Lettre aux communistes et amis qui nous ont soutenus !

, par  section PCF Vénissieux , popularité : 5%

Nous voulons tout d’abord remercier tous ceux, communistes ou amis, qui ont soutenu la candidature de Michèle Picard qui reste la plus légitime dans la 14ème circonscription du Rhône. Nous expliquons avec franchise notre décision finale et donnons notre avis sur les enjeux politiques.

La 14ème circonscription du Rhône a été conquise dans les années 60 par le PCF, perdue en 1981 dans la vague Mitterrand, regagnée en 1993 dans le reflux du PS, perdue en 2012 à la faveur de la vague Hollande et d’un redécoupage favorable au PS, voire à la droite. C’est donc une circonscription disputée surtout à gauche, soumise aux vagues nationales qui ne sont jusqu’à maintenant devenues dominantes sur les résultats que lorsqu’elles permettaient une victoire au second tour dela présidentielle. Le député sortant est un transfuge du PS passé à la REM.

Nous étions en situation de reconquête et nous nous sommes donc préparés pour cette échéance avec notre candidate Michèle Picard qui a battu deux fois en 2020 le macroniste Yves Blein, la droite et l’extrême droite dans la ville et dans la circonscription métropolitaine assez proche de la législative.

L’épisode Taha Bouhafs est connu, il est le reflet de l’évolution des cercles dirigeants de la France Insoumise pour qui tous les coups sont permis, du parachutage jusqu’à la tentative de masquer les vraies raisons du retrait de la candidature en instrumentalisant l’antiracisme.

Au delà des péripéties locales, nous voulons pointer les obstacles au maintien de notre candidature ;

L’essentiel tient à la teneur de l’accord national qui est un mauvais accord.

Il l’est au plan électoral puisqu’il n’accorde au PCF le droit de se présenter que sur 50 circonscriptions dont 15 gagnables, parfois menacées d’un candidat FI dissident, interdisant toute candidature sur plus de 500 circonscriptions restantes.

Cet accord est dangereux au plan stratégique. D’une part, il enferme le parti dans une coalition- la Nupes- que Mélenchon veut transformer en fédération pour mieux détruire les partis. D’autre part, il réduit l’intervention populaire au vote -si j’étais président vous n’auriez plus besoin de faire grève dixit Mélenchon- alors qu’il faudrait travailler à développer les luttes et l’intervention populaire sur toutes les questions politiques pour gagner la confrontation avec les forces du capital.

Il est dangereux pour la reconstruction du PCF, car il sacrifie nombre d’ancrages locaux. A Vénissieux, nous sommes justement dans la situation où cet accord s’est révélé très nuisible. Il était raisonnable de vouloir regagner la 14ème circonscription dans laquelle se trouve la plus grosse ville dirigée par un maire communiste mais l’accord interdisait à Michèle Picard de se présenter autrement qu’en "voyageur sans papier" puisque nous ne pouvions faire référence ni à la Nupes, ni aux forces politiques qui la composent, pas même au PCF alors que le candidat FI investi par la Nupes pouvait abondamment y faire référence. Nous avons à plusieurs reprises rappelé à la direction nationale l’enjeu de cette circonscription et de Vénissieux, ville dirigée par un maire communiste la plus importante hors région parisienne. Si le choix de préserver les sortants a été explicite, celui des quelques circonscriptions gagnantes ajoutées n’a jamais été clarifié. Nous mesurons les conditions difficiles de cet accord mais il est certain qu’il laisse un goût amer.

La deuxième difficulté tient à la posture adoptée par le PCF suite à cet accord.

A l’issue du premier tour, Mélenchon a écrit sa fable, une sorte de mauvaise farce qui lui permet de faire une OPA sur les partis de gauche. J’ai perdu, c’est la faute des autres surtout Fabien Roussel, mais j’ai gagné. En désignant un coupable à la vindicte de ses troupes, il a surtout voulu éviter tout débat sur les causes de son échec, en premier lieu son choix de se concentrer sur le vote utile pour écraser la gauche en délaissant la bataille contre l’abstention, vote utile dont la logique profitait pourtant aux trois premiers, donc l’éloignait du 2ème tour ! Avec son slogan publicitaire "Élisez moi premier ministre et le président sera foutu", il tente encore de prolonger le vote utile jusqu’aux législatives, faisant courir un risque majeur à toute la gauche.

Pourtant, chacun peut constater que la gauche est faible au point de ne pas pouvoir assumer au premier tour des législatives ses différences et la droite et l’extrême droite sont largement majoritaires. La plupart des militants savent que cet accord est mauvais pour le PCF mais pensent qu’il n’y a pas le choix. Tout cela peut se dire et s’expliquer, ce serait même intéressant de le faire pour faire progresser les consciences sur la question de la force du PCF. Mais depuis 1981, le PCF a pris l’habitude de boire la ciguë dans la joie et la bonne humeur en masquant aux yeux des citoyens les contradictions. Il faut être de la farce et totalement. Comment s’étonner alors que les citoyens ne perçoivent pas ce qui se passe à gauche ? La résistance de Michèle Picard et de Vénissieux, notre positionnement quant au parachutage de Taha Bouahfs auront au moins permis que s’expriment les contradictions de la situation !

Cette volonté de s’inscrire dans la vague conduit aussi à ce que des organisations locales du parti, sans doute aussi mécontentes que nous, se plient à l’accord. D’autant qu’il s’est trouvé dans le Conseil National du PCF, des camarades pour relayer les menaces de Mélenchon, excluez les, suspendez les ces résistants dont nous ne voulons pas ! Avec le recul, on peut se dire que si une vingtaine de circonscriptions avaient refusé de se soumettre à l’accord national, il se serait peut-être créé un autre mouvement autour des candidats qui cherchaient à se maintenir.

Nous avons poussé tous les atouts que nous avions en main jusqu’au bout, de la campagne des jours heureux à notre ancrage local, nous en sommes fiers et et vous nous nous avez aidés à le faire. Après le retrait du candidat parachuté, la FI a lancé dans la course un adjoint au maire de Vénissieux qui avait 15 jours avant expliqué longuement qu’il n’était pas candidat, jouant ainsi sur les risques que feraient courir un affrontement dans la majorité municipale. Au final, un tel affrontement n’aurait de toutes façons pas permis dans la situation de la gauche de battre la droite et l’extrême droite.

Nous sommes dans une bataille de longue haleine pour reconstruire le PCF et la caractéristique première d’un communiste c’est d’être organisé et d’affronter les contradictions d’une situation. Et puisque nous ne sommes pas dans le monde des bisounours mais dans un combat exigeant, je dirais que nous nous sommes retirés en bon ordre, en prenant le temps de la construction collective de la décision et en préservant nos forces pour l’avenir. Il nous a semblé qu’il y avait mieux à faire que de nous offrir en sacrifice des 15 années d’effacement du PCF au profit de Mélenchon et de sa volonté de construire un nouveau parti socialiste, versus populiste et intersectionnel.

Tout cela a donné lieu à de très nombreux échanges entre communistes, avec nos soutiens dont nous sortons renforcés. Quelque soit le résultat de la législative , le pays et le monde sont confrontés à une situation gravissime. Le capitalisme a besoin d’imposer une domination sans partage aux peuples, tout particulièrement en France. Le risque d’un conflit mondial, à partir de la situation ukrainienne est intense. Nous aurons de grands combats à mener tous ensemble et le PCF doit être à la hauteur de ces enjeux.

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