme y sera confrontée

- Ensuite, il faut partir des rapports sociaux tels qu’ils sont, dans leur dimension concrète et non pas à partir de représentations globalisantes des 1% et des exclus qui ne situent pas les inégalités dans le creuset des rapports de production. Il faut comprendre ce qu’est la classe sociale créatrice de la plus-value extraite par le capital, comment elle peut s’allier à d’autres...

- Il faut donc situer le cadre d’expression de la revendication politique, de l’exigence de souveraineté populaire, et donc se réapproprier la revendication d’indépendance nationale.

- Enfin, il faut dire que rien n’est spontané, facile. Il faut dire que dans une guerre totale, personne ne peut être naïf et faire comme si on pouvait s’appuyer sur une citoyenneté transparente et une démocratie formelle pour créer des rapports de force. Le peuple a un besoin urgent de s’organiser, de réapprendre l’effort collectif d’organisation, d’une manière entièrement autonome des institutions,quelques qu’elles soient. Cela conduit à valoriser une part d’héroïsme nécessaire dans l’effort de résistance, et donc ouvrir la bataille dans la jeunesse sur la base réelle d’un engagement révolutionnaire, contre le nihilisme.

[1il faudrait étudier comment le mouvement des FabLab peut participer de ce processus

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