Pour un véritable Front populaire, il faut un parti communiste sur des bases de classe

, par  Danielle Bleitrach , popularité : 1%
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Cette année sera celle où en mai seront célébrées les conquêtes du Front populaire. Celles-ci ont ancré dans la mémoire populaire l’idée de gauche, celle d’une union qui permettait de changer la vie des masses populaires. Les familles accédaient au congés payés, je me souviens d’une femme qui me racontait l’éblouissement que fut la nouvelle, elle me disait ce fut une flamme qui courait sur le port, on disait : « On va être payé et on pourra se reposer ! ». Une transformation complète de la perception du monde, des enfants découvraient la mer pour la première fois. Mais il y avait aussi la semaine de quarante heures, la réduction du temps de travail.

Le contexte, celui du malheur laissé dans la vie de chaque jour par la crise de 1929, la montée de l’extrême-droite et le défilé des ligues factieuses en février 1934, comme en Allemagne où Hitler avait pris le pouvoir. La France avait répondu à sa manière en élisant le Front populaire et aussitôt partout en occupant les usines pour exiger que le nouveau gouvernement remplisse ses promesses. C’est ça le Front populaire, l’élection d’un gouvernement de gauche et parallèlement le "soutien" actif du PCF qui rassemblait la base et imposait le respect des promesses.

Le contraire d’aujourd’hui, où un PS qui ressemble de plus en plus à la droite, des gens qui se vendent à ce pouvoir pour un poste, détricotent tous les acquis sociaux, le renversement d’une manière de penser, comme le proclame le ministre Macron qui a réussi à unifier le ministre PS avec le fondé de pouvoir d’une banque d’affaire, déclare qu’il faut apprendre à travailler plus sans gagner plus, comme il est allé le proclamer à Davos, il n’ose pas encore dire pour gagner moins, mais la logique est déjà inscrite dans la loi, dans ce qu’on découvre du projet El Khomri. La logique, le mot est mal venu, qui peut voir la moindre logique dans le fait d’allonger le temps de travail alors qu’il y a 6.500.000 chômeurs officiels.Gagner moins, faire plus d’heure allez le dire à nos services publics, à nos hôpitaux au bord de l’effondrement… A nos agriculteurs saignés par l’austérité et la politique belliciste des sanctions, le tout dans un cadre européen qui est celui de la plus impitoyable des mises en concurrence de la force de travail.

Oui bien triste anniversaire du Front populaire que nous nous apprêtons à fêter.

Y a-t-il une perspective ? Certainement pas celle d’un blanc-seing avec le leurre d’une telle union de la gauche pour empêcher le retour de la droite, voir de l’extrême-droite. Des primaires qui jouent déjà le troisième tour de l’élection des mêmes pour la même politique qui produit désespoir et fascisme, comme si le PS s’employait à détricoter la mémoire et cherchait à donner in fine le pouvoir aux fascistes, seuls aptes à un moment aux yeux du patronat à contenir le pouvoir populaire et à leur garantir la domination musclée. Là aussi le PS a fait avec le vote de la loi d’urgence, le pas dans ce sens-là…

La seule perspective est de redonner force à ce mouvement populaire en le musclant, l’organisant à la base, sur ses deux jambes le syndicat et le parti politique. Un parti communiste qui replongerait ses racines dans le monde du travail, les exploités, les ouvriers, les employés, mais aussi les intellectuels confrontés à leur marchandisation, leur humiliation permanente.

Il n’y aura un véritable Front populaire que s’il y a un parti communiste digne de ce nom. Tout le reste n’est que manœuvre d’appareil, lutte des places, au lieu de se préoccuper de sauver la gauche telle qu’elle est, il s’agit de recréer une véritable gauche qui ne peut que dériver vers la droite et l’extrême-droite si elle n’a pas l’ancrage de classe que peut lui donner un parti qui reste ancré sur cette nécessité et qui ne dérive pas lui-même vers les manœuvres politiciennes.

Danielle Bleitrach

Voir en ligne : Sur le blog histoire et société de Danielle Bleitrach

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