Assises du communisme 2013

Introduction du dimanche 30 juin sur les questions de coordination nationale

, par  Charles Hoareau , popularité : 4%

Même si mon intervention essaie de tenir compte des contributions et échanges que j’ai pu avoir avec divers groupes (dans l’ordre chronologique : Polex, RCC, PRCF, section de Vénissieux, section de Béziers et évidemment RV13) et individus (courriels…) elle reste une intervention personnelle.

Après ce qui est déjà un succès sans précédent, c’est-à-dire les 2 jours que nous venons de vivre, succès par le nombre, par la diversité tant géographique que d’approches et d’organisations, succès aussi et surtout par la sérénité des débats et la communion d’idées qu’ils révèlent et qui font dire à certains d’entre nous que nous pourrions tous être dans la même organisation révolutionnaire si celle-ci existait, nous abordons sans doute ce matin le temps le plus délicat, celui sur lequel nous avons du mal à progresser depuis plusieurs années, la forme et la nature de notre coordination et visibilité nationales.

Puisque globalement nous sommes d’accord sur le système et ses crises, la question de l’UE, les questions internationales et le soutien aux luttes, la question qu’il nous faut creuser, c’est l’analyse des forces politiques et les stratégies d’organisations à mettre en œuvre en commençant par regarder d’un œil critique ce que le courant de pensée que nous représentons a connues ces dernières années, plus exactement depuis le congrès de Martigues en mars 2000.

I - Un regard critique

C’est là qu’un appel, venu de l’intérieur du PCF et adressé aux communistes quelle que soit leur situation vis-à-vis de celui-ci, leur demandera d’assumer leurs responsabilités pour faire entendre et développer un point de vue communiste.

Cet appel fera évènement tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du parti en particulier lors de la fête de l’Humanité où plusieurs stands diffusaient le 4 pages et arboraient les outils, véritable signe identitaire cette année-là. 13 ans après on peut dire que c’est l’initiative nationale (malgré des tentatives ultérieures) avec celle du franchement NON au référendum de Jospin qui aura rassemblé et rendu visibles autant de communistes en désaccord avec la ligne officielle du PCF. Dans la foulée de cet appel se tiendra à Vénissieux une première rencontre de communistes qui rassemblera 300 camarades et se soldera par un appel qui restera lettre morte.

A partir de là, les groupes préexistants (fort peu nombreux à l’époque) loin de fusionner vont connaître des scissions et plus tard de nombreux groupes locaux vont se constituer. Pourtant à l’époque, à l’intérieur, plusieurs fédérations (Var, Ardèche, Somme, Pas-de-Calais, Ardennes, Saône-et Loire, Tarn…), des dizaines de sections (et non des moindres), plusieurs regroupements locaux, l’appel des 700 à Paris, l’appel du 41 du Loir et Cher, de la coordination communiste du Nord, de la puissante section d’Orly : toutes ces voix se rassemblent dans l’appel national, "Nous assumons nos responsabilités", appel lancé en mai 2000 et qui sera cosigné par plus de 1100 communistes.
Non seulement il y a dispersion mais il n’y a pas progression, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Il n’y a pas progression de nos idées dans les directions politiques quelles qu’elles soient (l’illusion NPA qui nous a touchés à la marge ayant fait long feu). Le PCF continue sa dérive et pose des actes impensables naguère, comme celui récent du vote d’une proposition de loi UMP se retrouvant ainsi à la droite du PS (qui l’a combattue), ce qui devient un exploit.

Nous n’avons pas progressé non plus en positions stratégiques à l’intérieur. Il ne reste plus que 3 fédérations classées dans l’opposition (et encore en fragilité comme en témoignent les votes départementaux du dernier congrès). Des points d’appui de « l’opposition » communiste ont disparu (Orly…) sans parler de ceux qui ont été purement et simplement liquidés en tout autoritarisme par la direction du PCF (sections Paris 14, Marseille 03… fédé de la Somme, des cercles de la JC…).

A l’extérieur du PCF il n’y a aucun groupe qui puisse se prévaloir d’un progression significative de ses adhérents malgré le fait que plusieurs d’entre eux enregistrent l’apport de membres non issus du PCF en particulier chez les jeunes.

Pour autant le tableau est-il tout noir ? Non et je ne dis pas ça pour nous rassurer, mais parce qu’il y a des éléments objectifs qui vont dans ce sens.

II – Malgré nos faiblesses nos idées progressent.

Sur un certain nombre de points nos idées progressent pour un certain nombre de raisons.

Les raisons externes :

La crise s’approfondit et le capitalisme n’a pas de solution. Elle conduit au désespoir, à la colère, mais aussi les individus à s’interroger. L’UE, qui apparait ici comme le bras armé du capitalisme, cristallise de plus en plus les colères provoquant des réflexes de repli national voire nationalistes. C’est d’abord un rejet de l’UE antisociale qui amènent nombre de gens à épouser les thèses nationalistes et dans leur foulée, celle de l’extrême droite.

La gauche apparait alors totalement incohérente, le Front de Gauche en particulier, tant par son refus de la remise en cause de l’UE (60% des français ne croient pas à l’ « Europe sociale ») que par la perpétuation des alliances avec des forces – et au 1er rang desquelles le PS – qui ne remettent pas en cause le capitalisme mais le servent fidèlement. De ce point de vue les municipales risquent de prolonger et d’amplifier le désarroi et donc de renforcer le camp, non des abstentionnistes mais des refus de vote.

