1981, 1988, 1997, 2011 ? des primaires pour que rien ne change

Construire une campagne communiste en 2012

dimanche 9 octobre 2011
par  pam
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La décision prise par les communistes dans la consultation de Juin 2011 commence à produire ses effets dans la situation politique. La fête de l’Humanité a donné une place évidemment essentielle à Jean-Luc Mélenchon, mais aussi aux candidats socialistes à la primaire. Le discours de Pierre Laurent avait de la force, appelait à la révolution, à la grève au lendemain du vote, et prévenait même "il faudra nationaliser DES banques" [1]. Mais il dessinait une perspective politique toute entière centrée sur la gauche, citée 15 fois, quand il n’a utilisé "communiste" que pour dire "vive le Parti Communiste Français" en conclusion... [2]. Le parti communiste est ainsi situé comme l’outil essentiel de la victoire de la gauche, dont le peuple a pourtant fait l’amère expérience en 1981, 1988, 1997...

Une militante socialiste de Villeurbanne me disait ainsi "c’est dommage que Mélenchon ne soit pas candidat aux primaires socialistes, j’aurai voté pour lui".

Des primaires de gauche pour accomplir la bipolarisation ?

Elle ressentait une réalité politique émergente, dépasser l’affrontement des partis politiques dans lequel, en France, la question révolutionnaire a toujours été posée à travers son histoire et la présence d’un fort parti communiste, et aller au bout de l’affrontement gauche-droite comme mise en scène de l’alternance. Plus besoin de premier tour ouvert, aux élections présidentielles, mais de larges primaires, une à gauche, une à droite, médiatiques et personnalisées à l’extrême, américaines en un mot. Ce sera l’aboutissement de l’élection du président de la république au suffrage universel.

L’auteure de ce témoignage a toujours été sympathisante socialiste et ne s’est donc jamais posée la question de voter pour un candidat communiste... De fait l’orientation Front De Gauche est compatible pour les électeurs socialistes sincères, et tout le discours de Pierre Laurent conduit les communistes à se mettre au service de la gauche, bien que tout le monde sait que tous les électeurs socialistes se rassembleront dans le vote utile au première tour, quelque soient leurs états d’âmes sur le discours de leur candidat. La pression médiatique fera son œuvre au bon moment...

La question pour nous est que cette orientation politique a été soutenue par de nombreux communistes qui, soit ne considèrent pas que l’échec du programme commun ou de la gauche plurielle est un échec de la stratégie du PCF, soit pensent que le Front de Gauche est justement un outil d’indépendance par rapport aux socialistes.

Mais quelles qu’en soient les raisons, il faut bien constater l’incroyable illusion que cette orientation crée chez les communistes, jusqu’à conduire un militant du Vaucluse a dire dans l’HD :

"Si la gauche fait du Sénat un bastion du progrès social, ce sera la preuve qu’on peut mener les révolutions les plus improbables"

Ainsi, la gauche, telle qu’elle a été élue au Sénat, pourrait en faire un bastion du progrès social ! On croit rêver quand on regarde comment les sénateurs socialistes largement dominants se sont comportés face aux dérèglementations européennes, aux privatisations, aux attaques contre les collectivités... et sur leur gestion loyale dans les régions et les grandes collectivités du démantèlement de l’AFPA, des réformes universitaires, de la dérèglementation de l’énergie...

On sait aussi que de toute façon, le Sénat ne peut que freiner la politique gouvernementale, mais pas plus, que Sarkozy a montré à quel point il était capable d’accélérer le rythme de la guerre sociale, faisant fi de tout, même de la souveraineté populaire exprimée en 2005 !

Enfin et surtout, comment parler de révolution à propos d’une majorité du Sénat, assemblée que le projet communiste historique se proposait de supprimer ! Comment parler de révolution à propos d’une majorité électorale, qui ne peut être au mieux qu’une étape d’un processus révolutionnaire ! Comment croire et faire croire qu’une révolution peut être un évènement institutionnel !

