L’Union sacrée et Mélenchon ? INTERVIEW

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Mélenchon apporte des garanties à l’alignement sur l’OTAN et donc à l’union sacrée d’une possible cohabitation. Il est remarquable que cet interview de Mélenchon date du 22 mai, soit deux jours après la libération d’Azovstal, et la mise en ligne de vidéos montrant à tous la nature néonazie du bataillon Azov. Ce jour-là Julien Bayou [secrétaire EELV] expliquait sur France-Inter que si la NUPES arrivait au gouvernement, elle continuerait certainement les livraisons françaises d’armes lourdes (canons César) à Kiev. Ces deux réactions font face à la fois à l’échec du fer de lance de l’armée ukrainienne, et à la révélation de sa nature. Car Mélenchon ne peut absolument pas dire qu’il ignore la nature d’Azov maintenant.

C’est une nouvelle Union Sacrée de celle qui a gracié l’assassin de Jaurès qui vient d’éclore, au moment où la bourgeoisie en a particulièrement besoin face au peuple, et alors que les sanctions, le vol des avoirs, l’exclusion de SWIFT, etc. l’envoi des armes et des instructeurs échouent.

Danielle Bleitrach

Que feront les USA, l’Europe et notre pays maintenant ?

Notre bourgeoisie est déjà assurée du soutien de Mélenchon à une escalade, j’ajouterai le fait qu’il soit devenu l’opposant officiel de Macron en quasi remplacement de Le Pen n’est peut-être pas étranger à ce ralliement à l’atlantisme. On sait les garanties qu’avait données Mitterrand aux ETATS-UNIS entre autres de réduire a quia le PCF.

Ce texte est issu d’un échange entre les lecteurs de notre blog, l’un d’eux ayant publié l’extrait de l’interview sous format texte, en rappelant à toutes fins utiles que l’intervention russe en Ukraine commence le 24 février, puisqu’il affirme qu’il ne savait rien le 1er mars. Sans autre commentaire, je crois qu’il démontre lui-même toute sa duplicité :

Interview de Mélenchon à RTL, 22 Mai 2025

… « Quant à l’international. La Constitution prévoit que le chef de l’Etat négocie et signe les traités. Si ça avait été moi j’aurais négocié et signé les traités, donc je sais aujourd’hui que je ne peux pas faire de traités ni négocier de traités sans son accord donc je suis obligé de m’entendre avec lui.

– Si le président de la République décide d’envoyer des armes en Ukraine, est-ce que vous premier ministre vous pourriez émettre un avis différent et vous opposer à cette décision ou ce souhait du président de la République ?

– M’y suis-je opposé quand on a envoyé les canons César ? Non. Alors pourquoi voudriez-vous que tout d’un coup je m’y oppose ?
Je sais ce que je sais, ce que je pense…

– A un moment donné vous aviez eu des réticences sur est-ce qu’il faut armer..

– Non mais ça c’est des trucs de média, on n’écoute pas ce que les gens disent et on fait des caricatures. Moi j’ai dit depuis le début faisons très attention pour ne pas apparaître comme des belligérants, c’est-à-dire comme ceux qui tout d’un coup entreraient en guerre contre la Russie. Le Président de la république a exactement la même préoccupation jusqu’à présent, il a toujours dit qu’il était pour la désescalade. Il y a peut-être des désaccords entre lui et moi parce qu’il se trouve qu’il est moins rigoureux que moi vis-à-vis de Poutine puisqu’il a dit qu’il ne fallait pas l’humilier. Si, moi je pense que ça ne me dérange pas de l’humilier parce que ce qu’il a fait est gravissime et que la Russie ne reviendra pas à la table de la société internationale normale tant que Monsieur Poutine, responsable de crimes de guerre, sera là. Voilà.

– Vous trouvez Emmanuel Macron trop conciliant avec Vladimir Poutine ?

– Non, c’est surtout que je trouve Monsieur Poutine plus violent que ce que beaucoup en ont dit jusque-là. Ce qu’il fait est d’une gravité exceptionnelle et pour nous Français spécialement, parce que nous nous étions juré, nous Français, que si quelqu’un recommençait la guerre sur le continent nous ne l’accepterions pas et nous ne l’accepterions pas, c’est-à-dire que nous interviendrions. Et nous avons l’arme nucléaire. Nous sommes pris à revers. Cet homme a passé la frontière, tout cassé autour de lui, persécuté des populations civiles sans aucune raison autre que de les terroriser. Et qu’avons-nous fait ? Eh bien pratiquement nous avons pas fait grand-chose. Voilà. Et donc je pense que militairement… je parle, bon on a fait des choses, la répression économique, les sanctions, tout ça, mais militairement nous avons été mis au pied du mur sans savoir quoi faire. Et je trouve que cette situation est tellement grave que ça mériterait qu’on rediscute de l’ensemble de nos outils de défense, et en particulier j’ai essayé de faire avancer le débat sur l’efficacité réelle de la dissuasion nucléaire. Je suis pour la dissuasion mais notre dissuasion nucléaire telle qu’elle fonctionne ne fonctionne plus parce qu’elle est repérable depuis l’espace. J’ai donc proposé qu’on transfère dans l’espace et par les moyens de l’espace les méthodes de dissuasion des Français, aussi bien sur la toile numérique que par rapport aux installations à terre.

