L’évolution des inégalités de revenus en France à lire sur l’observatoire des inégalités

, par  auteurs à lire , popularité : 3%

Nous publions un des articles de l’observatoire des inégalités, site qui donne de précieuses informations détaillées sur les inégalités, les revenus et la réalité des conséquences de cette guerre de classe que nous dénonçons... une lecture conseillée...

Les écarts de niveau de vie ont baissé si l’on se place sur une longue période. Cependant, elles repartent à la hausse depuis une quinzaine d’années. Principalement parce que les niveaux de vie des très riches se sont envolés mais aussi parce que ceux des plus pauvres ont diminué dans les années récentes. Le jugement que l’on peut porter sur les inégalités de revenus dépend de l’échelle de temps et de l’instrument de mesure que l’on utilise.

L’évolution depuis 40 ans

Comparaison entre les 10 % les plus pauvres et les 10 % les plus riches

L’outil le plus souvent utilisé pour mesurer les inégalités de revenus est appelé « rapport interdécile ». Il s’agit du rapport entre le niveau de vie minimum des 10 % les plus riches (ce qui s’appelle un décile, le neuvième) et le niveau de vie maximum des 10 % les plus pauvres (un autre décile, le premier). Tout cela, après impôts directs et prestations sociales, pour une personne seule.

Avec cet outil, et si l’on observe les choses depuis les années 1970, la diminution est nette : le rapport interdécile est passé de 4,6 à 3,6 en 2011. La baisse des inégalités de revenus a été continue des années 1970 au milieu des années 1980. Ensuite ce rapport a stagné aux alentours de 3,4 jusqu’en 2009. Depuis, il repart légèrement à la hausse pour atteindre 3,6 en 2011.

L’indice de Gini, indicateur des inégalités

Une autre façon de mesurer les inégalités de revenus est l’indice de Gini. Plus il est proche de zéro, plus on s’approche de l’égalité (tous les individus ont le même revenu). Plus il est proche de un, plus on est proche de l’inégalité totale (un seul individu reçoit tous les revenus).

Là aussi, la situation s’est nettement améliorée entre les années 1970 et le début des années 1990 : cet indice est passé de 0,331 à 0,277 en 1990. Depuis l’indice de Gini a nettement augmenté : il atteint désormais 0,302, le niveau de la fin des années 1970.

Cet indicateur décrit mieux la réalité des inégalités que le rapport interdécile car il synthétise en quelque sorte l’information sur l’ensemble des revenus. La France est un pays de plus en plus inégal du point de vue des revenus, et le phénomène ne date pas d’hier, mais de la fin des années 1990.

Les 10 dernières années

Entre 2001 et 2011, le niveau de vie moyen annuel des 10 % les plus pauvres [1] a très peu augmenté : + 0,9 %, soit un gain de 70 euros, une fois l’inflation déduite. A l’opposé, celui des 10 % les plus riches a connu une nette augmentation, de + 16,4 % soit un gain de 8 115 euros.

En 2001, les 10 % les plus riches avaient un revenu 6,2 fois supérieur aux 10 % les plus pauvres. C’est ce que l’on appelle l’écart relatif. En 2011, cet écart s’est creusé puisque les plus aisés touchent maintenant 7,2 fois plus que les plus modestes. En valeur absolue, c’est-à-dire en euros, cet écart est passé de 41 580 euros en 2001 à 46 625 euros en 2011.

Evolution des niveaux de vie moyens annuels

Les valeurs 2011 ont été recalculées pour éviter une rupture de série en 2010. Elles diffèrent des données que publie l’Insee sur l’année 2011, non comparables avec les données antérieures.
Source : Insee

Depuis 2008

On assiste à un changement de taille. Non seulement les revenus des catégories aisées progressent, mais ceux des plus démunis diminuent. Entre 2008 et 2011, le niveau de vie moyen annuel des 10 % les plus riches a augmenté de 1 795 euros, alors que celui des 10 % les plus pauvres a baissé de 360 euros (voir notre article 2008-2011 : inégalités en hausse, revenus en baisse pour les plus modestes). Et la situation s’est probablement dégradée depuis 2011 du fait de la progression du chômage. On passe d’un régime de progrès mal partagé à un régime au sein duquel les différentes catégories sociales s’éloignent les unes des autres. Ceci est très différent et constitue un moteur majeur des tensions sociales.

Pour en savoir plus :
- Les revenus et le patrimoine des ménages - Édition 2013, Insee - avril 2013.
- 2008-2011 : inégalités en hausse, revenus en baisse pour les plus modestes
- Comment évoluent les très hauts revenus en France ?

Photo / © Gina Sanders - Fotolia.com

Date de rédaction le 24 avril 2013

Voir en ligne : Sur le site "Observatoire des inégalités"

[1Attention, il ne faut pas confondre le niveau de vie moyen d’une tranche de 10 % de population avec un décile, qui est la limite de la tranche.

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