L’orientation Front de Gauche peut accélérer ainsi la perte de repères communistes, l’affadissement de l’expérience communiste jusqu’à conduire des militants à devenir, tout à fait socialistes dans leurs réactions politiques. Pierre Laurent avait dans son discours dit au contraire "tenez-vous prêt et le lendemain du vote, c’est la grève"... Mais ce qu’il dit dans les discours n’est que le décor de l’histoire, qui est dessinée au fonds par l’absence d’un candidat communiste dans la bataille politique essentielle de la 5ème république.

En 2012, faire vivre et renforcer le PCF !

Pour les communistes qui veulent faire vivre et renforcer le PCF, une bataille décisive se joue ainsi. Des milliers de communistes ont choisi Mélenchon comme la meilleure stratégie pour le PCF. Combien vont petit à petit rentrer dans le moule du bipartisme, jusqu’à considérer que l’essentiel est dans la victoire de la gauche en 2012, avec un FG chargé de "peser" sur les socialistes ? Combien vont ainsi petit à petit agir et réagir comme le font de nombreux "socialistes de gauche" ? Dénoncer la dérive droitière des dirigeants du PS, protester contre les mesures de gestion du capitalisme que prendra tout gouvernement socialiste, décrire avec vigueur l’enjeu d’une autre société tout en contribuant de fait à assagir les forces sociales qui résistent en les intégrant dans cette "gauche" réaliste qui dirigera le pays ? Et puisqu’on s’entend bien avec ce Mélenchon ancien socialiste de gauche, pourquoi pas avec les nombreux soutiens de Montebourg [3] ? Pourquoi ne pas élargir le Front de Gauche aux socialistes qui le veulent ?

Cette évolution politique n’est pas de la fiction. C’est ce qu’ont vécu depuis 20 ans les communistes espagnols qui ont créé leur Front de Gauche (Izquierda Unida) bien avant le PCF. Mais le PCF n’a jamais commenté le congrès de 2009 du PCE qui analysait l’échec de cette stratégie, constatait que ceux qui dénonçaient le plus vivement les socialistes il y a 20 ans sont aujourd’hui ceux qui entrainent IU dans le sillage des socialistes espagnols dont on sait qu’ils mènent la même politique que leurs amis grecs, une politique d’adaptation à la crise, à l’Union Européenne, quel qu’en soit le coût pour le monde du travail.

Cette situation est donc difficile, et le réseau Faire Vivre et Renforcer le PCF est placé devant un piège :
- s’isoler en aggravant le courant de départ du PCF qui, au delà des diverses alternatives d’extrême-gauche ou de groupes militants cherchant une nouvelle organisation, conduit surtout à une perte de forces communistes
- se renier en se diluant dans des batailles locales du PCF, notamment aux législatives, dans un contexte dominé par le discours du Front de Gauche.

Au contraire, il nous faut décider le plus largement possible de mener une grande bataille communiste en 2012, bataille qui ne peut que se mener dans le contexte qui existe, celui du choix du Front de Gauche par le PCF et donc de l’absence de candidat communiste aux présidentielles.

Mais pour faire passer la pilule Mélenchon, la direction du PCF a inventé des formules qui peuvent nous servir ! Celle des 1500 candidats présentés comme l’alternative à la personnalisation autour de Mélenchon. Nous pouvons donc mener une bataille du PCF pour ses candidats, portant notre programme communiste. Nous pouvons pousser le discours enflammé de Pierre Laurent à ce qu’en aurait conclu un candidat du PCF aux présidentielles :

Oui, l’enjeu essentiel de 2012 est de s’organiser pour la résistance à la guerre sociale, pour de larges mobilisations avant, pendant et après les élections. Se tenir prêt comme le propose Pierre Laurent, ce n’est pas attendre, mais bien s’organiser tout de suite, et tout le temps, pour multiplier les actions, les coordinations, les expressions communistes.

Une bataille communiste en 2012

Nous devons dire sans ambiguïté au peuple qu’il faut chasser Sarkozy, que ce serait une occasion de relever la tête, de dire à la grande bourgeoisie que le peuple de France a de la ressource, mais que cela ne règlera rien si on espère que la gauche fera autre chose que ce qu’elle a déjà fait ! L’affrontement entre le monde du travail et le monde du capital est devenu une guerre sociale sans limite pour assurer la gabegie des plus riches. Aucune victoire ne peut renverser l’histoire sans un puissant mouvement social qui bouscule les institutions, les forces sociales et politiques, les entreprises, sans bloquer la France par un peuple manifestant, occupant, intervenant, s’organisant ! Sur le fonds, c’est la nécessité de la révolution qui est posée, mais il ne sert à rien d’en faire un slogan ! Il faut en faire vivre la nécessité dans le concret des questions qui sont posées aux travailleurs, aux jeunes, aux femmes, aux communes, aux comités d’entreprises, aux syndicats...

