Grèce : le coup de force de Tsipras doit nous ouvrir les yeux Tribune libre d’Enver

, par  communistes , popularité : 2%

Cette tribune libre est publiée sous la responsabilité de son auteur, elle n’engage ni la section Oswald Calvetti ni le PCF.

En France le Capital a son Valls pour défendre ses intérêts, en Grèce il a son Tsipras ! Qu’on en juge :

Le gouvernement Syriza-Anel (*) cherche à imposer de nouvelles mesures pour accroître l’austérité. Elles sont estimées à 5,4 milliards d’euros (3% du PIB) et portent principalement sur des taxes supplémentaires et la casse des systèmes de sécurité sociale et des retraites.

Un projet de loi en ce sens a été présenté au parlement ; il devrait être soumis au vote le 10 ou le 11 mai.

La résistance, animée principalement par nos camarades du KKE (Parti Communiste de Grèce) et le syndicat de classe PAM, avait appelé à 2 jours de grève générale et de manifestation pour s’y opposer.

Tsipras, qui n’est pas socialiste pour rien, a décidé au dernier moment, suivant une procédure particulière, de faire voter le projet ce week-end ; il a sorti son 49-3 en quelque sorte !

On lira ci-dessous l’appel du Parti Communiste à l’action immédiate. Gageons que le Peuple grec ne se laissera pas tondre si facilement !

La queue devant un soupe populaire dans un quartier ouvrier d’Athènes

Pour nous, en France, ce coup de force de Tsipras contre son peuple est doublement important :
- Il confirme, si besoin était, qu’il n’y a pas d’alternative à l’austérité à l’intérieur du système. Pour sortir de l’austérité, il faut sortir du capitalisme ! On peut revêtir un costume de Daladier des temps modernes et prendre des accents munichois pour nous expliquer que Syriza remporte de grandes victoires (c’est ici), il n’empêche que la réalité a la vie dure (c’est ici) et que la souffrance du peuple grec est bien réelle. La leçon est d’importance pour tous ceux qui, à l’intérieur du Parti, veulent nous donner Syriza-Podemos en exemple.
- Il confirme que l’application d’un programme social en France se heurtera à l’opposition de l’Union Européenne. A la veille des présidentielles, plutôt que de mettre en avant les détails d’un programme que l’Union Européenne nous empêchera d’appliquer, on ferait mieux d’expliquer aux Français notre stratégie pour gagner cet affrontement inévitable (Qu’on ne me dise pas qu’il n’ y a qu’à sortir de l’Europe, c’est aussi naïf que de lui demander d’être sociale ! L’Union Européenne est faite pour exploiter les peuples et elle les exploite, que ça leur plaise ou non, qu’ils veuillent en sortir ou pas). La seule question intéressante est : comment ferons-nous pour mettre en œuvre, malgré l’UE, des mesures progressistes. Ne nous y trompons pas, cette question est aussi redoutable, dans un pays qui ne fabrique plus grand chose et importe 80% des objets qu’il consomme, que fondamentale pour entraîner l’adhésion populaire. Qui soutiendra notre programme, aussi beau soit-il, si nous n’expliquons pas de façon convaincante pourquoi nous ne serons pas les nouveaux Tsipras ?

Ce qui se passe en Grèce nous concerne, soyons solidaires de ce peuple, que le Capital martyrise, et de sa résistance. A la veille du 37ème congrès de notre Parti, tirons-en les leçons. Rejetons la voie sociale-démocrate, elle mène à la capitulation et à la collaboration, rejetons le modèle Syriza : il a échoué. Faisons vivre et renforçons notre Parti pour, qu’en France comme en Grèce, il ait le courage et les moyens de conduire la Résistance à l’exploitation et qu’il puisse ouvrir la voie de l’émancipation de tous les exploités.

Enver

(*) Anel : Parti de la droite dure avec lequel s’est allié pour gouverner


Les communiste à l’avant-garde du mouvement (Photo KKE)

Les communiste à l’avant-garde du mouvement (Photo KKE)

Déclaration du Secrétaire Général du KKE, sur le tentative de faire voter "la loi-guillotine" (**) pendant le weekend du 7 au 8 mai

Le gouvernement Syriza-Anel tremble devant la rage et l’indignation populaire et se livre sans limite à des magouilles politiciennes. Il essaie de faire voter par surprise, ce weekend, sa loi contre la sécurité sociale, pour de nouvelles taxes et autres mesures sur lesquelles il s’est mis d’accord avec le quartet.

C’est un acte de pur autoritarisme et d’hostilité envers les travailleurs qui a pour but de servir les intérêts des grandes entreprises. C’est la preuve que ce gouvernement, quoiqu’il en dise, met en œuvre une politique réactionnaire et a recours à des manœuvres pour manipuler notre peuple.

Cela montre aussi que la convalescence de notre économie, l’ajustement de notre dette, cette nouvelle sucess-story à la Tsipras, ainsi que toutes les promesses de ce gouvernement pour adoucir la masse de mesures anti-populaires qu’il a signées sont, en fait, une suite sans fins de mesures barbares contre notre peuple.

Il serait ridicule pour ce gouvernement de croire que ses petites astuces empêcheront la protestation populaire contre les mesures-guillotine qu’il avance.

Le KKE appelle les salariés, les travailleurs indépendants, les agriculteurs, les jeunes, les retraités et les femmes des milieux populaires à participer en masse aux grèves et manifestations visant ceux qui sont réellement responsables de nos problèmes : l’Union Européenne, le Front Monétaire International, le Capital et les gouvernements et partis qui le servent.

Il appelle à un soulèvement dès aujourd’hui et dans les jours qui suivent, cela avec une intensité particulière ce weekend où les députés qui soutiennent le gouvernement ont l’intention de voter la loi-guillotine.

Le KKE se battra dans la rue et au parlement, jusqu’au retrait de cette politique anti-populaire et pour que le peuple redevienne maître chez lui et envoie les bouchers de ses droits aux oubliettes de l’histoire.

Dimitris Koutsoumpas

06.05.2016

Traduction libre, d’après l’anglais, de Enver

(**) Loi-guillotine nom donnée par les grecs à la loi présentée par Syriza et qui guillotine les retraites et la sécurité sociale.

Voir en ligne : Sur le blog "Rouge cerise" de la section Oswald Calvetti du PCF (Vaucluse)

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