Le PC grec remonte aux européennes avec 6 % et gagne aux élections locales quatre communes dont la troisième du pays !

, par  communistes , popularité : 3%

Les élections européennes ont braqué leurs projecteurs sur la Grèce pour présenter la victoire de SYRIZA comme celle de la « gauche radicale ». Une illusion d’optique quand on connaît ses positions européistes et social-démocrates, tempérée d’une part par la progression inquiétante de l’extrême-droite et par la lente remontée du Parti communiste.

Que retenir du scrutin en Grèce, laboratoire de l’austérité, des résistances mais aussi de la recomposition politique ?

Premier enseignement, l’érosion continue des deux pôles traditionnels de la politique grecque, le consensus Droite, incarnée par la Nouvelle démocratie, et PS sous le nom de PASOK.

Transfert de voix entre le PASOK et SYRIZA : radicalisation de l’électorat, mais même fond européiste et social-démocrate

La "Nouvelle démocratie" (ND) est en recul net avec 22,7 % des voix et 5 députés. La droite avait 8 députés en 2009, elle avait réalisé 29,7 % aux législatives de 2012, 32,3 % aux européennes de 2009 (- 9,6 points).

Le PASOK continue sa chute avec un score historiquement faible de 8 % des voix et 2 députés, loin derrière son score de 2009 avec 36,7 % des voix (- 28,7 points !), ou même par rapport à son record négatif des législatives de 2012, avec 13,3 % des scrutins exprimés.

Cet effondrement de la gauche socialiste se répercute pour l’essentiel sur SYRIZA.

La "Coalition de la gauche radicale" a mis depuis 2009 encore de l’eau dans son vin, elle qui se distinguait déjà par ses alliances locales avec le PASOK, ses positions pro-européennes et sa préférence pour les questions sociétales sur la lutte de classes.

Depuis 2009, le tournant entamé par Alexis Tsipras vers la droite a permis de rallier nombre d’anciens cadres du PASOK tout en rassurant les dirigeants de l’Union européenne et la bourgeoisie grecque, sur le caractère inoffensif de SYRIZA, sa résolution à « sauver l’Europe et l’euro ».

Ces dernières semaines, Alexis Tsipras a tapé fort contre ceux, dans son propre parti, comme le vétéran résistant Manolis Glezos, qui poussent pour une position plus critique envers l’euro. Tsipras a réaffirmé qu’il n’y avait « pas de question autour de l’euro », se refusant même au moindre référendum sur la question si il était élu.

SYRIZA obtient la première place avec 26,5 % en 2014, contre 26,9 % aux législatives de 2012. Le résultat est incomparable avec les européennes de 2009, où un SYRIZA au bord de l’implosion obtenait 4 % des voix.

Depuis SYRIZA a bénéficié des transfuges du PASOK, du gonflement médiatique comme de la radicalisation de la population grecque.

Deux partis en progression depuis 2012 : l’extrême-droite néo-nazie et les communistes du KKE

Par rapport aux élections de 2012, seuls deux partis progressent.

D’une part, constat préoccupant, l’extrême-droite de l’"Aube dorée" ne cesse de progresser.

Le parti néo-nazi continue sa résistible ascension. Inexistant en 2009 avec 0,5 % des voix, il avait déjà entamé une spectaculaire progression aux législatives de 2012 avec 7 %, aujourd’hui il obtient 9,4 % des suffrages, ainsi que ses trois premiers députés européens.

D’autre part, un signe d’espoir, la lente remontée du Parti communiste grec (KKE).

Dans un climat particulièrement hostile, tant médiatique que politique, avec la pression du "vote utile", le KKE résiste. Certes, avec 6,1 % des voix, il est en recul par rapport au score de 2009, 8,4 %, mais il repart à la hausse après le résultat décevant des législatives de 2012, 4,5 % (+ 1,6 point).

Le KKE conserve ses deux députés européens, talonnant à gauche un PASOK en pleine déconfiture électorale.

Autre résultat positif, la bonne tenue des listes du "Rassemblement populaire" conduites par le KKE aux élections locales.

Les communistes remportent 4 municipalités, dont la 3ème du pays !

Le KKE était présent au second tour dans quatre municipalités, il les a toutes remportées.

Ce fut le cas dans l’île d’Icarie, connue par certains pour sa riche histoire, sa valorisation touristique récente mais par d’autres comme l’"île rouge" où ont été déporté des milliers de résistants communistes pendant la Guerre civile. Le KKE a obtenu 50,8 % au second tour, 44,1 % au premier.

Victoires également dans deux communes de la banlieue d’Athènes : Petroupolis avec 53 % des voix au second tour (26,8 % au premier) et Haidari, avec 68,5 % au deuxième tour (18,4 % au premier).

Enfin, le succès le plus éclatant reste celui obtenu à Patras, la troisième ville du pays où le KKE remporte haut la main la mairie avec 62,4 % des voix, après avoir rassemblé 25,06 % des voix au premier tour.

« Lancer un mouvement pour la rupture avec l’Union européenne » pour le secrétaire-général du KKE

Le secrétaire-général Dimitris Koutsoumpas a livré une analyse lucide des élections :

« Les résultats électoraux dans l’ensemble des pays européens ne peut qu’être négatif pour les peuples. Il est désormais nécessaire dans chaque pays, dans tous les pays européens, d’entamer un mouvement pour la rupture et le retrait de l’UE pour développer et lutter pour le renversement du pouvoir des monopoles.

Ce mouvement, avec ces objectifs, doit affronter et vaincre le fascisme dans chaque pays, et l’Europe dans son ensemble. Nous pouvons dire que dans ce cadre réactionnaire, il est positif que le KKE en Grèce montre une tendance à la hausse, après la forte pression subie en juin 2012.

La nécessité de la relance et du rassemblement du mouvement ouvrier et communiste en Europe dans son ensemble devient urgent, en particulier en France, Allemagne, Grande-Bretagne, Espagne, Italie, pour se sortir de l’étreinte mortelle de la social-démocratie, de l’idéalisation de l’UE et de l’intégration politique à la gestion bourgeoisie anti-populaire.

Vous pouvez être sûrs que les voix pour le KKE seront mises à profit dès demain matin dans chaque lieu de travail, chaque quartier, dans les écoles, dans les universités pour mettre en échec de nouvelles réformes, pour lutter pour de nouvelles mesures pour soulager le sort des chômeurs, pour le rassemblement du mouvement ouvrier et populaire, pour l’Alliance populaire sociale.

Le peuple doit se rassembler dans les luttes de masses radicales autour de la proposition du KKE pour une alternative, s’organiser et faire face aux mesures anti-populaires à venir et tracer son propre chemin pour prendre le pouvoir dans ses intérêts de classe. Il faut se rassembler sur une ligne politique de rupture d’avec l’UE.

Ce qu’il faut dans l’immédiat, c’est une forte Alliance populaire, une opposition populaire forte et un mouvement ouvrier et populaire régénéré, qui s’inscrira dans l’opposition au système capitaliste, à l’UE, aux monopoles, leur pouvoir, traçant un cap victorieux pour notre peuple. »

La lutte ne fait que commencer en Grèce pour la rupture avec la politique au service du capital, contre l’UE des monopoles : toute radicalisation de l’électorat est le bienvenu mais elle nécessite une ligne absolument claire, celle portée en Grèce uniquement par le KKE.

Voir en ligne : Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

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