1er Mai : pas une voix pour le FN tract du réseau difusé à Lyon ce 1er Mai

, par  lepcf.fr , popularité : 2%

Ce premier tour des présidentielles laisse un goût amer. Le piège a bien fonctionné. Grâce au pouvoir des sondages et des médias, du système institutionnel en place, il oppose désormais la candidate de l’extrême droite à celui du grand patronat, des banques et de l’union européenne. Tous deux sont les candidats du système, chacun se nourrissant l’un de l’autre. Si la première se nourrit de la haine dans le sillage de Trump et le deuxième de son sourire Kennedy aux dents blanches, avec eux, nous aurons recul social, casse industrielle, bas salaires, menaces sur la paix et la démocratie.

De nombreux citoyens, beaucoup de jeunes ont cherché une issue avec le vote Jean-Luc Mélenchon, affirmant leur exigence d’une république sociale et solidaire, des services publics, d’une juste rétribution du travail, d’une émancipation de l’U.E., d’une France active pour la paix et libérée de l’OTAN. Cette mobilisation importante n’a pas été suffisante. Elle ne doit pas masquer l’affaiblissement de la gauche rabaissée à son score le plus bas, tandis que l’abstention a progressé depuis 2012.

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Tract du réseau pour la manifestation du 1er Mai à Lyon

Piège présidentiel, illusion démocratique

Ce nouveau piège présidentiel confirme l’impasse de l’électoralisme, de l’attente périodique d’une rupture politique qui sortirait des urnes, et qui à chaque fois nous contraint à éliminer le pire, d’une manière ou d’une autre. C’était le cas pour les dernières régionales, comme pour les présidentielles de 2002. Quand le peuple fait un choix clair, le pouvoir passe en force pour imposer ce que le peuple a refusé. C’est ainsi que nous nous sommes faits voler notre NON au Traité Constitutionnel européen en 2005

Il faut prendre conscience de l’illusion démocratique dans laquelle le système nous berce et nous berne. Le capitalisme mondialisé et dématérialisé n’a plus besoin des oripeaux démocratiques dont il se paraît dans sa guerre contre le socialisme du XXème siècle, plus besoin de compromis social. Avec l’affaiblissement des organisations syndicales, associatives, de solidarité, et notamment du parti communiste, avec la place des réseaux sociaux et les moyens de contrôle et de manipulation, avec le contrôle étroit des médias par les actionnaires de l’armement, ils fabriquent les résultats des élections comme on fabrique un produit.

Seule une rupture politique pourra nous sortir de là. Elle ne pourra se construire sans un peuple uni solidaire..... L’expérience Vénézuelienne montre que l’élection peut être un moment de cette mobilisation, qui ne peut tenir sans mobilisation sociale. Avec le mouvement contre la loi travail, avec les insoumis, avec la résistance de villes dirigées par des communistes comme Vénissieux, nous avons des points d’appuis, mais nous savons que les révolutions se font quand les masses sont en mouvement, c’est à dire si nous pouvions être 10 millions de grévistes pendant des semaines

Ne pas céder au piège du repoussoir FN

Nous avons bien compris que le FN banalisé de Marine Le Pen sert toujours de repoussoir pour que tout continue. Quand Macron instrumentalise sans honte la mémoire des victimes d’Oradour sur Glane, c’est bien sûr pour provoquer un réflexe anti-fasciste. Mais c’est François Mitterand qui a sorti Jean-Marie Le Pen de son groupuscule en 1985 aux élections locales pour diviser la droite et préparer sa réélection en 1988. Comment pouvons-nous combattre le FN sans tomber dans ce piège où on nous présente Marine le pire pour nous faire accepter le reste ?

Si le système économique et bancaire décide demain que ses réformes ne vont pas assez vite et que la démocratie les freine, s’il décide de faire appel au fascisme, est-ce que Macron lui résistera ? Bien sûr que non, il est leur candidat !

Y-a-til risque de fascisme ?
Le fascisme est toujours décidé par les oligarchies industrielles et financières. Dans l’Allemagne de 1932, les socialistes ont appelé à voter pour un chancelier de droite, Hindebourg, pour empêcher la victoire de Hitler qui venait de perdre 2 millions de voix, quand les communistes en gagnaient un million. Le PS a préféré la droite aux communistes qu’ils avaient réprimé avec violence. Mais c’est Hindenbourg qui quelques mois plus tard a nommé Hitler premier ministre…

La cible de notre combat, c’est l’exploitation capitaliste

Beaucoup de jeunes s’interrogent. Comment résister en cas de victoire du FN ? Comment refuser les décisions contre les immigrés, les militants, comment refuser les expulsions, qu’elles soient locatives ou de migrants, comment refuser les baisses forcées de salaires, pensions et prestations ?

Mais la question se pose depuis longtemps ! Car "le ventre d’où est sortie la bête immonde", c’est-à-dire le fascisme, c’est le capitalisme ! Comment résistons-nous aux casses d’emplois, aux expulsions, aux répressions, aux baisses de revenus, aujourd’hui ? Elles ont toutes augmenté plus vite sous Valls que sous Sarkozy, et elles s’aggraveraient encore avec le FN. La vraie question est d’organiser la résistance contre le capitalisme. Aujourd’hui, sommes-nous capables de rassembler les travailleurs pour imposer un relogement, des papiers, le règlement d’une urgence sociale ou encore faire tomber une loi de régression sociale ?

