Introduction à la rencontre nationale du réseau

Congrès du PCF : pour un débat stratégique sans tabou

, par  Marie-christine.burricand , popularité : 1%

Bonjour à tous et merci d’avoir fait le déplacement pour cette réunion nationale de Faire vivre et renforcer le PCF qui était réclamée par de nombreux camarades.
Une question essentielle nous est posée : comment construire une résistance populaire efficace face à un capitalisme plus que jamais prédateur jusqu’à créer les conditions d’une rupture porteuse d’un projet socialiste ?

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Rencontre réseau 24 Octobre 2015, Vénissieux

C’est au regard de cette question qu’il nous faut apprécier notre activité, mesurer les enjeux du congrès et décider de notre feuille de route pour les mois qui viennent.

Jamais sans doute depuis la fin des années soixante notre peuple n’avait connu une période aussi difficile qu’inquiétante pour l’avenir.

Nous sommes maintenant presque au bout du détricotage du compromis social issu du Conseil National de la Résistance,marqué du sceau des idées progressistes dopées par la place des communistes dans la résistance.

Il est inutile que je revienne ici sur les détails de la reconquête par le patronat et les grandes fortunes de leurs prérogatives, mais du droit du travail à la retraite en passant par la sécurité sociale et les services publics, tout est peu à peu effacé, vendu et j’en passe jusqu’à cette toute dernière mesure concernant les retraites complémentaires qui finalement rajoute 1 an de travail à un très grand nombre d’entre nous.

Dans l’affrontement capital travail, le capital est aujourd’hui globalement gagnant cela ne fait aucun doute, par contre cela fait mal.

La colère des salariés d’AIR France ? C’est aussi celle de travailleurs fiers de leur boîte, longtemps certains de sa pérennité, ne pensant pas que cela pourrait leur arriver, des salariés pour qui les choses basculent peu à peu.

Il est rassurant de remarquer que l’énorme entreprise de criminalisation de l’action syndicale n’a pas marché, beaucoup s’identifiant plus aux salariés qu’aux dirigeants même sans chemises !

Et la combativité de la CGT, qui a refusé de participer à la conférence sociale est aussi une bonne nouvelle à quelques mois de son congrès.

Notre pays s’enfonce tandis que la situation internationale se dégrade chaque jour. Le droit des palestiniens à une nation, déjà fortement tronqué, apparaît de plus en plus ténu. Après la Libye et l’Irak, nations détruites par l’Otan, bras armé des puissances capitalistes, après la guerre et les résurgences du nazisme et de l’anticommunisme le plus brutal en Ukraine, c’est la Syrie qui est dans la tourmente. Au nom de la solidarité avec l’opposition à Bachar El Assad, c’est une nouvelle nation qui est détruite.

Comment nos concitoyens peuvent-ils s’y retrouver entre les frappes des uns et des autres, Daesh et l’État islamique… c’est le sentiment du chaos et de la barbarie qui l’emporte, la défiance encore plus grande envers ces pays et leurs peuples alors que des milliers de gens n’ont guère d’autre choix pour sauver leur vie que de s’enfuir sur les routes du monde rejoignant le flot de ceux qui fuient la misère. Et là aussi, il faut noter que, malgré les moyens mis pour criminaliser ces pays qui restent associés au communisme même si Poutine ne l’est évidemment pas, la Chine et la Russie apparaissent finalement comme des facteurs d’équilibre pour pas mal de français.

Le parti socialiste, aux commandes de l’austérité en France et de la guerre dans le monde, entraîne la disqualification de toute la gauche.

La faible visibilité du PCF et la faiblesse de ses positions laisse la place aux apparences trompeuses.

Comment s’étonner dans ses conditions que domine le « on n’y peut rien, il faut s’adapter, les patrons ont trop de charge, on ne peut pas accueillir tous les pauvres, il y en a marre que ceux qui travaillent paient pour les autres, il y a moins d’argent il faut dépenser moins... » toutes ces évidences trompeuses sur lesquelles s’appuient une droite dure et populiste dans sa reconquête du pouvoir.

