Comment actionner une politique réellement communiste Commentaires au texte de Jean-CLaude Delaunay

, par  Aline Béziat , popularité : 2%

Les discussions qui se poursuivent après les assises sur le communisme, sont sources d’enrichissement et d’approfondissement. Je reprends les têtes de chapitre de Jean-Claude, car son texte bien structuré me permet non pas de lui apporter la contradiction, je suis pratiquement en accord avec lui, mais de pousser sur la réflexion du comment actionner une politique réellement communiste autrement qu’elle n’est menée actuellement par la Direction Nationale.

Introduction : socialisme et communisme, essai de définition.

Le capitalisme est un accélérateur de l’accumulation des capitaux aux profits de quelques uns et dans l’anarchie la plus totale. Il utilise tous les moyens que leur octroient les États et les collectivités territoriales, il se développe là où le coût de la main d’œuvre est la moins chère et où les ressources terrestres lui sont accessibles à moindre coût etc etc. L’énorme masse des capitaux non redistribuée équitablement provoque des déséquilibres terribles. Ces richesses financières s’accumulent dans des paradis à leur mesure, hors la loi des États, là où elles sont produites et font régresser toutes les protections sociales acquises par les luttes. Les prolétaires n’ont pas les moyens politiques adaptés pour combattre cette pieuvre capitaliste. En rapport aux millions d’hommes en France et aux milliards sur la planète, seule une poignée d’individus politisés, soit alimente ses mécanismes, soit le combattent à main nues, sans arme adaptée à cet effet. La démocratie actuelle ne peut rien contre cette pieuvre, elle est même sa caution morale qui lui permet de légitimer son action dévastatrice.

Les communistes veulent construire du communisme, mais ils sont dépourvus devant l’immense dépolitisation de millions et de milliards de gens qui subissent le capitalisme. Le capitalisme sait manipuler les démocraties, pour qu’elles agissent en sa faveur. La politisation de chacun ne peut être effective que si chacun peut agir sur tous les leviers politiques qui gravitent autour de lui, à l’entreprise, à la banque, dans la société, permettant ainsi d’étoffer la qualité de la citoyenneté en France comme partout dans le monde. Ce sont donc les bases de la démocratie qui doivent évoluer.

Les luttes actuelles sont défensives, le rouleau compresseur du capitalisme ne permet même pas de conserver les avantages acquis. Nous sommes tous dépendants, du manque de liquidité pour pouvoir échanger, les monnaies locales qui se créent ne sont que des emplâtres sur une jambe de bois. Mais il faut bien survivre. Les hommes ne veulent pas mourir, ils se battent avec les armes qu’ils ont. Ils n’ont pas les démocraties adaptées ni pour déraciner le capitalisme, ni pour construire le communisme. La Démocratie Libérale ne les protège même plus, elle asphyxie le prolétaire/citoyen.

Le processus de socialisation par des hommes conscients politiquement ne peut être mis en route qu’avec une démocratie qui permet à chacun d’anéantir pas à pas tous les mécanismes et les logiques du capitalisme, tout en validant pas à pas la construction du communisme partout où il est possible qu’il s’épanouisse.

Première partie : Aspects de la mondialisation capitaliste

I - Avec la mondialisation, les dirigeants socialistes n’ont plus rien à voir avec le socialisme car le capitalisme, leur référence, a changé. Ils n’ont plus d’alibi.

Oui de tout temps les socialistes, enfin les élites socialistes, ces professionnels politiques, bien souvent énarques, ont toujours été des réformistes qui ne peuvent rien réformer, tellement la pieuvre capitaliste les submerge. La Démocratie Libérale les propulse sur le devant de la scène politique, et le peuple est au spectacle sans pouvoir réellement agir politiquement. Les Partis politiques s’affrontent dans l’arène aux lions, les spectateurs choisissent les plus forts et les plus beaux parleurs. L’électeur est au spectacle, il n’a le droit que de choisir entre des professionnels de la politique, qu’entre des partis politiques, qu’entre des partisans de telle ou telle politique, sans pouvoir en comprendre toute les supercheries. Il n’est pas acteur du changement, il ne désigne pas ceux qu’il sait reconnaitre comme les meilleurs défenseurs de ses propres intérêts. L’électeur est majoritairement un prolétaire/citoyen, son intérêt c’est de maîtriser collectivement les richesses qu’il produit et les choix stratégiques. Pour ce faire il a besoin d’une démocratie adaptée qui tout en combattant le capitalisme, construit du communisme. Les réformistes de tous les Partis politiques y compris et malheureusement ceux du PCF, sont des freins au processus de socialisation de la société qui elle seule garantie la paix.

