Rencontre du réseau - 13 janvier 2019
La bataille ne fait que commencer Intervention de Pascal Brula

, par  Pascal Brula , popularité : 3%

Ayant vécu le congrès dans la section de Lyon surnommée à l’époque, laboratoire de la mutation (période R.Hue), donc dans un contexte particulier, très difficile, avec un rapport de forces très défavorable, même si le congrès a ici aussi montré des évolutions significatives, je dirais, à l’issue de ce congrès, compte tenu de mon expérience particulière, que la bouteille est encore au trois quarts vide plutôt qu’au quart pleine. Mais je pense que l’on est sorti du cauchemar. La question qui était posée, était la suivante : est-ce qu’à l’issue de ce congrès, le PCF continuera d’exister ou est-ce que la direction sortante le fera disparaitre définitivement ? Le choix étant soit dissolution dans la "France Insoumise" du côté des "refondateurs" et de M.G. Buffet, soit intégration dans une "Nouvelle gauche" avec les résidus du PS, solution revendiquée officiellement par Pierre Laurent et par Francis Wurtz, ce dernier ayant droit d’étaler ses arguments dans l’Humanité Dimanche quelques jours avant le congrès. Ils ont été battus et nous avons gagné que le parti existe encore et fasse le choix de s’affirmer et aller de l’avant, avec une nouvelle tonalité donnée par le nouveau secrétaire général. Mais il y a encore beaucoup de domaines à conquérir et de batailles à gagner, ce qui veut dire qu’il va falloir s’y impliquer (la lutte commence dans le parti disait Lénine…).

Je pense que ce qui a joué fondamentalement sur ce résultat, en dehors du fait que nous l’avons aidé, c’est qu’il y a eu des évènements dans la société, extérieurs à la vie du parti, qui ont pesé sur les consciences. Tout d’abord, c’est le diktat de l’Union européenne sur la Grèce faisant évoluer l’analyse de nombreux camarades vis-à-vis de la nature de cette structure supranationale et du positionnement des alliés grecs de la direction du parti ; ensuite, c’est la réapparition au grand jour, sur le devant de la scène politique, de la lutte des classes, avec la bataille contre la loi Travail, la loi El-Khomri. A partir de ces deux évènements, j’ai observé qu’il se passait des choses dans la section de Lyon, que le rapport de force bougeait. Les résultats du vote nous ont donné un peu plus de 30%, alors qu’habituellement, nous étions marginalisés. Au cours de la conférence de section, j’ai pu constater qu’un certain nombre de camarades sont intervenus contre le noyau dur de ceux qui défendaient bec et ongles le bilan et la mutation. A la fin de la conférence de section, le fait que j’ai été débouté de la délégation à la conférence fédérale, ne doit pas masquer l’affaiblissement des dirigeants de la section ; d’une part, après un examen détaillé de la liste des délégués, nous nous sommes rendus compte qu’ils n’avaient pas pu empêcher que notre texte soit correctement représenté, en rapport avec notre résultat, mais surtout qu’ils avaient des difficultés pour trouver leurs délégués.

Je partage l’analyse que les réformistes qui dirigeaient le parti ne vont pas se laisser faire, il en va de leur existence politique et matérielle. C’est bien pour cela qu’ils ont notamment investi en masse la commission internationale, en liaison avec le PGE et sans doute pour les financements qui vont avec ; notamment pour pouvoir continuer leur collaboration funèbre avec Syriza et le Macron grec, Tsipras. A l’issue du vote pour les textes du congrès, j’avais fait circuler dans le réseau une analyse du scrutin montrant que nous avions plutôt gagné dans les grosses fédérations, et qu’il y avait un certain déficit de notre influence dans beaucoup de petites et moyennes fédérations si l’on additionnait les voix des "refondateurs" (le "printemps") et du texte de la direction sortante. On peut légitimement penser que la lutte va être âpre dans ces départements qui ont beaucoup faussé les délégations au congrès, voire même très difficile pour des camarades souvent isolés. Et même ailleurs, puisqu’une grosse fédération comme celle des Bouches-du-Rhône, alors que notre score est de plus de 30%, a envoyé une délégation monocolore au congrès, nous refusant même un seul délégué. On peut conclure que les batailles ne font que commencer.

Une des batailles internes sur lesquelles je pense nécessaire de s’investir, est le combat contre la mutation. Notre objectif doit être de vaincre définitivement la mutation. Car elle est toujours là, elle entrave notre volonté de reconstruire un véritable parti communiste. La mutation, c’est notamment l’introduction de cette notion pernicieuse de "dépassement du capitalisme" en lieu et place de l’objectif clairement identifié qu’est le socialisme. Nous sommes le seul parti communiste au monde à dire que nous allons atteindre de suite le communisme (qui serait pour partie déjà là) en dépassant le capitalisme sans prise de pouvoir, sans étape préalable ! Le "dépassement du capitalisme", c’est une notion qui permet aux réformistes de faire abstraction de l’analyse du rôle de l’Etat au service de la bourgeoisie (cf. Lénine, L’état et la révolution), et donc de désarmer complètement le mouvement communiste. Pourtant, dans la section de Lyon, il y a eu la volonté de produire une contribution collective pour ce congrès ; au cours d’une des assemblées de rédaction, il a fallu trancher entre abolition/suppression et dépassement : ce dernier l’a emporté mais à la majorité relative, puisque les trois termes avaient été mis au vote. Cela signifie que les concepts révolutionnaires ont fait du chemin et que nous ne partons pas de rien.

Enfin je conclurai en disant qu’il faudrait que l’on puisse jouer notre partition sur la formation au sein du parti (l’ancienne direction a, entre autres, investi la commission formation au niveau national). Un exemple : au cours des débats, une majorité des intervenants de la section de Lyon a repoussé le mouvement des gilets jaunes en l’assimilant à un mouvement initié et manipulé par l’extrême droite et les fascistes (je pense que cette réaction a eu lieu dans de nombreuses autres sections) : on voit le rôle que pourrait jouer la formation de militants communistes en s’appuyant sur un certain nombre d’écrits, et notamment ceux de G.Politzer sur ce qu’est réellement le fascisme. Autre exemple : F.Wurtz va venir samedi prochain à Lyon, invité dans le cadre d’une formation sur l’Union européenne ; alors que nous sommes majoritaires dans le Rhône, l’ancienne direction continue de distiller son venin. Il y a donc beaucoup à faire à propos de formation de militants révolutionnaires, et je suis disponible.

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