- Le premier enjeu est de porter des propositions communistes fortes pour faire grandir le rejet du capitalisme et la recherche d’une autre société.

Il ne suffit plus de dire "nous ne paierons pas leur dette" ! C’est juste et cela peut aider à faire monter la colère et la résistance, mais il faut passer à l’offensive. Ils avaient inventé la dette pour faire plier le tiers monde, et ce qu’ils font aujourd’hui en Europe n’est que la reprise des célèbres "Plans d’Ajustements Structurels" du FMI inventés pour poursuivre la colonisation. La dette est une arme qu’il faut retourner contre le capitalisme. Car ce sont les riches, les grands patrons, les grands bourgeois qui ont une énorme dette envers la France, le peuple et nous devons nous battre pour leur faire payer ! Oui, nous nous battons pour leur faire payer la dette des milliards qu’ils nous ont volés en détruisant des usines, en désertifiant les régions Françaises, en organisant l’évasion et la fraude fiscale, en orientant les politiques publiques vers la baisse des salaires réels, en désorganisant et pillant les services publics...

Ces politiques de désindustrialisation, de dévitalisation, de privatisation, qui ont saigné la France depuis 30 ans et qui ont été menées par la droite comme par la gauche, sont les causes d’un immense pillage qui a fabriqué une couche sociale parasitaire que Sarkozy a valorisé en public après 2007, et contre qui il faut organiser la contre-attaque !

- créer des centaines de milliers d’emplois publics pour revitaliser le pays, reconstruire les services publics, soigner les plaies de la guerre sociale dans les quartiers et les campagnes,
- exproprier de l’économie les parasites et les profiteurs pour donner toute leur place à ceux qui créent, qui produisent, qui pilotent, qui contrôlent, qui distribuent, qui organisent ! Ce sont les vrais entrepreneurs ! Il faut des décisions radicales pour orienter les richesses créées par le travail vers des investissements utiles,
- sortir de la domination des circuits financiers et commerciaux de l’impérialisme en organisant la coopération internationale, en dehors de la domination monétaire du dollar ou de l’Euro.
- lancer une grande bataille pour reconstruire, réindustrialiser non pas dans la concurrence sur les marchés, mais pour répondre aux immenses besoins sociaux, mettre au niveau du 21ème siècle tous les réseaux d’eaux, électriques, ferroviaires, partout, en Corrèze comme en Meurthe et Moselle ! Construire des centaines de milliers de logements modernes, de haute qualité environnementale, accessibles à tous, révolutionner les transports pour les sortir du pétrole !

Le réseau a déjà publié de nombreuses contributions pour un programme communiste. Il nous faut un document simple qui serait un outil commun dans toute la France pour bousculer le débat politique en 2012 !

- Le deuxième enjeu est de mener une campagne dans l’élection présidentielle contre cette élection centrale de la 5ème république qui fait du président un monarque !

Le peuple Français est un peuple politique. Il a l’expérience de l’immense espoir de 1981 et de l’immense défaite qui a suivie. La fracture politique béante qui s’est approfondie après le viol du vote populaire de 2005 avec l’accord de la gauche à l’exception des communistes, sera le contexte principal de 2012. C’est pour nous une force potentielle immense si nous faisons progresser l’idée qu’il faut se saisir de l’élection, non pour choisir un successeur à Sarkozy, mais pour le battre comme symbole de ce capitalisme, afin de tout bousculer et d’ouvrir un nouveau Front Populaire, un nouveau Mai 68 !

Des millions de Français n’attendent pas de solutions à leur problèmes concrets des élections, mais tout sera fait pour soit les amener finalement à un vote utile dans l’illusion que, malgré tout, ce sera peut-être moins pire, soit pour les repousser encore dans l’abstention et ce pourrait être la surprise de 2012 avec pour la première fois, une présidentielle sans vraie mobilisation électorale.