Si les dénationalisations ont pu être effectives, c’est qu’elles étaient gérées par des réformistes de tout bord bercés par les sirènes du capitalisme et son miroir aux alouettes. Les communistes ont laissés rentrer les capitaux privés dans la bergerie des nationalisations et des services publics, ils n’ont pas vus d’en quel engrenage ils mettaient les pieds, ils n’ont pas pu et pas su contenir les désastres qu’ils allaient produire. Du coup les communistes ont désertés ce Parti qui ne faisait plus de communisme. Du coup la globalisation, la mondialisation capitaliste a pu accomplir son œuvre de dérégulation, de destruction massive de l’industrie en France et de sa spécificité sociale. A trop côtoyer les réformistes on le devient. Mais tout peut être redressé, si on sait voir quelle direction prendre, et quelles armes utiliser et comment les affuter.

Non seulement les socialistes ne sont plus en mesure de faire du social, mais le Parti Communiste qui est censé représenter les classes populaires non plus. Et pour cause il agit en leur nom, mais pas avec elles. La différence est de taille, il ne permet pas, de mettre en cohérence les aspirations politiques des classes populaires parce qu’il ne sait pas comment travailler avec elles. Il devrait partir des plus défavorisés, il ne le fait pas, résultat le FN monte. Le lien entre le mouvement social et le mouvement d’un communisme politique ne se construit pas. Ils marchent à côté l’un de l’autre mais pas au même pas, pas ensemble. Le soutient politique aux luttes est totalement insuffisant et même obsolète, il est lui aussi comme un emplâtre sur une jambe de bois. Là on voit bien le manque d’une Démocratie Communiste adaptée à cette marche en avant, commune, pour construire du communisme et tout en abolissant le capitalisme par tous les bouts. Le Parti Communiste en reste à vouloir prendre le pouvoir par en haut, c’est dramatique.

Faire le distinguo idéologique que ce soit des socialistes d’en haut avec ceux d’en bas pour déterminer avec qui s’allier, c’est aussi faire le distinguo avec les communistes d’en bas et ceux d’en haut. C’est quasiment impossible, car la nature est ainsi faite, c’est que nous évoluons tous, et donc les amis d’hier, peuvent devenir les ennemis de demain. Le Parti Communiste a aujourd’hui des alliés qui demain deviendront des adversaires, personne ne peut prédire l’avenir de quiconque. Il s’agit donc avant tout de produire une politique réellement communiste mais avec le mouvement social et avec les classes populaires, et pour ce faire il faut une méthode de travail qui met tout le monde sur un même plan d’égalité politique. C’est dans le mouvement social et dans le mouvement populaire que doivent être reconnus et désignés les meilleurs éléments, pour construire du communisme. La transformation, la métamorphose du PCF devient indispensable. Ainsi c’est ce mouvement d’ensemble qui balaiera les professionnels de la politique libérale, social-libéral, de radicalité gauchisante, et les réformistes de tout bord. La dimension révolutionnaire ne peut être que communiste, mais avec un communisme hautement démocratisé. C’est la Démocratie Communiste qui peut être le moteur de sa mise en mouvement.

