6,7,8 Juillet : 3ème rencontres communistes de Marseille

Luttes des exploités, action(s), communisme et rassemblement.

jeudi 28 juin 2012
par  Paul Barbazange
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Intervention de Paul Barbazange à la tribune de discussion des rencontres 2012 de Marseille.

Nous serons entre 80 et 100 communistes de diverses sensibilités venant de toute la France pour cette troisième édition de "Rencontres de communistes" à Marseille.

Ne boudons ni notre plaisir, ni les espoirs dont nous pouvons être porteurs ensemble. La tendance naturelle est si forte à faire chacun dans son coin, avec sa petite chapelle, ses fragiles certitudes et souvent beaucoup d’inquiétudes.

Face à la crise du système, l’heure est au communisme, aux échanges et à l’action, à l’élaboration de solutions communistes. Au lendemain de nos rencontres ce sera la "Conférence sociale" première occasion grandeur nature de mesurer les nouvelles conditions de l’affrontement capital-travail après cette très longue séquence électorale. Ce que j’ai vécu dans les débats internes du PCF, ce que j’ai lu de la CGT... pour le moment je n’ai rien vu des autres centrales (au 23 juin), n’est pas fait pour rassurer.

Va-t-on affronter l’austérité "européenne" ? Comment nos adversaires vont-ils nous emballer la prochaine étape austéritaire ? Comment, quels contenus politiques allons nous construire dans les luttes ? Communisme, recherche de réponses de rupture à la lumière du communisme ; Austérité ; Europe du capital... trois des questions que nous allons travailler.

Il en est une autre : bien comprendre l’attitude des français face aux moments électoraux, trouver, en communistes, l’articulation entre les ruptures nécessaires et le vécu électoral de notre peuple, électeurs communistes compris !

Ce choix que l’énorme majorité a réduit "aux petits mieux" ou au "moins pire" alors qu’il est autre.

Contrairement à ce que j’ai pu croire un moment (et je ne suis pas le seul), ce n’est pas une vaguelette rose que nous avons vécu, mais un petit tsunami.

Comme quoi le peuple peut très bien voter pour se débarrasser d’un Sarkozy largement dévalué, le remplacer par un Hollande sans jamais vibrer et confirmer un mois plus tard son choix de "tous petits changements".

Nous savons nous qu’il ne peut y avoir, face à la crise du capitalisme mondialisé, de "petits" changements" induisant leurs limites. Tous les changements petits et grands nous intéressent, sans ruptures, ils peuvent bien précariser encore la situation. Le capitalisme doit être battu ou la crise systémique risque de nous conduire à la barbarie. L’affirmation de cette certitude est nécessaire, elle n’est pas suffisante.

Le PC grec le fait avec courage depuis des années et en un mois , il a perdu la moitié de ses voix, alors que la Grèce s’enfonce toujours. Véritable laboratoire de ce qui peut nous advenir demain, à nous comme à tous le peuples d’Europe.

François Hollande est intervenu dans le vote grec pour l’austérité. C’est un fait, pas une opinion !

En France, la séquence électorale longue se termine avec le rejet de Sarko, Hollande dispose d’une majorité absolue (AN ; Sénat, 23 régions sur 26 ; 60 départements sur 101 ; 28 villes de plus de 100 000 habitants sur 41). Du jamais vu, utile de le rappeler. Pour quoi ? Pour appliquer l’austérité de Parisot et Merkel réunies si j’en crois la timidité des 60 propositions et les premières mesures prises.

Pour ouvrir d’autres perspectives ? A nous de les gagner.

Comment allons nous contrer les nouvelles offensives du capital dans ce contexte ?

Aucun d’entre nous ne peut essayer d’oublier : la vague rose et l’abstention( en détailler la connaissance : Qui, quand, pourquoi ?..?), le rejet de Sarkozy et les 4.000.000 de voix du Front de gauche fondant comme neige au soleil de l’été Provençal.

Confrontons nos analyses :

- Un : nous avons battu Sarkozy et l’UMP électoralement, c’est quand même mieux que les années Thatcher où la Dame de Fer (et de sang) a pu aller au bout de son projet.
- Deux : Sarkozy est électoralement battu, mais ni la droite extrême, ni l’extrême droite ne le sont, bien au contraire, la séquence électorale leur a permis d’accélérer les rapprochements. Le patronat dispose aujourd’hui en France de deux versions immédiatement mobilisables : la droite classique, de plus en plus violente et un parti social fasciste porteur d’un programme "social" véritable copié-collé de beaucoup des revendications de la CGT. Sommes-nous tous assez affûtés sur ce constat ?
- Trois : le peuple a voté lui pour les 60 propositions de Hollande, c’est-à-dire +0, 6% pour le SMIC, le coup de pouce manque vraiment de vigueur ! Et 4.700 postes en moins à la rentrée 2012 dans l’enseignement primaire et maternel. Le coup de trique sera dur !

Toute autre appréciation me paraît fausse.

Cela ne signifie d’ailleurs en rien que les électeurs de Hollande soient mécontents... les 100 ou 150.000 retraités "carrière longues" qui partiront à 60 ans sont contents même quand cette mesure risque de faire passer à la trappe toute la question de la retraite à 60 ans pour tous...

Comme on ne peut "Changer le peuple qui ne nous convient pas" c’est bien avec ce peuple qu’il faut travailler. Celui qui s’est abstenu massivement par manque d’espoir, celui qui espèrera peut être encore en Hollande dans quelques mois ; et ceux nombreux qui sont allés voter Mélenchon au premier tour des présidentielles et sont restés à la maison au premier et second tour des législatives. A la louche ils sont quand même 2.000.000, ne les oublions pas plus que les 2.000.000 qui ont voté Front de gauche laminant totalement le NPA, Lutte Ouvrière et même EELV.

Avec un PCF qui perd la moitié de ses députés après avoir perdu 40% de ses élus régionaux.

Les périodes de crise sont toujours dures aux travailleurs et aux organisations de lutte qu’ils se sont forgées. Le mouvement social, les mouvements sociaux à venir s’inscrivent par la force des choses dans ce contexte. Les plus combatifs vont avoir à en tenir compte. J’ai écrit ailleurs mon inquiétude sur la façon dont se déroule le débat actuel sur ce que sera la CGT et sa direction demain. Encore un grand chantier.

Travaillons ensemble pour gagner toutes ces batailles. Celle de la construction de l’organisation révolutionnaire de masse de demain, celle(s) des succès nécessaires dans les luttes.

Ces rencontres sont une étape, parmi d’autres.

Même si cela nous fait mal, parce que nous partageons la souffrance des exploités, parce que nous la côtoyons, soyons patients, lucides et déterminés. Travaillons ensemble à partir du croisement de nos expériences à comprendre mieux le monde, à le transformer.

Après cette rencontre, les "Assises" si nous le décidons, le congrès du PCF qui lui est fixé pour le 3 4 et 5 février 2013... ce sera l’objet d’un véritable bras de fer entre révolutionnaires et sociaux-démocrates, cela concerne tous les communistes. Les occasions de travailler ensemble ne manqueront pas.

Et puis, l’autre calendrier, celui qui surgira des luttes.

"Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve" Hölderlin, poète des Lumières.

Paul Barbazange, membre du Conseil National du PCF.


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