Syrisa, "la force de réserve de gauche" du capitalisme par Elisseos Vagenas, responsable de la Section des Relations Internationales du CC du KKE

, par  communistes , popularité : 2%

Après le déclenchement de la crise capitaliste en Grèce, la classe bourgeoise a cherché de manière intensive à désarmer idéologiquement le peuple en masquant les causes de la crise et des problèmes vécus par les travailleurs, afin de les conduire à des choix politiques qui ne remettent pas en question le système d’exploitation. Ainsi, les partis politiques bourgeois, les anciens, ainsi que ceux qui ont émergé récemment, ont commencé à se concentrer sur des phénomènes isolés, par exemple les scandales économiques, en les présentant comme étant la cause de la crise. "Il y avait de l’argent. Certaines personnes (les politiciens) en ont gaspillé et maintenant le peuple paie" est un des points de vue largement répandus. Le soi-disant "mouvement des citoyens indignés", qui a favorisé l’aversion pour le mouvement ouvrier organisé, de classe et ses objectifs, a été utilisé dans ces plans. Ce mouvement se focalise sur les slogans "voleurs ! voleurs !" et "traîtres", s’adressant aux politiciens. De cette façon, il a préparé le terrain idéologique pour les "graines" racistes et criminelles de l’organisation fasciste "Aube Dorée".

Dans ces conditions, le KKE a déclaré de manière déterminée que la crise du système lui-même, exigeait la rupture, le désengagement des unions impérialistes de l’UE et de l’OTAN, ainsi que la socialisation des moyens de production et la construction d’une autre économie et d’une autre société, qui se concentrera sur la satisfaction des besoins du peuple et non sur le profit. Au contraire, la Coalition de la Gauche Radicale (Syriza) s’est livrée à toutes sortes d’atermoiements idéologico-politiques afin de devenir le principal parti d’opposition. Il convient de rappeler quelques éléments concernant la position de ce parti, en particulier dans la période actuelle où il est promu par le "Parti de la Gauche Européenne" comme "une force de renversement" et où son président, Alexis Tsipras, est chargé de représenter les forces du PGE en tant que candidat pour le poste de président de la Commission européenne.

Lorsque la "gauche radicale" rencontre l’extrême droite

Le 7 février 2014, le secrétariat politique de Syrisa a décidé de retirer la candidature du journaliste T. Karipidis pour le poste de préfet de région en Macédoine occidentale aux élections locales qui ont eu lieu dans la période des élections européennes (mai 2014). La Grèce est divisée en 13 régions. Donc Syrisa a été amené à retirer son candidat dans une vaste zone géographique, celle de la Macédoine occidentale (pas immédiatement mais après 5 jours d’ "introspection" dans le parti). Pourquoi ? Parce que ce journaliste est partisan d’une théorie du complot concernant les souffrances subies par les travailleurs dans notre pays, et que ce point de vue a été rendu public. Selon sa théorie, le Premier ministre A. Samaras serait en train de détruire la Grèce conformément à un plan des Juifs !

Cette théorie de la conspiration extrême qui concorde avec les points de vue correspondants des milieux fascistes, a été intégrée par la "gauche radicale" de Syriza. Voilà le... "radicalisme"...

La vérité indéniable, c’est que ce n’est que la "pointe de l’iceberg", comme le faite que, au cours des trois dernières années, Syrisa ait absorbé des sections entières du parti social-démocrate PASOK qui est dans un processus de désintégration.

Même si nous ne faisons pas de cet épisode un point central, nous verrons que pendant ces dernières années, Syrisa a fait un effort systématique pour sauver le capitalisme aux yeux des travailleurs. Examinons brièvement comment cela s’est fait.