Pour sortir de l’étranglement que la mondialisation capitaliste inflige aux travailleurs, aux salariés, aux prolétaires, aux citoyens certes des renationalisations doivent se faire, mais sur de nouvelles bases idéologiques, mais surtout en démocratisant la finance, en la rendant utile et en démocratisant l’ensemble du monde du travail. Donc la prise de conscience et de connaissance politique de chacun doit prendre racine sur les lieux de l’exploitation capitaliste. Le futur PCF, doit donc prendre conscience que c’est un changement radical de sa politique qu’il doit s’imposer et dans sa manière de la conduire,

Pour améliorer le sort de la majorité de la population en partant des plus défavorisés.
Pour la dignité et la souveraineté du pays.

Effectivement nous, communistes, nous devons aujourd’hui élaborer une méthode de travail et une politique, pour le socialisme et le communisme de demain.

II - L’Union européenne et la mondialisation capitaliste sont-elles identiques ?

L’Europe capitaliste et la mondialisation capitaliste effectivement ce n’est pas la même chose. D’une part la mondialisation capitaliste se moque des Etats, elle contourne les lois, la finance n’a pas de frontière, elle détruit tout sur son passage les hommes et la planète. La mondialisation capitaliste est dictatoriale. Les capitalistes et les institutions financières s’adaptent plus ou moins là où la démocratie est installée, en ne perdant jamais de vue, de la faire régresser partout pour poursuivre son œuvre d’exploitation outrancière.

L’histoire de la constitution des Etats Européens, après de multiples guerres, ce sont accordés sur un point essentiel, le respect de la souveraineté de chaque peuple pour la Paix. Cela change tout. L’Europe n’est pas impérialiste, pour autant le marché économique Européen est totalement capitaliste. Les luttes des peuples de chaque Etat ont toutes été basées sur les questions sociales. Ne pas tenir compte de la souveraineté de chaque peuple et de leurs dimensions sociales respectives, pourrait devenir dramatique. Si l’Europe ne préserve pas ces deux piliers là, c’est l’éclatement de la zone Euro et en réveillant les vieilles rancœurs elle pourrait se retrouver en état d’affrontement et d’affaiblissement en rapport à la mondialisation capitaliste.

Nous avons donc nous communistes français à y regarder à deux fois avant de vouloir sortir de la zone Euro. Par contre transformer l’Euro en monnaie commune c’est possible, du temps de l’Ecu, c’était un embryon de monnaie commune. Il nous faut donc activer un Euro, avec une réelle parité équivalente entre les Etats pour des échanges équilibrés et équitables. Cela est possible si ont tient compte de la valeur "Travail non divisé" comme vraie valeur d’échanges et comme l’étalon du futur Euro. Il s’agit donc de le faire évoluer et non pas en rester à la référence dollar qui lui est basé sur l’étalon "Confiance" autrement dit sur du vent. Nous ne sommes plus sur l’étalon "Or". De plus la dimension sociale en Europe est une vraie valeur d’échange qui pourrait être intégrée à la valeur du travail productif, dont il faut absolument tenir compte, car elle est source d’emploi. Si les associations n’existaient pas les gens mourraient dans la rue de froid et de faim pas seulement en France mais dans toute l’Europe. J’appelle "Travail non divisé", le travail démocratisé c’est-à-dire, là où les richesses sont produites et les choix stratégiques sont maitrisés par les salariés eux-mêmes. Il ne s’agit pas ici simplement de coopératives ou de nationalisations mais de conquérir la Démocratie à l’intérieur de tous les sites de production par les salariés eux-mêmes. La citoyenneté venant alors en complément pour apporter les lois nécessaires aux besoins de l’ensemble du prolétariat, pour se développer et satisfaire ainsi les besoins de l’ensemble des peuples Européens. Il s’agit évidemment d’éviter ainsi tout risque de communautarismes économiques entreprises par entreprises. A ce sujet, des capitalistes achètent des territoires entiers et créent des no man’s land, sorte de communautarismes économiques où ils exploitent à outrance, avec leurs propres règles du jeu. C’est une nouvelle forme de colonialisme international. La France n’y échappe pas. Concernant la conquête de la démocratie à l’Entreprise, ce n’est pas seulement de la démocratie sociale dont il s’agit ici, mais d’une démocratisation du travail par la maîtrise économique, elle est donc un des piliers de la Démocratie Communiste.