Les raisons internes :

Si la multiplication des expressions (journaux, blogs…) ne donne pas l’image de l’unité des communistes, elle participe de la bataille des idées. Pour ne prendre qu’un exemple que je peux vérifier, celui du nombre de visites de Rouge Midi (2 millions de visites par mois), montre que nos idées percutent dans le camp du progrès et je suis sûr que nous pouvons tous en dire autant.

Ce qui manque pour que nos idées progressent et ne « meurent pas » selon le mot de Gramsci, c’est qu’elles soient l’émanation d’une force organisée et visible nationalement.

Au moins notre action a permis que la pensée communiste persiste et s’affirme tout au long de ces années.

Nous constatons un décalage entre l’intérêt suscité et l’engagement militant.
Or nous savons bien que les gens se mobilisent pour ce qu’ils croient utiles.
De leur point de vue il est donc utile de s’informer mais aucune force n’apparaît utile du point de vue de son combat… du moins pour l’urgence à laquelle on est obligés de répondre. Quand on est à Fralib on voit bien à quoi sert la CGT, on voit ce à quoi peuvent (ou pourraient) servir des élus, mais on ne voit pas à quoi sert Rouge Vif (je ne parle pas de Rouge Midi).

De plus nous sommes confrontés à une perte de savoir-faire sur l’apport politique aux luttes, ce qu’il me semble que le débat de vendredi soir a montré par ses non-réponses à la question posée et les discours hors-sujets.

III – Etre utiles

Ce qui nous est posé c’est d’être utiles à notre peuple et en premier peser dans le débat public national. Redonner du sens au mot communiste, pour le distinguer, comme le mot socialiste, des « canada-dry » qui existent. Je pense à ce camarade de Fralib qui, catastrophé d’une rencontre du PCF à laquelle il participait et où il se confrontait à un sénateur socialiste, me disait en parlant des Assises : « c’est vous les vrais cocos ».

Si nous voulons être utiles il faut être vus et perçus comme différents des forces existantes. On peut être entre nous en désaccord sur la stratégie du Front de Gauche, en particulier parce que ce rassemblement multiforme varie selon les régions et l’état des forces en présence, mais il faut qu’on apparaisse comme force nationale unie sur les points qui nous rassemblent. Mettre en avant un sigle commun ? Le doubler avec son sigle local (ou national) ? En tous cas, face aux rouleaux compresseurs de la droite et du PS, il me semble que les habitants de France, français ou étrangers, ont besoin d’entendre et de voir une force nationale cohérente.

On parlait hier d’un texte sur l’UE (je ne parle pas des consignes de vote sur ce point, je suis d’accord avec ce qu’a dit Pierre-Alain) ; il aura une toute autre efficacité s’il est signé « Assises du communisme » ou « Communistes de France » (quitte à faire un encart avec les forces qui le constituent ce que l’on a déjà fait pour les rencontres de Marseille), que si chacun ne le reprend qu’avec son étiquette. Il me semble que cette question de l’expression nationale visible est un premier point de débat.

IV – Se coordonner comment ?

Si nous le partageons et que nous sommes des communistes, pas des écolos ou des spontanéistes, nous savons bien que cela demande une organisation.
Le mot prononcé, évidemment cela provoque chez nombre d’entre nous des mouvements de recul. Je ne ferai le procès à personne de dire que ceux-ci relèvent d’une défense étroite de sa boutique quelle qu’elle soit, mais qu’ils marquent un attachement à une stratégie et à une identité.

Sur la stratégie, nous devons convenir après tout ce que j’ai dit dans la 1ère partie, que jusqu’à présent, celles employées par les uns et par les autres, n’ont pas prouvé leur efficacité.

Sur l’identité, les deux journées que nous venons de passer, mais aussi les écrits divers des uns et des autres, montrent que nous ne sommes pas devant des frontières infranchissables, loin s’en faut.

Nous savons bien que si nous voulons être utiles et peser nationalement il y a des initiatives à prendre et des forces à conjuguer.

S’adresser aux communistes sur la base du contenu des Assises et en cela pouvons-nous ignorer la fête de l’Humanité ?

Etre force de propositions sur les nationalisations et organiser la convergence politique de lutte que le syndicalisme a du mal (pour ne pas dire plus) à mettre en œuvre
Avoir une expression sur les prochaines batailles qui s’engagent en particulier les retraites ou les européennes.

Comment faire cela sans coordination, impulsion ou suivis nationaux ?
On ne va pas « se la chanter » entre nous : sans cela c’est impossible.

Et pour prendre un exemple qui frappe à notre porte : comment on fait pour la fête de l’Huma ?

Chacun fait son stand ? On en fait un commun reflet des diversités en multipliant ainsi les forces ? Qui organise ?

Qui commande le stand, les accessoires, les moyens pour le financer ?... On ne peut pas bricoler comme l’an passé : ce ne serait pas à la hauteur de ce que ces deux jours ont fait naître !

Alors oui il faut réfléchir à la forme qu’il nous faut en prenant en compte les histoires et les situations différentes qu’il s’agisse « d’isolés », de sections ou de groupes.

En ayant bien en tête qu’il n’est pas question de rayer ni de remplacer ce qui existe des propositions sont apparues dans la préparation de nos Assises, propositions d’individus, de groupe ou parfois les traversant (Polex, RCC, PRCF, section…). Ces groupes sont présents dans la salle et pourront les exposer : discutons-en.

Certains d’entre vous ont proposé que la coordination se mette en place avec les individus qui le souhaitent le dialogue continuant avec les autres. Dans cet esprit il peut être envisagé la poursuite de rencontres annuelles et des liens plus étroits avec certains… A vous de dire.

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