6 et 7 Novembre en Grèce : deux jours de grève générale

, par  communistes , popularité : 3%

- La manifestation du PAME hier à Syntagma était impressionnante.
- Le gouvernement a organisé la répression d’Etat de la manifestation.
- La bataille se poursuivra dans les lieux de travail avec encore plus de détermination.

Premier jour de grève générale : Un grand rassemblement de travailleurs déterminés

La première manifestation de grève du PAME, mardi matin à Athènes et dans des dizaines d’autres villes était massive, dynamique et vivante. Une indication de l’ampleur de la manifestation à Athènes ; tout le centre de la ville était à nouveau occupé. Des milliers de travailleurs, travailleurs indépendants, commerçants, jeunes et femmes ont manifesté leur opposition aux mesures sauvages et anti-ouvrières contre le peuple, mises en avant par le gouvernement, l’UE et la troïka. Le slogan central de la manifestation était « Les mesures doivent être renversés, les gens doivent avoir leur mot à dire, soit nous prédominerons, soit ce seront les monopoles ».

Lorsque les forces du PAME ont atteint le Parlement, le fleuve humain de manifestants avec des drapeaux et des banderoles du PAME encerclait la place Syntagma. Une fois de plus la manifestation du PAME était beaucoup plus importante que celle des dirigeants compromis de la GSEE et ADEDY.

La bataille de la grève a débuté à l’aube mardi. Les travailleurs de leurs lieux de travail et les membres des syndicats de classe étaient sortis des usines, hôtels, supermarchés, magasins, banques, dans toute la Grèce, incitant à la grève et appelant les travailleurs à participer aux manifestations.

Une action remarquable : à l’initiative de l’organisation syndicale des travailleurs de la finance, une banderole géante a recouvert la façade de la "Banque du Pirée", comme réponse à l’un des groupes bancaires qui a joué un rôle de premier plan dans l’offensive anti-ouvrière contre les employés du secteur bancaire.

Un peu plus tard, les cortèges ont convergé à la manifestation centrale avec des banderoles de plusieurs dizaines de syndicats, travailleurs d’usines, comités populaires, comités de chômeurs, étudiants, enseignants, travailleurs de la santé et de la protection sociale, etc...

Nikos Papageorgiou, président de l’Union syndicale des travailleurs dans les restaurants-Tourisme-Hôtels à Attica, était l’intervenant principal lors du rassemblement du PAME et a souligné entre autres choses : « Si nous ne nous organisons pas nous-mêmes et ne luttons pas pour un renversement profond de l’économie et du pouvoir, il n’y a aucun moyen que les pensions, les droits sociaux et la sécurité sociale soient rétablis par un gouvernement à l’horizon de 2 ou 3 ans ».

« Pour le mouvement de classe des travailleurs » a-t-il ajouté « il n’y a pas d’autre perspectives que la lutte pour une autre voie de développement, le peuple étant maître de son pays, sans les engagements auprès de l’UE, et avec la socialisation des grands monopoles. Jusque-là, nous nous battrons, exprimant la solidarité de classe réelle, dans chaque lieu de travail, dans chaque quartier, afin que les mesures ne passent pas, afin que personne ne se retrouve seul contre les employeurs et leurs outils. Nous allons intensifier la lutte pour que les gens ne restent pas de simples observateurs de l’évolution, mais afin qu’ils les façonnent ».

« Nous allons continuer de manière encore plus décisive à l’intérieur et à l’extérieur des lieux de travail », a-t-il souligné, appelant à une participation massive à la manifestation du PAME à 5 heures mercredi à Omonia.

Une importante délégation du Comité central du KKE a pris part à la manifestation, dirigée par Aleka Papariga, la SG du CC du KKE, qui a déclaré lors de la manifestation du PAME dans Omonia : « Nous demandons aux gens de montrer désobéissance et défiance systématiques et bien organisées, non seulement envers les mesures du gouvernement, mais envers le système en général. C’est un bon point de départ pour que la contre-attaque puisse être organisée, qui doit avoir pour objectif la suppression des monopoles, la libération des engagements de l’Union européenne, c’est-à-dire le désengagement de l’UE. Toute autre solution proposée s’inscrit dans le cadre du système ».

