Nous devons nous méfier des faux monnayeurs

, par  Gilbert Remond , popularité : 1%

Le monde du travail à manifesté hier sur le fond d’un décors tendu par la parodie électorale du deuxième tour. Les deux finalistes, qu’il lui faut choisir impérativement, nous le savons tous plus où moins consciemment, représentent les deux faces d’un même pouvoir. C’est qu’à force de ne plus désigner les choses par leurs noms pour payer notre ticket d’entré chez les modernes et les biens pensants et devenir un "parti comme les autres" nous avons fini par perdre de vu leurs réalités concrètes et pragmatiques. Je veux parler, de la ligne de crête ou se joue l’âpreté des combats de classe et celle de notre horizon où s’esquisse l’avenir qui l’en libérera. Bref de ligne nous n’en avons plus, sinon celle d’un code de conduite imposé par un collège de sage avec ses lignes blanches à ne pas dépasser, ses consignes de votes utiles, tracées par la doxa médiatique nouée dans les temple des marchands. La politique est alors devenue une marchandise prise dans le prisme des communicants . Le capital la dresse et la redresse a envie. Nous en perdons à chaque fois un peu plus la maitrise qui fille au fil de la dématérialisation de nos organisations.

Est-ce pour dire que la situation n’est pas préoccupante ? Non bien évidement, elle l’est, et disons le avec fermeté, quelque soit le scénario final adopté. La farce a plus d’une raisonnance tragique ! Il ne s’agit pas de la minorer. Pour autant le climat de quasi hystérie médiatique qui entoure cette situation devrait nous alerter . Il n’est pas question de stigmatiser ceux qui veulent empêcher l’arriver du FN en mettant dans l’urne un bulletin Macron mais de relativiser les risques et l’urgence qui motive cette résolution pour garder la conscience claire des enjeux qui nous entourent, c’est a dire du terrain sur lequel on veut nous faire livrer bataille.

Sur quel terrain nous a-t-on placé ? Car c’est bien de cette manière qu’il faut envisager la guerre de mouvement où s’impose la lutte des classes. A ceux qui aurait encore des illusions , aux petits stratèges qui soufflent sur les braises en prétendant dresser un barrage contre la bête immonde sans craindre les comparaisons faciles, pratiquent l’amalgame et nous culpabilisent, je répondrai qu’ il faut écouter Macron lui même pour savoir et comprendre quel est son fond de commerce quels sont ses résolutions et le contenu de sa feuille de route. L’ancien ministre de l’économie et des finances n’a nullement envie de reconsidérer ses projets de casse sociale. Il l’a réaffirmé hier avec détermination malgré tout le décor et l’ambiance anti-fasciste dans lequel il veut inscrire sa campagne de pacification des esprits et d’enrôlement pour ses projets funestes . Il appelle a voter pour lui mais ne fera nulles concessions et surtout pas sur la loi travail, comme le lui demandait Mélenchon .

La comédie qui nous est donné est bien celle du choix entre la peste et le choléra n’en déplaises aux éditorialistes patenté par le "système". Si l’une des pandémies est aura des effet immédiat, l’autre nous sautera au visage avec des effets tout aussi ravageurs quelques années plus tard. L’urgence de l’immédiat, le seul combat efficace c’est de convaincre les classes populaires de ne pas aller chercher refuge dans le vote FN . Les raisons que donnent ses représentants sont souvent puisées dans nos revendications et nos luttes : abrogation de la loi travail, défense des retraites avec age de départ a 60 ans, réévaluation du SMIG refus des traité internationaux de libre échanges, sortie de l’union européenne et de l’euro, refus du dictat étasunien etc mais il ne s’agit que de démagogie. Nous devons convaincre ceux qui s’apprêtent " a renverser la table" ou qui depuis plusieurs élection déjà s’imagine "voter révolutionnaire" en mettant dans l’urne un bulletin FN, que la classe ouvrière n’a pas pire ennemie que le fascisme. S’en tenir a cette tache et convaincre serait déjà suffisant et bloquerait significativement la progression du danger. POur autant nous ne l’écarterons en nous plébiscitant le principale responsable de la politique qui fait son lit, sans compter que rien ne nous permet de penser qu’avec Macron nos liberté démocratiques seront garanties.

La manifestation qui à eut lieu hier à Lyon était d’importance. Contrairement à ce que nous redoutions, elle fut massive et vigoureuse, jeune et combative. La France insoumise avait un cortège qui m’a impressionné par le nombre, mais aussi par le vide de ses slogans et par l’absence de pancartes combatives reflétant les luttes. Seuls quelques drapeaux tricolores émergeaient d’un flot de "gens" très jeunes et plutôt classe moyenne. Mais, toujours est-il qu’ils étaient là, mobilisés en nombre et qu’il ne faut pas les sous estimer ni les ignorer. Les cortèges des anars eux aussi étaient impressionnants. Ils étaient plus compactes et plus combatifs que celui des insoumis, plus illustrés aussi malgré le noir dominant, plus animés. Enfin les JC et les Kurdes, apportaient une note internationaliste et révolutionnaire qui manquaient aux autres, tout en rehaussant de rouge et de chants combatifs la manif globale . Bien sur la présence de la CGT était conséquente . Nous étions aussi nombreux que les dernières manifs contre la loi travail ,ce qui donne une indication de la détermination et des potentialités a venir.

je vous donne lecture du tract que le réseau a distribué et qui comme toujours a été bien accueilli . Il est suivi d’un article qui analyse la situation du deuxième touret qui juge contre productive l’obsession culpabilisante anti fasciste de la France d’en haut, car c’est bien cela qui travaille insidieusement les catégories populaires, un mépris de classe qui se veut moralisateur et fait interminablement la leçon a ceux d’en bas qui ne comprennent rien au grandes affaires de l’histoire, de la sociologie et de l’économie en un mot au politique. Le pouvoir et la classe dominante a su récupérer certaines valeurs qui faisaient le fond des luttes d’hier, comme anti racismes, l’anti fascisme ou celle de l’idéal républicain pour les retourner contre le peuple. Plus que jamais nous devons nous méfier ainsi que nous l’enseignait Gide des faux monnayeurs.

Amicalement

Gilbert

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