Sauver la gauche ? ou réouvrir un nouveau Front Populaire ? Oui, la France et le monde ont besoin des communistes !

, par  pam , popularité : 7%

On ne compte plus les déclarations de dirigeants du PCF et d’articles de l’Humanité sur ce thème central de leur réponse politique aux crimes de masse, aux échecs électoraux et à la dérive droitière du PS : "il faut sauver la gauche".
C’est une question sérieuse. On sait que la dérive du parti communiste italien devenu parti démocrate ayant absorbé l’ancien parti socialiste, a conduit à des élections législatives où les forces "de gauche" ont été totalement exclues du parlement ! En France, dans deux régions, le PS a imposé la disparition de tout élu de gauche. La menace FN interpelle donc bien "la gauche" sur le risque de reproduire 2002 en pire, un FN au deuxième tour avec un vrai risque de victoire !

Tous les militants progressistes ont bien conscience du piège. Car pour ne pas voter à droite au deuxième tour de 2017, il faudrait que le candidat socialiste soit deuxième ! La logique présidentielle de la 5eme république poussera toujours plus vers le vote utile et les "primaires" viennent conforter cette tendance... Prenez le temps de voter pour rien à des primaires, vous ne pourrez alors que voter utile dès le premier tour. Oui, le FN est bien un piège pour la peuple, qui conduit à voter consciemment pour ceux qui vous écrasent.

Dans ce contexte, l’hypothèse d’une autre candidature de gauche est déjà un enjeu incertain. Les appels de Pierre Laurent aux frondeurs ou d’Olivier Dartigolles à Jean-Vincent Placé organisent le débat autour de cette gauche de gauche, d’une vraie gauche, d’un Front de gauche élargi, peu importe la dénomination. La crise politique produite par la dérive droitière du parti socialiste, son accélération en réaction aux attentats, fait monter la pression sur cette "autre gauche" et sur tous ceux qui ont construit leur légitimité politique sur l’affirmation qu’il existait une réponse "de gauche", comme une Europe "sociale" d’ailleurs. On se demande comment poser encore la question d’une candidature communiste... !

Pourtant, tous ont constaté leur échec aux élections régionales. Les verts en perdant plus de la moitié de leur voix, et le PCF dans l’éclatement du Front de Gauche ne parvenant pas à mobiliser contre l’austérité, perdant lui aussi pendant que le parti socialiste parvenait à se maintenir ! Qu’est-ce qui peut changer dans les années à venir ? Ce ne sont pas les multiples déclarations "il faut tout changer, revisiter, refonder" qui vont redonner confiance, réouvrir une issue, une perspective suffisamment solide et crédible pour tenir face à la vague bleue marine. Et pour ce qui concerne le PCF, il a déjà usé de nombreuses formules, y compris de rallumer les étoiles... difficile de trouver mieux...

Car le peuple a vrai dire tient compte de son expérience... Il n’avait cru que modérément à François Hollande "ennemi c’est la finance", se concentrant surtout sur le rejet de Sarkosy en 2012. Mais il a une certaine expérience de "la gauche". Mitterrand qui devait changer la vie en 1981 a fait le choix de l’austérité pro-europénne dès 1983, qui parlait d’une "France unie" en 1988 et l’a profondément divisée avec Maastricht en 1991. Une des premières mesures de la "gauche plurielle" de Lionel Jospin en 1997 était la privatisation de France Telecom, première d’une longue série d’un mandat qui se terminait par le choc de 2002...

Le peuple a moins d’illusion qu’en 1981 sur le changement électoral, est-ce un mal ? Faut-il tenter de lui faire avaler une nouvelle "solution de gauche"... ? A-t-il tort de considérer qu’aucun programme électoral, y compris celui du Front de Gauche de 2012, ne peut remettre en cause la domination du capitalisme mondialisé et donc de la guerre contre les salaires et l’emploi ? Le retournement de la "vraie gauche grecque" et Tsipras contraint de céder au chantage de l’Union Européenne renforce évidemment cette lucidité sur la puissance du capitalisme. Le peuple ressent ainsi une vérité profonde... Il n’y a pas "d’autre politique" possible dans le capitalisme ? Et la gauche se définit-elle par la remise en cause du capitalisme ?

Non, le peuple a raison de ne rien attendre de la gauche. Et très majoritairement, il s’abstient. Tant qu’il ne considérera pas indispensable, possible de remettre en cause le capitalisme, il n’a aucune raison de soutenir qui que ce soit, sauf pour certains, d’empêcher le pire, mais dans ce cas, le plus utile à gauche est de voter socialiste... Autrement dit, lui demander de sauver la gauche pour elle-même est perdu d’avance. Au contraire, s’il ne cède pas au renoncement, son expérience ne peut le pousser qu’à la prise de conscience du besoin d’une force dont la nature, l’organisation, l’ancrage social, le programme, soit clairement en rupture avec toute l’histoire de la gauche.

Pas de gauche sans une reconstruction communiste !

C’est pourquoi les communistes ont une responsabilité importante, et aussi une opportunité de réouvrir enfin le chantier communiste ! Pour reconstruire les conditions de victoires contre la droite sous toutes ses formes, il faut affronter le défi non pas de "la gauche", mais "du communisme", comme réponse historique, à l’échelle de l’histoire, au capitalisme, au colonialisme, à la guerre !

Face à la droite, évoquer le parti communiste, le mouvement communiste, les idées communistes, c’est bien sûr se placer immédiatement en rupture avec le capitalisme, mais c’est aussi fonder la nouvelle construction politique sur la rupture avec cette fonction historique de "la gauche" d’une gestion plus sociale du capitalisme. C’est prendre acte qu’on est sorti de cet équilibre des blocs avec l’Union Soviétique qui permettait aussi dans les pays capitalistes développés, le "compromis social", notamment en Europe du nord.

