Molen

, par  Mireille Popelin , popularité : 1%

C’est le nom donné à Molenbeek-Saint-Jean par les jeunes d’origine maghrébine, surtout marocaine. Hind Fraihi est journaliste au journal Niewsblad.

En 2006, elle convainc son rédacteur en chef : elle veut infiltrer la communauté de cette banlieue de Bruxelles (jusqu’à 80 % d’immigrés dans certains quartiers). De famille aisée, cette journaliste de religion musulmane, moyennement pratiquante, veut comprendre comment ces jeunes d’origine immigrée sont tentés par le terrorisme djihadiste.

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Elle constate effarée, que les femmes sont presque toutes voilées, certaines en burqas. Elle loue une chambre. Hind s’est fabriquée une identité et un projet « étudiante en sociologie, qui prépare un mémoire sur l’expérience de l’islam dans les quartiers-ghettos de Bruxelles ». Elle est obligée de se draper dans un long caftan marocain, et de couvrir ses cheveux.

Les commerçants ont à peu près tous le même avis sur Théo Van Gogh (le cinéaste poignardé en pleine rue) : « Ce hollandais méritait d’être mis à mort. Nous traiter d’enculeurs de chèvres, l’islam nous ordonne de tuer l’ennemi de notre religion ». Bien sûr, Hind n’a pas appris cet islam tueur, mais ne dit mot.

Les jeunes : elle a du mal à les interroger, ils se méfient, une femme... Blousons noirs, pantalons jogging, casquette vissée sur le crâne.
— Qu’est-ce que l’on irait faire dans des maisons de jeunes ? Nous, ici, on gagne notre vie ! On a un circuit parallèle pour se faire beaucoup d’argent.
— Pourquoi n’essayez-vous pas de vous en sortir par vous-mêmes ?
— Tu comprends rien. Les vraies victimes, c’est les Belges ! Boulot mal payé, bouchons pour rentrer, ils doivent obéir à leur patron. Ils paient des impôts. Nous, on travaille au noir, pas un euro d’impôt.

Les mosquées : presque toutes salafistes, derrière des petites portes, toutes avec une association "culturelle", le bon adjectif pour masquer une école coranique. Et une librairie qui délivre des opuscules d’Arabie saoudite :
« prends garde aux téléphones : le loup s’y faufile.
— obéis à ton époux
— pas de vernis, pas de parfum
— ne regarde ni internet, ni vidéos, ni télévision
— ne quitte pas ton domicile sans autorisation de ton mari. »

Les librairies ? Toutes ou presque présentent des interdits. Sont interdits :
- l’athéisme communiste
- le sionisme juif
- le marxisme
- interdiction de changer de religion (paroles du prophète), celui qui change de religion, tue-le !

Incitation au djihad

A Amsterdam, elle entre dans la mosquée extrémiste Al Tawheed. Les livres en rayon ne sont pas pacifistes ! Qu’on en juge : le djihad y est recommandé.
« Lorsqu’il nous est demandé de prendre les armes, n’hésitez pas à le faire. L’acquisition de matériel de guerre est une obligation. Il est du devoir de tous les musulmans de s’armer ».
Si ce n’est pas une incitation au djihad, ça ?

Elle réussit à entrer dans le Centre Islamique de Belgique (CIB) fondé en 1997. Cette association musulmane a défrayé la chronique en organisant des camps de scouts et en faisant de la propagande pour Al Qaïda ! Bassam Ayachi, le cheik syrien a célébré le mariage du Tunisien Abdessatan Dahmane avec la bruxelloise marocaine Malika El Aoud. Le Tunisien est un des meurtriers du commandant Massoud.
Bassam a menacé Nicolas Sarkozy d’attentats suicides s’il interdisait le voile en France. Bassam assène à Hind un discours fondamentaliste, haineux, tout y passe : « La liberté européenne est destructrice. Il faut interdire l’homosexualité, qui entraîne l’inceste et la pédophilie, le frère "grimpe sur sa sœur", le fils sur sa mère… »
Il poursuit : « L’autorité a fermé notre local, nous ne pouvons être désignés à la vindicte ».

Ah la victimisation ! Alors que cette association se réunit encore et continue sa propagande djihadiste, avec Bassam le cheik salafiste, libre d’endoctriner des enfants et des jeunes.

Il y a dix ans, Hind tirait la sonnette d’alarme.

« Nous avons toujours été au courant, cela fait des décennies qu’il y a les ferments d’un véritable fascisme avec la signature de l’islam ».

Il y a beaucoup de femmes et d’hommes de culture musulmane qui ont dénoncé, alerté. Des militants laïques aussi, ils ont été insultés traités de racistes, et d’islamophobes. Maintenant le fascisme est là. Comme Hind, je ne me réjouis pas d’avoir eu raison.
Il y a, dit un spécialiste, une centaine de Molenbeek en France, ailleurs aussi, avec des islamistes prêts à passer à l’acte (actualité).
Le journal El Watan (Algérie) rappelait avec amertume et ironie la guerre civile menée par les islamistes du FIS, le GIA. Les bobos-gauchos-libéraux de l’époque posaient la question « Qui tue qui ? » soupçonnant l’armée algérienne.
Maintenant, qui tue qui ? En France, en Belgique, en Allemagne, en Angleterre etc. ? Ce sont les terroristes islamistes.

L’Europe, les USA, portent une lourde responsabilité dans les guerres qui ont détruit l’Irak et continuent avec la Libye, la Syrie.

Mais les gouvernements belges, français et autres portent aussi une grande responsabilité pour avoir laissé s’installer ces prêcheurs de haine, avec souvent les deniers de l’état, les aides : il s’agissait d’acheter la paix sociale et les voix musulmanes.

A Molenbeek-Saint-Jean, il y a aussi un parti qui monte, fasciste, le Vlams Belong, et Hind est surprise : des musulmans de première génération disent vouloir voter pour lui ! Ils sont lassés par la violence et l’islamisation de leur quartier.
Nous devons être conscients que nous avons les mêmes problèmes en France. Mais avec un bémol (je suis militante laïque), nous avons réagi un peu mieux que la Belgique.

Nous sommes un pays laïc !

Mais nous avons le Front national !

Alors, un fascisme contre un autre fascisme ? La guerre civile ?
Nous devrons être très vigilants.

Mireille Popelin

Référence : "En immersion à Molenbeek-Saint-Jean" de Hind Fraihi, aux éditions de La Différence, 2016.

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    La déclaration complète

    Les résultats de la consultation des 16, 17 et 18 juin sont maintenant connus. Les enjeux sont importants et il nous faut donc les examiner pour en tirer les enseignements qui nous seront utiles pour l’avenir.

    Un peu plus d’un tiers des adhérents a participé à cette consultation, soit une participation en hausse par rapport aux précédents votes, dans un contexte de baisse des cotisants.
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