L’éloge du capitalisme "sain", comme celui d’Obama

Syrisa prétend que le néolibéralisme et le capitalisme néolibéral sont à blâmer pour leur crise et les problèmes posés aux travailleurs. Il vante la politique d’Obama en tant que néo-keynésianisme et la caractérise comme "progressiste" ! À la fin de l’année dernière, le président de Syrisa, Alexis Tsipras avait fait l’éloge du président américain Barack Obama, dans un discours au Texas, aux États-Unis, indiquant : « Je pense que nous pouvons avoir un débat constructif avec Washington sur la question de la crise de la zone euro. C’est une des raisons pour lesquelles je suis heureux d’être ici aujourd’hui ».

De cette façon, la direction de Syrisa et le PGE sont impliqués dans la concurrence féroce entre les puissances impérialistes. Il est bien connu que le gouvernement des États-Unis, de la France, de l’Italie font pression sur l’Allemagne afin qu’elle assume la plus grande partie des pertes, quant à la gestion de la dette des États de la zone euro, et qu’elle limite son excédent commercial. Les forces du PGE se sont mises du côté des États-Unis. Néanmoins, cette confrontation n’est pas liée aux intérêts des forces populaires. Elle ne concerne pas les intérêts des peuples dans les économies capitalistes, qu’elles soient les plus puissantes ou les plus faibles. Quelle que soit la formule suivie pour la gestion de la crise, les travailleurs ne se dépêtreront pas de l’exploitation capitaliste, de la pauvreté, de la misère et des nouvelles mesures anti-populaires. Ceci est illustré par les problèmes sociaux et économiques immenses vécus par des dizaines de millions de travailleurs aux États-Unis. Même si certaines données statistiques indiquent que la croissance capitaliste apparaît malgré tout sur le terrain de la destruction des acquis sociaux, cette croissance se fera au détriment des peuples, et les travailleurs subiront les conséquences de la prochaine crise de suraccumulation du capital, qui sera encore plus profonde.

En limitant sa critique au soi-disant "capitalisme néolibéral", Syrisa encourage la création des illusions parmi les travailleurs, illusions selon lesquelles il peut y avoir un autre "bon" capitalisme.

En anticipant le changement de l’alliance prédatrice

Gardons à l’esprit que dans les années 60, le KKE avait caractérisé la CEE comme "la fosse aux lions". En 1980, il a dit NON à l’adhésion de la Grèce à la CEE et en 1991, il a dit NON au traité de Maastricht qui a transformé la CEE en UE.

En revanche, tous les autres partis, y compris les partis dont Syrisa a émergé, ont soutenu ces choix de la bourgeoisie pour l’intégration de la Grèce à la CEE et l’UE.

Aujourd’hui, Syrisa réclame que l’UE « viole ses principes et ses objectifs fondateurs ». La vérité est que, de 1957 jusqu’à aujourd’hui, et aussi longtemps que l’UE existera, même si elle se divise en une union du sud ou du nord, même si elle devient une fédération ou une confédération, elle sera une union impérialiste, dirigée contre les peuples et les jeunes.

Il est évident que l’UE ne changera pas, que ce soit avec un nouveau président de la Commission européenne, qui est un appareil pour l’élaboration et la mise en œuvre des mesures anti-populaires les plus rigoureuses, ou avec des réformes politiques, parce que l’exploitation de l’homme par l’homme, c’est-à-dire l’exploitation de classe, la contradiction principale de la société capitaliste, en est inhérente.

La question principale est : à quels intérêts la création de cette union interétatique a servi ? Elle a été fondée dans le but d’aider les capitalistes à exploiter plus efficacement les travailleurs dans ses États membres, et de leur permettre de fortifier leur pouvoir avec le soutien des classes bourgeoises des autres pays de l’union. Elle a été créée afin d’aider les monopoles européens dans leur conflit féroce avec les monopoles des autres pays et des unions régionales.

L’UE, avec la plupart de ses États membres étant aussi membres de l’OTAN, organise la guerre avec des moyens financiers, politiques et militaires. Elle a mené une guerre sur le territoire européen, et elle participe aussi à des plans d’intervention en Asie, en Afrique, aujourd’hui en République centrafricaine. En utilisant la législation anti-terroriste, elle accompagne les États-Unis dans son anti-communisme et l’affrontement du mouvement anti-impérialiste.