Les socialistes d’en haut sont et seront toujours des facilitateurs du capitalisme Européen. De même la révolution informationnelle édictée par les dirigeants communistes d’en haut donne du crédit à ce processus, et les conduit effectivement a des énoncées politiques incohérents. La Révolution informationnelle facilite le capitalisme, elle est même un frein à l’évolution des consciences. On croit avoir toutes les connaissances à porter de main, mais la révolution informationnelle apporte aussi tout et son contraire. Ce n’est pas elle qui permet de se sortir des rouages du capitalisme, c’est un prolétariat hautement expérimenté qui en viendra à bout. Tout va trop vite, le temps du débat, de la réflexion et de l’analyse nécessaire à toute démarche stratégique pour la satisfaction des besoins est constamment remis en cause, par la rapidité et la facilité de l’utilisation de la révolution informationnelle qu’utilise le capitalisme. Le temps long de la réflexion politique communiste et la rapidité de l’économie capitaliste ne jouent pas dans la même cour. La révolution doit être démocratique si on veut qu’elle soit communiste. La révolution informationnelle n’est qu’un crayon de papier amélioré qui sert d’accélérateur au capital, mais elle n’aide en rien à la démocratisation du travail ni à celle de la finance.

Oui il est possible de s’attaquer à toutes les institutions de la mondialisation capitaliste en France pour donner le la, à toute l’Europe mais ce n’est possible que si les prolétaires/citoyens imposent la démocratie dans les entreprises et dans toutes les institutions financières.

Oui l’Union Européenne n’est qu’un maillon de la chaine de la mondialisation capitaliste. Elle a des ressources intellectuelles immenses qu’elle est entrain d’émietter, de gâcher, sous l’effet de la mondialisation capitaliste et des politiques libérales et social-libérales dominantes. Tout le potentiel intellectuel des gens qui ne peuvent plus être dans l’œuvre collective du travail, est entrain d’affaiblir toute l’Europe. Les capitalistes en sont les responsables, et ils sont gagnants partout en Europe comme dans le monde. Ils affaiblissent la conscience et les potentiels de créativité des peuples et cela parce que ces derniers n’ont pas de réels moyens d’appropriation démocratique des politiques économiques et sociales.

Les luttes pour qu’elles se développent partout en Europe ont besoin de nouveaux objectifs et de nouveaux processus politiques. Le Parti Communiste pourrait en être le fer de lance, s’il n’était pas replié sur ses élites d’en haut et s’il savait écouter l’ensemble des communistes d’en bas.

III - La Chine et le socialisme

J’ai du mal à comprendre ce qui se passe en Chine et pour cause je suis ignorante de sa culture et de son histoire. Cependant donner à manger, faire reculer la pauvreté et l’ignorance de plus d’un milliard trois cent millions de personnes, on ne peut que s’incliner. L’ingérence politique dans un pays quel qu’il soit, est la preuve de notre immaturité politique, d’une suprématie arrogante, comme si nous n’avions pas à balayer d’abord devant notre porte, de plus nous tenons à notre souveraineté, il serait bon de sans souvenir, pour la préserver le cas échéant et la garantir à chaque peuple. J’ignore totalement la dimension démocratique en Chine, nos cultures sont totalement différentes. Il est fait état bien souvent de corruptions et d’inégalités grandissantes, là nous sommes dans les effets pervers de toutes les formes que le capitalisme engendre, quand l’argent coule à flot, il perverti les consciences. En France comme en Europe c’est une démocratie communiste qui peut canaliser toutes les perversions du capitalisme et assécher au maximum les mafias, les corruptions et autres déviances. En France les atouts de productivité que nous avons et bien l’effet d’un prolétariat très éduqué industriellement, sauf, qu’il n’a pas encore les moyens politiques adaptés pour promouvoir une politique industrielle de qualité dans chaque entreprise. L’éducation politique y est absente, la démocratie capitaliste lui intime l’ordre de ne pas se mêler des richesses qu’il produit et des choix stratégiques à prendre. Or de plus en plus le prolétariat prend conscience que s’il ne veut pas mourir, il doit prendre les commandes des entreprises. Cela n’est possible que sous l’effet d’une démocratisation du travail et de la finance, piliers de la Démocratie Communiste. Sans la captation de la finance et sa transformation en épargne réelle, le capitalisme poursuivra ses basses œuvres.

