Pourquoi faut-il enseigner Marx et Freud au Lycée ? Mercredi 22 mai à 18h à la MJC du Vieux Lyon

, par  Gilbert Remond , popularité : 2%
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A la mi avril plusieurs journaux dont l’Humanité et Libération, s’alarmaient et par ricochets nous mettaient en garde de la possible suppression des notions de « travail et d’inconscient » dans les futurs programmes de philo des classes de terminales. Telles en était en tout cas la proposition « provisoire » présenté, récemment aux professeurs de philosophie.

Dans une chroniques de son édition Débats et controverses du 11 avril, l’Humanité posait la question : « Quel intérêt y a-t-il à présenter Marx et Freud dans l’enseignement du lycée ? ». Nous en reprenons la proposition.

Dans un rappel des faits, cette chronique nous indiquait que de nombreuses voix s’élevaient pour dénoncer l’amoindrissement de ces notions présentes jusqu’ici dans l’enseignement. Elle nous indiquait également qu’elles craignaient de voir la disparition des références à Freud et à Marx.

Libération pour sa part publiait le 16 avril dans sa page idée « l’œil de Willem », une contribution qui osait la question « Marx et Freud vont ils être sorti des programmes des classes de philo ? ».

Si tel était le cas nous aurions là l’aboutissement des campagnes éditoriales et médiatiques lancées ces dernières années par les livres noirs, ceux du communisme et de la psychanalyse, geste qui avec la relecture de la révolution française parachèveraient l’offensive idéologique réactionnaire lancée par les nouveaux philosophes au lendemain de la grande peur bourgeoise de 68, leur manière à eux de dire "plus jamais ça".

La chose peut laisser perplexe et pourtant. Faire disparaître Marx et Freud, c’est rompre avec les maîtres du soupçon, avec tout ce qui a généré depuis les Lumières, la pensée critique et ses conséquences révolutionnaires. C’est prétendre empêcher toute référence dans l’enseignement des théories qui permettent de penser un changement de société et nous en offre l’outillage. C’est vouloir nous faire renouer avec ceux qui cherchent à rendre invisible les fils de la marionnettes qui nous dit ce que penser veut dire, nous soumettre à leur idéologie, avec ceux qui nous disent que l’idée et la conscience sont première et toute puissante. Ceux-la qui ne veulent pas d’une humanité ayant en main son destin et ses conséquences

Marx et Freud font rupture avec les mode de pensés traditionnels jusqu’alors en cours et provoquent une révolution de type copernicienne dans l’approche de la connaissance du monde et de ses phénomènes. Ils font rupture en cela que leur pratiques respectives, l’un étant celle de la lutte des classes, l’autre de la clinique, les conduisent a changer les paradigmes.

Marx démontrait que l’histoire des sociétés jusqu’à nos jour est celle de la lutte des classe et qu’elle a pour enjeu la maîtrise de la valeur elle même produit du travail, partant, que « ce n’est pas la conscience qui détermine la vie », mais au contraire « la vie qui détermine la conscience ». Freud pour sa part postule que le moi n’est pas maître dans sa maison, introduisant par là la notion d’inconscient, une notion topique et dynamique qu’il dégageait de la pratique de la cure analytique. Il révélait ainsi que la vie psychique était « toute emplie de pensée efficientes bien qu’inconscientes et que c’était d’elle qu’émanaient les symptômes ».

Ce gouvernement est entré en guerre contre l’intelligence et ce qui peut nous en rendre compte. Il lui faut des êtres soumis aux Patrons, à leurs managers et aux exigences du capital, qui s’évaluent et se responsabilisent selon ces dernières. « Exilé de l’intime », ils le sont aussi de leur histoire propre en ce qu’ils perdent sa dimension matérielle et historique tout comme sa dimension collective. Marchandise parmi les autres, ils ne doivent plus avoir conscience que leur force de travail est une marchandise qu’ils vendent au capital pour vivre en échange d’un salaire et que leur vie commence où cesse leur activité de producteur.

Pourquoi faut-il enseigner Marx et Freud au Lycée ? L’improbable vous invite à venir en discuter et échanger sur les propositions qui en découlent avec des psys et des philosophes le 22 mai à 18h à la MJC du Vieux Lyon.

Gilbert Rémond

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