Elections régionales décembre 2015

Nous n’en serons pas ! Point de vue de la section de l’ouest-biterrois

, par  Christian Harquel , popularité : 4%

Plus le parti communiste perd le soutien populaire plus sa direction l’enlise dans la recherche d’accords aux sommets entre organisations politiques très peu représentatives, plus il s’éloigne de son électorat traditionnel.

De l’union de la gauche à la gauche plurielle, des CUAL au front de gauche, du front de gauche à la gauche…élargie, le parti communiste ne semble pas avoir tiré les leçons de ses échecs, pas plus de ceux en Europe, dont les belles promesses se sont fracassées, tel Syriza, sur la réalité de la lutte de classe.

Mais quel besoin le parti communiste a-t-il de se saborder ?

Nous voilà repartis en Languedoc-Roussillon-Midi Pyrénées dans une énième mouture de ces rassemblements de formations politiques groupusculaires, à vocation essentiellement électorale qui conduisent soit à l’isolement à la gauche de la gauche soit au ralliement à la social-démocratie, à coup sûr à la liquidation du parti communiste et à l’éloignement de l’alternative révolutionnaire qu’il a vocation à porter.

Et pourtant la France n’a jamais été autant infectée par le capitalisme. Un capitalisme mondialisé dont les convulsions entrainent notre pays dans une irréversible crise globale.
Un capitalisme qui irradie toutes les sphères de l’activité humaine même les plus intimes jusqu’au sommet de l’Etat.
Sur ce terreau là, peuvent naître les pires aventures si n’est pas portée avec urgence la nécessité d’une alternative à ce système.
Or le capitalisme est un système de classe. Les rapports sociaux y sont régentés par des rapports d’exploitation et de domination.

Tout projet à visées émancipatrices qui occulterait cette réalité est voué à l’échec. (voir ici : pour une nouvelle république populaire et sociale)
Construire des rassemblements en dehors ou à côté de ces rapports de
classe ne peut déboucher que sur de nouvelles déceptions.
(voir ici : quel rassemblement pour quoi faire ?)

Avec l’épisode des chemises d’Air-France la lutte de classe a ressurgi et les masques sont tombés. Chacun a pris sa place : la droite, le FN et le parti socialiste du côté du patronat, le parti communiste du côté des travailleurs. Et la même chose sur le plan syndical.

La lutte de classe doit être au cœur du rassemblement que les communistes doivent initier. Les communistes doivent mettre toutes leurs forces à aider à rassembler le salariat sur ses intérêts de classe pour mener avec lui la lutte politique jusqu’à son terme.
Au contraire s’enfermer dans une opposition droite/gauche c’est porter essentiellement la bataille politique sur le terrain électoral où la bourgeoisie a déjà tout verrouillé, c’est se couper d’une partie importante du monde du travail qui ne s’y reconnait plus, c’est passer à côté de la réalité des rapports sociaux et ne pas permettre des rassemblements à la hauteur des enjeux.
Quant à l’opposition aux politiques dites d’austérité dont on veut faire le cœur du rassemblement, elle souffre de plusieurs ambigüités : d’abord celle de ne pas dire ce que l’on fera à la place, celle de laisser croire qu’il suffirait de changer de majorité parlementaire pour régler la situation mais surtout celle de qualifier « politique d’austérité » ce qui n’est que soutien à l’accumulation capitaliste et donc d’occulter l’affrontement de classe qu’elles portent.

Projeter les espoirs de changements prioritairement sur le terrain électoral dans une « démocratie » complètement verrouillée peut devenir une erreur tragique dont les Grecs mais aussi les Français et tout récemment les Portugais ont fait l’expérience.
Quand les votes sont bafoués et les peuples méprisés chaque fois que le
résultat du scrutin met en cause les intérêts des puissances d’argent n’est-ce pas cautionner un simulacre de démocratie que de jouer le jeu électoral ? Alors que l’on sait que le résultat qui en sortira produira toujours les mêmes politiques au service des mêmes intérêts.

Ce n’est pas vrai pour les élections locales ?
Eh bien la réforme des collectivités territoriales se charge d’y remédier. Déjà le cadre, les compétences et les moyens financiers ont été mis en place par le pouvoir socialiste pour mieux répondre aux besoins d’accumulation capitalistes. (Attractivité des territoires comme ils disent). Il ne reste plus qu’à décider de la couleur des murs. On peut faire confiance au mode de scrutin pour qu’il n’y ait pas de faute de gout.

Ainsi se met en place un réaménagement de nos territoires pour les livrer aux appétits des banques et des multinationales et les soumettre à concurrence dans une Europe où le capitalisme fait la loi. Après la nation, c’est tout le tissus des collectivités de proximité : communes, départements et maintenant régions qui échappent aux décisions des citoyens.
Alors faut-il accepter de concourir à ceux qui seront les meilleurs gérants d’une telle situation ? Ou faire croire à la possibilité de changer les choses de l’intérieur ?

Il est temps d’arrêter les hypocrisies. Il est temps de dire clairement la vérité aux citoyens.

Beaucoup de nos électeurs ont déjà compris cela qui ont déserté le chemin des urnes.
Faut-il abandonner le combat électoral ? Non mais le subvertir. Des exemples ne manquent pas comme celui des candidats communistes aux cantonales de 2011 à Capestang !

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  • (2002) Lenin (requiem), texte de B. Brecht, musique de H. Eisler

    Un film
    Sur une musique de Hans Eisler, le requiem Lenin, écrit sur commande du PCUS pour le 20ème anniversaire de la mort de Illytch, mais jamais joué en URSS... avec un texte de Bertold Brecht, et des images d’hier et aujourd’hui de ces luttes de classes qui font l’histoire encore et toujours...

  • (2009) Déclaration de Malakoff

    Le 21 mars 2009, 155 militants, de 29 départements réunis à Malakoff signataires du texte alternatif du 34ème congrès « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps ». lire la déclaration complète et les signataires

  • (2011) Communistes de cœur, de raison et de combat !

    La déclaration complète

    Les résultats de la consultation des 16, 17 et 18 juin sont maintenant connus. Les enjeux sont importants et il nous faut donc les examiner pour en tirer les enseignements qui nous seront utiles pour l’avenir.

    Un peu plus d’un tiers des adhérents a participé à cette consultation, soit une participation en hausse par rapport aux précédents votes, dans un contexte de baisse des cotisants.
    ... lire la suite

  • (2016) 37eme congrès du PCF

    Texte nr 3, Unir les communistes, le défi renouvelé du PCF et son résumé.

    Signé par 626 communistes de 66 départements, dont 15 départements avec plus de 10 signataires, présenté au 37eme congrès du PCF comme base de discussion. Il a obtenu 3.755 voix à la consultation interne pour le choix de la base commune (sur 24.376 exprimés).