Pendant ce temps, le Front national, bien aidé par les médias, Hollande et Sarkozy qui voient en Marine leur chance pour 2017, s’impose comme la force qui monte. Accompagnement de la colère populaire dans l’expression, achat de quelques penseurs en économie, opération séduction-normalisation auprès d’intellectuels, Marine le Pen était déjà bien placée pour 2017, on imagine la catastrophe si le FN gagnait une ou deux régions comme cela est possible, renforçant ainsi sa légitimité !

Dans cette situation, la Grèce a joué un rôle d’accélérateur dans la prise de conscience de trois points au moins :

  • La nature de l’Union européenne, dictature au service du capital effaçant la souveraineté nationale
  • La vanité et l’échec de ceux qui prétendent transformer l’UE plutôt que de s’en libérer pour construire un mode de coopération en Europe et dans le monde entre nations souveraines et solidaires
  • La faiblesse de la gauche radicale, incapable de penser la rupture, l’affrontement concret avec le capital, la transformation d’un pays.

Comment apprécier dans cette situation notre activité ?

Dans et après le dernier congrès, nous avons réaffirmé notre choix de rester dans le PCF, de faire vivre et renforcer ce Parti pour construire l’organisation révolutionnaire nécessaire aujourd’hui.

Depuis le congrès de Martigues, nous avons traversé bien des hésitations. Nous avons toujours porté aussi le débat dans le PCF, notamment au travers de textes alternatifs à chaque congrès et à deux reprises de listes alternatives. Fallait-il rester dans ce PCF, de plus en plus au couleur du PGE, aspiré dans une dérive réformiste ? Fallait-il en sortir dans une tentative de construction d’un nouveau parti ?

  • - 2005, le PCF appelle à voter Non au TCE, tout n’est pas perdu malgré l’orientation proeuropéenne adoptée avec la participation gouvernementale en 1997 et l’adhésion au PGE.
  • - 2007, les communistes décident de garde le PCF contre l’avis d’une grande partie de la direction… C’est aussi un signal pour nous que ce parti a de la ressources.
  • - 2011, le choix de la candidature de Mélenchon aux présidentielles suivi de la perte de nombreux députés aux législatives, sans compter Mélenchon dans le Pas de Calais, tout cela a de quoi nous décourager !
  • - 2013, nous avons les yeux grands ouverts, le PCF n’a pas changé de direction, les forces communistes sorties du PCF sont émiettées, le plus souvent isolées. La direction poursuit sur sa ligne, tout en maintenant la coquille PCF et en radicalisant le discours dans les apparences ; Les étoiles font leur apparition sur la carte du PCF qui perd pour la deuxième fois sa faucille et son marteau.

Chacun comprend que la bataille pour un parti communiste va être longue et qu’il faut se battre pied à pied pour ouvrir le débat dans le PCF, pour conquérir des positions dirigeantes dans ses organisations et prioritairement les cellules et les sections, pour construire dans les quartiers et les entreprises des organisations de base capables d’actions de masse.

Dans ces conditions, nous nous sommes battus pour conserver des élus au Conseil National, garder et renforcer nos sections, retrouver notre légitimité dans les fédérations Hérault, Drome, Gironde, Rhône.

Nous avons pris toute notre place dans la bataille des municipales, insistant sur l’acquis que représentaient les élus communistes et les municipalités à direction communiste alors même que la réforme des collectivités territoriales veut effacer les communes, tendant ainsi à caractériser le sens national de cette bataille. Dans ce qui a été une défaite de la gauche avec des pertes importantes pour le PCF, nous avons conservé des positions essentielles : Vénissieux, Béziers, Fontaines, Aubervilliers, Saint martin d’Hères. Là où nous agissons, le parti tient. Cela se confirme aux élections cantonales de 2015 (Sanary, le Bassin, ) et à la partielle de Vénissieux.

Tout cela a contribué à nous donner plus de légitimité aux yeux de nombreux communistes et à renforcer nos organisations même si nous sommes en dessous de ce qu’il faudrait et n’échappons pas évidemment pas à ce qui pousse au déclin du PCF

Dans la même période : des communistes font l’expérience de défaites cuisantes : Villejuif, Bobigny, la question de l’organisation revient régulièrement.

