8 journalistes, 2 employés, 2 policiers assassinés

Un acte de guerre qui appelle à la résistance contre la guerre

, par  pamillet , popularité : 2%

Qu’aurait publié Charlie Hebdo ce matin au lendemain du massacre ? Quel pied de nez satirique en direction de ces fous de dieu, ces lâches qui tuent parce qu’ils croient qu’une arme les rend forts ? Quelle insolence envers ces personnalités et leurs déclarations oubliant l’impertinence de ces morts qui dénonçaient l’injustice de cette société technocratique que ces mêmes personnalités défendent ?

Nous n’avons plus Charb, Cabu, ou Wolinski pour une caricature de ce drame, et ce qui nous marque d’abord, c’est la stupeur, l’atterrement même et le silence avant l’émotion que nous avons partagé au milieu de milliers d’autres hier soir, place des Terreaux.

Et nous avons les mots d’un ami et camarade avec qui Wolinski animait l’association "Cuba Si France" et qui rend hommage aux "copains d’abord".

Les copains d’abord

"Cuba Si France", dont Wolinski était un des fondateurs et Président d’honneur, et Stéphane Charbonnier un solide pilier de notre association, c’est vraiment le thème de la chanson de Brassens : une bande de copains animée de bons sentiments, de justice, de solidarité et d’amitié sincère. Avec le gentil Cabu, l’impertinent Tignous et tous les autres qui partageaient notre stand à la Fête de l’Humanité, leur absence à bord désormais, comme dans la chanson de Georges, va constituer un trou énorme qui "jamais ne se refermera" sur notre navire Cuba Si France. Mais, animés du duende cubain que Fidel et les 5 héros nous ont légué, nous allons maintenir le cap n’en déplaise à ces monstres abjects.

Hasta la victoria sempre !

Jacques Milhas

Les milliers de personnes rassemblées en quelques heures sur la place des Terreaux hier soir, (15.000 dit le Progrès ; mais qui a compté tous ceux qui cherchait à rejoindre la place dans tout le centre ville ?), sont la première réponse, entre recueillement, cris pour Charlie et Marseillaise.

Ce rassemblement est nécessaire pour empêcher toute stigmatisation des musulmans qui sont partout dans le monde les premières victimes du terrorisme islamiste, et qui n’ont rien à voir avec les criminels. Ce rassemblement de la nation est une réponse unie à une extrême-droite qui cherche par tous les moyens à en faire les boucs émissaires de la crise.

Mais l’impertinence que portaient ces journalistes ne pourra supporter un consensus national qui se transformerait en célébration des institutions. Il faut dire la vérité. Ce crime est un acte de guerre contre Charlie, contre le rire, contre la liberté d’expression, contre la liberté tout court, c’est un acte de guerre contre la république. Et un acte de guerre qui vise des civils, qui vise des journalistes, des policiers, cela s’appelle un crime de guerre.

Cet acte de guerre n’apparait pas dans un ciel serein. Depuis des années, les pays occidentaux ont choisit la guerre comme moyen de domination, en instrumentalisant les conflits historiques au moyen-orient et en Afrique, en autorisant leurs partenaires du Golfe à financer massivement les divers groupes djihadistes, en travaillant avec des terroristes contre des états indépendants sous prétexte de démocratie, mais en réalité en faveur de nos intérêts économiques, jusqu’à ce soutien aux néo-nazis en Ukraine pour organiser l’affrontement avec la Russie.

Le rassemblement national doit tout mettre sur la table, toutes les politiques militaristes et de guerre économique et politique pour le repartage permanent du monde dans cette concurrence de tous contre tous que nous impose depuis des années la mondialisation capitaliste.

Que les criminels soient des soldats commandés ou des isolés instrumentalisés, personne ne peut croire qu’un tel crime puisse se faire sans entrainement à tuer, personne ne peut croire qu’un tel attentat se fasse sans préparation, sans planification. Il faut cesser de faire l’autruche, Il y a bien une force organisée qui mène une guerre moderne, une guerre parmi les civils comme nous l’avons vu malheureusement dans tant de pays, une guerre qui n’est bien sûr pas une guerre de tranchée, mais une guerre partout, une guerre disséminée, agissant sur les terrains classiques, mais aussi économiques, des réseaux numériques, des réseaux de transport, des infrastructures... de la presse et des médias !

Et il faut comprendre pourquoi tant de jeunes éduqués dans ce beau système éducatif public et laïque français ne trouvent d’autre accomplissement que dans l’aventure djihadiste, fournissant ainsi la chair à explosifs dont ont besoin ceux qui organisent, planifient, alimentent cette guerre.

Le choc de ces crimes peut provoquer un changement d’attitude partout et à tous les niveaux, des citoyens dans le refus de la soumission à cette mondialisation violente et inégale, des forces politiques dans le refus de tout compromis avec les intégristes quelle que soit leur religion, des dirigeants dans le refus de la guerre comme "continuation de la politique par d’autres moyens". L’angélisme doit cesser sur les réseaux qui manipulent les souffrances sociales dans les banlieues et que dénonçait il y a 10 ans déjà André Gerin.

Il faut bien sûr une réponse policière, militaire aux criminels. Elle existe, elle doit être défendue, mais l’exemple des USA après le 11 septembre 2001 montre l’impasse à laquelle mène une réponse généralisant la surveillance de tous, en faisant fi des droits, amplifiant la militarisation du monde, instrumentalisant les conflits au service de la domination impérialiste.

Il faut aussi et d’urgence une réponse politique qui inscrive la nécessaire résistance policière et militaire au terrorisme dans le choix de la paix et de la coopération entre les peuples, dans le refus de toute domination contre la souveraineté de chaque peuple, et donc dans le refus de la domination du libre-échange sur les relations internationales.

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