– Mais est-ce que dans l’immédiat Jean-Luc Mélenchon vous iriez plus loin encore dans l’aide aux ukrainiens, comme les américains qui viennent de décider d’un plan d’aide de quarante milliards ?

– Mais eux ils ont la planche à billets alors évidemment ils appuient sur le bouton et ils donnent quarante milliards. Nous on ne peut pas donner quarante milliards, on n’imprime pas de la monnaie comme ça, les américains si, ils peuvent le faire, et vous verrez que ça va se retourner contre eux bientôt puisqu’une bonne partie de la planète commencent à dire qu’ils veulent échanger entre eux dans les monnaies nationales. C’est un autre sujet dont naturellement on ne parlera jamais parce que c’est un peu compliqué mais c’est juste la paix du monde qui est en cause dans cette affaire. Donc est-ce qu’il faut être plus dur ? Je pense que ce sont des discussions qu’on fait avec des informations dans les mains. C’est pas des choses qu’on déclenche sur les plateaux télé pour faire les nanars, allez on envoie des armes, on va faire ci, on va faire là…

– Non mais…

– Parce que la dernière fois que je me suis exprimé sur le sujet, de manière un peu décisive, je me suis trompé. Mais figurez-vous que je ne me suis pas trompé parce que j’étais mal levé ce jour-là, mais les services de renseignement français, les responsables politiques et militaires français avaient dit ah ben non ça craint pas, il ne passera pas la frontière. Et donc m’installant sur ce raisonnement et sur ces informations j’en avais déduis ni lui il passe la frontière ni les autres…

– Mais vous vous étiez trompé personnellement sur Vladimir Poutine, sur l’homme ? est-ce que vous pouvez dire aujourd’hui voilà, je ne pensais pas qu’il était aussi belliqueux et qu’il était dans ces intentions-là ?

– Je comprends pas il est responsable des actes qu’il pose

– Est-ce que vous avez pu évoluer ? Voilà le 1er mars à l’Assemblée Nationale la décision de l’Union Européenne de fournir des armes à l’Ukraine vous l’aviez critiquée le 1er mars. Aujourd’hui vous nous dites : je peux entendre qu’on en livre.

– Oui, mais c’était le 1er mars. Alors je sais bien que vous vous ne vous trompez jamais, et vous n’évoluez jamais dans vos raisonnements. Moi si. Le 1er mars et comme dans toute la période où j’ai cru les renseignements qu’on m’avait donnés, j’ai conclu que nous allions – d’abord qu’il ne rentrerait pas – sur la base des renseignements militaires, je vous signale que le responsable a été viré, hein, pour ça. Alors le malheureux il n’est peut-être pas si responsable que ça, mais en attendant, le responsable français du renseignement a été changé parce que ça fait la deuxième, que dis-je la troisième fois qu’on avance à l’aveugle. Par exemple les deux putschs qu’il y a eu au Mali, personne n’en savait rien avant, à part moi qui comprenait que la situation était dégradée. Là de même. Alors quand l’Union Européenne a dit on va fournir des armes, qui va fournir des armes ? Dans quelles conditions ? Jusqu’où on le fera ? Écoutez il s’agit de la paix et de la guerre avec quelqu’un dont tout le monde dit par ailleurs qu’il se comporte comme un psychopathe, et qui d’ailleurs n’a pas hésité à nous menacer de guerre nucléaire. Alors moi, les numéros sur les plateaux et puis les grands chefs en Europe qui décident qu’on va aller faire la guerre ça ne me convient pas, je suis pour des discussions raisonnées en pesant exactement ce qu’on fait quand on a affaire à un personnage pareil. Vous avez vu dans quel état il a mis l’Ukraine ? Et avant ça la Tchétchénie ? Donc c’est pas un personnage dont on peut plaisanter ou dire il va comprendre que c’est une blague. »…

Voir en ligne : publié par histoireetsociete

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