Un appel pour Chassaigne

La candidature qui peut faire bouger la gauche

, par  communistes , popularité : 2%

Les 16, 17, 18 juin : Lors de la conférence nationale, pliant devant l’exigence démocratique, la direction a accepté un bulletin comportant toutes les candidatures.

Les pressions ne vont pas manquer sur les communistes d’ici le vote. Ainsi soyons sûrs que nous allons entendre en long et en travers l’argument suivant :
"Si les communistes choisissaient André Chassaigne, l’accord actuel du Front de Gauche serait remis en cause et notre entrée en campagne serait retardée. Par ailleurs pour parvenir à un nouvel accord que faudrait-il faire ? Laisser le double ou le triple des circonscriptions à nos partenaires ?" Ceux qui ne cèdent pas à ce qu’il faut bien appeler un chantage seront accusés d’occulter cet aspect.

Mais qui a occulté dans le parti la candidature d’André Chassaigne ?

Qui n’a jamais posé publiquement la question au Parti de gauche : “que faite vous si Mélenchon n’est pas choisi ?”

Avant le Conseil national d’avril, Pierre Laurent dans le Rhône disait « si Jean-Luc Mélenchon n’est pas élu à la conférence nationale, ce n’est pas possible vis-à-vis de nos partenaires, ils n’accepteront pas ».

MAIS SI CHOISIR ANDRE CHASSAIGNE, C’ÉTAIT PRÉCISEMENT MIEUX SERVIR LE FRONT DE GAUCHE ? VOYONS POURQUOI ?

Quelle ambition et quels contenus d’une campagne des communistes et du Front de gauche ?

Les luttes et les élections présidentielles et législatives s’inscrivent dans un contexte inédit. Celui d’une formidable crise économique, sociale, politique, culturelle, de société et de civilisation. Mais toutes les politiques menées depuis 30 ans visant à « sauver le système », au lieu de chercher à le dépasser, ont conduit à l’aggravation formidable de cette crise systémique avec le tournant de 2008-2011. Pourtant, de cette réalité, du neuf peut sortir pour les peuples. Le Parti communiste a, avec d’autres, une responsabilité déterminante par son analyse, son projet original, son action et sa démarche de rassemblement pour contribuer à sortir de la crise, à maîtriser les marchés, à dépasser le capitalisme.

Des atouts existent. Les révolutions conservatrices menées par les droites et l’extrême droite dans le monde prévalent mais on assiste aussi à des résistances et des expériences voient le jour (retraite, référendum sur le TCE, marche des précaires à Lisbonne, mobilisations de type nouveau en Espagne, révolutions dans le monde arabe et latino-américain…). Elles réactualisent les questions d’une transformation radicale et du rôle des forces qui y contribuent.

Dans cette période, que voulons-nous pour notre peuple, notre pays, l’Europe et le monde ?

La lancinante question des moyens pour répondre aux urgences sociales, nous l’avons affrontée durant la campagne des cantonales. Elle se pose encore plus fortement pour les élections nationales de 2012. La contestation est plus indispensable que jamais. Mais plus encore qu’hier n’avons-nous pas à développer, de façon originale à gauche, un débat sur le choix de société ?

Une société où économie, social, culture, écologie, santé, éducation… sont tournés vers l’émancipation de chacun et maîtrisés par tous. Le champ du rassemblement est considérable : l’ensemble du salariat, des plus précaires aux plus qualifiés exploités, toutes générations confondues, et tous les autres dominés, femmes, jeunes, personnes âgées, populations issues de l’immigration !

Quel type de campagnes et quel but proposons-nous ?

Le but de notre campagne pour la présidentielle, c’est la progression de nos idées alternatives et leur impact sur la gauche, et pour la suite, bien au-delà d’une amélioration limitée du pourcentage électoral. Une répartition des richesses et un étatisme correcteur du marché n’ont pas suffi hier. Ils sont inefficaces aujourd’hui si l’on ne s’attaque pas à la façon de produire les richesses et au crédit. C’est pourtant le cœur du projet de Jean-Luc Mélenchon et de ce qu’il retient du programme partagé, outre l’agitation populiste. C’est une différence majeure entre nous, avec aussi le suivisme de l’OTAN en Libye, le nucléaire, l’Europe, le rôle de la monnaie et des banques…

La confrontation des idées au sein du Front de Gauche fait émerger divergences et convergences. La pratique actuelle de ne vouloir retenir que les convergences affaiblit le programme et le rassemblement en gommant la richesse des avis alternatifs : faisons le pari de l’intelligence de l’intervention populaire pour choisir entre les meilleurs arguments. Les expériences en Allemagne (Die Linke) comme en Espagne (Izquierda Unida) parce qu’elles ont absorbé le courant communiste dans un rassemblement intégrateur, en s’accordant sur un minimum, n’ont-elles pas conduit au final à l’effacement des partis communistes et au renforcement de la droite et des sociaux libéraux ?

Ces contradictions sur le fond comme sur la forme du rassemblement concernent le Front de gauche comme l’ensemble de la gauche. Elles supposent, pour être surmontées, l’intervention des luttes, le refus de toutes formes de ralliement, la main tendue à toute la gauche dans le débat critique. Tout cela doit se traduire dans la campagne sous peine de se couper de l’électorat de gauche dans son ensemble.

Quelles luttes pour parvenir à dépasser ces contradictions et faire vivre notre démarche ?

La campagne « contre la vie chère », à condition d’être impulsée et suivie dans la durée pour ne pas être un leurre, peut contribuer à cela. En la déclinant sur l’exigence d’augmenter les salaires, les retraites et les pensions, d’accéder au logement de qualité pour tous, à un système de protection sociale régénéré, à un bon emploi et une bonne formation pour chacun-e, avec les moyens du crédit (Fonds régionaux, Pôle public, BCE, FMI) et la conquête de pouvoirs nouveaux, cette campagne participera à des avancées immédiates et aux prises de conscience d’autres possibles. Par exemple, une réorientation profonde de la construction européenne avec, notamment, la création monétaire par la BCE pour financer les services publics, via un Fonds de développement social européen.

N’est ce pas, d’ailleurs, l’engagement des communistes lors de leur dernier congrès de mettre en œuvre une démarche de fronts de luttes, d’idées et d’actions et non un cartel de la gauche de la gauche ? Ne sommes nous pas, là, face à une opposition entre deux conceptions du front de gauche ? Et non pas entre deux personnalités.

La candidature d’André Chassaigne est porteuse de cette visée rassembleuse, avec ce contenu et une nouvelle pratique politique. Elle permet ce débat.

Elle peut être librement choisie par les communistes comme le permet le bulletin de vote adopté à 80% par la Conférence nationale.

Tous ces enjeux ne disparaîtront pas en 2012.

Ils devront être évalués lors de notre prochain congrès. Il s’agira de porter une visée et une démarche politique pour un PCF renforcé, démocratique, rassemblé, utile au rassemblement le plus large et aux luttes. Donc enfin transformé !

Jean-Jacques BLANC, Frédéric BOCCARA, Paul BOCCARA, Alain BOLLA, Stéphane BONNERY, Gisèle CAILLOUX, Jean-Louis CAILLOUX, Yves DIMICOLI, Thierry DOULAUD, Denis DURAND, Jean-Marc DURAND, Marie-Thérèse EYCHART, Pierre GARZON, Jean-Louis GIRAUDOU, Anne LAFAURIE, Michèle LEFLON, Jean MAGNIADAS, Nicolas MARCHAND, Catherine MARTIN, Catherine MILLS, Alain MORIN, Marine ROUSSILLON, Marcel ZAIDNER

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