Regard sur les partis communistes d’Europe

, par  Sigridkrings

Le 3 juillet 2012 à 22:20, par Sigrid En réponse à : Regard sur les partis communistes d’Europe

En ce qui concerne l’ancien SED, je me vois obligé d’ecrire une réponse. D’abord j’ajoute encore quelques faits.
Le PCA n’a pas été détruit entièrement par les fascistes - ils ont d’ailleurs tué 200 000 résistants allemands - même jusqu’à la fin de la guerre il y avait partout en Allemagne des réseaux de résistance.
Après la guerre le PCA avait toujours env. 90 000 adhérents, et ils avaient obtenu 6 % des voix pour le premier Bundestag. Le parti était fortement engagé contre le réarmement de la RFA, et
c’était Adenauer qui lui a donné le dernier coup en l’avoir fait interdire en 1956. En 1968 on a fondé un autre PC, le DKP. Ce petit parti existe toujours. Ils sont très engagé dans les mouvements
populaires, comme dans l’antifascisme et pour la paix, souvent ensemble avec Die Linke. En 2006 le DKP s’est donné un nouveau programme, écrit par le philosophe communiste Hans Heinz Holtz,
qui a beaucoup coopéré avec Domenico Losurdo. Le parti sort un hebdo, "Unsere Zeit", dont les analyses sont basées sur le marxisme.
Il y a un autre journal marxiste et quotidien, "Junge Welt", entre le DKP et Die Linke, un héritage de la RDA, avec d’excellentes informations internationales. On peut l’acheter dans toutes les grandes villes d’Allemagne - il n’y a pas d’équivalent en France.
Maintenant au SED et son parti frère à Berlin-Ouest, le SEW (6000 adhérents dans West-Berlin). J’estime que en 1989/90 c’était surtout la détresse. Pas mal de camarades ont adhére au DKP, la plupart sont restés - par les transformations du SED - dans Die Linke. Tous des bureaucrates accrochés au pouvoir ? Non, beaucoup se sont engagés dans ses forums marxistes et sa plateforme communiste. On peut bien le constater dans le nouveau programme du parti, dans ses positions anticapitalistes et dans la fermeté contre toutes les guerres. Seulement - ces camarades on ne les rencontre ni à Strasbourg ni à Paris. Il y a des centaines de camarades ancien SED, la plupart au chomage ou avec une petite retraite, historiens, politiciens, journalistes, ouvriers, medecins, sociologues, qui souffrent toujours de cette défaite, et qui font
depuis des années un énorme travail de recherche sur la défaite du socialisme, y compris en URSS, et qui essayent à conserver les sciences de la RDA, un énorme trésor, pour les futures générations, malgré leur déstruction lancée par la RFA.
Concernant les défaites électorales de Die Linke, je suis d’accord pour la ville de Berlin. Dans les Länder de l’ancienne RFA, Die Linke n’a pas participé au gouvernements, les raisons sont d’autres.
Pendant que Die Linke avait obtenu 12% en 2009, le SPD était au gouvernement avec Merkel et a fait la politique de la droite. Die Linke était le seul parti de gauche dans l’opposition. Maintenant, comme le SPD est dans l’opposition, il se présente à gauche, et il y a beaucoup d’électeurs qui font la navette entre ces deux partis. En plus il y avait la retraite d’Oskar Lafontaine et les divergences
entre les sociaux-démocrates et les socialistes/communistes dans le parti, largement exploitées par les médias bourgeois.
De toute facon, pour l’Allemagne, beaucoup plus touchée par l’anticommunisme que la France, Die Linke est un progrès. Depuis on entend souvent quelques vérités au Bundestag, comme hier
par la député Sahra Wagenknecht sur le nouveau " pacte de stabilité", accompagnée par des cris de la droite comme "Erich (Honecker) nous dit bonjour"...
L’histoire de la France est differente et les partis ne sont pas les mêmes. Il n’y a aucune raison pourquoi le PCF fait pareil comme Die Linke.

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