La situation grecque nous permet d’agir efficacement sur deux points :

  • la position du PCF au moment du vote de l’assemblée sur le plan grec : volte face de la direction (état d’esprit militant),
  • en plein mois d’août, un appel à l’ouverture du débat dans le PCF, publié dans l’huma, signé par prés de 500 communistes. Les visites ont connu à ce moment là sur le site lepcf.fr une hausse formidable.

Nous faisons vivre plusieurs sites locaux et le site lepcf.fr, en quelque sorte vitrine du réseau.

La revue "Unir les communistes" existe et peut être un bon outil d’organisation, elle permet notre présence à la fête de l’huma.

Nous nous engageons aux régionales dans le même esprit qu’aux municipales : peser sur les contenus, donner un sens national à la bataille, conquérir des points d’appui et gagner en visibilité. Notre participation plus importante aux listes, impensables en 2010 sauf exception, fait l’objet de discussions difficiles (Hérault, Rhône).

Nous avons conservé des liens parfois agités mais jamais rompus avec ceux qui se réclament de l’héritage du PCF (PRCF, rouges vifs, RCC...)

Des camarades me disent parfois que ce que nous faisons ne change rien et que c’est peine perdu que de vouloir transformer le PCF.

Je ne partage pas ce point de vue : ce n’est pas rien de conserver au travers d’organisations, d’élus et de communes, de militants d’entreprise, un lien de masse avec les populations, c’est même essentiel.

Ce n’est pas rien d’exister toujours dans le paysage politique, y compris au-delà du PCF.

Et qui peut prétendre aujourd’hui avoir la solution alors que nous résistons et essayons de construire face à une entreprise d’effacement de l’histoire communiste que la direction du PCF est incapable de contrer puisqu’elle en a été et en est elle même partie prenante.

Les conditions de préparation du Congrès ne sont pour l’instant pas connue.

Nous constatons l’explosion de la la ligne de la direction :

  • L’union de la gauche mode alliance PC/PS est rejetée par la très grande majorité des militants, la politique gouvernementale a fini d’achever ce modèle issu du programme commun. Les militants ont très largement repoussé toute tentative de liste avec le pS aux régionales et les désistemetns de second tour, les participations à l’exécutif ne font pas consensus.
  • Le front de gauche n’est plus qu’une étiquette, là PG et vert sans le PC, ailleurs tous ensemble malgré des divergences profondes, ici avec le MRC qui n’est pas vraiment "eurocompatible"..
  • . Y a t-il une ligne pour les régionales au-delà d’avoir des élus , la question mérite d’être posée.

Quant à l’espoir autour de Syriza et Tsipras, il s’est heurté à la réalité de l’UE et de l’affrontement de classe. le soutien jusqu’au-boutiste de la direction cache mal l’échec de Syriza.

La direction s’obstine dans une ligne de survie, incapable de penser l’existence du PCF au-delà des institutions.

Elle continue de chercher une réponse dans une nouvelle dilution sur le modèle Syriza ; tout cela fait penser à la chanson de Renaud c’est quand qu’on va où...

Dans ces conditions, le congres devrait être un moment d’ouverture du débat stratégique sans tabou mais nous savons que les tentatives de verrouillage pour ne pas remettre en cause la ligne de Martigues seront dominantes, y compris la volonté de nous affaiblir, voire nous éliminer.

Nous devons cependant être confiants. Malgré les tentatives multiples de nous sortir du PCF ces dernières années, non seulement nous sommes toujours là mais c’est la ligne d’effacement de la direction qui s’écroule tandis que nos propositions stratégiques se vérifient dans la réalité.

Examinons ensemble comment permettre un vrai débat dans ce congrès et pour cela commençons dès maintenant à la fois à faire connaître nos propositions et à rassembler tous ceux qui se sont retrouvés sur nos textes, nos positions ces dernières années, tous ceux aussi que la situation présente fait réfléchir et chercher des solutions hors des sentiers tracés par avance.

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    Le 21 mars 2009, 155 militants, de 29 départements réunis à Malakoff signataires du texte alternatif du 34ème congrès « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps ». lire la déclaration complète et les signataires

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    Texte nr 3, Unir les communistes, le défi renouvelé du PCF et son résumé.

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