La gauche « radicale » adopte un troisième plan d’austérité en Grèce Par le Bureau exécutif du Parti de l’émancipation du peuple (ex-M’PEP).

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Conséquence de la reddition du gouvernement grec du 13 juillet après la trahison d’Alexis Tsipras le Premier ministre, c’est dans la nuit du lundi 10 au mardi 11 août que les "négociateurs", dans un "climat apaisé" (le gouvernement grec a jeté l’éponge), ont trouvé un accord (le gouvernement grec, la Commission européenne, la Banque centrale européenne, le Mécanisme européen de stabilité financière et le Fonds monétaire international). Afin de lui permettre de rembourser ses créanciers dans les trois années qui viennent, la Grèce va encore recevoir des prêts se montant à environ 86 milliards d’euros. Mais en contrepartie, le gouvernement grec de Syriza devra saigner encore davantage le peuple. Le journal l’Humanité est enthousiaste ! Certes, écrit-il, l’UE « dicte ses conditions », mais « Athènes obtient des concessions » ! Ouf, on avait eu peur ! En fait nous assistons à une convergence tragique entre la droite, la gauche socialiste et la gauche qui se prétend "radicale" ou "de gauche".

Il s’agit d’un troisième plan d’austérité, dans la suite des deux premiers

Le premier plan d’austérité, en 2010, était celui de Monsieur Papandréou, socialiste du Pasok, le deuxième, en 2012, était celui de Monsieur Samaras, de la droite de Nouvelle démocratie, et le troisième vient de Monsieur Tsipras, gauche radicale. Quelle différence entre ces trois plans ? Aucune. Ils visent tous à écraser le peuple grec et la nation grecque. Il s’agit d’un "accord technique" devant être confirmé sur le plan politique, jeudi au Parlement grec, vendredi à l’Euro-groupe, et dans les jours suivants par trois parlements nationaux : Allemagne, Espagne, Finlande.

Ce sont 35 mesures, dont beaucoup poursuivent l’œuvre de libéralisation du pays dont a vu les brillants résultats, qui vont être imposées. Certes, quelques mesures évidentes, qui s’imposaient depuis longtemps, font partie du paquet, comme le renforcement de la lutte contre la délinquance financière, la réforme de l’administration (à condition que derrière ce mot fourre-tout on fasse la chasse à la corruption et à l’inefficacité), les banques devraient être recapitalisées de 10 milliards d’euros, permettant de relancer les prêts. Mais le plus important n’est pas là, il se trouve dans les mesures d’austérité :

  • Le déficit primaire autorisé pour le budget (hors charge de la dette) sera de 0,25% en 2015, tandis qu’un excédent devra être obtenu (0,5% en 2016, 1,75% en 2017 et 3,5% en 2018). Le journal l’Humanité appelle cela des « marges de manœuvres arrachées par le gouvernement Syriza (qui) sont une petite avancée ». N’importe quoi ! Une « petite avancée », cette utilisation antisociale du budget de l’État ? Il n’y a aucune marge de manœuvre possible, et si les créanciers ont légèrement baissé leurs ambitions, c’est tout simplement parce que la Grèce est en récession et qu’elle ne parviendra pas à atteindre ces objectifs déments et absurdes.
  • Baisse des prestations des régimes de protection sociale équivalente à 0,5% du PIB (élimination progressive des préretraites…).
  • Libéralisation du marché du gaz.
  • Approbation du programme de privatisation de 50 milliards d’euros.
  • "Réforme" du marché du travail.
  • Etc.

Il fallait aboutir avant le 20 août, date à laquelle la Grèce doit rembourser un prêt obligataire de 3,5 milliards d’euros à la BCE.

Le journal l’Humanité, porte-parole de la troïka

Dans son édition datée du mercredi 12 août, le journal l’Humanité ne cache pas sa satisfaction après l’accord. Quitte à recourir à des propos malhonnêtes, comme écrire que les 86 milliards de prêts obtenus allaient « permettre à l’État grec de subvenir à ses besoins jusqu’en 2018 ». Quelle honte ! Jaurès doit se retourner dans sa tombe. Mais non, amis de l’Humanité, ce n’est pas ça du tout ! Les prêts promis à la Grèce, comme les précédents, ne servent absolument pas à l’État grec pour « subvenir à ses besoins » ! Ils servent à permettre de rembourser les créanciers, et répondre aux besoins de ces derniers. À la malhonnêteté s’ajoute la duplicité quand le journal, toujours dans le même article, écrit « première épreuve démocratique jeudi, devant le Parlement grec ». Le journaliste qui écrit cela n’est probablement pas au courant que c’est désormais la troïka qui fixe les dates des réunions du Parlement grec, l’ordre du jour et le contenu des lois à faire voter ? N’est-il pas au courant que la Grèce n’a plus aucune souveraineté et qu’elle est devenue une colonie de l’UE ? N’est-il pas au courant qu’un référendum s’est tenu le 5 juillet en Grèce, que le NON à l’austérité a emporté 61% des suffrages, et que c’est pourtant un programme d’austérité qui va être voté par les parlementaires de droite, les socialistes et les députés de Syriza favorables à Alexis Tsipras ? Elle est belle cette démocratie !

Sortie de l’euro et de l’Union européenne

Tout ce qui a échoué est poursuivi dare-dare : perte de 25% de l’économie depuis 2010, 25% de chômage, baisse des salaires et des retraites jusqu’à 40%, augmentation de la TVA…

Tout ce que les Grecs ont rejeté par référendum est mis en œuvre par une étrange coalition, allant du FMI (filiale des États-Unis d’Amérique), à la BCE (filiale de l’empire allemand), en passant par la Commission européenne et… la gauche radicale (soi-disant la "vraie gauche") ! Non seulement Syriza en Grèce, qui apparaît comme la force de réserve de l’oligarchie, mais aussi ses soutiens que sont le Front de gauche en France, Podemos en Espagne, Die Linke en Allemagne…

Seule la sortie de l’euro et de l’Union européenne, conditions nécessaires mais néanmoins insuffisantes, permettront à la Grèce de se redresser.

Le mercredi 12 août 2015

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  • (2002) Lenin (requiem), texte de B. Brecht, musique de H. Eisler

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    Sur une musique de Hans Eisler, le requiem Lenin, écrit sur commande du PCUS pour le 20ème anniversaire de la mort de Illytch, mais jamais joué en URSS... avec un texte de Bertold Brecht, et des images d’hier et aujourd’hui de ces luttes de classes qui font l’histoire encore et toujours...

  • (2009) Déclaration de Malakoff

    Le 21 mars 2009, 155 militants, de 29 départements réunis à Malakoff signataires du texte alternatif du 34ème congrès « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps ». lire la déclaration complète et les signataires

  • (2011) Communistes de cœur, de raison et de combat !

    La déclaration complète

    Les résultats de la consultation des 16, 17 et 18 juin sont maintenant connus. Les enjeux sont importants et il nous faut donc les examiner pour en tirer les enseignements qui nous seront utiles pour l’avenir.

    Un peu plus d’un tiers des adhérents a participé à cette consultation, soit une participation en hausse par rapport aux précédents votes, dans un contexte de baisse des cotisants.
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  • (2016) 37eme congrès du PCF

    Texte nr 3, Unir les communistes, le défi renouvelé du PCF et son résumé.

    Signé par 626 communistes de 66 départements, dont 15 départements avec plus de 10 signataires, présenté au 37eme congrès du PCF comme base de discussion. Il a obtenu 3.755 voix à la consultation interne pour le choix de la base commune (sur 24.376 exprimés).