La situation politique et l’élection municipale de Vénissieux

, par  pam , popularité : 3%

Les conditions de l’élection municipale à Vénissieux sont presque connues, et le débat télévisé sur FR3 samedi 25 janvier a été illustratif.

L’émission télévisée avait invité les représentants de trois listes dont les partis sont reconnus nationalement et a évoqué 3 autres listes connues, avec une interrogation restante sur l’extrême-droite.

La plupart des réactions à l’émission sont claires. Michèle Picard comme maire sortante est apparue comme conduisant une liste de large rassemblement, soutenue par le PCF, le PG, le MRC, EELV, mais aussi des personnalités vénissianes, des militants socialistes, des syndicalistes, de jeunes entrepreneurs... une liste renouvelée et à l’image de la ville, capable de poursuivre le travail engagé.

La droite conduite par Christophe Girard continue à se cacher derrière un discours centriste et apolitique. Il veut faire croire qu’il se préoccupe des habitants, des salariés, mais sans rien dire des choix politiques qu’il défend. Dans quel groupe du Grand Lyon siégerait-t-il ? Tout le monde sait bien que ce serait le groupe UMP, ce groupe qui dénonce le logement social, les dépenses publiques, et qui considère qu’on en fait trop pour Vénissieux ! Ou peut-être le groupe des "Millonistes", ces UMP qui voulait un accord avec le FN... On ne sait qu’une chose de cet ex-Villériste candidat UMP. Il cherche à surfer sur toute critique de la ville, et va même jusqu’à se prétendre porteur des revendications de la CGT... tout en refusant d’ailleurs au conseil municipal de voter la subvention à la même CGT... Dans un autre article, sur un sujet que je connais bien, le réseau de chaleur, je montre à quel point son "contre-bilan" est un tissue d’âneries.

Lotfi Ben Khelifa, que Gérard Collomb et le parti socialiste départemental ont décidé de soutenir après la décision des communistes lyonnais, ne sait pas trop sur quel pied danser. Il a voté comme tous les socialistes, toutes les propositions de Michèle Picard depuis 6 ans, les adjoints socialistes sont en photo dans le bilan diffusé par le maire sortant. Il ne sait pas bien comment dire qu’il a des points de vues différents. Et par exemple dans le débat sur la sécurité, il choisit de ne pas rappeler que le PS Vénissian s’était opposé à la création d’une équipe de soirée de la police municipale (il est vrai qu’elle est plébiscitée par les vénissians). Pourquoi alors cette décision de partir seul contre la majorité municipale ?

On comprend bien qu’il veut défendre la politique du gouvernement, dont cette réforme des rythmes scolaires dont on peut partager les objectifs, mais dont tous les élus reconnaissent qu’elles supposent des dépenses nouvelles et lourdes qui seront à la charge des communes, alors qu’on réduit leur dotation.

On comprend aussi qu’il veut défendre la métropole et la future majorité possible de Gérard Collomb, mais on ne sait pas pourquoi et comment il pense que ce serait une bonne chose pour Vénissieux. On dit que la métropole sera plus forte dans la concurrence avec Barcelone, Munich ou Milan, mais est-ce que ça concerne l’emploi, le logement, le cadre de vie, la solidarité à Vénissieux ?

D’autant que Michèle Picard, comme André Gerin avant elle, ont montré qu’ils savaient se faire reconnaitre dans l’agglomération, et, parfois en se fâchant, obtenir des décisions positives pour la ville. Ça peut être long comme pour le Puisoz, mais le métro dans les années 80, le tram dans les années 2000, la reconstruction de Vénissy, du quartier Amstrong, du lycée Jacques Brel [1], le projet urba-gare, le projet cœur de la ville, la pré-fabrique Opéra... tout le monde le voit bien. La ville de Vénissieux est une ville qui compte dans le Grand Lyon !

L’intervention de Bernard Rivalta sur le budget au conseil municipal de lundi était illustrative. Il a consacré tous ses efforts à montrer tout ce que la métropole allait faire demain, pour dire qu’il fallait absolument y prendre notre place. Mais la réponse de Michèle Picard était évidente et en deux temps. A force de faire comme si tout allait être fait par la métropole, il ne fait que confirmer nos craintes : que devient la ville, avec quels moyens ? Et elle conclue malicieusement : « De toute façon, on était contre la création de la communauté urbaine il y a 50 ans, et on a bien travaillé avec et réussi de nombreux projets, on défendra Vénissieux demain dans la métropole de la même manière ! ».

Au total, Michèle Picard est seule à présenter une démarche cohérente avec son bilan, sa position politique et son projet.
- Elle porte le bilan d’une ville solide et bien gérée, une ville qui réussi à accompagner son développement urbain et économique en maintenant la qualité de ses services aux habitants, de ses choix de solidarité, de laïcité, de service public.
- Elle explique clairement qu’elle veut tenir le cap à gauche dans un rassemblement le plus large possible de vénissians, avec des personnalités, en expliquant clairement son opposition à la politique d’austérité à partir des questions concrètes posées aux habitants.
- Elle propose un projet s’appuyant sur la connaissance des dossiers de son équipe, enrichi des discussions avec une liste fortement renouvelée, avec des propositions qui tiennent compte des riches discussions des conseils de quartier sur la tranquillité, le développement de la ville, le stationnement, l’efficacité de la solidarité sociale...

Oui, elle est la seule à pouvoir rassembler bien au-delà de son propre parti, à proposer aux vénissians de s’unir dans une société qui fait tout pour opposer les gens entre eux. Elle propose une démarche laïque et républicaine, respectueuse des histoires personnelles et collectives dans l’objectif de ce "tous ensemble" qui est essentiel pour défendre nos intérêts.

Sa démarche est bien loin de la lutte des places qui agitent certains, ceux qui peuvent passer d’une liste citoyens et extrême gauche en 2001, au groupe communiste en 2008, au groupe socialiste en 2011, puis sur une liste centriste en 2014... ou ceux qui défendant jusqu’en 2013 un Front de Gauche autonome du PS peuvent se retrouver en 2014 sur la liste... du PS !

D’autres veulent utiliser le bulletin de vote pour affirmer leur position politique, comme si l’élection municipale n’était pas d’abord une élection locale, sur un projet, une équipe et un effort pour le vivre ensemble, ; comme une liste LO bien que l’élue sortante reconnaisse que la ville est un appui pour les luttes des travailleurs.

Et ce n’est certainement pas par hasard que FR3 avait choisi comme premier thème du débat samedi le "dossier SACOVIV", puis la sécurité, ce qui fait qu’en une heure de débat, les questions de l’emploi, de l’école, de la solidarité... n’auront pu être discutées...

Alors malgré toutes les fausses rumeurs qui ne manqueront pas d’être propagée d’ici au 23 mars à Vénissieux, malgré le risque d’une liste d’extrême-extrême-droite qui tenterait un coup médiatique à Vénissieux, avec des provocations de toutes sortes, il faut amplifier les efforts pour tisser des liens directs entre voisins, amis, collègues de travail, pour imposer le 23 mars, à travers la liste conduite par Michèle Picard, l’effort citoyen et démocratique qui est la seule réponse au chacun pour soi, le seul vote pour le rassemblement de tous les vénissians.

[1encore un des rares dossiers ou le PS vénissisan s’était opposé au choix de la ville, sans d’ailleurs en reparler depuis

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