Revue Unir les communistes nr 11 spécial 38ème congrès

Avec un 38ème congrès extraordinaire, construire le parti communiste du XXIème siècle

, par  Paul Barbazange , popularité : 4%

Le mouvement est au moins décennal, depuis qu’en 2007 nous avons empêché l’abandon du nom de "communiste" alors proposé par la secrétaire générale. Il s’est radicalement accéléré depuis la parution de la base dite "commune" en mai 2018 suivi des 800 signatures attestées en un peu plus d’une semaine pour le dépôt d’une autre base possible : "Pour un manifeste du Parti communiste du XXIème siècle".

De nombreuses personnalités du parti dont André Chassaigne et Fabien Roussel, député, secrétaire départemental du Nord y ont contribué pour une grande part. Le rassemblement des communistes est en cours et une étape est franchie, une autre direction envisageable.

Le 38ème congrès marquera une rupture quel que soit le vote des militants les 4/5 et 6 octobre 2018. Rupture avec les orientations prises au cours de la dernière décennie du XXème siècle et la première de ce siècle. Accélération de l’évolution dont nous avons porté les prémices ces dernières années. Le capitalisme mondialisé nous y contraint et le timide renouveau communiste mondial nous le permet.

Quel parti communiste français ?

Quelle construction pour le parti communiste du XXIème siècle ?

La lecture des quatre textes soumis au vote, leur comparaison sur cette question, montre l’arrivée à maturité de ces questions.

Peut-on continuer comme ces dernières années ? Doit-on accélérer la disparition de la forme parti ? ou essayer sous couvert d’un vernis moderniste à perpétuer ce qui échoue depuis 25 ans et plus ? Doit on reconstruire un parti communiste ?

Ou "simplement" construire le parti communiste de demain.

En y mettant l’énergie et la ténacité, les connaissances et le courage quotidien qu’impose la violence du capitalisme. En n’oubliant rien de l’histoire de notre parti, de son évolution, de ses conquêtes historiques, de ses faiblesses reconnues, des connaissances accumulées par le mouvement ouvrier et l’ensemble des démocrates, avec en premier lieu pour la France la dimension démocratique électorale d’ailleurs en permanence remise en cause par nos adversaires de classe.

En n’oubliant rien de l’actualité, ni des guerres néo-coloniales, ni des morts en Méditerranée, ni du monde qui brûle, ni des vies brisées par la violence capitaliste, ni des coups infligés ici à tous ceux qui font mine de relever la tête, ni des colères et des quartiers qui flambent, ni des reculs imposés depuis des décennies à nos conquis sociaux...

Ni des moyens techniques nouveaux dont nous pouvons disputer l’emploi à la classe dominante dans la construction du parti de demain.

Au fil des années et de situations radicalement différentes nos anciens et nous même avons construit un parti de classe, un parti soucieux du rassemblement.

Parti, car il faut dans la continuité et au delà des bouleversements de l’histoire et des diversités locales, affirmer la dimension nationale (et internationale) de notre combat. L’incapacité grandissante à y parvenir ces dernières années est un signe fort du caractère impératif de la rupture à mettre en œuvre aujourd’hui dans notre politique.

Parti démocratique tourné vers l’action, car si les exploités sont infiniment plus nombreux que les exploiteurs leur mise en mouvement nécessite débats, confrontation et accords pour et dans l’action. Parce que le suivisme d’un quelconque chef, fut-il charismatique, n’a conduit dans l’histoire qu’à des impasses. Parce qu’il nous faut retenir de l’histoire que la démocratie dans la société comme dans le parti est conquête de classe permanente, ses formes électorales bourgeoises n’étant qu’un aspect, sa "modernité" clamée comme un mantra, qu’un leurre.

Parti démocratique de classe, car la classe ouvrière, les plus exploités, tous les exploités ont besoin d’une organisation défendant leurs intérêts dans la gestion politique de la cité. Au delà de la classe ouvrière au sens strict, c’est le salariat et de façon plus juste sans doute, toutes les victimes de l’exploitation capitaliste dont on peut ambitionner de porter les intérêts convergents.

Parti de la formation de tous ses militants, car le savoir théorique ne vient jamais spontanément à la classe exploitée et que le transmettre aux jeunes générations est une tâche historique.

Parti des solidarités immédiates et des luttes, car rendre la vie de tous et d’abord des plus exploités vivable, plus humaine, au travers d’initiatives de luttes et de coopération est un passage incontournable pour redonner de l’espoir.

Je récuse le terme de reconstruction capté il y a quelques années par les liquidateurs, aujourd’hui utilisé par une frange gauchiste. Nous pouvons construire le parti communiste du XXIème siècle car en France, il nous reste bien des conquis qu’il s’agisse du caractère de classe, de capacités d’organisation, d’expériences de larges rassemblements (dans les luttes ou dans des moments électoraux et de gestion) ou de connaissances théoriques accumulées dans l’activité pluri-séculaires des communistes et du PCF depuis un siècle.

Au moment où se pose la question d’une rupture franche avec les orientations prises avant et après le congrès de Martigues (en 2002), gardons nous tout autant du "mythe de la table rase" que de la poursuite de la "fuite en avant". Cherchons un nouvel équilibre donc, avec les risques inhérents à la nouveauté, mais avec les points d’appui que fournit le parti communiste qui a pour le moment le mieux résisté à la victoire politique et idéologique transitoire des tenants du capital en fin du XXème siècle.

Alors oui, un parti qui s’organise tout autant dans l’entreprise capitaliste qu’au sein des services publics. En mesurant ce que cela voudra dire de travail, de dévouement, d’esprit de classe et de continuité face aux violences des patrons, de la police et l’actualité me conduit à l’écrire : de l’Elysée... Face à l’illisibilité du monde organisée par la classe dominante, à l’absence de futur, face au chômage, aux précarités, à l’instabilité...

Tout cela s’organise : de la cellule jusqu’au CN, nécessitant à la fois connaissance exacte aussi bien de l’état du pays, du monde que de notre organisation. Pratiques auxquelles nous avons renoncé depuis le milieu des années 80 au profit d’une gestion administrative tâtonnante des moments électoraux. Les congrès n’analysant même plus leur propre composition...

De nombreux communistes ne pouvant s’organiser que localement, un soin attentif doit être consacré aux cellules locales, à leur vie, à leur rapport à la population, aux associations, aux élus.

C’est donc par une connaissance minutieuse des réalités, par des perspectives audacieuses portées par un parti à vocation de masse, en récusant fermement toutes les tentatives de substitution de "solutions" techniques aux nécessaires choix politiques, que nous poursuivrons l’œuvre historique de rupture avec le capitalisme : notre raison d’être.

Nous pouvons contribuer à faire émerger à nouveau dans le monde une espérance solidaire et communiste. Sachons rassembler avec fermeté sur cet objectif, prendre maintenant les risques inhérents aux modifications d’organisation nécessaires.

Le texte : "Pour un manifeste du parti communiste du XXIème siècle", nous y aidera en particulier dans ses pages (portant sur le parti) 79 à 83, dans la présentation destinée à parvenir à tous les communistes.

Faisons en sorte qu’il devienne la base commune sur laquelle porteront les réflexions et les amendements de tous.

C’est l’enjeu de l’heure et du vote du 4, 5 et 6 octobre.

Paul Barbazange
Septembre 2018

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