Le Parti Communiste serait bien inspiré de promouvoir une démocratie qui permettrait au prolétariat de maîtriser enfin les richesses et les choix stratégiques. Cela passe évidement par la démocratisation de la finance, et va donc bien au-delà d’une simple création d’un pôle public financier, qui peut toujours être détourné de ses objectifs, en fonction des idéologies des différents dirigeants qui y sont aux commandes. Oui il nous faut transformer la finance pour la rendre utile à l’immense potentiel industriel que nous sommes capables de produire en France comme en Europe. A la condition qu’une réelle politique communiste soit proposée pour être déployée.

On peut comprendre le cheminement difficile des Chinois, pour réaliser ultérieurement le socialisme, « l’économie de marché socialiste ». Mais en France nous sommes encore, mais pour peu de temps sans doute, un pays extrêmement développé mais qui se dégrade à vitesse grand V, puisque 8 millions de pauvres sont pratiquement dans l’assistanat en permanence et donc dans l’impossibilité de s’épanouir professionnellement et politiquement. Quel gâchis ! Les communistes français ont une très lourde responsabilité à ne pas voir ce qui ne fonctionne pas bien dans leur politique. A ne pas comprendre que pour s’en sortir, c’est d’abord en finir avec la pauvreté. Cela est possible par le biais des associations, mais la direction nationale fait toujours la sourde oreille.

Cependant il faut se garder de tout angélisme, l’économie de marché même socialiste dans un pays comme la Chine, les déviances seront toujours possibles, si elles ne sont pas maitrisées par le peuple chinois lui-même. Car la nature humaine est identique partout. Si chacun n’a pas la possibilité de maitriser les richesses, par la désignation par reconnaissance et avec la transparence politique et économique, alors il y aura toujours les accros à la finance pour passer entre les mailles de tous les filets et pour s’accaparer les biens d’autrui, en Chine comme partout ailleurs dans le monde. L’appât du gain n’est pas prêt de disparaitre. Partout où la corruption règne, partout elle est le signe d’un capitalisme qui domine tout, l’économie comme la politique. Ce n’est pas 80 millions de communistes en Chine et certains apparemment sont déjà corrompus, qui pourront faire face à une montée grandissante de la corruption, eux aussi auront besoin d’un prolétariat très éduquer non seulement industriellement mais aussi politiquement. Donc une forme de démocratie à la Chinoise leur sera certainement d’un grand secours. C’est notre survie ici en France et en Europe tout comme en Chine et partout dans le monde. C’est mon avis.

Nous avons besoin de connaître le socialisme chinois, et les garde-fous contre la corruption qui après leur dernier congrès semble se mettre en place, mais aussi nous devons comprendre comment l’éducation et l’activité politique s’y développe.

Le socialisme en France tel que nous l’entendons ne prendra sont essor que si les masses populaires sont certaines, qu’elles maitrisent les richesses produites mais qu’elle maitrise également la politique. Elles ne s’engageront dans la voie du socialisme et du communisme que si elles ont la garantie que personne ne leur volera le pouvoir de décider ce qu’il convient de faire. Nous avons donc obligation de permettre à chaque prolétaire/citoyen d’acquérir sa souveraineté pleine et entière pour que la souveraineté du peuples soit réelle. Les communistes n’ont pas à prendre le pouvoir d’abord, pour faire le bonheur des gens ensuite, mais ils doivent pouvoir construire le mieux possible le socialisme et le communisme avec les masses populaires, sans hégémonie, sans carriérisme possible. Les communistes doivent à la fois s’éduquer pour pouvoir transmettre dans leurs actions politiques au quotidien partout à l’entreprise, à la banque et dans la société, l’enseignement acquis.