Puisque Syrisa est le principal parti d’opposition, il porte une grande part de responsabilité en trompant les travailleurs, puisqu’il prétend que l’UE peut être démocratisée et humanisée.

Récemment, avec les événements sanglants en Ukraine, Syrisa a encore une fois déploré « l’absence d’une politique étrangère indépendante » concernant l’intervention flagrante de l’UE dans les affaires intérieures de l’Ukraine, qui a été réalisée en collaboration avec les États-Unis et en conflit avec la Russie pour le contrôle des marchés, des matières premières et des réseaux de transport du pays. Syrisa a prétendu que l’UE aurait pu avoir un « rôle plus important » en faveur du peuple de l’Ukraine, si elle ne s’était pas alignée sur les États-Unis. Ensuite, selon ce point de vue, l’UE pourrait devenir une « force pour la stabilité et la paix ». Pourtant, il n’y a pas de plus grande illusion que de vouloir faire croire que l’UE pourrait être un "facteur de paix", alors qu’il s’agit d’une structure impérialiste ! Les "prédateurs" impérialistes, l’Union européenne en faisant partie, peuvent entrer en conflit pour le "partage du butin", mais ils restent toujours des "prédateurs" quant aux intérêts des peuples.

Le "front" et le "vent" du sud

Syrisa pêche dans les "eaux boueuses" des partis du soi-disant "arc contre le mémorandum", de "l’anti-Merkelisme", de la version "anti-bancaire" de l’UE et de la zone euro, des partis qui simplement condamnent la Troïka et en particulier l’Allemagne.

Néanmoins, il cache le fait que le déclenchement de la crise capitaliste a précédé le mémorandum. Il néglige le fait que l’UE fait partie de la Troïka. Le mémorandum que le gouvernement grec a signé avec la Troïka des prêteurs, n’est rien d’autre que la spécialisation de la ligne politique générale de l’UE dans les conditions de la crise en Grèce. Par conséquent, l’opposition de Syrisa au mémorandum constitue de la poudre aux yeux du peuple, étant donné que ce parti ne s’oppose pas à l’UE, mais la soutient.

Mais pourquoi Syrisa s’en prend-il seulement à la Troïka ou à l’Allemagne ? Tout simplement parce qu’il masque ainsi son soutien concret à l’UE du capital, des monopoles. Il berce les travailleurs de l’illusion que l’UE peut changer par un « front des pays du sud ». Pourtant, les alliés internationaux et les appuis que ce parti invoque, les gouvernements des États-Unis, de la France, de l’Italie, du Nord Méditerranéen, sont tous des ennemis du peuple ; ils nivellent les droits populaires dans leurs pays, tout comme le gouvernement allemand.

L’UE c’est l’enfer pour tous ses peuples ! La vérité c’est que les mesures anti-populaires concernent la classe ouvrière et les couches populaires de tous les pays, indépendamment des memorandum et des dettes.

Dans quelques pays, ces mesures ont été prises pendant les années 1990, et dans d’autres, pendant les années 2000 ; dans les uns, elles ont été lancées toutes ensembles sous forme de « thérapie de choc », dans les autres, cela s’est passé peu à peu, comme en Allemagne.

Certes, il y a des différences d’un pays à l’autre par rapport aux conquêtes ouvrières, aux besoins sociaux, au niveau du chômage. Cela arrive non parce qu’en Grèce une mauvaise politique a été pratiquée, une "mauvaise thérapie", mais parce que, au départ, la position de la était la pire de l’Eurozone.

Par exemple, la Politique Agricole Commune (PAC) est la politique générale qui cible à regrouper la production agricole et la terre en le moins de mains possibles. Elle est donc devenue plus douloureuse dans les pays où les petits producteurs sont les plus nombreux, comme en Grèce.