Des messages de solidarité ont été envoyés aux manifestations de grève par des dizaines d’organisations et syndicats de classes de partout dans le monde parmi lesquels le Bureau régional européen de la Fédération mondiale des syndicats (FSM).

Une autre manifestation militante et combative, aura lieu le mercredi après-midi, qui sera suivie par une marche au Parlement au moment où le paquet de mesures anti-ouvrières et barbares qui bouleversent la vie des travailleurs sera voté.

Deuxième jour de grève : des milliers de personnes ont pris part à des manifestations du PAME hier

Au moment où, à l’intérieur du Parlement, les partis bourgeois appelaient les gens à se soumettre afin de sauver les monopoles et se préparaient à voter le paquet de mesures anti-ouvrières barbares du 3ème protocole, des dizaines de milliers de grévistes et de manifestants du monde du travail et des familles populaires se sont fait entendre dans tout le pays : "Travailleurs, vous ne devez pas accepter cet esclavage moderne, vous pouvez abolir toutes les lois et patrons". Et "Aucun sacrifice pour la ploutocratie, l’oligarchie doit payer pour la crise".

A Athènes, des dizaines de milliers de manifestants ont afflué place Syntagma pour une deuxième journée consécutive. Après l’encerclement du Parlement par le PAME mardi, mercredi après-midi, des milliers de personnes de toute l’Attique partaient de la place Omonia et se rencontraient dans le centre d’Athènes, manifestant avec les drapeaux du PAME. Ils avaient répondu à l’appel de plusieurs fédérations sectorielles, des syndicats de classe et des syndicalistes se rassemblant dans les rangs du PAME, ainsi que les appels des commerçants indépendants et des petites entreprises (PASEVE), des étudiants du MAS et des femmes de l’OGE.

La manifestation massive s’étendaient sur toutes les rues centrales et la place Syntagma. Les slogans ne se sont pas arrêtés une seconde, même pendant la pluie torrentielle, tout le monde restant en place, et les voix devenant plus fortes : « Ici, avec la lutte des classes, parce que nous ne pouvons pas vivre avec 400 euros ».

La mobilisation du PAME est restée organisée contre l’opération d’intimidation une fois de plus mise en place. Il s’agissait d’un plan organisé de violence et de répression ​​sauvage contre les manifestants, un plan que la SG du CC du KKE, Aleka Papariga, a dénoncé à la tribune du Parlement, soulignant entre autres choses :

« Il est impossible pour la ligne politique qui est suivie et les mesures qui sont en attente, de ne pas être accompagnée de la violence d’État, de la répression et de l’autoritarisme. Mais grâce à la résistance du peuple, le plan qui prévoit l’intervention des forces militaires quand il y a des grèves, n’a pas été mis en œuvre. La violence est encore plus grande dans les milieux de travail. Nous la voyons sur la place Syntagma et nous la dénonçons. Mais dans les lieux de travail où elle est encore plus grande, elle passe inaperçue ici. Quand les employeurs transportent les travailleurs contre leur gré dans les autocars en les menaçant de licenciement, de sorte qu’ils commencent à travailler à 2 heures du matin avant que les piquets ne soient en place, il n’y a aucun commentaire à ce sujet ! Il y a malheureusement une sensibilité sélective dans la plupart des ailes du Parlement. La violence va augmenter, nous le savons très bien, vous n’êtes pas convaincant sans violence, et à partir de ce point de vue, la situation est très grave. Vous trouvez tous les prétextes pour agir contre les manifestations. Et si vous ne les trouvez pas, vous les créez ; nous disons ceci en étant pleinement conscient de la situation. »

Face à l’utilisation massive de canons à eau et de gaz lacrymogènes, les manifestants ont renforcé leur détermination et leurs slogans.

