La une de l’humanité du 9/12/2010...

Il faut réinventer le capitalisme ! où une direction totalement dépassée...

, par  pam , popularité : 5%

Le titre de l’Huma était accrocheur : "Il faut réinventer l’Euro". On sent que le comité de rédaction a longuement discuté pour être à la hauteur des titres de Libération et des enjeux de l’époque. Vous vous rendez compte ? Et si la crise de l’Euro "tuait la construction européenne" comme le dit le sous-titre ? Pour les dirigeants du PCF et de l’Humanité, ce serait alors la fin de tout espoir de changement social et progressiste, la fin de la construction européenne !

Pendant ce temps là, partout en France, dans les manifestations, les occupations d’usine, les rencontres de solidarité, les débats sur l’issue politique et économique, on entend sourdre la colère populaire et militante contre un Euro symbole de la vie chère, de l’exploitation du travail, bref, un Euro symbole du capitalisme ! On entend la colère contre les institutions européennes, contre la banque centrale européenne qui servent efficacement les états qui mènent partout des politiques de réduction accélérée des salaires, dans la concurrence exacerbée entre eux, quitte à mettre en scène les nationalistes et fascistes qui détourneront la colère des peuples du capitalisme lui même.

On ne peut mieux sentir le grand écart qui s’est creusé entre les dirigeants du PCF, beaucoup d’élus européens et nationaux, et la base militante du parti, ceux qui luttent, qui cherchent à favoriser le rassemblement populaire, à orienter la colère contre ce qui permet de s’attaquer justement au fonds du problème, le capitalisme !

Face à la violence d’un capitalisme roi qui organise un brutal recul de civilisation, la direction du parti et de l’humanité continue à enfermer le mouvement populaire dans l’impasse d’un idéalisme qui deviendrait désuet s’il n’était pas si dangereux !

Ce titre de l’Huma n’est pas une erreur de journaliste trop pressé, une simple pression de la recherche exagérée de l’accroche journalistique. Non, le titre est totalement cohérent avec la ligne politique que défend avec rigueur et ténacité la direction de l’Humanité, en totale cohérence avec la direction du PCF.

Ainsi, l’Humanité lance un appel pour refuser de payer la crise européenne. Vœu louable, mais les propositions qui sont faites au peuple sont
- demander à la banque centrale européenne de financer l’emploi !
- taxer les mouvements de capitaux.

Encore une fois, on fait comme si la BCE n’avait pas été créée justement pour faire pression contre les salaires ! Comme si un responsable syndical disait aux salariés "il faut demander au patron de financer l’emploi !". tout le monde sait bien que les patrons "paient" l’emploi dont ils ont besoin, quand ils en ont besoin, et que la première étape de la lutte des classes qu’ils nous imposent, c’est qu’il faut se battre pour obtenir un salaire décent, des conditions de travail décentes... On ne "demande" pas au patron, on revendique, on proteste, on exige !

Mais la banque centrale n’est pas un patron, elle est l’outil que les patrons ont créés pour éloigner le pouvoir monétaire des volontés politiques que les peuples peuvent porter au niveau national. Le peuple islandais a ainsi pu imposer à son gouvernement de ne pas payer les dettes des banques anglaises ! C’est pour cela que la BCE et l’Euro ont été créés et c’est contre cela qu’il faut appeler les travailleurs à lutter, revendiquer, exiger.

Quand à la taxation des capitaux, revendication reprise par Chirac ou Sarkozy, on se demande combien de temps les dirigeants du PCF vont continuer à faire croire qu’on peut utilement "taxer" les mouvements de capitaux dans un monde ou les capitaux font les lois et les règlements, après tant d’années de crise ou tout le monde a pu constater que les capitaux contournent ou récupèrent tous les dispositifs de régulation qui sont censés les freiner !

Et bien sûr, rien sur l’essentiel, l’exigence de nationalisation des banques, d’expropriation de tous ces affairistes de la bourgeoisie qui tirent les ficelles des monnaies, des dettes et des budgets...

La conclusion est tout aussi édifiante. Au moment où le mouvement social bute sur le manque de perspective politique pour l’aider à élever encore le niveau des luttes et faire bouger le rapport de forces, l’Humanité lui propose la "construction d’une Europe sociale que propose la confédération européenne des syndicats" !

Il ne faut pourtant pas longtemps aux communistes pour réaliser que le dollar a servi de support à la colère contre l’impérialisme US au même titre que les GI ou l’OTAN... Pour agir contre le roi dollar, partout les peuples cherchent les voies de leur souveraineté monétaire, de coopérations débarrassées des spéculations et affairistes. Les efforts des pays d’Amérique Latine pour construire l’ALBA, qui repose non sur une monnaie et une banque centrale unique s’imposant aux peuples et les mettant en concurrence, mais sur une monnaie commune de coopération, permettant à chacun d’échanger de manière mutuellement avantageuse pour que l’échange soit non pas une domination de l’un sur les autres, mais au contraire l’outil de la solidarité.

Il ne faut évidemment réinventer ni l’Euro, ni l’Union Européenne, ni le Capitalisme ! Il faut en urgence poser la question de la souveraineté des peuples, condition de leur échange équitable. Il faut dire "NON" à la BCE, à l’UE, au FMI. Il faut des revendications fortes pour le refus d’appliquer les directives européennes, Il faut accompagner et faire grandir la colère populaire contre cette Europe du fric !

Il faut comme l’on fait Cuba, le Vénézuela, la Bolivie, l’Équateur, poser la question du socialisme du XXIème siècle, qui ne se construira pas dans les illusions sur la démocratie technocratique européenne, mais bien dans les conditions propres à chaque pays, selon ses traditions de lutte, ses forces organisées. Ce qui "sauverait" l’Europe, ce serait par exemple que la France dise "STOP", nous ne respectons plus les règles européennes, nous sortons de cet Euro mortifère, nous renversons totalement les priorités et nous proposons à tous les peuples d’ouvrir enfin le chantier de la coopération et la solidarité internationaliste.

Pour avancer plus vite dans cette direction, il faut que les communistes cessent de penser que la direction fait "pour le mieux", et constatant qu’elle est totalement discréditée dans la situation d’aiguisement des luttes que nous connaissons, les communistes doivent en changer le plus vite possible.

L’équipe de l’Huma n’a sans doute pas vu l’humour de cette une. A côté de ce titre réformiste au possible, un encart annonçant un article de Vincent Goulet, "les classes populaires boudent-elles les médias ?"... C’est sûr qu’avec ce titre, il sera difficile de les attirer, les classes populaires !

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