Pouvons-nous gagner des millions de travailleurs à l’idée qu’il ne faut ni déserter ni se renier dans cette élection ? Que l’essentiel n’est pas le nom sur le bulletin, mais ce que l’électeur a dans la tête quand il vote, sans illusion sur le poids de ce vote, mais pour faire monter le plus haut possible l’engagement pour bousculer cette société ?

Certains auront cette détermination en votant Mélenchon, d’autres en votant LO, certains en faisant un bulletin PCF... Nous n’avons malheureusement pas de candidat capable de mobiliser nationalement sur cette base. Et si nous faisions croire que Mélenchon portera une telle volonté, nous serions encore des semeurs d’illusion.

Mais nous pouvons appeler dès avant le vote à une journée de manifestation après le vote ! Pourquoi ne pas annoncer des rassemblements le Samedi suivant, qui dans beaucoup de villes, pourront être le lancement de campagnes pour un candidat communiste ?

- Le troisième enjeu est celui de l’organisation, de l’unité du peuple, du parti communiste

Car la condition première de tout progrès, c’est l’unité de toutes les couches sociales, des plus précaires aux plus qualifiés, de toutes les origines, de tous les quartiers.

C’est pourquoi il faut faire reculer Le Pen, arme de division du peuple au service des riches. Et nous ne le ferons pas reculer en le dénonçant comme immoral, mais comme dangereux pour nos salaires, nos retraites, nos services publics !

La bataille contre la désertion politique de l’abstention, contre la division du racisme, de l’intégrisme, du communautarisme, du fascisme, c’est la bataille pour la reconstruction d’un parti politique qui porte le dépassement de toute société de classes, de clans dans la perspective d’une société dirigée par ceux qui travaillent, ceux qui produisent. L’immense majorité des travailleurs a l’expérience dans l’entreprise à la fois de ce qui unit et de ce qui divise. C’est là qu’ils peuvent faire massivement le choix de refuser la division, c’est là que la question du parti communiste doit être posée.

Nous n’avons pas de candidat communiste, mais nous avons (encore !) un parti communiste à faire vivre et renforcer ; Près de 20 000 communistes ont refusé dans la consultation de Juin de se plier à la proposition de la direction, des milliers d’autres l’ont accepté en pensant faire vivre le PCF. Des milliers d’autres cherchent ailleurs. Pouvons-nous proposer au plus grand nombre des tracts, des idées, des revendications, des échéances qui font progresser la nécessité de reconstruire un parti communiste ?

En quelque sorte, mener une bataille en 2012 pour un programme candidat, un parti candidat, un peuple candidat ?


[1] Proposition du programme partagé dont a déjà noté qu’elle est plus vague et moins exigeant que la proposition 21 de François Mitterrand en 81 !

[2] Il n’a d’ailleurs pas eu besoin des mots "capitaliste", "impérialiste", et n’utilise le mot classe que dans "classe moyenne"...

[3] L’ancien copain de Mélenchon au PS...


Commentaires

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mardi 11 octobre 2011 à 09h40, par  pam

Décrire les difficultés est nécessaire, mais les décrire sans chercher les points d’appuis, les contradictions qui permettent d’agir et d’affirmer une position politique est dangereux et relève du premier versant du piège. Cela conduit tout droit à se considérer en dehors du champ de bataille et à proposer une analyse d’historien en quelque sorte.

J’ai donc essayé dans cet article, certainement perfectible, d’identifier certains points d’appui et d’esquisser une position politique sur cette base
- certes le vote des communistes est acté et pèse fortement sur la situation, et Mélenchon / Buffet vont continuer de s’en servir pour aller le plus loin possible vers "la gauche", c’est à dire le PS... Sauf que ce vote a été acquis dans un rapport de forces (40/60) qui a conduit la direction a promettre aux communistes qu’au contraire, il s’agissait de renforcer le PCF et de sortir la gauche du social-libéralisme... Première contradiction sur laquelle agir, car on sait que ce ne sera pas possible. Buffet et Mélenchon se disputeront avec Hue et Laurent les places ministérielles pour se retrouver associé à une politique que les socialistes conduiront comme en Grèce ou en Espagne...
- deuxième contradiction, la situation de 2012 sera originale, puisque l’ampleur de la guerre sociale ne permet plus de marge de manœuvre d’accompagnement pour l’alternance. Il faudra donc pour la gauche agir directement contre les luttes sociales.. Se développeront-elles ? En tout cas, c’est le deuxième levier pour nous

