Rencontre du réseau - 13 janvier 2019
Le 38ème Congrès n’a pas tout réglé - Retour sur les statuts Intervention de Jean-Pierre Meyer

, par  Jean-Pierre Meyer , popularité : 2%

Ces quelques derniers mois d’une période de plus de vingt ans de résistance, ont été riches d’événements et d’enseignements, vécus différemment selon nos lieux et niveaux d’engagement, mais nous renvoyant tous, me semble-t-il, à la nécessité d’un approfondissement de notre réflexion, mais aussi de nos propositions, quant au fonctionnement interne de notre Parti et bien évidemment du rôle de notre propre réseau, dont l’existence reste utile, du rôle de nos Camarades siégeant tant au Conseil National qu’au Comité Exécutif National.

Le 38ème Congrès n’a pas tout réglé, les désaccords internes ne se sont pas volatilisés et nous savons tous qu’ils seront encore l’objet de sources conflictuelles. Les modes de fonctionnement interne vont constituer un enjeu important pour sortir, ou pas, de façon efficace de ces nombreuses années d’errements, d’abandons, ou pire, ici nous pouvons nous le dire, de trahisons.

La question des statuts est montée fortement au Congrès. Paradoxalement, elle l’a été par ceux-là même qui avaient été à l’origine de leur modification, voilà quelques années. Le principe des textes alternatifs a été fustigé. Pour notre part, nous n’avions absolument pas soutenu ces modifications statutaires et pourtant, force est de constater, que le recours possible à un texte alternatif, voire une liste alternative, ont été des leviers pour porter notre propre résistance. Cela n’a pas échappé à celles et ceux qui ont été mis en minorité le 6 octobre 2018. Ils tenteront vraisemblablement de contribuer à la remise en cause d’un tel dispositif. Faut-il laisser faire ? Les choses doivent-elles rester en l’état ? La reconnaissance, l’expression de la diversité sur différents sujets ont elles leur place au sein de notre Parti ? Le dispositif existant, voire modifié, n’est-il pas facteur de fonctionnement en tendances ? Suffit-il de décréter le caractère non statutaire de modes de relations internes pour qu’ils n’existent pas ? N’y a-t-il pas lieu au contraire de favoriser la confrontation d’idées et cela encore plus lorsqu’elles sont contradictoires ? Comment le permettre ? In fine, le dernier mot ne doit-il pas revenir aux adhérents ? Comment s’organise honnêtement leur consultation ? Au moment où l’on porte la revendication de l’instauration d’un « Référendum d’Initiative Populaire » pour notre société, ne faudrait-il pas un « Référendum d’Initiative Militante » au sein même de notre Parti, quelle forme cela pourrait-il revêtir ? Travailler à l’exemplarité de notre fonctionnement démocratique interne, n’est-ce pas un gage de crédibilité vis-à-vis de nos exigences de plus de démocratie dans la société ?

Les questions en la matière ne sont bien évidemment pas exhaustives. Elles appellent des réponses. Et déjà à notre propre niveau, en tant que réseau, n’avons-nous pas un rôle à jouer ? Ne serait-il pas opportun de définir un groupe de travail susceptible d’amorcer des pistes, des propositions en la matière, de les confronter entre nous, de les valider ou pas ? Et bien sûr, pour les mettre en discussion dans tous le Parti. Nous pourrions ainsi avoir un rôle de "défricheurs", "d’agitateurs d’idées" (ce qui n’est pas nouveau pour nous), de "remueurs de méninges".

N’y aurait-il pas lieu aussi de procéder ainsi, sur le contenu précis de ce que signifie l’exigence de la mise en place d’une « 6ème République », ou d’une « nouvelle République » ?

Enfin, l’existence du texte alternatif devenu base commune de discussion, le "Manifeste", comme il a vite été appelé, a été le fruit de notre forte volonté de rassemblement dans le respect des différences et dans la ferme perspective toujours affirmée, de ne pas nier l’existence de points de vue différents, voire de désaccords. Sur ces points, nous avons toujours exprimé la nécessité, le moment venu, que le Parti les mette en débat pour déboucher sur des décisions éclairées de la part des communistes. Cela ne justifie-t-il pas pleinement la nécessité de poursuivre nos contacts avec les Camarades qui ont porté ensemble cette volonté de mettre un terme à l’effacement de notre Parti, aux stratégies et orientations qui l’ont mené dans le mur ?

Je le disais au début de mon propos, le 38ème Congrès n’a pas tout réglé, loin de là. La partie ne s’est pas terminée du seul fait d’un changement de Secrétaire National, d’une recomposition des organes de direction nationale. Nous le savons l’équilibre est fragile, la nécessité de l’unité du Parti, (je pense particulièrement à l’unité de la base, des adhérents, qui a été juste et indispensable), a généré des dispositions contraignantes au "sommet". Il nous faut en tenir compte. Nullement pour revoir à la baisse nos légitimes prétentions, mais pour au contraire, nous armer d’efficacité. C’est en ce sens que plus que jamais notre réseau à son utilité et que notre démarche de rassemblement se doit de gagner en quantité et en qualité, afin de gagner les indispensables changements d’orientations, de stratégies et de pratiques.

Ce sont bien évidemment des appréciations, des propositions sur lesquelles il nous faut débattre, tout en déterminant ensemble comment nous allons poursuivre l’écriture de notre histoire collective et comment nous allons franchir, avec tous nos Camarades communistes, ceux du "dedans" et ceux du "dehors" qu’il faut inviter à revenir, une nouvelle étape nous permettant de nous doter de ce Parti Communiste Français, révolutionnaire, Marxiste dont chaque adhérent, chaque militant a besoin, pour œuvrer avec nos concitoyens au nécessaire changements pour une société d’égalité, de paix et de justice sociale.

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  • (2002) Lenin (requiem), texte de B. Brecht, musique de H. Eisler

    Un film
    Sur une musique de Hans Eisler, le requiem Lenin, écrit sur commande du PCUS pour le 20ème anniversaire de la mort de Illytch, mais jamais joué en URSS... avec un texte de Bertold Brecht, et des images d’hier et aujourd’hui de ces luttes de classes qui font l’histoire encore et toujours...

  • (2009) Déclaration de Malakoff

    Le 21 mars 2009, 155 militants, de 29 départements réunis à Malakoff signataires du texte alternatif du 34ème congrès « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps ». lire la déclaration complète et les signataires

  • (2011) Communistes de cœur, de raison et de combat !

    La déclaration complète

    Les résultats de la consultation des 16, 17 et 18 juin sont maintenant connus. Les enjeux sont importants et il nous faut donc les examiner pour en tirer les enseignements qui nous seront utiles pour l’avenir.

    Un peu plus d’un tiers des adhérents a participé à cette consultation, soit une participation en hausse par rapport aux précédents votes, dans un contexte de baisse des cotisants.
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  • (2016) 37eme congrès du PCF

    Texte nr 3, Unir les communistes, le défi renouvelé du PCF et son résumé.

    Signé par 626 communistes de 66 départements, dont 15 départements avec plus de 10 signataires, présenté au 37eme congrès du PCF comme base de discussion. Il a obtenu 3.755 voix à la consultation interne pour le choix de la base commune (sur 24.376 exprimés).