Le "nouveau vent du sud" qui emportera la "mauvaise" UE et en laissera une meilleure à sa place, n’est qu’un conte pour endormir les peuples. Le 12/6/12, on pouvait lire dans le journal de Syrisa : « Une nouvelle page s’est ouverte hier en France. Victoire de la gauche ». A ce moment-là, SYRISA et sa direction ont cultivé plein d’illusions sur les débuts de changement de l’UE avec l’élection de Hollande. Aujourd’hui nous connaissons tous ce qu’il en est…

Aux antipodes de ces illusions, le KKE, comme les autres partis participants à l’Initiative Communiste Européenne, ont estimé que l’UE ne changera pas, qu’elle est une organisation réactionnaire au cœur de laquelle se trouvent les intérêts des monopoles.

La dette onéreuse et non viable

Le KKE a révélé, preuves à l’appui, que les travailleurs n’ont aucune responsabilité dans la dette publique et qu’ils ne doivent pas la payer. La propagande du pouvoir capitaliste essaye d’obscurcir les vraies raisons du gonflement de la dette publique. En réalité, les années précédentes, l’État a emprunté pour servir les besoins de profit du grand capital, et maintenant il appelle les travailleurs à payer. En plus, la dette a été augmentée par les dépenses immenses des programmes d’armement pour les besoins de l’OTAN et par la participation aux missions impérialistes, et même, par les conséquences de l’intégration de l’économie grecque à l’UE et à l’UEM. La régression importante des grands secteurs de la transformation industrielle qui ont subi cette forte pression (par ex. l’industrie textile, l’habillement, la métallurgie, la construction navale, les moyens de transport) est caractéristique. L’amplification du déficit commercial et l’augmentation des importations, ont eu un impact proportionnel sur le gonflement de la dette publique.

Syrisa, pendant une grande période de temps, et particulièrement avant les précédentes élections, prétendait qu’un "gouvernement de gauche" mené par Syrisa séparerait la dette en une partie "juste" (celle qui devra être payée) et en une partie "onéreuse", "injuste", qui ne devra pas être payée. Ils laissaient même entendre que la plus grande partie de la dette était "onéreuse" et foudroyaient le KKE pour ne pas suivre cette logique "réaliste". Néanmoins, plus la possibilité que Syrisa puisse être en charge de la gestion bourgeoise approchait, plus sa position se modifiait graduellement. L’économiste de Syrisa, G. Stathakis, a déclaré en février 2014 que, selon ses observations, la dette "onéreuse", c’était à peine 5%. C’est-à-dire qu’il a admis que le peuple devrait payer pour le reste, à savoir 95% de la dette. Dans le même mois, le chef de Syrisa se trouvant en Italie, a soutenu que la crise en Grèce était le résultat « d’un modèle de développement incorrect lié à la surconsommation d’argent emprunté ». C’est-à-dire qu’il a reproduit les explications de l’idéologie bourgeoise sur la cause de la dette, en appelant le peuple à payer la dette, à condition qu’elle devienne viable, qu’une décote ait encore lieu, par opposition au gouvernement ND-PASOK qui, lui, demande un allongement du paiement. Ces deux solutions de gestion ne sont pas du tout "radicales", ni "en faveur du peuple", mais bien au contraire, elles entraîneront de nouvelles mesures antipopulaires pour les travailleurs.

La seule solution en faveur du peuple est celle que le KKE propose : annulation unilatérale de la dette pour laquelle le peuple n’est pas responsable, socialisation des moyens de production, sortie de l’UE, pouvoir ouvrier-populaire.

"Radicalisme" entre "les murs" du système

Syrisa, parti opportuniste qui évolue très rapidement en social-démocratie contemporaine, cultive l’illusion que, malgré la domination des monopoles, une meilleure gestion du capitalisme est réaliste. Il joue avec l’angoisse du peuple, la pression des changements immédiats sans opter pour des changements radicaux.