Les forces du PAME sont restées organisées pendant des heures jusqu’à tard dans la nuit dans les rues centrales, dans et autour de la place Syntagma, en dépit de la forte pluie. Elles ont démontré une fois encore que la lutte de classe organisée et bien protégée a la force pour contrer les plans de l’État bourgeois.

Le groupe parlementaire du KKE à l’intérieur du parlement a exposé le caractère de classe de ces mesures alors que la SG du CC du KKE a mentionné entre autres choses : « En aucun cas, le peuple ne doit soutenir les intérêts d’une partie des groupes d’affaires contre les autres. Cela signifierait la défaite du mouvement pour de très nombreuses années ».

Dans son discours, la SG du CC du KKE a posé les axes fondamentaux suivants :

- C’est une offensive unie contre les salariés, les travailleurs indépendants et les agriculteurs pauvres. Le gouvernement porte un projet de loi dans l’intention d’assurer le rétablissement de la rentabilité du capital et les investissements.
- Aujourd’hui deux orientations politiques se battent l’une contre l’autre. D’un coté, la formule de SYRIZA et de l’autre celle de ND, avec les variantes du PASOK et de la Gauche démocratique. Elles sont dominantes parmi les gens, ce qui signifie qu’ils conduisent une partie du peuple avec une part de la bourgeoisie, et l’autre partie du peuple avec une autre part de bourgeoisie.
- Une solution pour le peuple signifie l’abolition des monopoles et le désengagement de l’UE. Cela suppose le renversement du pouvoir politique des monopoles. Il n’y a pas de chemin de sortie de la crise pour le peuple sans cela.

Il est à noter que la discussion au Parlement en ce qui concerne les nouvelles mesures anti-populaires était conduite le jour du 95ème anniversaire de la grande Révolution d’Octobre. Ainsi, le Premier ministre Samaras, chef du parti d’extrême droite ND, a choisi d’attaquer le socialisme que nous avons connu avec haine et mensonges, parlant de "totalitarisme" et de "manque de démocratie et d’investisseurs". Dans tous les cas, l’attaque de Samaras, qui a reçu la réponse qu’il méritait de la part des députés du KKE, confirme une chose : dans les conditions de l’aggravation de la crise et de la pourriture du capitalisme, leur peur de l’adversaire réel, l’autre voie de développement qui a commencé avec la construction du socialisme du siècle précédent, les hante, qu’ils soient éveillés ou endormis...

La position de SYRIZA au Parlement était également révélatrice. En mettant l’accent sur ​​les questions de procédure et de "déviation" de la démocratie, SYRIZA soutient une formule pour la gestion du capitalisme demandant au gouvernement de fixer des limites claires "pour la négociation". Elle a démontré sa passion pour l’UE quand elle a mentionné que « la ligne politique de Mme Merkel est ce qui nous isole de l’Union européenne ». En substance, elle fait croire qu’un simple changement de gouvernement est suffisant pour améliorer la vie des travailleurs, sans rupture avec l’Union européenne et le système capitaliste.

En fin de compte, 153 ont voté pour et le 3ème protocole du mémorandum est passé. 6 députés du PASOK et 1 de ND ont refusé de voter ce 3ème protocole et ont été exclus de leur parti.

D’autres mobilisations militantes auront lieu, pour que l’action, surtout sur les lieux de travail, se renforce à partir d’aujourd’hui, pour qu’encore plus de travailleurs deviennent actifs et organisés dans la lutte pour le renversement d’une orientation politique antipopulaire. Un renversement qui ne sera pas réalisé par une seule grève ou mobilisation, mais par une lutte dure, jusqu’à ce que les gens soient en rupture totale avec l’UE et les monopoles.

Voir en ligne : Traduction PAM pour lepcf.fr à partir du site inter.kke.gr

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