L’Union européenne, une menace pour la démocratie Par Rui Paz, collaborateur de la section international du PCP

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Les élites fédéralistes actuellement obligées de masquer l’euphorie avec laquelle elles ont accueilli l’Euro, le traité de Lisbonne et les autres étapes du processus d’intégration dans l’Union européenne (UE), essayent de défendre l’idée que la solution à la crise politique, économique et sociale passerait par "plus d’Europe !". Elles critiquent avec raison le chancelier de l’Allemagne, un dictateur pour ses menaces et ses actes contre la souveraineté des peuples ; mais répéter un tel mot d’ordre conduit exactement à ce que le grand capital allemand renforce sa capacité d’ingérence dans les orientations politiques des gouvernements des autres États. "Plus d’Europe !" signifie l’approfondissement du fédéralisme, plus d’hégémonie allemande, plus de recul social et d’attaques contre la démocratie, plus de militarisme.

En réalité, l’Union européenne, en élargissant graduellement ses prérogatives, devient de plus en plus une menace réelle contre la souveraineté de la plupart des États membres et un danger mortel pour les acquis démocratiques et sociaux conquis par les travailleurs et la lutte des peuples, après la défaite des nazis.

L’offensive brutale sur le plan social s’accompagne d’une attaque contre la souveraineté des peuples et les principes de la démocratie. Les partisans du fédéralisme essayent de cacher que, sans le respect de la souveraineté de chaque État et la volonté de décision de chaque peuple, la démocratie n’est pas possible.

Il est commode d’oublier que le processus d’intégration de l’UE a fui la démocratie comme le diable la croix. Combien de décisions importantes ont été approuvés dans le silence des bureaux, allant à l’encontre des référendums et des revendications populaires ? Combien de processus électoraux au cours desquels les électeurs ont voté contre les surenchères de l’UE, ont été répétés jusqu’à ce que l’issue soit en accord avec les objectifs visés ?

Au moment où la "troïka" réunit le Parlement en vue de ratifier le soi-disant "traitement du budget", il est impératif de rappeler que l’objectif principal de ce saut qualitatif dans le processus d’intégration fédérale, n’est pas la réduction du déficit, mais au contraire, sous le prétexte de diminution de la dette, d’obliger l’écrasante majorité des gens à payer les effets de la crise, par conséquent, d’obtenir un changement fondamental dans la répartition de la richesse produite au profit du grand capital. Selon la logique impérialiste, le prix de la force de travail devrait baisser jusqu’à un niveau insupportable pour les travailleurs, dans tous les États de l’UE. Il s’agit de la même mentalité que celle d’un camp de concentration ou de l’esclavage, qui doit être légalisée avec le slogan de "plus d’Europe".

Plus le processus d’intégration dans l’Union européenne avance, plus les peuples qui souffrent comprennent le caractère subversif et antidémocratique de ce processus d’intégration à l’Europe capitaliste et l’existence d’un pouvoir illégitime qui est déterminé à nourrir une situation de coup d’État permanent contre les principes parlementaires.

Aujourd’hui, il est facile de vérifier comment le PCP, par la voix d’Alvaro Cunhal, l’ancien secrétaire général, avait totalement raison lorsqu’il avertissait :

Avec des structures fédérales et un gouvernement réellement centralisé, mettant en œuvre des politiques communes imposées par les pays les plus puissants et les plus développés, avec le passage des pays moins développés vers des pays périphériques dépossédés de leur propre politique, avec l’acceptation passive et la soumission à une OTAN autonome, commandée par les Etats-Unis et entraînant les peuples vers des guerres criminelles, cette nouvelle Europe, liquidant la souveraineté des pays les moins développés, ne servira ni les intérêts des peuples et des nations, ni les intérêts du peuple et de la nation portugaise.

Alvaro Cunhal, "Dans la vérité et le mensonge de la révolution d’avril", 1999, p.321

Comme dans d’autres moments de l’Histoire, les peuples, au travers de leurs luttes, devront défendre et restaurer leurs droits et leurs acquis ainsi que la démocratie elle-même.

Rui Paz, collaborateur de la section international du PCP

L’Avante du 17 avril 2012 (tiré du site du PCP)

Traduction PB pour lepcf.fr

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