Le discours d’Al. Tsipras dans une manifestation consacrée à l’Autrichien social-démocrate Bruno Kreisky est révélateur. Al. Tsipras a précisé que « Un gouvernement de gauche en Grèce tendra la main aux sociaux-démocrates européens, aux libéraux d’Europe à la pensée libre » ayant comme plan « la stabilisation de la zone euro –première étape vers une Europe ouverte, démocratique et cohésive ». Un tel gouvernement poursuivra « un plan Marshall européen », qui comprendra « une union bancaire correcte, une dette publique gérée de manière centralisée par la BCE et un programme massif d’investissements publics ». Ces objectifs, affirme catégoriquement Al. Tsipras, peuvent être achevés sans aucune « modification des traités » de l’UE.

Mais en affirmant que « l’état a de la continuité », c’est-à-dire en déclarant clairement qu’il continuera l’œuvre des gouvernements précédents, sur le terrain de la politique antipopulaire, sur les débris des droits ouvriers et populaires, SYRIZA révèle le sens du dite « gauche gouvernante ». La candidature de Tsipras pour président de la Commission montre l’attachement de SYRIZA à l’UE, cette union des monopoles. De l’autre coté, la présentation par SYRIZA du gouvernement d’Obama comme exemplaire assure que son gouvernement gérera le capitalisme. Il s’agit des affirmations que la Fédération Héllenique des Entreprises a très précisément évaluées, en prônant « le radicalisme utile du SYRIZA ».

Sur « la démocratie » et « la souveraineté »

SYRIZA essaye avec sa propagande d’obscurcir le fait que la participation d’un état capitaliste à une union interétatique, comme l’UE, signifie objectivement la cession des droits souverains. Certes, cela ne s’arrive pas à cause de « l’occupation allemande » comme des groupes nationalistes divers du « courant anti-mémorandum » bourgeois prétendent en désorientant le peuple. Cette phraséologie est aussi adoptée de temps en temps par les forces de SYRIZA. Mais comme un choix conscient, un choix stratégique du capital de chaque état, et de Grèce aussi, pour le renforcement de sa position économique et politique. Des unions interétatiques sont formées dans le cadre d’internationalisation capitaliste continuellement intensifiée, qui entraîne un entrecroisement de plus en plus grand des sections du capital des états différents, développement des relations entre eux, interdépendance des économies capitalistes et, par conséquence, des états capitalistes. Des relations d’interdépendances inégales, qui sont inégales parce qu’elles sont formées sur la base du développement inégal, au critère de la puissance économique et politique. C’est cela le facteur caractéristique des unions capitalistes interétatiques, ainsi que ce du réseau des relations interétatiques en général, qui est formé dans le cadre du système impérialiste mondial. Le KKE soutient que ces relations peuvent être rompues, renversées seulement par le désengagement du pays des unions capitalistes interétatiques et de la voie du développement capitaliste, et pas par leur fardage, comme SYRIZA le poursuit.

Les positions de SYRIZA démontrent que ce parti est tout simplement contre la « guidance allemande de l’UE et de l’Eurozone » et point contre les contrôles budgétaires s’ils sont effectués par des "institutions légalisées". Pas de problème, par exemple, si ces contrôles s’effectuaient sous l’égide du Parlement Européen, puisque cette institution est la seule démocratiquement élue de l’UE.

Néanmoins, le sens social de notions comme « la démocratie » et « la souveraineté » change selon le contexte de la classe dominante. La démocratie bourgeoise n’est rien d’autre qu’une dominance, une dictature même, de la classe bourgeoise dissimulée par le parlementarisme. De plus, le droit soutenant cette démocratie n’est rien d’autre que le droit de la classe bourgeoise. SYRIZA est porteur d’une perception petite bourgeoise et ataxique de la liberté et de la démocratie. Son discours de ces notions est caractérisé par un « pluralisme petit bourgeois ». Ce parti méconnaît et dissimule le fait que les conquêtes démocratiques au capitalisme sont des conquêtes de classe, et de ce fait, limitées. En plus, il cache le fait que la source de l’autoritarisme est la politique en faveur du capital, étroitement liée avec l’application des décisions de l’UE. Sa position générale sur l’UE et les politiques communes soutient l’établissement de mécanismes transnationaux répressifs au niveau européen ayant pour but de tenir sous contrôle les mouvements anti-impérialistes. Son discours politique dissimule le rôle de ces mécanismes (Europol, Eurojust, Frontex, Sengen, etc.) à fin de protéger l’UE.

