Et maintenant

Trois fers au feu Quel est le sens du vote FN ?

, par  Paul Barbazange , popularité : 2%

Nous n’avons pas fini de discuter (pour agir) des résultats de ces européennes. Causes profondes et causes plus récentes, résultats en France et en Europe, état de la gauche et du Front de Gauche. État du Parti communiste Français, nécessité de réponses communistes à la situation nationale et internationale. A partir, et dans la préparation de la Conférence nationale d’octobre, de la prise en compte (enfin) de la parole de tous les communistes et de l’expression de la souffrance populaire, débattre et agir.

Trois fers au feu...

Ceci est une réaction rapide aux résultats des élections européennes du 25 mai 2014.

Elle ne m’exonère en rien du travail d’échange, de confrontation avec tous ceux qui le souhaitent, militants ou non. Je changerai peut être d’avis... Il y a un temps pour tout, pour l’instant celui de ma réaction immédiate.

Depuis 1981, en France, et l’écart creusé entre le PS et le PCF (l’inversion avait eu lieu aux municipales de 1977), la grande bourgeoisie française avait "deux fers au feu", l’UMP et le PS. Cela ne veut pas dire que ces deux grands partis soient équivalents, loin de là. Leurs militants comme leur histoire et leurs alliances différent.

Pourtant ils se rejoignent sur des axes essentiels, la volonté de cogérer (à l’allemande). L’Europe du capital (UE) étant sans doute l’un de ces points majeurs de rencontre. Au fil du temps et de l’histoire le capital se divise, se réunit, choisit l’un ou l’autre de ces partenaires et "vogue la galère de l’Union Européenne".

Le taux de profit se préserve ou augmente, nous souffrons en tant qu’exploités, en tant que peuple de France, en tant que Nation constituée historiquement.

Depuis hier dimanche, le capital et son personnel politique ont un troisième "fer au feu", le FN, consacré par les électeurs à cette consultation "premier parti de France". C’est un séisme. Le FN est un parti d’extrême droite comme une partie de l’UMP est la droite extrême préparant la place ! On a vécu politiquement cela dans ma ville avec 19 ans de municipalité UMP. Une situation déjà bien complexe avec deux partenaires possibles pour nos exploiteurs, devient encore plus pénible pour les exploités. Avec un troisième pion dans son jeu, le capital accroît ses possibilités d’action, de manœuvres sans fin. Pas besoin d’être mathématicien pour mesurer combien leurs possibilités sont multipliées par la vote des français.

A nous, communistes, d’enfin trouver une analyse, de mettre en œuvre des pratiques permettant de contrer cette situation nouvelle, de redonner confiance communiste et de rassembler.

Les deux objectifs ayant même importance, rassembler en affadissant laisse toute leur place aux adversaires de classe... et sur le bord de la route ceux avec qui parfois on aurait pu efficacement faire un bout de chemin. Nous faisons cette expérience depuis plus de trente ans. Nous n’en sommes pas mort, mais ça devient de plus en plus problématique, la mort du corps politique PCF devient possible. Car nous ne pouvons être entendus dans notre objectif de refonder l’Europe capitaliste, celle-ci ayant été créée, organisée par nos adversaires pour leurs intérêts de classe.

Être communiste, pur et dur, sûr de son fait, dans sa solitude, amènerait et d’ailleurs amène des camarades au même résultat : s’isoler de plus en plus, ne pas être compris, ne plus comprendre.

Face à cette nouvelle situation, travaillons le rassemblement des exploités au niveau imposé par l’actuel développement inégal des forces productives et son expression politico-économique, la mondialisation de la production, des échanges, de la culture capitaliste.

Le capital s’est construit en France un "troisième fer". Construisons le rassemblement communiste de demain. Construisons le PCF de ce siècle. Construisons les fronts, qu’il s’agisse du successeur du Front populaire ou du Front National (celui des années 40 bien sûr !). Permettant l’action ensemble des communistes et de bien d’autres que nous, dans le strict respect de tous.
Je suis de ceux qui pensent que l’espoir communiste : mise en commun, partage, démocratie est loin d’avoir porté tous ses fruits. Les douloureuses expériences que nous avons traversées depuis la signature du programme commun et l’effondrement du bloc socialiste (hormis Cuba !) ne sont pas inutiles. Le PCF existe toujours, il peut avoir un avenir s’il tire collectivement enseignement de son histoire et de celle du mouvement communiste mondial.
La conférence nationale prévue pour Octobre 2014 peut être un moment de ce processus de régénération.

La bourgeoisie a maintenant trois "fers au feux", soyons communistes pour lui faire face.

Paul Barbazange, Béziers.

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