Ni Patrie ni patron ? Patrie des travailleurs ?

Les ouvriers de Whirlpool, comme d’autres, ont raison de dénoncer la mondialisation et l’U.E. qui organisent la mise en concurrence, les délocalisations, plus d’un million d’emplois ouvriers détruits en 20 ans, 1 million de vies brisées. Mais Marine Le Pen peut apparaître comme leur porte-parole car la gauche depuis 20 ans a géré cette désindustrialisation, parce que Jospin a fini par avouer « je ne peux rien faire », que la gauche leur répète « Europe sociale, europe sociale » !

Face au FN, nous ne pouvons défendre le droit des patrons à diviser les travailleurs, à les mettre en concurrence comme du bétail qu’on transporte d’un point à un autre. Les ouvriers de Whirpool, comme beaucoup d’autres, ne peuvent que constater que tout le monde accepte le marché unique européen et donc, leur mise en concurrence.

L’urgence contre le FN est de dénoncer le capitalisme mondialisé qui organise la guerre entre les peuples, et d’organiser la solidarité des travailleurs, français et immigrés, pour défendre leur emploi et sortir de cette U.E. des patrons !

Mais un jour dans notre vie
le printemps refleurira,
libre enfin, ô ma patrie,
je dirai tu es à moi !
(le chant des marais)

Notre priorité, faire reculer le FN dans le monde du travail. C’est l’urgence, comme le montre la folle journée de Whirlpool...

Le FN n’a rien dit pendant les luttes contre la loi El Khomri et a condamné les grévistes ! Et pour les élections, elle annonce qu’elle abrogera la loi. discours démagogiques, mensonges électoraux…

Depuis des décennies, les médias et les politiques dénoncent le FN « au nom de nos valeurs ». Pourtant, il ne fait que progresser. Il faut rompre avec cette bataille idéologique de ceux qui se servent des droits de l’homme pour servir le capitalisme. Le FN porte en lui la guerre civile intercommunautaire et la répression du mouvement ouvrier. Sans cesser de dénoncer le banquier Macron, l’urgence est de convaincre un maximum d’ouvriers de refuser de voter ou de revoter pour ce FN qui divise les travailleurs, verrouille l’alternative progressiste, dévoie le patriotisme populaire en stigmatisant l’ouvrier immigré tout en disculpant le grand patronat « français », briseur d’emplois et traître à la patrie.

S’organiser dans les entreprises et les quartiers

Nous aurons demain une politique encore plus à droite, plus de destructions industrielles et de pressions contre les salaires, les prestations sociales et le logement social… L’urgence sera de résister, et donc d’unir, de créer des solidarités, des mobilisations bien plus larges que celles du printemps 2016. Macron l’a annoncé, il ne veut pas négocier, il ira vite, et il lui faudra donc faire taire les réactions sociales. On peut craindre une répression policière encore plus violente qu’avec Valls.

Il faudra donc être bien organisé, contrôler efficacement les manifestations, être capable de protéger un militant attaqué, de soutenir un militant sanctionné… Cela suppose de savoir à qui faire confiance, c’est à dire d’avoir une vraie organisation centrée sur la lutte, l’action collective.

Pas une voix ne doit aller au front national mais ni le vote Macron, ni l’abstention, ni le vote blanc ne suffiront. Au lendemain tout restera à faire, à commencer par se redonner un parti communiste fort et influent ayant retrouvé ses orientations de classe, pour dans l’unité et la démocratie populaire, imposer et construire le socialisme.

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    Centriste Année Voix %inscrits %exprimés Lecanuet 1965 3 777 119 13,06 % 15,57 % Poher 1969 5 268 651 17,85 % 23,31 (...)

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  • (2002) Lenin (requiem), texte de B. Brecht, musique de H. Eisler

    Un film
    Sur une musique de Hans Eisler, le requiem Lenin, écrit sur commande du PCUS pour le 20ème anniversaire de la mort de Illytch, mais jamais joué en URSS... avec un texte de Bertold Brecht, et des images d’hier et aujourd’hui de ces luttes de classes qui font l’histoire encore et toujours...

  • (2009) Déclaration de Malakoff

    Le 21 mars 2009, 155 militants, de 29 départements réunis à Malakoff signataires du texte alternatif du 34ème congrès « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps ». lire la déclaration complète et les signataires

  • (2011) Communistes de cœur, de raison et de combat !

    La déclaration complète

    Les résultats de la consultation des 16, 17 et 18 juin sont maintenant connus. Les enjeux sont importants et il nous faut donc les examiner pour en tirer les enseignements qui nous seront utiles pour l’avenir.

    Un peu plus d’un tiers des adhérents a participé à cette consultation, soit une participation en hausse par rapport aux précédents votes, dans un contexte de baisse des cotisants.
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  • (2016) 37eme congrès du PCF

    Texte nr 3, Unir les communistes, le défi renouvelé du PCF et son résumé.

    Signé par 626 communistes de 66 départements, dont 15 départements avec plus de 10 signataires, présenté au 37eme congrès du PCF comme base de discussion. Il a obtenu 3.755 voix à la consultation interne pour le choix de la base commune (sur 24.376 exprimés).