6,7,8 Juillet : 3ème rencontres communistes de Marseille

Fortifier l’intelligence collective révolutionnaire

, par  Alain Chancogne , popularité : 1%

Intervention d’Alain Chancogne à la tribune de discussion des rencontres 2012 de Marseille.

Je ne peux pas être aux RENCONTRES, pour des raisons personnelles et familiales.

Je le regrette d’autant plus que c’eut été, pour moi, une « première » Certainement comme beaucoup de Camarades, j’ai besoin d’échanger, tant je pense que si le temps des certitudes n’a jamais été d’un marxisme bien compris…, aujourd’hui plus que jamais tout ce qui aide à fortifier l’intelligence collective révolutionnaire est d’un besoin vital.

Pourquoi ?

Parce que des années de destruction organisée des repères de classes, l’apparence parfois trompeuse des rapports de force, en profondeur dans la Société, l’accélération meurtrière des attaques violentes du Capitalisme dans sa CRISE systémique contre tout ce qui est « humain », les conséquences des replis individualistes, la disqualification de « la politique » dans la jeunesse et les couches populaires, tout cela impose , selon moi, que tout communiste accepte de confronter son expérience à d’autres, son vécu militant à celui de copains pas forcément « engagés » comme lui.

Pas simplement pour se réjouir que la diversité s’exprime, comme à Marseille depuis trois ans, ou dans d’autres rencontres (à Vénissieux ou ailleurs), avec respect de l’« autre », mais surtout pour aider individuellement et collectivement à ce qui nous rassemble, bien loin de nos divergences puisse participer modestement à ce que « le monde change », que nos enfants ne soient pas les otages du malheur.

Je me dois de faire un aveu : Je comptais venir avec à la fois ce désir d’échanges et... la crainte que nos RENCONTRES ne butent sur une réalité qu’il faut prendre en compte :

Nous avons, ces dernières années, et cela amplifié par la période récente électorale, investi le terrain de la Lutte et celui de l’engagement politique, de façons tellement différentes, souvent « jugées », avec le rapport de la réflexion personnelle de chacun sur l’état du PCF, ses orientations, ses choix stratégiques, qu’il n’est pas anormal que cela crée des incompréhensions.

Parfois quelques humeurs –c’est mon cas, je l’avoue-…, que cela puisse donner le sentiment que la force communiste est plus divisée que jamais, voire que toute approche collective commune semble « plombée » par le passé récent et le résultat des « batailles » électorales…

Le contraire serait étonnant, tant il signifierait que les communistes ne se complaisent que dans des unanimismes dont l’Histoire nous enseigne qu’ils ne furent que de façade ;

Mais, d’un autre côté, ériger en préalable à toute avancée de réflexion et d’action COMMUNISTES, la nécessité (IMPOSSIBLE au demeurant) de s’« entendre » sur un socle d’accord à minima, constituerait, selon moi, une erreur de fond et de forme.

Je m’explique :

Il est impératif que nous frottions nos crânes pour que chaque situation concrète de la Lutte des classes soit replacée dans une cohérence nationale des rapports de force.

Soyons directs : n’y a-t-il pas ici ou là, des interrogations sérieuses sur le fait qu’on RESISTE à Gémenos et qu’ailleurs « on » soit passé à la moulinette de compromis boiteux (genre mobilisation…portant sur les primes au départ.)

Sommes-nous bien « au point » en terme de ce que le capitalisme aujourd’hui – baptisé ici ou là "mondialisation" - implique comme analyse d’appropriation sociale des moyens de production, d’outils financiers… alors que nous avons tous du mal à repérer la forme tentaculaire de la « pieuvre ».

Qui n’est plus celle de 1917 !

Quand nous analysons les causes et conséquences des politiques de brutale régression sociale en Europe, ne sommes-nous pas parfois un peu « légers » en nous figeant sur des concepts tels que « sortir de l’Europe et de l’Euro » pour les uns, ou de « démocratisation des instances supranationales » pour les autres ?

En un mot, pour pouvoir envisager d’agir sur le REALITE pour la transformer…le moment n’est-il pas venu, quel que soit le « dossard » que chacun porte sur son torse de LUTTEUR ( fût-ce trois lettres comme FDG parfois accolées à une faucille et un marteau ), de (re) mettre en chantier, en priorité, une initiative d’Etats généraux, d’ASSISES , peu importe l’appellation du COMMUNISME de ce millénaire ?

N’est-ce pas la seule façon que chacun puisse alors mettre sur la table, son approche en ce qui concerne les contours de la Société à bâtir, la stratégie pour y parvenir ?

N’est-ce pas en partant de ces questions fondamentales que nous pourrons vérifier l’étendue des divergences, voir quelles « contradictions » peuvent être dépassées.

Dès lors que nous serons plus « au clair » sur les formes de la Société – du moins dans ses grands traits car ce sont, bien entendu les masses en Lutte qui construiront le futur, pas un laboratoire d’ « initiés » !-, lorsque nous acterons que l’union populaire en Lutte, la démarche révolutionnaire, le COMMUNISME supposent le respect du pluralisme, la question du BESOIN ou pas d’une Organisation REVOLUTIONNAIRE ne se posera –t-elle pas avec plus de visibilité,

Dès lors, celles et ceux qui sont aujourd’hui engagés ici, « encartés » ou EX, mais surtout FUTURS combattants ayant besoin d’être organisés , ne seront-ils pas obligés, de réfléchir en terme de modernité, d’efficacité, à ce que veut dire, en 2012, un Parti du COMMUNISME ?

Et alors, dans ce processus mêlant permanence de l’échange, refus d’ostracismes, mais alors seulement, le moment ne sera-t-il pas venu de vérifier si oui ou non, l’EXISTANT, en terme d’ORGA de classe, peut « suffire ».et si la seule façon de reconquérir les masses , de les arracher au risque de résignation, voire à la peste lepéniste de la colère dévoyée, n’est pas d’envisager à la construction d’autre « chose ». Sans jamais oublier que la racine de COMMUNISME c’est « En COMMUN »

Sans perdre de vue que la force du « Parti » n’est pas un but en soi, mais un moyen d’AIDER à construire des mouvements populaires majoritaires et déterminés, pour tout simplement mettre le BONHEUR à l’ordre du jour.

Voilà mes préoccupations étalées : on peut ne pas les partager, mais si on est d’accord, alors je pense que les RENCONTRES doivent être prolongées avec un plan de travail collectif.

Par exemple, la création d’un site internet, qui pourrait s’appeler « Vers des Assises du Communisme », qui serait un lieu permanent de libre expression, en lien bien sûr avec les échanges concernant l’engagement communiste de chacun….

Chacun aura compris que ce point de vue n’a nullement la prétention d’être une proposition de « recettes » !

Ce n’est qu’un moyen d’être présent, parmi vous, du 6 au 8 Juillet

Malgré mon absence.

Sentiments fraternels et communistes

Alain Chancogne

Lundi 25 juin 2012

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