Comment mener une campagne communiste aux présidentielles ?

Débat à la Fête de l’Humanité
samedi 24 septembre 2011
par  Marie-Christine Burricand
popularité : 2%

Plus de 80 personnes ont participé au débat organisé à la Fête de l’Humanité au stand du Pas de calais par le réseau "Faire vivre et renforcer le PCF"

Des communistes du dedans et du dehors étaient présents, venus du Rhône, des Bouches du Rhône, du Nord, de Seine Saint Denis, du Val de Marne, de Paris, de l’Essonne, du Cher, de Meurthe et Moselle, de Moselle, des Pyrénées Atlantique, d’Isère, de l’Hérault, de Charentes Maritimes...

L’introduction d’Hervé Poly lançait le débat autour de deux questions : Faut-il se battre pour la sortie de l’euro et comment porter cette bataille ? Quelle campagne communiste pour l’élection présidentielle ?

Certains camarades ont avancé l’idée qu’il fallait mieux parler de sortie de la monnaie unique, d’autres craignent que cette idée de sortie de l’euro soit réductrice par rapport à la bataille contre le capitalisme... Mais le plus grand nombre considérait que la bataille pour la sortie de l’Euro était essentielle aujourd’hui, rappelant que l’Euro comme la construction européenne étaient des outils de domination du capital et que le cadre national restait essentiel pour la lutte des classes.

Comment mener une campagne communiste aux présidentielles ? Là aussi, des opinions diverses s’expriment, de ceux qui pensent s’inscrire dans la bataille officielle du Parti à ceux qui mèneront campagne autour d’idées communistes sans évoquer le nom de Mélenchon. Mais tout le monde est d’accord sur une priorité : Faire monter le niveau de conscience autour de propositions de rupture et travailler à l’élargissement et à la permanence des luttes, sans cela, aucun changement n’est possible.

Au final, l’assemblée actait une bataille commune sur le thème "nous ne paierons pas leur dette" et la rencontre nationale des militants des quartiers populaires en janvier 2012.

Rendez-vous était donné à tous aux rencontres internationalistes de Vénissieux le 12 novembre.


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Commentaires

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vendredi 30 septembre 2011 à 09h26, par  Ericseka

Merci du compte-rendu.
Deux choses me parraissent confuses.

1) La sortie de l’euro.
Je ne suis pas d’accord avec cette option, même si je reconnais qu’elle sujette à débat. On remarquera que le F.N., ennemi du Front de Gauche et du Parti Communiste depuis toujours prône la même chose. On remarquera que le M’pep, ami du Front de Gauche et du Parti communiste est également pour la sortie de l’Euro (j’ai débattu avec eux). Des orientations politiques complètement différentes défendent la même idée, mais pas pour les mêmes raisons, cela va sans dire. J’y vois cependant un indice frappant de la confusion dans laquelle nous a mis la crise.
En ce qui me concerne, je ne suis pas pour la sortie de l’euro, car les outils de domination du capital peuvent se retourner contre ce même capital, si on place la gestion de l’euro dans une dynamique politique, menée par les états. La sortie du Traité de Lisbonnes est donc le préalable. Nul doute que des pays qui ont été bien plantés par la banque centrale européenne suivront cette démarche. A partir de ce moment là, un groupe d’état pourra contester l’indépendance de la banque centrale, et la mettre sous la coupe des états européens. J’y vois plusieurs avantages : cela transformera la physionomie politique de l’Europe, avec un pouvoir accru du Parlement sur la banque. D’autre part, il sera possible à la BCE de prêter aux états à un taux 0.
Enfin, sortir de l’euro risquerait de disloquer la construction européenne (but du F.N.), et d’empêcher d’agir en faveur des salaires au niveau européen. Car la tâche de la France n’est pas d’être dans le repli national (le communisme, c’est l’International), mais d’être la locomotive de sa zone économique en terme de décision et de politique étrangère, y compris au niveau de la monnaie.

2) Censurer le nom de Melenchon
Comment mener campagne autour d’idées communistes sans évoquer le nom de Mélenchon ? Voir que certains en sont encore là est ahurissant. Proposer des idée autour de thèses communistes dans la campagne, sans dire le nom de celui qui porte nos couleurs ? Cela revient à faire du débat sans résultat concret au niveau électoral. Nous sommes en Vème République hélas, et la personnalisation du politique y est un fait incontournable. Je note l’effort remarquable de Melenchon qui a déclaré que cette campagne ne serait pas celle d’un homme mais celle de tous, et le programme partagé propose une VIème République destituant la monarchie présidentielle. Melenchon serait donc le dernier président de la Vème et le premier d’une VIème où ses pouvoirs seraient amenuisés au profit du Parlement. Si la victoire aux legislatives est tout aussi brillante qu’aux sénatoriales, nous pouvons imaginer un Parlement plus rouge que bleu et rose (je pense toujours dans le cadre de la victoire car je ne milite pas pour perdre).
Taire le nom de Melenchon par principe relève non pas d’une liberté de pensée, mais d’un narcissisme qui frise le ridicule et surtout insulte la majorité des militants qui ont approuvé le fait qu’il nous représente. Il y a là aussi une sorte de trahison du Parti.
Ce débat est arrière-gardiste. Il constitue surtout une machine à perdre, et ça, ce n’est pas excusable.
Encore une fois, je veux que le Parti gagne, avec ses partenaires du FDG. La situation est trop grave dans le monde pour jouer les midinettes nombrilistes, ce qui est contraire à toute éthique communiste.

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