Nous n’avons pas à laisser le communisme dans les étoiles, ni dans l’angélisme et l’attente de jours meilleurs, mais l’encrer dès à présent et c’est possibles, les pieds dans la glaise pour qu’il s’épanouisse réellement. Partout dans le monde le socialisme se construira avec le plus de perspicacité possible à partir du moment où chacun se sentira concerné dans les décisions politiques qu’il doit prendre. Ce qui aujourd’hui n’est pas le cas, seul le capitalisme et les politiques libérales et social-libérales décident à la place du peuple des prolétaires/citoyens.

IV - Le principe « gagnant-gagnant », aspects de l’internationalisme prolétarien aujourd’hui.

Plusieurs questions se posent dans ce paragraphe, d’abord pourquoi l’achat ou la location de terre, voir de territoire, à l’extérieur de la Chine ? Les bonnes intentions d’aujourd’hui ne seront pas forcément les mêmes demain. Aucune garantie n’est possible sans un prolétariat hautement éduqué et un communisme hautement démocratisé, partout dans le monde, face à n’importe quel type de propriété industrielle, territoriale et financière.

Pourquoi ne pas commercer de manière équitable, plutôt que d’acheter des terres et des entreprises ? Ce qui impliquerai, la recherche de valeur équivalente, et donc une monnaie commune mondiale. Si l’étalon est le "Travail non divisé" alors l’équivalence peut être établie puisqu’il s’agit du travail ou de l’activité de chaque être humain comme valeur de base des échanges, partout sur la planète. Mais se pose aussi bon nombre de questions : l’épuisement des ressources terrestres, le gâchis, la maîtrise de la protection sociale et celle de l’environnement, l’inutilité et de la dangerosité de certaines productions etc ? Ce pose la question les institutions du capitalisme mondialisé, faut-il les détruire au risque de provoqué des tentions mondiales ou les transformer par la philosophie de l’internationalisme prolétarien qui ne peut lui que gagner du terrain partout sur la terre. Mais tant que le roi dollar sera la monnaie de référence mondiale, les autres monnaies seront toujours fragilisées. Cependant tout le commerce ne passe pas par les Etats-Unis et donc la domination du dollar peut être réduite surtout si l’Euro prend son indépendance réelle avec un autre type de valeur.

Pour l’heure tant que le capitalisme fera la pluie et le beau temps sur la planète l’internationalisme prolétarien peut lui aussi se transformer et pas forcément dans le bon sens, si les communistes n’y prennent pas garde. L’influence des idéologies des impérialismes capitalistes n’est pas à négliger, ils s’activeront partout ou ils le pourront.

Si la Chine devenait de part le nombre et le goût du commerce un nouvel impérialisme sous couvert d’un nouvel internationalisme prolétarien elle en imposerait de facto aux autres peuples, si les communistes n’y prennent pas garde partout dans le monde. Les hommes ne sont pas meilleurs ou pires, ils sont sous influence, et l’appât du gain est réel partout. La mafia chinoise existe de part le monde et comme toutes les mafias du monde, elle recycle son argent sale dans l’économie capitaliste mondialisée. Entre mafia et capitalisme le lien est étroit. Les clans, les communautés d’intérêts, les communautarismes idéologiques, à l’intérieur des Etats, posent la question du démantèlement des Etats eux-mêmes. Donc à nouveau et à tout moment la suprématie de certains sur d’autres peut se régénérer et des guerres larvées d’un nouveau type se déployer. Ne jamais laisser des territoires à l’abandon, de l’Etat de droit. En France dans certains quartiers on voit les prémices d’une guerre d’un nouveau genre, ne pas respecter la loi devient la règle. On le sait c’est là où la pauvreté gagne du terrain, là où se situe les plus fragiles, que s’installent les mafias. Ce qui inquiète c’est leur élargissement, ce qui veut dire que le capitalisme gagne du terrain. La conscience communiste en perd. Pourquoi ? N’est-ce pas parce qu’il manque d’innovation.