Cet article a été écrit après une rencontre riche de près de 50 militants du réseau de la région Rhône-Alpes. La comparaison avec les plans d’ajustements structurels est de Robert Brun, le renversement de la phrase sur la dette que nous ne paierons pas, mais qu’il faut leur faire payer est d’André Gerin... C’est une première étape de construction collective, et nous avons décidé à cette réunion de proposer un texte à tout le réseau national et au delà, pour aider à sortir les communistes de cette impasse.

Il s’agit bien de sortir du piège pour affirmer une position communiste en 2012 qui ouvre la possibilité d’influer, d’aider le mouvement populaire à se construire. Je ne suis pas du tout optimiste, et au contraire très réaliste sur la violence qui nous attend dans cette société, mais le peuple peut à tout moment tout bousculer, et personne ne connait ni ne maitrise l’agenda social.

A tout de suite dans la manif...

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lundi 10 octobre 2011 à 00h15, par  Dautrey

J’ai toujours beaucoup de sympathie pour le militantisme enthousiaste -mais argumenté- de Pierre-Alain.
Mais j’ai bien le sentiment en même temps qu’il s’agit plus là d’incantations volontaristes que d’une construction politique envisageable.
Je considère, je l’ai déjà dit, que la messe est dite.
Chaque développement politique en apporte la démonstration.
Ce soir par exemple : Mélenchon dit toute sa satisfaction des résultats de la primaire socialiste, et le plaisir que lui procure le score d’Arnaud Montebourg, qui serait sur un ligne politique proche de celle du Front de Gauche (!). Faut-il rappeler que Montebourg se prononce pour un "capitalisme coopératif" ?
Qui ne voit pas qu’on nous emmène tout droit à un cabinet socialiste qui naviguera entre une ligne de soumission à la Papandreou et une ligne de capitulation à la Zapatero ?
Et faire semblant de croire qu’on peut contrer cette sombre perspective en décrétant la lutte ouverte, c’est se tromper soi-même.
À l’automne dernier, des luttes puissantes ont secoué le pays pour la défense des retraites : elles se sont cassé les dents sur l’absence d’alternative politique -et quelques trahisons syndicales…
Il ne peut y avoir durablement un retour de l’espoir d’une société socialiste sans la renaissance d’une organisation révolutionnaire de masse.
Pierre-Alain et beaucoup d’autres ici luttent pour que le PCF retrouve cette vocation.
Mais la décision des communistes de déserter le combat de la présidentielle a fermé la dernière porte. et l’action obstinée, mais très minoritaire, de quelques militants au moment des législatives à venir, n’empêchera pas les candidats "Front de Gauche", devenus députés du groupe "Front de gauche" de défendre une politique de "gauche" pour un "capitalisme coopératif".
À Tours en 1920, les délégués ont considéré que le vieux parti socialiste, qui s’était fourvoyé dans la collaboration de classe et la guerre chauvine, n’était plus amendable. Ils ont créé le parti révolutionnaire dont la classe ouvrière avait besoin, dans les conditions de l’époque… cela dit, eux, ils étaient majoritaires dans le parti.
Je continuerai à me bagarrer à vos côtés, mais le rapport de force nous est très défavorable. La seule raison d’espérer ces dernières années venait de la victoire contre le traité constitutionnel. Voyez comment cette victoire a été confisquée par les "comité antilibéraux", puis par les amis de Mélenchon.
Le traité de Lisbonne s’est chargé du reste…
La désignation par une majorité de communistes de Jean-Luc Mélenchon comme candidat unique à l’élection présidentielle, constitue une défaite capitale, décisive, du mouvement révolutionnaire. Ne pas vouloir sortir de ce piège au nom de l’unité des communistes, c’est abandonner tout espoir d’influer sur le cour des évènements politiques dans les prochaines années.

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