Débat TV Mélenchon – Marine Le Pen :
Mélenchon KO debout !

, par  Alfred Gautier , popularité : 2%
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Le débat sur BFM-TV entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen venait à point pour épancher la soif de politique des Français, qui en ont assez des opérations de communication politique ou des supputations médiatiques sur le retour de DSK.

Oui au débat démocratique, donc ! Encore faudrait-il ne pas prendre de gamelle à l’occasion...

Or, en l’occurrence, nous avons assisté à un véritable jeu de massacre qui m’a réellement peiné en tant que militant communiste, spectateur impuissant devant mon écran.

À part sur les sujets d’immigration et de religion, Jean-Luc Mélenchon a encaissé les coups sans en donner beaucoup sur l’Europe ou l’économie.

Et Marine Le Pen n’a pas eu besoin de forcer son talent, elle s’est, la plupart du temps, contentée de rappeler des vérités et de mettre le « leader du Front de gauche » (expression de la chaîne, mais peut-on la blâmer ?) devant ses innombrables contradictions.

M LP : « Vous avez fait une erreur avec Maastricht, est-ce qu’aujourd’hui encore vous n’êtes pas en train de vous tromper ? ». Pas de réponse.

M LP : « Vous êtes pour le maintien de l’euro alors qu’il ruine le pouvoir d’achat des Français ! ». Pas de réponse non plus du « bruit et la fureur », tout juste un SMIC européen, dont on voit mal le rapport avec la monnaie unique.

M LP : « Êtes-vous pour un impôt européen ?
J-L M : je ne réponds qu’aux questions qui m’intéressent ».
Aïe aïe aïe… A-t-il à ce point honte du programme du PGE ?

Et ça continue.

M LP : « Vous voulez rester dans l’Union européenne, vous nous expliquez que vous allez transformer un lance-flamme en extincteur ». Aucune réponse de Mélenchon, tout juste un : « moi je suis à la tête d’un grand pays ! » (oups !).

Mélenchon essaie tant bien que mal de démontrer qu’il n’est pas libéral. Pas de chance, Marine Le Pen rappelle l’accord, proposé par lui en 2009, d’un rassemblement au deuxième tour des régionales à Daniel Cohn-Bendit. Aveu de l’intéressé, complètement hilare : « vos fiches, elles sont pas mal ! ».

À ce moment là, j’ai beaucoup moins ris devant ma télé. Mais le pire était devant moi. C’est sur le bilan de la gauche que Mélenchon a été le plus gêné aux entournures.

« M. le Ministre (Mélenchon a été ministre, pour ceux qui l’avaient oublié), je ne vous ai pas entendu contre l’ouverture du capital de Thomson Multimédia à l’époque ?

Si j’ai protesté !

En restant ministre ?

C’est normal, j’étais socialiste, j’étais content ! (je ne suis pas certain d’avoir bien entendu sur ce dernier point)

Mélenchon est dans les cordes, KO debout. Marine Le Pen s’amuse avec lui, poussant son avantage avec la liste des privatisations. Puis elle porte l’estocade, rappelant le sommet européen de Barcelone qui a préconisé l’allongement de 5 ans de la durée de travail.

Silence dans les rangs ! Méluche le truculent n’en mène pas large. Il tente bien de défendre le bilan de la gauche, les 35 heures, APA, CMU, la retraite à 60 ans, la 5ème semaine de congés payés, la dépénalisation du délit d’homosexualité, la fin de la peine de mort. Un bilan qui a amené un deuxième tour Le Pen - Chirac en 2002... Marine Le Pen boit du petit lait et affiche un large sourire !

Einstein est appelé en renfort pour achever la bête : « On ne peut pas régler les problèmes avec ceux qui les ont créés ». Qui peut dire le contraire ?

Dernier points, et non des moindres ! Marine Le Pen, qui ne manque pas de culot, propose la nationalisation des banques pour les sanctionner, si besoin, ainsi que le rétablissement de l’échelle mobile des salaires.

La réponse tient en « un pôle public pour appuyer la planification écologique ». On n’apprendra rien aujourd’hui (ni jamais je pense) sur ce « pôle public » : une notion passée au-dessus de la tête de tous !

Sur l’échelle mobile des salaires, rien, pas de réponse de Mélenchon. Normal : c’est sous Mitterrand, en 1983, qu’avait été décidée la rigueur salariale et la désindexation des salaires sur l’inflation. Le but, à l’époque ? Faire l’euro et l’Europe.

Tirer le rideau.

Gautier WEINMANN, PCF Leforest

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