Reposer la question communiste, c’est aussi s’obliger à sortir de la diabolisation de l’expérience du socialisme réel, et d’affirmer qu’une nouvelle forme de socialisme est nécessaire et possible, dans le capitalisme développé tel qu’il est, comme le montre dans les aléas des rapports de force l’Amérique Latine.

Faites l’expérience... Il suffit d’utiliser le mot "communiste" pour que la discussion soit plus directe, plus nette... Bien sûr, il crée des oppositions, le glissement à droite a de lourdes conséquences sur toutes les batailles d’idées. Mais il dit tout de suite "changement de société", il dit tout de suite que ca ne peut pas venir par un simple changement électoral, et il dit tout de suite qu’il est totalement inutile pour cela de voter socialiste... Mais il permet aussi de répondre plus efficacement au Front National !

Pas de bataille contre le Front National sans affirmation communiste

Car, dans le contexte de la mondialisation capitaliste, devant la dure réalité de la concurrence de tous contre tous, on ne peut gagner contre le FN sur une base culturelle et de valeurs. D’autant que des idées repères du FN se banalisent à grande vitesse, jusqu’à ce gouvernement reprenant la déchéance de nationalité... Si ce sont les valeurs du FN qui sont dangereuses, alors ces valeurs sont-elles déjà au gouvernement ? On ne peut combattre le FN sans dire qu’on peut apporter une autre réponse dans l’intérêt des peuples à la violence de la mondialisation capitaliste qui détruit tous les repères, les protections.

Autrement dit, face à un Front national au service de la concurrence entre les peuples, il faut affirmer un nouveau Front Populaire au service d’une république sociale souveraine. Le lien entre la rupture avec le capitalisme et la rupture avec la mondialisation capitaliste est profond. Toute issue politique doit inventer à la fois un autre rapport entre politique et économie, de nouvelles nationalisations, de nouvelles formes de propriété collective, mais aussi un autre rapport au monde, qui fonde les échanges sur l’intérêt mutuel et non sur la loi du marché.

Affirmer le choix communiste, c’est affirmer que le peuple est légitime à décider face au capital en fonction de ses intérêts propres, c’est donc apporter une réponse très concrète aux effets de la mondialisation. La réponse communiste consiste à sortir de la "concurrence libre et non faussée" qui organise la guerre entre les travailleurs, pour imposer la coopération entre les peuples. Il ne s’agit pas de dire aux travailleurs "soyez solidaires des migrants en les accueillant pendant que les patrons utilisent l’immigration pour faire baisser nos salaires". Face au discours raciste de la préférence nationale du FN, il faut affirmer un choix national de refus des directives européennes et de nouvelles coopérations orientées vers la réindustrialisation en France. Et il faut relancer la bataille non pour un "droit à la migration", mais pour le droit à "vivre et travailler au pays" !

Un congrès pour reposer enfin la question communiste ?

Les chantiers sont immenses pour refonder un point de vue communiste capable de reconstruire luttes après luttes la perspective d’une autre société, qu’il faut alors nommer clairement, et le plus clair et direct est bien de la désigner comme une société socialiste,. Mais il faut aussi reconstruire bataille après bataille une autre conception du lien politique, non plus fondée sur l’élection, mais d’abord sur les luttes, et rompant avec les décennies de partage du pouvoir entre la gauche et la droite.

Alors, pas à pas, le renforcement de la question communiste ouvrira les possibilités d’alliances, de fronts, de collectifs... Mais sans doute la leçon de cette longue histoire de l’union de la gauche qui se termine sous nos yeux sera qu’il faut désormais désigner le rassemblement populaire nécessaire non plus par ce clivage politique fondé sur l’élection et qui nous a si durement meurtri, mais sur son contenu politique au service de l’intérêt général, de l’intérêt du plus grand nombre, de l’intérêt du peuple, autrement dit, sur son contenu de classe. Sans doute la dénomination de Front Populaire est pour cela la plus forte. Le Front Populaire, le peuple uni face au patronat et face au fascisme et qui invente les congés payés, quel-qu’en soient les formes politiques précises, ce sont les manifestations convergentes qui symbolisent la naissance du Front Populaire, pas les accords électoraux !

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  • (2002) Lenin (requiem), texte de B. Brecht, musique de H. Eisler

    Un film
    Sur une musique de Hans Eisler, le requiem Lenin, écrit sur commande du PCUS pour le 20ème anniversaire de la mort de Illytch, mais jamais joué en URSS... avec un texte de Bertold Brecht, et des images d’hier et aujourd’hui de ces luttes de classes qui font l’histoire encore et toujours...

  • (2009) Déclaration de Malakoff

    Le 21 mars 2009, 155 militants, de 29 départements réunis à Malakoff signataires du texte alternatif du 34ème congrès « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps ». lire la déclaration complète et les signataires

  • (2011) Communistes de cœur, de raison et de combat !

    La déclaration complète

    Les résultats de la consultation des 16, 17 et 18 juin sont maintenant connus. Les enjeux sont importants et il nous faut donc les examiner pour en tirer les enseignements qui nous seront utiles pour l’avenir.

    Un peu plus d’un tiers des adhérents a participé à cette consultation, soit une participation en hausse par rapport aux précédents votes, dans un contexte de baisse des cotisants.
    ... lire la suite

  • (2016) 37eme congrès du PCF

    Texte nr 3, Unir les communistes, le défi renouvelé du PCF et son résumé.

    Signé par 626 communistes de 66 départements, dont 15 départements avec plus de 10 signataires, présenté au 37eme congrès du PCF comme base de discussion. Il a obtenu 3.755 voix à la consultation interne pour le choix de la base commune (sur 24.376 exprimés).