Un « referendum » : pourquoi et pour qui ?

SYRIZA, conscient de la perte de popularité de l’UE à cause du mécontentement et du dédain de la part de vastes couches de travailleurs, vise à présent à créer de faux dilemmes additionnels en vue des élections locales et européens qui devraient, selon ce parti, fonctionner comme un referendum sur les politiques et les partis qui serraient, soit disant, responsables pour l’état actuel de notre pays. « Légaliser » ou pas la politique du gouvernement actuel.

Selon SYRIZA, les couches saines du capital mériteraient d’être soutenues. Ainsi, le vrai but du référendum qu’il réclame est de décider quelles parties du capital devraient être soutenues quant le pays entre dans la phase de redressement. En d’autres mots, quels secteurs seraient il financés ? La vraie question, bien sur, est "par qui" ?

Le référendum de SYRIZA déciderait comment les travailleurs et les familles populaires devraient, de tout façon, serrer encore plus la ceinture. Les alternatives sont soit la prolongation du délai de paiement (demande actuellement présentée auprès de nos créditeurs étrangers par le gouvernement grec) soit une nouvelle décote selon la politique de SYRIZA.

SYRIZA déclare son adhérence à l’UE dont la politique de "gouvernance économique" impose aux peuples des "memoranda permanents". Ainsi, le référendum réclamé par ce parti n’est autre qu’une tentative de forcer le peuple de l’accepter comme seul garant de "l’Europe sens unique" et gardien de l’application des "memoranda permanents" imposés par l’UE. Autrement dit, accepter SYRIZA comme le meilleur gestionnaire de la pauvreté et de la misère actuelles. Le vrai but de SYRIZA est de tromper les travailleurs, les persuadant que ses positions assureraient le bien-être populaire.

SYRIZA réclame un référendum en faveur d’un, soit disant, gouvernement de la gauche. Les évolutions récentes en France, en Italie, en Chypre et ailleurs, démontrent néanmoins que les gouvernements de gauche et de centre-gauche ne sont que des "alternatives gauchistes de la voie capitaliste de développement".

Le parti communiste grec déclare, sur ce point, que les travailleurs ne devraient pas aller aux urnes au moi de Mai ayant ces idées dans la tête.

Le critère décisif doit, au contraire, être la condamnation de tous ceux qui ayant menti, terrorisé et leurré le peuple dans le passé, essaient encore aujourd’hui de persuader le peuple grec ainsi que les autres peuples européens que le développement en faveur du peuple serrait possible dans le contexte de développement capitaliste de l’Union Européenne.

Un autre critère décisif doit être l’établissement d’une opposition ouvrière populaire forte, le ralliement indispensable du mouvement ouvrier populaire, la création d’une alliance populaire pour lutter contre la politique antipopulaire, l’UE et les partis de « l’Europe sens unique".

Renforcer la lutte pour que notre pays, la Grèce, devienne un havre de bien-être populaire, de valorisation de tous les forces productrices du pays, de solidarité et de coopération avec tous les peuples du monde, libéré du joug de l’Union Européenne ; de l’exploitation capitaliste et de l’injustice.

Enfin, préparer la voie pour la socialisation des monopôles, l’abandon unilatéral de la dette nationale et le dégagement de notre pays de l’UE. Pour que le peuple prenne le pouvoir, guide les développements et les utilise pour ses propres buts.

Ayant ces critères en tête, les travailleurs doivent valoriser les élections du moi de mai 2014 rejetant les faux dilemmes et les faux referenda et renforçant le parti communiste grec à fin de contribuer à faire basculer la balance des forces en faveur du peuple.

Voir en ligne : Sur le site du KKE

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