Organisation de combat et protocole d’hybridation

Lu sur le site du congrès, une contribution d’une nouvelle adhérente du Blanc-Mesnil sur les relations entre les "anciens" adhérents et les "nouveaux". Sujet passionnant, d’autant qu’elle part d’un constat, que les "nouveaux" ne pensent pas du tout comme les "anciens". La lecture de cette contribution est renversante et même consternante, à la limite du mépris pour ces anciens "dépassés" et pour ces nouveaux qui ne verraient la révolution que pour leur petit ego personnel à court terme...

De plus, l’ancien adhérent garde en tête qu’il n’est qu’un maillon de la chaine de la réalisation du projet. Le projet le dépasse, il lui survivra dans le développement de l’histoire en marche. Si l’ancien adhérent a encore la culture d’une histoire collective, le nouveau quant à lui, se concentrera dans l’appréciation des réalisations concrètes qui amélioreront dans l’ici et le maintenant son hyper quotidien le temps de sa propre vie de son histoire personnelle

Mais sur le fond, toute cette longue intervention presque impossible à lire, emplie de néologisme, révèle à quel point son auteur se contrefout totalement de savoir si quelqu’un peut la lire, enfermée dans un petit monde technophile loin du travail, des luttes, des quartiers populaires...

Difficile d’imaginer plus idéaliste. Cette nouvelle militante est la bienvenue, les chemins de l’engagement communiste sont divers et tortueux, mais à l’évidence, il lui faudrait une école élémentaire du marxisme, comme le faisaient les anciens, pour commencer à parler de la technique non comme une chose en soi, mais dans le rapport entre Capital et Travail.

C’est ce type de contribution idéaliste qui a marqué le texte des "étoiles", parlant des techniques numériques comme si elles portaient une révolution par elles-mêmes ! Le discours de la révolution informationnelle aboutit à ces délires verbeux.

Un extrait de cette contribution pour donner une idée de ce "nouveau communisme" dont Pierre Laurent espère qu’il l’aidera à éliminer les "anciens"...

J’en finis là, Camarade, tu vois, il n’y a que des avantages pratiques. Laisse-moi te faire l’article, il s’agit d’un bon produit fiable et pas cher du tout. Il fonctionne à l’huile de coude et au neurotransmetteur. Tiens, Camarade, et si on l’essayait le programme afin de vérifier s’il fonctionne ? Oui, là tout de suite, soyons fous... en tant que nouvelle adhérente, voici comme j’utiliserai [protocole d’hybridation]...
En tant que nouvelle adhérente voici les sujets qui me passionnent, fondent ma vie professionnelle et personnelle.

En vrac : les techno-sciences, la neuro-esthétique, les nanotechnologies, l’ethnomusicologie appliquée... Les FAB LAB, l’augmentation des corps, la réinvention de l’espace entre vies publiques et vie privée, la ville ouverte 24h sur 24h, l’hyper travail (via internet) faisant exploser les notions traditionnelles du travail en boite... Le temps vécu, le temps subit, le temps condensé, les temps superposés... La famille réinventée, les concepts de territoire et de Patrie à l’heure du virtuel, ont-il encore la même signification... Le monde qui se fait sensoriel, ubiquitaire, l’on vit plusieurs vies dans une vie...

Moi ce qui m’intéresse ce n’est pas qu’on se pose en extase tremblante d’un recueillement quasi religieux devant les techno-sciences ou le numérique. Au fond, je me fous des techno-sciences et du numérique, ils ne sont que de vulgaires outils. J’attends qu’on interroge les raisons du comment et du pourquoi ces vulgaires outils ont produit une révolution qui a bouleversé en profondeur le monde et les rapports humains et en quoi un parti politique peut y apporter une vision large.

Ce n’est pas en soi les FAB LAB qui sont intéressants, mais les bouleversements qu’entraine l’exercice de style des FAB LAB et en quoi ce sujet challenge la capacité d’un parti politique à anticiper les changements sociétaux.

Voir en ligne : Contribution complète sur le site du congrès

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  • (2002) Lenin (requiem), texte de B. Brecht, musique de H. Eisler

    Un film
    Sur une musique de Hans Eisler, le requiem Lenin, écrit sur commande du PCUS pour le 20ème anniversaire de la mort de Illytch, mais jamais joué en URSS... avec un texte de Bertold Brecht, et des images d’hier et aujourd’hui de ces luttes de classes qui font l’histoire encore et toujours...

  • (2009) Déclaration de Malakoff

    Le 21 mars 2009, 155 militants, de 29 départements réunis à Malakoff signataires du texte alternatif du 34ème congrès « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps ». lire la déclaration complète et les signataires

  • (2011) Communistes de cœur, de raison et de combat !

    La déclaration complète

    Les résultats de la consultation des 16, 17 et 18 juin sont maintenant connus. Les enjeux sont importants et il nous faut donc les examiner pour en tirer les enseignements qui nous seront utiles pour l’avenir.

    Un peu plus d’un tiers des adhérents a participé à cette consultation, soit une participation en hausse par rapport aux précédents votes, dans un contexte de baisse des cotisants.
    ... lire la suite

  • (2016) 37eme congrès du PCF

    Texte nr 3, Unir les communistes, le défi renouvelé du PCF et son résumé.

    Signé par 626 communistes de 66 départements, dont 15 départements avec plus de 10 signataires, présenté au 37eme congrès du PCF comme base de discussion. Il a obtenu 3.755 voix à la consultation interne pour le choix de la base commune (sur 24.376 exprimés).