Impressions, très personnelles, au retour du 36ème congrès...

, par  Paul Barbazange , popularité : 2%

Qu’attendre d’un congrès ?

Impressions, très personnelles, au retour du 36ème congrès...

L’analyse collective viendra plus tard, après les comptes rendus dans les cellules et les sections, confrontée au feu de l’expérience.

Je suis de ceux qui ont activement contribué à l’écriture du texte alternatif : "Faire vivre et renforcer le PCF, Unir les communistes pour un PCF de combat, marxiste, populaire et rassembleur".

Ce texte a réuni un peu plus de 11% des voix dans un vote marqué par l’abstention et l’effondrement des effectifs du PCF depuis les précédents congrès. J’ai rappelé cela lors de l’une de mes interventions en séance.

Plusieurs idées structurent ce texte alternatif :
Le caractère idéaliste du texte de la direction inamendable de ce fait, ne faisant :

  • ni une analyse suffisamment méticuleuse de l’évolution des conditions d’exploitation,
  • ni des résultats électoraux (présidentielles-législatives) et d’organisation du PCF,
  • restant très superficiel sur le Front de gauche et les rassemblements à venir (luttes, municipales, européennes).

Comme lors des débats préparatoires nous avons au congrès travaillé à l’adoption d’un texte d’une autre nature. Personne ne pouvait espérer avec 11% des voix et le fait que nous étions (comme les autres textes alternatifs) très sous représentés, y parvenir.

C’est dans ce cadre que je m’efforce de traduire les contradictions que j’ai vécues.

Sous certains aspects la direction a été obligé de tenir compte des réalités politiques et économiques.

Le capitalisme est en crise systémique mondialisée depuis 2008. Il n’est pas "en danger en tant que système" faute d’une alternative nationale ou internationale, mais du fait de la nature des risques mettant en danger la vie même sur la planète, une certaine conscience se reconstruit. Hors du PCF, comme dans le PCF. Le PCF suit ce mouvement (place donnée au forum de Porto Alegre). Des contacts se renouent ; Cuba est ovationné, mais les apports communistes ne sont pas mis en relief.

La question de la formation politique et idéologique comme besoin de l’organisation de type parti est soulignée. Des références au marxisme peuvent être faites sans déclencher de tollé. Le secrétaire général tartine sur le "Communisme de nouvelle génération" à toutes les sauces, à condition que l’on n’éclaircisse pas trop vite ce concept.

En France le PCF ne participe pas à la majorité présidentielle, souligne l’échec politique inscrit dans l’absence de changement, la signature du TSCG, la continuité politique Hollande/Sarkozy, les ponts avec le MEDEF et A Merkel.

Nous ne sommes plus en 1996 et la Mutation, la fin de la forme parti, le gouvernement Jospin/Gayssot, l’éclatement de la SNCF, l’impuissance partagée face à Michelin, les PPP...

Ni en 2002, Martigues et ces dizaines de milliers de communistes qui quittent le PCF, la désorganisation totale du parti à l’entreprise au point que dix ans plus tard le secrétaire général indique que seul un demi-permanent sans secrétariat tente de faire front nationalement sur cette question... pour moi centrale.

Ni en 2008 et la tentative par Marie-Georges Buffet et ses amis de supprimer la référence au communisme dans le nom de notre parti.

Qu’on le veuille ou non, j’ai pu dire sans que cela soulève le moindre murmure : "Il est temps d’en finir avec Martigues" (2002). Pas de murmures, mais pas de construction massive cohérente de cet objectif à partir de la salle. Tout au plus une attente frileuse et beaucoup d’incompréhension... encore.

11% à notre texte, des abstentions massives, pas plus, pas moins. Beaucoup de propositions que nous avançons reprises dans des amendements de sections, de fédérations mais pas de volonté de gagner une majorité.

Le PCF se vit dans sa majorité (large) en congrès comme un parti (et non un mouvement), un parti communiste... le mot exploitation vient même à plusieurs reprises dans le texte final. Notre camarade MC Burricand l’a même fait ajouter après "système capitaliste".

La direction est poussée par des considérations tactiques à intégrer des représentants de deux des trois textes alternatifs à ses propositions pour le CN. "La Riposte" étant écarté car représentant un courant politique organisé à l’échelle internationale hors du PCF.

Ces constats faits, rien d’essentiel n’a bougé dans l’équilibre du texte et des directions :

- Sur la question fondamentale de la répartition des cotisations 4/4 ou 3/3 (élimination de toute ressource autonome des cellules) la direction est restée intransigeante. Rien n’a pu l’ébranler, ni un débat fourni dans lequel l’hypocrisie a été soulevé (présenter la cellule comme structure de proximité et la priver de ressources), ni la souveraineté, ni la proximité, ni la première des vérités financières : ce sont les communistes organisés dans la proximité qui cotisent... et rapportent !... Bien que se heurtant sur cette question a plus d’un tiers des délégués (environ 250), aucun compromis n’a été proposé. Sur ce seul aspect nous sommes quelques-uns à avoir choisi de nous opposer au texte amendé.

- Sur la question de l’Europe, le débat n’a pris que peu d’ampleur, le PGE étant présenté comme un remède miracle en passe de régir la campagne et les candidatures pour les prochaines européennes. L’Europe capitaliste construite contre les exploités serait un fait.

Dans son discours de clôture le secrétaire général s’est livré à une violente opération de division des communistes autour de la question des "symboles" faucille et marteau enlevés de la carte sans aucun débat public à partir de références historiques que je qualifierai "d’incomplètes", pour ne pas jeter de l’huile sur le feu, oubliant de ce fait de répondre à la question bien plus importante soulevée par des congressistes de la présence sur la nouvelle carte du sigle PGE auquel aucun d’entre nous n’est adhérent direct.

Pour terminer, mais c’est une sensation très personnelle, cette présence autour du secrétaire général de tous ceux qui ont poussé ces dernières années à la disparition de toutes références au communisme et à ce que l’histoire du siècle passé enfin écrite avec rigueur pourrait nous apprendre sur le présent.

En conclusion, je crois que la bataille de sens que nous menons, dans et en dehors du parti pour la construction d’un parti communiste de masse et de classe doit être poursuivie avec énergie.

Des jeunes nombreux s’y retrouvent y compris au travers des symboles et d’une connaissance de l’histoire de leur classe. Transmettons leurs dans la braise des luttes sociales, économiques et politique cette connaissance.

Paul Barbazange, délégué de la fédération de l’Hérault, élu au CN.

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