L’internationalisme prolétarien, il est vrai doit donc prendre un nouvel essor et sur de nouvelles bases, avec un contenu plus en profondeur. La solidarité entre les peuples, entre les communautés, entre les Etats d’un point de vue économique, politique et d’un point de vue social, doit s’étoffer. Tous les échanges économiques, politiques et sociaux doivent être bâtis en priorité sur la paix, sur le respect des droits des peuples à décider par eux-mêmes et le respect de leur souveraineté. Pour l’heure les échanges entre Etats progressistes sur la base de l’internationalisme prolétarien est un plus, ils peuvent il est vrai contrariés très fortement l’impérialisme américain. Ici dans ce cadre là, on le sent bien l’impérialisme Européen n’existe pas. La petite Europe si elle est puissante économiquement, elle n’est pas un Etat impérial et elle ne doit pas le devenir. Sa monnaie unique a qu’on le veuille ou non, une valeur économique mondiale importante, mais ce n’est pas une monnaie impériale comme le dollar, en la transformant en monnaie commune alors là, le nouvel l’internationalisme prolétarien pourrait s’élargir avec un tout autre épanouissement et un tout autre rayonnement mondial. N’avons-nous pas là, nous communistes français, une réflexion supplémentaire à avoir pour ne pas sortir de l’Euro, mais au contraire tout faire pour : Un, sauvegarder la souveraineté de chaque Etat Européen et deux, transformer la monnaie unique en monnaie commune ? La petite Europe deviendrait de fait un laboratoire de ce nouvel internationalisme prolétarien pour la paix mondiale. Cette monnaie commune peut voir le jour, si l’activité sociale est reconnue comme une valeur d’échange et de qualité de vie. La croissance alors serait bâtie sur de touts autres critères.

Merci Jean-Claude pour ton texte. Il me faut approfondir l’idéologie chinoise, je suis d’un naturel méfiant. Je sais que l’expansionnisme américain n’est pas prêt de désarmer, mais le enrichissez-vous chinois, n’est pas fait pour me rassurer, peut-être que tu pourras, nous en dire plus. En tout cas en Europe, nous devons favoriser les échanges politiques entre communistes et progressistes européens sur les questions politiques, économiques et sociales et innover, en partant des réalités libérales et social-libéral existantes, pour tout transformer.

Voir en ligne : Réaction au texte de Jean-Claude Delaunay (première partie)

Sites favoris Tous les sites

4 sites référencés dans ce secteur

Brèves Toutes les brèves

Navigation

Annonces

  • (2002) Lenin (requiem), texte de B. Brecht, musique de H. Eisler

    Un film
    Sur une musique de Hans Eisler, le requiem Lenin, écrit sur commande du PCUS pour le 20ème anniversaire de la mort de Illytch, mais jamais joué en URSS... avec un texte de Bertold Brecht, et des images d’hier et aujourd’hui de ces luttes de classes qui font l’histoire encore et toujours...

  • (2009) Déclaration de Malakoff

    Le 21 mars 2009, 155 militants, de 29 départements réunis à Malakoff signataires du texte alternatif du 34ème congrès « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps ». lire la déclaration complète et les signataires

  • (2011) Communistes de cœur, de raison et de combat !

    La déclaration complète

    Les résultats de la consultation des 16, 17 et 18 juin sont maintenant connus. Les enjeux sont importants et il nous faut donc les examiner pour en tirer les enseignements qui nous seront utiles pour l’avenir.

    Un peu plus d’un tiers des adhérents a participé à cette consultation, soit une participation en hausse par rapport aux précédents votes, dans un contexte de baisse des cotisants.
    ... lire la suite

  • (2016) 37eme congrès du PCF

    Texte nr 3, Unir les communistes, le défi renouvelé du PCF et son résumé.

    Signé par 626 communistes de 66 départements, dont 15 départements avec plus de 10 signataires, présenté au 37eme congrès du PCF comme base de discussion. Il a obtenu 3.755 voix à la consultation interne pour le choix de la base commune (sur 24.376 exprimés).